UP' Magazine L'innovation pour défi

arts et culture

Maria Papa Rostkowska au Musée d'Art Contemporain Cascina Roma de Milan

Au Palais Bourbon, sur la terrasse devant la salle des députés du Parlement, a été placée au printemps 2011 la sculpture monumentale « Promesse de Bonheur », haute de plus de trois mètres, en marbre blanc de Carrare de l’artiste Maria Papa Rostkowska (1923-2008) : elle est la seule artiste non française qui ait une œuvre installée au siège de l’Assemblée Nationale. Pour (re-) découvrir ses œuvres, ses amis, ses lieux, une exposition lui est consacrée du 11 mars au 30 avril 2017, au Museo di Arte Contamporanea Cascina Roma de Milan.
 
Maria Baranowska (www.mariapapa.fr) naît à Varsovie en 1923 d’un père polonais et d’une mère russe. En 1943 elle épouse Ludwik Rostkowski Jr, membre important du mouvement socio-démocrate polonais, avec lequel elle participe à la libération de nombreux Juifs du Ghetto de Varsovie. Durant l’Insurrection de Varsovie, en 1944, elle rejoint la résistance et s’engage dans la lutte armée contre l’armée allemande, ce qui lui vaut d’être décorée, après la Libération, de la médaille Virtuti Militari. Son mari sera honoré ultérieurement par la Médaille des Justes.
 
Pendant l’occupation allemande de la Pologne elle suit des études supérieures d’art et d’architecture. En 1947, l’UNESCO et le gouvernement français lui offrent une bourse pour étudier l’art à Paris, où elle restera trois ans. De retour en Pologne elle devient Professeur Associé à l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie et commence à participer à diverses expositions de peinture et des projets architecturaux.
 
Ludwik Rostkowski Jr disparaît dans la tourmente stalinienne en 1950. Quelques années plus tard, en 1957, dans le contexte de la déstalinisation en Pologne et grâce au soutien du peintre Édouard Pignon, elle peut s’établir à Paris où elle fait la connaissance de l’éditeur, écrivain et critique d’art Gualtieri di San Lazzaro (né Giuseppe Papa) qu’elle épousera en 1958. San Lazzaro est le fondateur de la revue XXe Siècle et de la galerie éponyme. Maria se trouve ainsi au centre de la vie artistique parisienne, fréquente des artistes, des écrivains, des critiques d’art et des acteurs de la vie culturelle Un florilège de créateurs et de personnalités nationales et internationales du monde des arts et des lettres fréquentait en effet la galerie de la rue des Canettes et suivait les publications de la Revue. Au centre de ce cercle figuraient notamment Nina Kandinski, Serge et Marcelle Poliakoff, Joan et Pilar Mirò, Ésteve , Roger Viellard et Anita da Caro, Hans Hartung et Anna Eva-Bergman, Alberto et Susi Magnelli, Eugène et Rodica Ionesco, André Pieyre et Bona de Mandiargues, Sonia Delaunay, Olivier Debré, Pierre Volboudt, André Verdet, Robert Lebel, Jacques Lassaigne, Beniamino et Carla Joppolo, Vittorio De Sica, Cesare Zavattini. Maria a établi des liens d’amitié et a eu de fréquents échanges avec des sculpteurs tels que César, Émile Gilioli, Marino Marini, Lucio Fontana et Carlo Sergio Signori.
 
Au cours de ces années elle séjourne en été dans la ville d’Albisola, près de Savone, en Ligurie. Elle y découvre le travail de la céramique et de la terre qui la conduira à se consacrer ultérieurement à la sculpture. Elle fait partie de l’atelier de céramique de Tullio Mazzotti, aux côtés notamment de Lucio Fontana et rejoint le cercle des artistes qui entourent le célèbre galeriste milanais Carlo Cardazzo, fondateur et directeur de la Galleria del Naviglio, qui comprend, entre autres, Capogrossi, Crippa, Fabbri, Manzoni, Scanavino, Milena Milani, Sassu, Wifredo Lam et Asger Jorn.
 
