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Le Parlement Européen veut développer les protéines végétales

cultures proteagineuses
Le Parlement Européen vient d’adopter à la majorité le rapport Denanot « Une stratégie européenne pour la promotion des cultures protéagineuses ». Ce dernier analyse les besoins en protéines végétale... L’occasion de renforcer l’indépendance de l’UE à l’égard des marchés extérieurs, de promouvoir une alimentation durable et une agriculture plus respectueuse de la biodiversité et des sols. La filière des protéagineux représente un des enjeux les plus capitaux pour la sécurité alimentaire de demain.
 
Le Parlement Européen vient d’adopter ce 17 avril 2018, à la majorité le rapport Denanot « Une stratégie européenne pour la promotion des cultures protéagineuses ». Ce dernier analyse les besoins en protéines végétales dans l’Union européenne et propose des pistes d’actions concrètes qui pourraient être intégrées dans la PAC post-2020.
 
Pour Jean-Paul Denanot, Député européen de la région Auvergne-Centre-Limousin, qui vient de passer la main à sa suppléante Karine Gloanec Maurin pour le 11 juin prochain, une stratégie européenne est nécessaire afin d’assurer la sécurité alimentaire de l’UE (risque de ne plus être ou mal approvisionnés en soja) mais également pour répondre à des enjeux d’ordre environnemental et climatique. Pour le député, il faut  "repenser en profondeur un système agricole alimentaire durable dans lequel la protéine doit trouver toute sa place, afin de nous donner le plus possible de marge de manœuvre et d’action pour réduire notre dépendance en protéines végétales". L'Union européenne continue en effet de souffrir d'un déficit important en protéines végétales, bien que le sujet soit sur la table depuis plus d'une dizaine d'années. « Nous restons aujourd'hui dépendants à plus de 90 % des pays tiers, estime Jean-Paul Denanot. Ce constat n'est pas tenable, ni sur le plan de la sécurité alimentaire ni d'un point de vue social ou environnemental ».
 
Jean-Paul Denanot souligne également dans son rapport le besoin de s’intéresser à toutes les sources de protéines : les légumineuses à graines comme les oléagineux (colza, le tournesol, le soja) et les protéagineux (pois, pois chiche, haricot, lupin, féverole), ou encore les légumineuses fourragères (luzerne, trèfle par exemple). La prise en compte de ces différentes sources de protéines permettant ainsi, selon lui, "d’engager toutes les régions d’Europe dans un processus collectif de développement durable et de réduction de notre dépendance protéique".
 
Le Parlement Européen souhaite ainsi que la future Politique Agricole Commune (PAC) soit dotée de mesures complémentaires pour soutenir cette culture de protéines végétales.
Pour les eurodéputés socialistes français, ce rapport remet en selle la filière des protéagineux qui représente un des enjeux les plus capitaux pour la sécurité alimentaire de demain.
Cette adoption a ainsi été l’occasion d’appeler la Commission européenne à s’atteler à renforcer l’indépendance de l’UE à l’égard des marchés extérieurs, de promouvoir une alimentation durable et une agriculture plus respectueuse de la biodiversité et des sols.
Les légumineuses ne manquent pas d’avantages : elles ont la propriété unique de capter l’azote atmosphérique qui permet aux agriculteurs d’utiliser moins d’engrais azotés, génèrent de nombreux coproduits et s’insèrent pleinement dans l’économie circulaire. Il est indispensable que ce « plan protéines » de moyen et long-terme valorise les cultures riches en protéines, mais aussi les surfaces fourragères et en herbe ! Les incitations à la production de plantes fixatrices d’azote doivent être au cœur de la future PAC, déclinées à travers un ensemble de mesures comme les aides couplées, les associations de culture, et une aide aux services écosystémiques.
 
 
Photo d'entête : Pois protéagineux