PAULE PEREZ

Rédactrice / Membre du Conseil éditorial

Paule Pérez est philosophe, psychanalyste, essayiste et éditeur.
Son parcours illustre l’idée de pluralité, croisements, interstices culturels, et rencontres fécondes.
Pluralité de culture dès l’enfance tunisoise, entre sources marranes, espagnoles, portugaises, italiennes et berbères, marquée par un “entre trois langues”; le français, l’arabe et l’italien.

Devenue française à 14 ans, elle émigre à Paris. Tout son parcours portera les traces de l’exil et du déracinement, qui nécessairement décentrent le regard.  Elle poursuit ses études au lycée Fénelon et à La Sorbonne, où l’ont particulièrement intéressée les enseignements de Raymond Aron, de Georges Gurvitch, et de Marie-Thérèse Lempérière.
Toutes ses activités professionnelles, avant d’être sociales ou économiques, sont pour elle d’ordre existentielles.

A 21 ans, elle commence son expérience dans l’édition, aux Presses de la Cité, et elle est vite remarquée par Christian Bourgois, qui lui confie des responsabilités et l’intègre au Comité de Lecture des Editions Julliard. A 26 ans, elle crée sa propre maison d’édition Le Hameau où pendant 17 ans, elle publie notamment des livres d’initiation à des sujets sensibles en Psychologie et des documents sur des faits sociaux en émergence, ainsi que des essais de spécialistes. 
S’étant distinguée par ses travaux pionniers sur le Bilan de Compétence, elle crée le cabinet Avancées Sociales, et est appelée à contribuer à des grands programmes publiques. Elle apporte ainsi ses conceptions et pratiques novatrices à la réalisation de grandes restructurations et modernisations de groupes industriels et de services.
En ce domaine, son apport spécifique est d’avoir imposé la recherche de compatibilité optimale entre les nécessités collectives et l’intérêt singulier des salariés. Et dans cette logique, elle s’autorisera à exercer comme psychanalyste, tout en adossant sa décision et son exercice à une nouvelle tranche d’étude, en épistémologie à la Sorbonne (“Comment évaluer les psychothérapies” 2007 – Paris I).
Elle est souvent sollicitée pour des activités connexes, qui recoupent son chemin, notamment la traduction. C’est ainsi entre autres, qu’elle a traduit Jack London, une oeuvre maitresse de HP Lovecraft, “Dagon”, ou encore des novellisations de films tels que le “Bonny and Clide” d’Arthur Penn, ou “L’incident” de Larry Peerce.

Ponctuellement ou régulièrement, elle a donné des articles à des titres aussi divers que : La revue des deux mondes ; Chalenges ; La vie ; Le Monde Initiatives ; Diogène, ainsi qu’à des revues de psychologie et de psychanalyse.

Parallèlement, et au fil de ses lectures, elle avait exploré la question de l’affaire marranes qui la concerne. C’est ainsi qu’en 2000, elle a croisé les travaux remarquables de Claude Corman, et quelques temps après, ils ont fondé la revue internet et papier “temps-marranes”, dont ils sont les directeurs. Ils ont notamment publié ensemble “Contre-culture Marrane”.