Ses œuvres en terre cuite sont exposées pour la première fois à la Galleria del Naviglio en 1960, avec un texte du poète et critique d’art André Verdet. En 1966, recommandée par Jean Arp et Lucio Fontana, elle reçoit le prix de la sculpture de la Fondation William et Norma Copley et est invitée par Giuseppe Marchiori à participer au Symposium du Marbre organisé par la société Henraux de Querceta, en Versilie (province de Lucca), où elle découvre le marbre, qui deviendra son matériau de prédilection.
 
À partir de ce moment, et jusqu’aux dernières années de sa vie, elle la partagera entre Paris et Pietrasanta en Versilie, exposant en France, en Italie, en Pologne, en Suisse, au Japon et en Russie : de son vivant plus d’une centaine d’expositions individuelles et collectives. Ainsi elle se retrouve au centre d’un important creuset artistique international auquel participent des artistes historiques de l’avant-garde de la fin du vingtième siècle, comme Jean Arp, Marc Chagall, Alberto Magnelli, Massimo Campigli et Sonia Delaunay et des artistes de la Seconde École de Paris, parmi lesquels figurent des artistes italiens comme Alberto Burri, Agenore Fabbri, Giuseppe Capogrossi et Lucio Fontana.
 
Maria Papa Rostkowska meurt à Pietrasanta en 2008. En avril 2009 la ville de Pietrasanta lui consacre une importante rétrospective, rendant hommage à l’une des rares femmes sculptrices travaillant le marbre en « taille directe ». Des expositions commémoratives ont eu lieu à Paris, à Varsovie et à Milan. Quelques-unes de ses œuvres monumentales ont été installées dans des lieux publics : Milan (Université de Milan) et Pietrasanta (Place Gabriele D’Annunzio) ; Varsovie (parc du Musée de la Sculpture de Krolikarnia, parvis du Musée National et Palais présidentiel de la République Polonaise) ; Musée des Beaux-Arts de Menton (Palais Carnolès), Musée de la Sculpture en plein air de Paris et Pavillon de l’Arsenal.
 
L’exposition de Milan présentera aussi des oeuvres des principaux artistes qui constituaient le cercle des amis de l’artiste: Arp, Dumitresco, Pignon, César, Man Ray, Music, Verdet, Henry Moore, Sonia Delaunay, Poliakoff, Picasso, Chagall, Mirò, Calder, Hartung, Dubuffet, Max Ernst, Anita Da Caro, Aryka Madeyska, Jan Cybis, Tadeusz Dominik, Estève, Gilioli, Roger Vieillard, Capogrossi, Crippa, Dadamaino, Fabbri, Lucio Fontana, Marino Marini, Magnelli, Milena Milani, Scanavino,Olivier Debré, Kijno.
 
L’exposition est sous le patronage honoraire de Agata Kornhauser-Duda épouse du Président de la République Polonaise.
 
Un catalogue accompagne l’exposition : il édité par Cortina Arte Edizioni, en italien, en anglais et en français avec des textes de Marco Meneguzzo (historien d’art et professeur à l’Accademia di Belle Arti di Brera), Lydia Harambourg (historienne et critique d’art), d’Agnieszka Tarasiuk directrice du Musée de Sculpture de Kròlikarnia de Varsovie) et de Massimo Mallegni (Maire de Pietrasanta).
 
Vernissage le samedi 11 mars à 18 heures. Il sera précédé à 17 heures du concert de la pianiste Magdalena Zuk : « Musicality of sculpture », avec des oeuvres de Frédéric Chopin, Karol Szymanowski et Domenico Scarlatti.
Lieu : Museo di Arte Contamporanea Cascina Roma. Piazza Art 6. San Donato Milanese (MI) du 11 mars au 30 avril 2017
 

 

Institut français du design

L'exposition EXPLORE | Outside the box de l'IFD à la Biennale internationale du design

