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La science fait son cinéma

Le cinéma est un merveilleux allié. Il aborde tous les thèmes même les plus ardus. Et un film sur la science a besoin d’un débat contradictoire pour amener une réflexion : c’est le but du festival SCIENCES EN BOBINES. 
La science a besoin de se démocratiser. Et les sciences au pluriel ont rendez-vous avec cette 10ème édition de SCIENCES EN BOBINES pour faire parler d’elles du 3 au 17 octobre 2014.

OGM, nanos - technologies, amiante, nucléaire, agriculture, téléphone mobile,... et bien d’autres thèmes. La science - les sciences sont à tous les carrefours de notre vie, de nos vies. La science amène une multitude de questions parfois sans réponse. Souvent sans réponse. Et, mon jeune frère répète : « …et tu verras dans l’avenir, c’est de plus en plus que la science posera des questions…sans réponse. »

Pourtant un lieu existe pour recevoir des réponses à nos questions, nos réflexions, nos interpellations, c’est le festival SCIENCES EN BOBINES.
Ce festival existe depuis dix ans avec un double objectif. Tout d’abord, puisse la recherche scientifique qui affronte les grands défis de nos sociétés être à la portée des citoyens. Sans se faire « manger » par les lobbys industriels et financiers. Avec au centre la place des politiques et …des citoyens à re-construire, à re-considérer. C’est de plus en plus compliqué dans la période que nous vivons.
Ensuite, justement, les citoyens revendiquent leur droit à participer aux choix scientifiques qui conditionnent de plus en plus leur avenir …jusque dans leur assiette et dans leur pharmacie. Une présence citoyenne si souvent ignorée, mise de côté. 

"SCIENCES EN BOBINES veut sortir des débats universitaires, des professeurs sur les estrades pour apporter l’information scientifique dans une compréhension et une globalité pour les citoyens." nous explique Glen MILLOT, coordinateur de la Fondation Sciences Citoyennes, organisatrice nationale du festival.

Depuis des décennies, la science bouscule tous les repères de la société. La science avance et laisse à la traine le citoyen. Des garde-fous ont été mis en place par les politiques comme le Comité Consultatif National d'Ethique. Consultatif, dans certaines situations, ce comité devrait–t-il aller plus loin et imposer des recommandations ? Aujourd’hui, le débat de son intervention est lancé.
Glen MILLOT nous apporte aussi cette raison de l’existence de la Fondation Sciences Citoyennes face à ce débat des garde-fous : "vous savez, même les lanceurs d’alerte ont subi des coups politiques. La loi pour les protéger a été rognée par les politiques de ses interventions principales. La loi a perdu son contrepoids face aux lobbys. Alors qui peut intervenir dans les choix de société ? Nous pensons que le citoyen doit être tenu informé de toutes ces questions pour être en situation aussi de décideur."

Le citoyen se met sur ses gardes. La défiance existe face aux industriels et aux politiques. Peu face aux scientifiques. Pour le moment. Son aura est encore forte. Le scientifique est encore protégé, préservé. Mais, il serait judicieux qu’un scientifique dans son laboratoire sache que la société est présente et quelle veut donner son avis sur les avancées de la science. Toutes les avancées.

Recréé le virus de la variole, l’EPR, la procréation assistée, la science intervient dans tous ces domaines et bien d’autres. De plus en plus, la science dépasse ces attributions. Comment exister face ces défis d’aujourd’hui et surtout aussi de demain ? Mais le monde scientifique sent ce poids citoyen avec beaucoup de réticence.
Certains scientifiques comme Jacques TESTART, président d’honneur de la Fondation Sciences Citoyennes, s’engage pour être un scientifique sous contrôle. Jacques TESTART « papa » du premier bébé éprouvette en France place son parcours de scientifique en binôme avec le citoyen, face aux citoyens. Il veut apporter une réflexion de fond. (Jacques TESTARD intervient pour une soirée du festival sur Paris, à Orsay, le lundi 13 octobre). Aujourd’hui, les scientifiques comprennent l’importance vitale de communiquer et surtout de ne plus commettre l’inévitable erreur de jouer à la classe de celle qui possède le savoir et l’autre qui reçoit, qui gombe sans donner son avis. La science, le savoir se partagent.

Le festival SCIENCES EN BOBINES a lieu dans 16 villes de France : Aix-en-Provence, Avignon, Bures-sur-Yvette (91), Élancourt (78), Gif-sur-Yvette (91), Grenoble, Magny-les-Hameaux (78), Marseille, Montpellier, Nantes, Orsay (91), Paris, Saint-Denis, Savennières (49), Saverdun (09) et Trappes en Yvelines (78). (tous les renseignements sont sur le site de la Fondation Sciences Citoyennes.)

UP' magazine est parti à la rencontre d’un co-organisateur local. Chaque ville est autonome dans le choix des sujets et des intervenants. Seule la communication est générale dans le festival.
Patrick PENNICAUD est président d’une structure FILIA sur St Quentin en Yvelines près de Versailles. FILIA a comme objectifs d’agir pour une économie responsable, l’écologie et la culture. « SCIENCES EN BOBINES correspond exactement à nos objectifs de remettre l’humain, le citoyen dans son rôle d’intervenant sur la place publique. En plus, nous voulons avec le festival, sensibiliser le jeune public aux métiers des sciences. Un dernier élément important est celui de la place de la nature dans une démarche de respect, d’ouverture. Tout cela amène à un bien – être physique et mental, et celui de l’esprit. »

FILIA présente 7 soirées sur 6 villes en région parisienne avec différents thèmes comme un débat sur la téléphonie mobile, "quelle recherche scientifique pour la nouvelle PAC ?", débat sur le nucléaire, débat sur la procréation assistée, débat sur la biologie de synthèse, débat sur le bien commun et un débat sur les chercheurs engagés. Et toutes les autres villes du festival abordent des thèmes qui sont en lien avec notre vie quotidienne. Ou le deviendront.

La science possède de nouveaux ambassadeurs qui nous sensibilisent jeunes et adultes avec des émissions comme « C’est pas sorcier » et maintenant sur France 5 avec « On n’est pas que des cobayes ».
Ces émissions de télévisions, les émissions de radios, les livres, les débats et…les associations sur la place de la science nous apportent les éléments pour répondre aux questions que la science met dans notre assiette et ailleurs. Je crois que mon petit frère commence à être rassuré. Mais restons vigilants, la science évolue sans cesse. Et, les questions et…les réponses aussi. Avec SCIENCES EN BOBINES et ailleurs, la science n’a pas fini de faire parler d’elle…
Jean-François Crételle 

sciencescitoyennes.org
SCIENCES EN BOBINES du 3 au 17 octobre 2014.
Séance de cinéma avec deux possibilités : libre participation et parfois au prix de la salle d’Art et d’Essai : se renseigner sur place et sur le site du festival.