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Le nucléaire dans tous ses états

énergie nucléaire

Parmi toutes les sources d’énergie, le nucléaire présente une particularité originale ; alors que l’homme n’a maîtrisé la plupart d’entre elles que très progressivement, dans une longue approche essentiellement empirique, il s'est approprié l'énergie nucléaire par une démarche intellectuelle et scientifique, de la découverte de la radioactivité par H. Becquerel, en 1896, à celle de la réaction en chaine, par F. Joliot-Curie en 1939.
Passages, qui a déjà organisé de nombreux colloques et séminaires autour des problèmes énergétiques, veut restituer au débat sociétal sur l’usage de cette énergie toutes ses dimensions, éthiques, économiques, écologiques ou psychologiques. Dans ce but, il organise sur la période 2015-2016 toute une série de séminaires thématiques qui permettront d’aborder les différentes facettes de l’énergie nucléaire et restituer ainsi la complexité du débat. Ces séminaires seront clôts par un colloque qui en retira les éléments essentiels.

Les séminaires suivants seront modérés par Messieurs Alain Vallée et Emile H. Malet avec pour discutants : Ann Mac Lachlan, Philippe Vesseron et Jean-Pierre Hauet

Programme

Mardi 5 mai 2015 : Nucléaire et Risque
Nucléaire et Risque, se focalisera sur l’éventualité d’un accident majeur dans les installations nucléaires. Celles-ci sont encadrées par tout un formalisme réglementaire complexe, sur lequel il est nécessaire de s’interroger. Les dispositifs mis en place sont-ils suffisants pour rendre le risque nucléaire acceptable ?
Intervenants :
- Régis Baudrillart, Directeur adjoint de l’énergie nucléaire, CEA
- Jean-Christophe Niel, Directeur Général de l’Autorité de Sûreté Nucléaire

Mardi 16 juin 2015 : Nucléaire et Prolifération
Nucléaire et Prolifération, se concentrera sur les risques associés à la dissémination de certaines technologies du cycle combustible, comme l’enrichissement isotopique de l’uranium et de la séparation du plutonium. Jusqu’où peut-on interdire à un pays l’accès à une technologie qui peut-être un maillon de son indépendance énergétique nationale, alors que de nombreux autres pays en sont dotés ?
Intervenants :
- Christophe Béhar, directeur de l'énergie nucléaire au CEA
- Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS)

22 septembre 2015 : nucléaire et innovation
L’industrie nucléaire est une industrie à cycle très long : entre le début de la conception d’un nouveau réacteur et le démarrage de la première réalisation, il s’écoule en général entre 15 et 20 ans, pour une installation qui va être exploitée une soixantaine d’années. Si on considère de plus l’importance des capitaux engagés et la crainte d’un accident nucléaire, on voit qu’il y a de nombreux freins à l’innovation et donc à la prise de risque dans ce secteur.

Cependant, on voit régulièrement apparaitre des propositions originales de nouveaux types de réacteurs, en rupture avec les concepts actuels, apportant potentiellement des bénéfices en termes de sûreté, d’environnement, ou d’adaptation aux besoins présents et futurs. Mais les temps de développement et les besoins en financement empêchent souvent l’aboutissement des recherches et freinent l’arrivée de nouvelles technologies.

13 octobre 2015 : nucléaire et société
Le cinquième séminaire, Nucléaire et Société, s’interrogera sur les conditions sociétales du développement de l’énergie nucléaire et sur sa capacité à s’intégrer dans différents types de cultures et de gouvernances politiques.

Un programme nucléaire, pour un pays, est un choix dont les bénéfices se jouent dans la durée. Son acceptation par la société est donc fondamentale, et le rôle des dirigeants politiques est essentiel, eux qui doivent à la fois maintenir le cap du choix énergétique et garantir la sécurité des populations.

Tchernobyl et Fukushima, des accidents qui se sont produits dans des pays technologiquement avancés, sont des exemples du lien étroit entre culture et sûreté. Aujourd’hui, de nombreux pays envisagent une première réalisation nucléaire, alors qu’ils présentent une grande diversité de gouvernances et de cultures. L’AIEA a un rôle essentiel pour accompagner ces nouveaux entrants, fournissant conseils, formations et documents. Il mène aussi des évaluations indépendantes, mais qui restent sans valeur contraignante.

17 novembre 2015 : nucléaire, environnement et déchets
Le sixième portera sur Nucléaire, Environnement et Déchets. Toutes les sources d’énergie utilisées à ce jour posent, d’une manière ou d’une autre, de sérieux problèmes environnementaux : utilisation intensive de matières premières minérales, nuisances diverses, émissions de gaz carbonique ou de polluants. L’énergie nucléaire ne fait pas exception ; elle a ses avantages, notamment son impact climatique réduit et sa faible empreinte environnementale, hors conditions accidentelles exceptionnelles, ainsi que pour sa capacité à renforcer l’indépendance énergétique d’un pays. Mais elle présente plusieurs faiblesses. La première est liée à l’exploitation de l’uranium, présent en quantité limitée sur la terre et dont l’extraction a un fort impact environnemental. La seconde porte sur le risque d’un accident majeur dont les conséquences peuvent conduire à des conséquences sanitaires sérieuses, à une contamination durable de territoire dont il faut délocaliser la population.

Enfin, la gestion finale des déchets reste un des éléments centraux du débat autour de l’énergie nucléaire.
Toutes les installations nucléaires sont abondamment équipées en instruments de mesure permettant de suivre et de gérer les matières radioactives qui y sont présentes. Par contre, leur sortie non maîtrisée de cet environnement contrôlé peut devenir une source de danger pour la population.
Certains déchets ultimes, issus du combustible, peuvent rester dangereux sur des échelles de temps extrêmement longues, nécessitant la mise en place de solutions sûres et pérennes.

19 janvier 2016 : nucléaire et développement économique
Le septième traitera du Nucléaire et Développement Economique ; en France, en Europe, la production d’électricité nucléaire peut être considérée comme une ressource locale, malgré l’importation de l’uranium. En effet, la majorité des coûts associés à la réalisation et à l’exploitation des centrales peut être nationale ; elle est source d’emplois nombreux et diversifiés, dont une grande partie à haute valeur ajoutée. Par contre, le niveau élevé des investissements nécessaires, le temps « lent » qu’elle requiert sont un frein à son développement.

8 mars 2016 : nucléaire et opinion publique
Enfin, le dernier séminaire traitera du Nucléaire et Opinion Publique : les choix énergétiques sont des choix de longue durée pouvant influencer de manière importante l’évolution d’un pays. Dans un secteur comme le nucléaire, les changements brutaux de cap peuvent s’avérer catastrophiques ; on le voit aujourd’hui avec l’arrêt du nucléaire allemand dont les conséquences ont traversé les frontières du pays. La stabilité de la politique énergétique d’un pays est donc nécessaire, et toute évolution ne peut être que progressive, particulièrement avec cette énergie où les investissements sont considérables et où les compétences sont extrêmement sensibles. Cette adhésion de l’opinion publique, nécessaire à sa durabilité, dépend de l’histoire et de la sensibilité des peuples. Elle peut fluctuer, mais, sur la durée, elle reposera essentiellement sur la confiance dans les organismes en charge de sa gestion.

Lieu : Restaurant Universitaire Mabillon, 12 rue Clément – 758006 Paris (Métro Mabillon)

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