La 10è Biennale Internationale Design de Saint-Étienne ouvre aujourd'hui avec pour thème : Working promesse | les mutations du travail. Pour l'occasion, l'Institut Français du Design, présent sur la Biennale depuis sa création en 1998, propose une exposition de photographies intitulée « EXPLORE | Outside the box ».
Avec la Biennale comme laboratoire, ce concours a pour vocation de soulever des idées, des thèmes, des enjeux, en sollicitant les étudiants autour du futur de travail, en filigrane la question : "Quel est le monde du travail dans lequel vous nous invitez à entrer ?"
Photo : « Réunion de bureau » de Zénaïde Gaboriau et Alice Leblanc – Cette photo est le symbole d’une ouverture sur l’avenir 
 
L’Institut Français du design lançait en février un concours de photographies auprès des étudiants : « Quel regard portez-vous sur le futur du travail ? » avec une exposition à la Biennale Internationale du Design de Saint-Etienne, du 9 mars au 9 avril 2017, pour les heureux gagnants.
Partage social, jobbing, co-working, uberisation, tiers-lieux, profession slasher… autant de nouveaux vocables qui commencent à dessiner les contours du monde du travail de demain. Or le monde change si vite qu’il faut beaucoup d’imagination et des discours aux accents utopiques pour créer la vision de nos sociétés futures.
La photographie est un média qui donne à voir un réel imaginaire. CLassée dans lart contemporain, elle est devenue populaire grâce aux appareils et aujourd'hui, à la portée de tous, avec les smartphones. Mais elle reste un média de création quand elle est capture d'une situation extraordinaire.
Qui, mieux que la génération Y directement impliquée par ces nouvelles formes à définir, pouvait apporter un regard pertinent et inventer les fictions et les images du futur du travail ?
Plus de 100 étudiants issus d'une trentaine d'écoles ont proposé chacun une vision différente de laquelle se détache une certaine appréhension de l'avenir non sans de malignes touches d'humour.
22 photos lauréates ont été sélectionnées par un jury d'experts et exposées pendant toute la durée de la Biennale. Découvrez-les ainsi que les deux Prix du Jury jusqu'au 9 avril à la Biennale.
Les scénarios de vie du futur
Il y a 20 ans, Jeremy Rifkin - que la Biennale avait invité - prédisait la fin du travail. Dans le livre préfacé par Michel Rocard, il suggérait de réduire le temps de travail et de développer le "3ème secteur".
Pourquoi utiliser la photographie ? Dans un monde d'images, capter l'instant c'est aussi observer, scruter, diagnostiquer, voir. Donner à voir.
Avec l'expertise des jurés, l’Institut Français du Design offre un véritable outil de détection. Chercheurs, photographes, designers et journalistes nous aident à comprendre les scénarios de vie du futur.
Anne-Marie Sargueil, Présidente de l’Institut Français du Design

Pourquoi le concours “EXPLORE | Outside the box” ?

La Biennale est un grand rendez-vous professionnel pour le design. Anne-Marie Sargueil, qui pilote l’IFD depuis plus 30 ans, fait le pélerinage à la Biennale depuis sa création en 1998. Elle a voulu apporter sa contribution à l’édition 2017 et à sa thématique : Working promesse | les mutations du travail.
“Le concours “EXPLORE | Outside the box” est l’occasion de considérer la Biennale comme un laboratoire où on peut tester des idées, des thèmes, des enjeux.
On voit que le grand public est demandeur d’une réflexion sur le monde qui nous entoure. La question posée aux jeunes était finalement : “Quel est le monde du travail dans lequel vous nous invitez à entrer ? Nous leur avons demandé d’être optimistes et humanistes, explique-t-elle en préambule.
“Les propositions des étudiants vont nourrir la réflexion des concepteurs. On va partir de l’imagination, ensuite on aura l’observation et puis enfin il faudra passer à l’acte. Mais d’abord l’imagination, d’abord le rêve.“
 
Pour cette première édition, Anne-Marie a sollicité des écoles de design, d’arts appliqués, de photographie ou encore de communication. Mais demain, elle aimerait reposer la question à des étudiants en école d’ingénieurs et de commerce. Car les points de vue sont bien différents.
Ainsi dans cette édition, les jurés ont constaté que “les écoles d’art ont capté l’instant, c’est l’oeil qui décode l’existant. Dans les écoles de design, ils sont dans une recherche de solutions, voire une captation d’un projet, mais pas dans la captation de l’air du temps.“ Une variété d’approches prometteuse pour l’avenir.
 
