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Quel sort pour les réfugiés climatiques ?

réfugiés climatiques
Les changements climatiques vont menacer près de 250 millions de personnes dans le monde d'ici 2050, selon l'ONU. Comment se prépare-t-on à ces migrations environnementales forcées ? C'est à cette question que va répondre Véronique Lassailly-Jacob, professeur émérite de géographie à l'université de Poitiers, enseignante dans le Master Migrations internationales, Espaces et Sociétés du laboratoire Migrinter et membre du projet EXCLIM (Exil Climatique) lors de la conférence "Questions de vie" du Festival vivant, le mardi 2 février 2016 à 19h.
 
La 26ème édition du Rapport mondial 2016 de Human Rights Watch vient de sortir aujourd'hui : il passe en revue les pratiques en matière de droits humains dans plus de 90 pays, face aux flux massifs de réfugiés cherchant à fuir la répression et les conflits, mais aussi les ravages du changement climatique.
Comment gérer les déplacements des populations entraînés par les phénomènes climatiques extrêmes ? Le changement climatique est un problème mondial majeur qui lie par excellence le destin de l’homme avec celui de son environnement. Il nécessite de ce fait une réflexion systémique seule capable de mettre en évidence l’interrelation et l’interdépendance entre la qualité de l’environnement et la vie humaine. La question du changement du climat planétaire impose en effet de rompre avec la coupure sociologique fréquente entre l’homme et la nature. Elle impose de croiser les visions anthropocentrique et écocentrique afin de permettre une analyse et une compréhension (holistique) globale de cet enjeu seul capable d’aboutir à des scénarios d’action pertinents.

Voir Causes communes, Revue trimestrielle proposant de s’informer autrement sur les migrations. 

Migrants malgré eux

Une personne déménage chaque seconde pour des raisons climatiques, ce qui représente 19,3 millions de réfugiés climatiques par an dans 82 pays (2014). Les raisons climatiques sont nombreuses : inondations, moussons, sécheresse, cyclones, désertification, érosion des sols, ... Il y aurait 250 millions de réfugiés climatiques d'ici 2050.
 
Le réchauffement climatique se fait ressentir partout. Ses premières victimes sont les populations locales, obligées de migrer pour trouver refuge sur des terres plus accueillantes. Leur nombre ne cesse de croître.
 
Les causes naturelles restent variées, cependant on peut remarquer que les régions les plus pauvres sont les plus touchées. Il y a une corrélation entre vulnérabilité aux phénomènes climatiques et pauvreté économique. Il faudrait néanmoins aussi tenir compte de la dégradation lente de l'environnement comme la désertification ou encore la salinisation des sols et des réserves d’eau douce.
Il faut aussi remarquer que le continent américain connaît également cet exode pour raison climatique. En 2012 1,8 million d’Américains ont dû quitter leur habitation à cause de catastrophes naturelles.
Déjà en 2012, l'Asie était le continent le plus touché, avec 22,2 millions de migrants. La Chine, notamment, avait connu de nombreux typhons et inondations. 4 millions de personnes avaient été obligées de déménager à cause de ces tempêtes et pas moins de 1.3 millions à cause des inondations. Aux Philippines, 3.5 millions de personnes avaient été chassées par les typhons et les moussons.
 
Le réchauffement climatique a un impact considérable sur le déplacement des populations. Depuis quelques années, il rend les catastrophes naturelles plus fréquentes et plus intenses, avecdes conséquences humanitaires toujours plus tragiques. Entre recherche de statut juridique et anticipation des déplacements, quel sort pour ces réfugiés dans les années qui viennent ?

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Il est urgent d'agir !

C'est officiel : la NASA vient de confirmer que 2015 est l'année la plus chaude jamais enregistrée. Conséquences immédiates : des inondations dévastatrices, des sécheresses interminables, en passant par des vagues de chaleur mortelles et de violentes tempêtes. Le message est clair : le temps des atermoiements est bel et bien fini, agir n'a jamais été aussi urgent.
La communauté scientifique internationale focalise de manière croissante son attention sur le phénomène de la mobilité humaine dû aux changements environnementaux ou bien provoqué par des « catastrophes naturelles », qui souvent sont liées aux comportements anthropiques, comportements qui minent le rapport fragile entre les écosystèmes constitués, à savoir les dynamiques socio-environnementales des changements qui touchent aussi bien les hommes que l'environnement.
 
 
Véronique Lassailly Jacob, en examinant les phénomènes de ces mobilités humaines, sera en mesure de nous démontrer qu’il y a des réponses face à la notion de mobilité forcée comme symptôme d’une crise profonde et fuite d’une situation insupportable : les facteurs de mobilité se mêlent dans de nombreux cas de crises complexes, qu’elles soient politiques, démographiques, économiques et/ou écologiques. Elle analysera les cas où l’on enregistre des déplacements de populations liés au dérèglement du climat en vue d’appréhender les mécanismes qui se mettent en place spontanément ou de manière programmée et qui permettent aux différentes sociétés touchées par ces crises d’y faire face.
 
Lieu : Mairie du 2ème, 2 rue de la Banque - M° Bourse
 
Inscription - Accès libre dans la limite des places disponibles