Optimistes sur le monde du travail, les étudiants ? Pas vraiment. Pour le jury de designers, photographes, journalistes, chercheurs, force a été de constater que la centaine de propositions en lice révélait une vision un peu noire, un peu pessimiste où les technologies sont trop présentes et les humains pas assez. Même si certains ont pris le parti de la dérision, de l’humour, de l’esthétique.
 
Réuni dans la bibliothèque de l’Hôtel de l’Industrie, le jury a sélectionné un palmarès de 22 photos, exposées à la Biennale. Le Prix du jury est décerné à deux photos ex æquo :
 
 
« Le Télétravail : Confort ou Mascarade ? » de Romane Tressol
Ce jeune cadre « costard chaussons » a séduit les membres du jury grâce à la carte de l’humour. Une photo bien mise en scène et accompagnée d’un texte percutant dans lequel Romane Tressol, étudiante à l’ENSAAMA (École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d'Art), pose toutes les bonnes questions. « C’est la confusion entre mon chez moi et mon bureau », a réagi le designer Olivier Saguez. Pour le spécialiste de l’aménagement d’espaces professionnels Vincent Rouillard, « La photo pose bien la question de l’intégration des toutes dernières générations. » Le publicitaire Jacques Mandorla y a retrouvé la dérision et la distance propre aux petits-enfants de la pub qui savent lancer des messages forts, l’air de rien.
 
 
Individu hybride de Chloé Vandroux | Martin Duthey
L’humain multifonction, prêt à remplir tous les rôles dans son entreprise, est emblématique du travail de demain pour Chloé Vandroux et Martin Duthey, étudiants à l’ENSAAMA, qui se révèle l’école incontournable de cette première édition du concours.
« Individu hybride » s’est imposée immédiatement comme la photo préférée de Chantal Hamaide, rédactrice-en-chef du magazine Intramuros. « J’y vois la notion de sa propre entreprise et le plaisir qui est essentiel dans cette manière de montrer qu’on entreprend dans la vie ».
Pour le prospectiviste Philippe Cahen, « cette photo correspond à une vraie tendance actuelle d’hybridation. »
 
Toutes les autres photographies sur le site concours :  http://explore.institutfrancaisdudesign.fr

Dans les coulisses du Jury : « L’humour plus fort que l’angoisse »

Pour l’anecdote, le jury s’est réuni dans le bâtiment où les frères Lumière, en 1895, ont organisé la première projection du cinématographe, “la sortie de l’usine des Frères Lumière”. Tout un symbole. Pendant des heures, les membres du jury ont échangé à bâtons rompus autour des photos en compétition. Entendu dans les coulisses du jury…
 
Olivier Saguez : « Le monde du bureau ne sera plus le monde de l’ennui. On s’y rendra pour être mieux qu’à la maison, avec le confort d’un hôtel, pour les rencontres. Ce sera un lieu propice à la régénération… L’avenir du travail, c’est le travail collaboratif. On ne travaille plus avec un grand chef suprême à l’ego surdimensionné. Maintenant, la boîte c’est le « nous », pas le « je ». »
 
Alain d’Iribane : « Les nouvelles générations sont très critiques parce que les modes d’organisation actuelles du travail ne leur conviennent pas du tout avec des injonctions paradoxales et une demande de performances largement irréalisables dans des conditions qui conduisent au burn out. La solution est de reprendre le sens de l’organisation du travail. Ça consiste à redonner aux collaborateurs leur rôle d’humains. »
 
Valérie Abrial : « Certaines images ont de l’humour face à un constat qui n’est pas toujours réjouissant. On a le devoir d’échanger avec la jeune génération. Le design peut améliorer les conditions de travail, que ce soit sociétal, économique ou de bien-être. Le message, c’est « Osons rêver, osons inventer, tous ensemble ». »
 
Sylvie Adigard : « Pour des jeunes qui n’ont jamais travaillé, c’est une prospective compliquée et ils ont démontré leurs angoisses de vie globales plus que des angoisses de vie de travail. Ils sont confrontés à des problématiques d’environnement, d’évolution de l’espace de vie, de technologie et de travailler seul ou en groupe. »
 
Vincent Rouillard : « J’ai une bonne nouvelle pour les étudiants : le monde du travail sera une très belle surprise. Ils découvriront des environnements qui sont joyeux et positifs, qui leur permettront d’échanger, d’être heureux et de s’épanouir et surtout collectivement de construire l’avenir. »
 
Philippe Cahen : « La plupart du temps, on vit dans le passé. Explorer le futur nous aidera donc d’abord à vivre notre présent de façon différente. De manière plus présente et moins dans le passé. Lorsque l’on voit le futur à partir du présent, on prolonge les tendances. Or prolonger les tendances, c’est joyeusement se tromper ! »
 
Françoise Bronner : « Les jeunes posent la question du monde désirable et durable. Je trouve les photos très engagées. Grâce à l’éducation, à la citoyenneté, à la famille, nous apprenons à être plus humains. C’est cet état d’esprit d’équipe que nous devons développer car chacun a un potentiel de créativité. »
 
Chantal Hamaide : « Le travail ne sera plus séparé de la question de la détente ».
 
Jacques Mandorla : « L’humour prive les jeunes de l’angoisse. Ils abordent des sujets sur l’entassement, l’urbanisation de la planète, une verticalité des habitations, la raréfaction des espaces. »
 
Jean-Gérard Bernabeu : ”Le message est dans l’image, elle capte notre imagination”.
 
Stéphane Hugon : « Le travailler ensemble pose la question du vivre ensemble. Aujourd’hui, il s’agit de nourrir des imaginaires de transformation, d’hybridation : la créativité ne se limite pas à la production. A l’origine du travail, il y a une pulsion humaine, une énergie libidinale. »
 
Isabelle Moisy-Cobti : « Ma photo préférée est « Prendre Part ». Elle a du sens, le titre est génial. Il n’y a plus de système vertical, on est dans la transmission, la collaboration, le partage. »
 
Anaïs Bigard-Bachmann : « Certaines photos avaient des visions très positives sur de nouvelles manières de cultiver, sur l’échange des employés dans l’entreprise. Cependant, le thème du monde du travail a eu du mal à venir dans les propositions artistiques. »
 
Christophe Manzolini : « La vocation de l'école, ce n'est pas d'apprendre un métier mais de nous ouvrir sur des sujets. »
 
A propos de l’IFD
 
Parce que notre cadre de vie, véritable moteur d’évolution, ne cesse de s’améliorer, l’Institut Français du Design favorise les projets qui s’inscrivent durablement dans une démarche de « mieux vivre ensemble ». Parce que le design devient l’objet d’enjeux commerciaux et humains importants, l’IFD, en tant que centre d’expertise, œuvre pour promouvoir l’éthique professionnelle dans une économie de marché.
Depuis 1951, l’IFD sélectionne les produits et services qui privilégient le respect de l’utilisateur et de son environnement, le design pour : « La Personne, l’Entreprise, la Cité ».
Créé en 1953 par arrêté ministériel et placé sous le patronage des ministres de l’Industrie, du Commerce extérieur et du Commerce, le label JANUS consacre les meilleures réalisations en termes de design.
Décliné en JANUS de l’Industrie, de la Santé, du Commerce, du Service, de la Cité, de l'Espace de Vie, de la Prospective, du Patrimoine & de l'Innovation, de la Mode, des Composants & des Matériaux, du Mobilier et de la Marque.
Le JANUS contribue à promouvoir l’investissement dans le design et sa transformation en avantage concurrentiel.
Afin d’illustrer sa démarche, l’IFD produit des expositions socio-culturelles qui s’adressent au grand public : "INOVI, ces marques qui changent nos vies", "Ces emballages qui changent nos vies", « Santé en Fomes », « L’Aire du Temps », "Héritage, by JANUS", "Figures du Beau | Unexpected shapes", etc.
Pour favoriser l’innovation par le design, l’IFD facilite la mise en relation de différents acteurs - étudiants, chercheurs, entreprises - et forme des groupes d’étude autour de projets communs.
Enfin, l'IFD s'est donné pour mission de rapprocher le monde de la formation et celui de l'entreprise, et facilite l'insertion professionnelle des jeunes diplômés.
 

 

 

arts et culture

Exposition "Les Mutants" de Soly Cissé

En ouverture de l'exposition Chefs-d'œuvre d'Afrique, une vingtaine d'œuvres fortes de Soly Cissé – peintures, dessins, sculptures et assemblages – témoignent d'un art maîtrisé qui met en scène des êtres hybrides.
Un univers foisonnant où les signes de la mondialisation dialoguent avec des symboles de civilisations anciennes. A découvrir au Musée Dapper Paris du 24 mars au 14 juin 2017.
Photo : Soly Cissé - Les Initiés, 2015 -
Acrylique, pastel et collage sur papier Canson 65 x 60 cm
Collection particulière
© Archives Musée Dapper, photo Aurélie Leveau.
 
Soly Cissé est un artiste prolifique. Son œuvre – dessin, peinture, sculpture… – raconte des histoires qui semblent se dérouler dans des univers parallèles. Dans le cadre d’Art Paris Art Fair, qui met cette année l’Afrique à l’honneur, le musée Dapper présente Les Mutants, de Soly Cissé, une exposition réunissant une vingtaine d’œuvres souvent inédites en France et dialoguant avec certaines des sculptures de Chefs-d’œuvre d’Afrique.

L’art de la transgression

Soly Cissé, qui a reçu au Sénégal un enseignement plutôt académique, a interrogé les grands courants artistiques du XXe siècle – pop art et néo-expressionnisme notamment – et s’est indéniablement approprié certaines de leurs pratiques, les revisitant pour élaborer une démarche singulière et originale. Dans ses œuvres, des éléments, a priori non destinés à être assemblés, sont réunis. Des formes mi-humaines, mi-animales se frôlent ou se mêlent. Des lettres, tags, chiffres, codes-barres, collages de magazine les côtoient en symbolisant la société de consommation, omniprésente.
Les repères sont brouillés à dessein comme pour rendre plus ardue la quête du sens. Parfois s’inscrivent ici ou là un logo, un extrait de texte, sur lequel l’artiste a dessiné : manière d’imposer son propre univers et de faire partie d’une histoire qui maintient à distance les plasticiens des pays émergents. Soly Cissé donne à voir ses questionnements sur le monde, sur ses incohérences, ses injustices. C’est de sa part, davantage qu’un engagement politique, une prise en compte des réalités sociales et économiques qui entravent le développement de l’Afrique.
 
Le plasticien a puisé dans la culture populaire des éléments visuels appartenant à des univers différents. Dans cette perspective, isolés de leur contexte, réinterprétés, et donc intentionnellement désacralisés, masques et statuettes sont intégrés dans un monde virtuel. Ici des bribes de textes apparaissent dans la bouche d’un masque. Là un cimier tyi wara des Bamana (Mali) surmonte un corps féminin. Cette distanciation, notamment par le détournement, permet de maintenir l’œuvre dans sa dimension contemporaine. Par ce procédé, les pratiques cultuelles – évoquées implicitement ou non – laissent des traces que l’artiste nous propose peut-être de décrypter. L’art de Soly Cissé est marqué par l’ambivalence ; celle-ci caractérise des figures qui intègrent plusieurs registres de représentation. Ainsi, dans Les Initiés, des êtres indéfinissables semblent appartenir à des mondes lointains. Deux d’entre eux affichent le hiératisme de statues gardiennes d’un lieu sacré. Des référents issus du religieux ? Il ne s’agit cependant pas d’enfermer l’inspiration de l’artiste dans les limites étroites d’un patrimoine « africain », mais au contraire de déceler comment des éléments culturels participent d’une démarche globale ouverte sur le monde contemporain.

Présences animales

Permettant de conforter les relations avec les esprits et les divinités, la connivence des espèces humaines et animales est constante dans les référents culturels d’un grand nombre de sociétés de l’Afrique subsaharienne. Elle détermine des conduites rituelles spécifiques qui marquent tant les actes de la vie privée que collective… Soly Cissé nomme d’ailleurs ses figurations animales les « Soso  » ; il a accolé la syllabe « so » de Soly et de Socé, le nom du peuple apparenté au groupe mandingue auquel appartient son père.
 
Dans la création foisonnante de l’artiste, un animal étrange s’impose. Il ressemble à un petit félin, qui lorsqu’il est représenté plusieurs fois sur une même œuvre produit un effet saisissant, donnant l’impression d’une meute de pré- dateurs errants. Curieusement cette figure récurrente est dotée, le plus souvent, d’un regard presque humain avec des yeux exorbités. Elle paraît être l’unique rescapée d’un violent séisme. Est-ce un intercesseur, un médiateur privilégié des hommes ? Dans d’autres œuvres, personnages cornus, moutons, hyènes se distinguent, et l’artiste semble presque toujours souligner leur rôle dans l’environnement.

Sculpture assemblage

La sculpture occupe une place de plus en plus importante dans le travail du plasticien, qui dans les années 1990, a créé des Totems, véritables objets narratifs. Ces pièces intègrent des techniques et des matériaux divers. L’assemblage alliant principalement sculpture et peinture, loin d’imposer un réalisme anatomique, propose une image corporelle au premier abord énigmatique. Doté d’une petite tête faisant penser à celle d’un animal (un oiseau ?), Totem I [1] comprend deux réceptacles fermés par du verre peint comme les fixés sous verre traditionnels.
La présence de ces reliquaires cernés d’éléments pointus renvoie visuellement à l’esthétique des nkisi, terme qualifiant certains objets puissants des cultures kongo (République démocratique du Congo et Congo). En outre, le petit visage figuré dans la partie supérieure présente des similitudes avec ceux des masques ou des statuettes kongo, dont les yeux largement ouverts sondent les mystères de l’au-delà. Ne pourrait-on également interroger cette œuvre à la lumière d’une pratique rituelle ?
 
Chez les Soninke et les Dogon du Mali une gestuelle particulière, les bras levés, constituerait en effet un signe d’imploration pour que les divinités fassent tomber la pluie. Artiste érudit, Soly Cissé joue délibéré- ment avec une multitude de référents et de codes qui se chevauchent, sans jamais s’annihiler. Dans cette esthétique toutes les interférences sont permises. Les « détournements  » de formes, notamment des objets liés à des croyances et des mythes de l’univers « traditionnel », correspondent à une démarche qui transporte des bribes d’un passé, les renouvelle en les intégrant à un discours qui dit le monde contemporain.
 
Commissaire d’exposition : Christiane Falgayrettes-Leveau
Musée Dapper – 35 bis, rue Paul Valéry – 75116 Paris
OUVERT TOUS LES JOURS, SAUF LE MARDI ET LE JEUDI, DE 11 H
 
Né à Dakar en 1969, Soly Cissé est peintre, sculpteur, vidéaste et scénographe. Après être sorti major de sa promotion de l’école des Beaux-Arts de Dakar en 1996, il est sélectionné en 1998 aux biennales de São Paulo et de Dakar, puis en 2000 à celle de La Havane. Exposant régulièrement dans des galeries ou centres d’art, il est également présent à l’échelle internationale et a participé à de prestigieuses expositions, salons et foires. Il a fait partie de l’exposition collective Sénégal contemporain organisée par le musée Dapper en 2006 et dont l’ouvrage reste une référence incontournable.
 
[2] Totem I, 2000  – Sculpture – Bois, métal, verre, pigments et matières composites – H. : 109 cm – Collection particulière 
 
 
 

 

arts et culture

Exposition "Le suaire de Turing" ou l'imaginaire des technologies

Dans le cadre de la Biennale 2017 Territoires, cartographies, migrations, organisée par Siana, l’exposition "Corpus digitali – Le suaire de Turing" se déploie au cœur de la ville d’Évry et sur le Domaine de Chamarande du 2 mars au 14 mai 2017. Riches de leur programmation artistique contemporaine, Chamarande et Siana vous proposent de réfléchir aux évolutions de notre société marquée par les technologies numériques.
 
Deux sites d’exposition, un fil conducteur entre les œuvres : Cette exposition est proposée au public dans le cadre du Festival SIANA 2017. Elle fait suite aux expositions des deux biennales précédentes : Images parallèles (2013) qui convoquait l’étrangeté de notre double vie dans la société des écrans et Horizon Matriciels (2015) qui sensibilisait à la présence invisible mais cependant extrêmement déterminante et coercitive d’une matrice logicielle et technologique de l’infrastructure du monde contemporain.
En 2017, Le suaire de Turing explore encore plus avant la relation au réel et les mutations anthropologiques induite par les mondes numériques dans ce qu’elles modifient de notre considération de l’identité des individus, de leur représentation de la présence de leur corps au monde et à sa géographie.
 
Domaine de Chamarande
 
Les univers numériques modifient notablement notre rapport au monde, et la place de notre corps réel. Les géants du Web ont une influence majeure sur notre vie connectée quotidienne. Nous sommes pris dans un pacte faustien avec les GAFA qui nous offrent par leurs services une sensation de toute puissance informationnelle et un sentiment de reconnaissance de notre humanité.
 
L’environnement technologique véhicule ainsi la promesse de satisfaire, et bientôt d’anticiper, tous nos désirs et nos actions. Toutefois, nous les autorisons à récolter, indexer, archiver les données que nous produisons, jusque dans nos activités et nos pensées les plus intimes. Nous leur confions le droit de procéder, par des algorithmes de calcul, à une réification de notre être qui conduit in fine à la création de notre avatar numérique, un être déterminé. Pourtant, il n’est que l’ombre portée de la réalité de nos actes, de nos gestes, de nos vies et de nos sentiments.
 
 
La production d’une identité par nos traces numériques relève de la création d’une immatriculation des individus qui servira à les déterminer, voire à les surdéterminer et enfin à les prédéterminer. Ce corps numérique distinct de notre corps physique pose donc la question de la réalité de notre individualité, et notamment celle de notre liberté.
 
En vous immergeant dans les salles d’exposition où une série d’œuvres artistiques ponctue et met en exergue ce que ce nouvel ordre numérique du monde détermine, c’est une réflexion autour du corps, de sa place, de sa représentation et de son existence même, à laquelle vous êtes invités à participer. Cela nous renvoie également à la question du mouvement des corps, aux notions de libertés, pensées et actions qui rejoignent les problématiques actuelles des flux migratoires dans le monde.
 
Créée en 2006, Siana a pour objet de promouvoir les arts et cultures numériques en Essonne autour d’une réflexion « arts – technologie – société » ; elle organise de grandes expositions d’arts numériques sous forme de Biennales enrichies de séminaires de réflexion entre artistes, ingénieurs et chercheurs. C’est aujourd’hui un lieu ressource sur les cultures numériques avec un Lab destiné à développer la création artistique, la réflexion sur la pédagogie, et un espace dédié à la création vidéo. L’association a tissé un vaste réseau de partenaires avec lesquels elle construit des propositions pédagogiques et artistiques permettant de réfléchir sur nos usages et nos pratiques influencées par le numérique.
 
Artistes : Hugo Arcier, Barthélémy Antoine-Loeff, Nathalie Boutté, Alain Bublex, Ali Cherri, Paolo Cirio, Hascan Elahi, Cyril Hatt, Tomek Jarolim, Olga Kisseleva, Jean-Benoit Lallemant, Richard Louvet, Martin Le Chevallier, Albertine Meunier, Nicolas Milhé, One Life Remains, Lucy et Jorge Orta, Spéculaire [Flavien Théry et Fred Murie], Julie Vayssière
 
Commissariat d’exposition : Nicolas Rosette et Julie Sicault-Maillé
 
Vernissage le 02 mars à 18h à SIANA, 1 square de la résistance, 91000 Évry
– Campus IUT, 1 Square de la Résistance, 91000 Évry : du 02 mars au 08 avril 2017
– Domaine de Chamarande, 38, rue du commandant Maurice Arnoux, 91730 Chamarande: du 05 mars au 14 mai 2017
Entrée gratuite

 

 

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