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arts et cultures

Exposition Strokar : hors des sentiers battus

Confronter les supports afin de créer des œuvres singulières : voilà ce que propose l’association STROKAR - heart stroke (arrêt cardiaque) en verlan et stroke pour coup de pinceau - à une quarantaine d’artistes de renommée internationale. L’association à l’initiative de ce projet a pour objectif d’accompagner les artistes des pays défavorisés à travers la promotion du street art. Partant des clichés du photoreporter Fred Atax, les artistes ont carte blanche pour retravailler les photos et ainsi créer des œuvres originales. Ces dernières, déjà présentées à Bruxelles en mai dernier, feront de nouveau leur apparition au Centre culturel belge à Paris du 21 septembre au 19 novembre 2017 dans le cadre du Festival Francophonie Métissée 2017.
Illustration : ©STROKAR Fred Atax & Estelle Stoul, 2016
 
Dans le village Rabelade avec les artistes participants au projet STROKAR 2017. De gauche à droite Stevo, Kanhubaï, Fico, Sabino, Misa Kouassi, Fred Atax, Josefa et Tchetcho.
 

Des clichés du monde entier vus sous un nouvel angle

40 street artistes et 1 photographe : voici les protagonistes de l’exposition qui aura lieu du 21 septembre au 19 novembre au Centre culturel belge à Paris, en face de Beaubourg.
 
Cette exposition a été conçue par l’association STROKAR qui combine street art et engagement citoyen tout en contribuant au développement des artistes des pays défavorisés. L’exposition s’accompagnera d’une programmation de performance live painting et d’une conférence regards croisés street art belge versus street art français. L’exposition est double : elle s’inscrit en effet dans un axe Paris-Bruxelles et présente en exclusivité 7 artistes issus du village Reberlartes de l’île Santiago au Cap Vert. Ces artistes sont le symbole unique de la résistance du Cap Vert au colonisateur portugais qui a débuté l’évangélisation de l’île en 1870.
 
Fred Atax et Fred Ebami, 21 avril - Ouverture de la galerie AllRighT Bruxelles 2017
 
A l’origine de ce projet volontariste de coopération et d’échanges avec des artistes issus des pays émergents se trouvent : Alexandra Lambert - directrice du MAD Brussels, centre de la mode et du design impliquée dans la lutte contre le chômage et la pauvreté et Fred Atax - reporter et réalisateur qui est notamment à l’initiative d’un coup de pouce humanitaire pour venir en aide aux victimes du typhon qui a touché les Philippines en 2013.
 
Fred Atax et Oeno "Madagascar "2016
 
En créant STROKAR, Fred Atax et Alexandra Lambert ont voulu combiner deux passions : celle du street art et celle de l’engagement citoyen. En tant que photoreporter, Fred s’est rendu dans une centaine de pays, visitant nombre d’endroits du monde hors des circuits touristiques. Dans le cadre de ses voyages, sa présence lors du typhon Haiyan aux Philippines en 2013 l’a amené à créer « Petits coups de pouce entre amis », une action humanitaire qu’il a imaginée seul, avec le soutien des réseaux sociaux et de ceux qu’il a su convaincre, pour aider et soutenir des victimes de cette catastrophe climatique. Au cours de ses autres voyages et au fil des découvertes qu’il y faisait, cet élan social est resté le moteur infatigable de son action.
 
Après s’être engagée dans la revitalisation des quartiers en crise via les fonds structurels européens, Alexandra a travaillé de nombreuses années dans la lutte contre le chômage et la pauvreté, tant pour le gouvernement bruxellois que pour le gouvernement belge. Passionnée par les arts en milieu urbain, elle a ensuite passé près de dix ans de sa vie à créer une importante institution de soutien aux industries créatives de la mode et du design, le MAD Brussels.
 
Fred Atax et Fouad HMI-CNN "Once upon a time in the west West Africa"
 
Les rencontres de Fred avec des artistes de ghetto dans des pays où l’expression artistique est muselée et l’expérience d’Alexandra avec les milieux décisionnels forment la charpente du projet STROKAR : stimuler une création à plusieurs mains, intégrant les arts plastiques et les arts visuels, par des artistes de la scène picturale d’ici et d’ailleurs.
Leur objectif à long terme sera d’agir en particulier en faveur des artistes de pays défavorisés dans le but de stimuler les échanges interculturels et de créer des espaces d’expression qui leur seront dédiés.
L’association a ainsi pour but de créer des nouveaux espaces d’expression pour aider les artistes dont le travail est parfois muselé et de stimuler les échanges interculturels. Strokar est interdisciplinaire : elle promeut des artistes du monde du street art, de la photographie, des arts plastiques, des arts visuels, du cinéma et des arts de la scène.
 
Fred Atrax "Toxic Madagascar"
 
C’est dans cette optique qu’est née l’exposition où une quarantaine d’artistes de renommée internationale tels que Jef Aerosol, Steve Locatelli, Fred Ebami, Jean-Luc Moerman, Toxic, Denis Meyers, Kashink ou encore Jérôme Mesnager ont retravaillé des clichés de Fred Atax pour en faire des réalisations uniques.
 
Près de 300 photos en noir et blanc, issues de plus de 100 pays dont 10 pays en situations critiques tels que le Népal, l’Amazonie ou encore les Philippines, ont été proposées aux artistes qui n’ont finalement gardé que deux clichés. Ces derniers sont devenus des supports pour les artistes qui ont pu les modifier en toute liberté. De ce regard croisé entre la photographie et les autres moyens artistiques résulte une lecture entièrement nouvelle des clichés.
 
Artistes présents :
Ose, Estelle Stoul, Denis Meyers, collectif Farm Prod, François Coorens, Kool Koor, Fred Ebami, POPAY, Jaune, Jérôme Mesnager, Jef Aerosol, Fouad HMI CNN, Jean-Luc Moerman, Jean-Maxime Robert, de Bault, KASHINK, MG La Bomba, Monk, NovaDead, Oeno, Steeve Locatelli, PAROLE, David Le Gouar.
 
©STROKAR Fred Atax & Jef Aerosol, L'enfant de Steung Méanchey - Graphisme : Bettina Pell
 
Centre Wallonie-Bruxelles - Salle d’exposition, 127-129 rue Saint-Martin 75004 Paris  (M° Rambuteau) - Du 21 septembre au 19 novembre 2017

 
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Hors Cases, le 9ème art contemporain

Cet été et jusqu'au 15 octobre, l'exposition insolite « Hors cases, le 9ème art contemporain », à la maison de la culture d'Amiens, vous ouvre les portes d'un univers poétique alliant la Bande Dessinée et l'art contemporain. Autour des œuvres de neufs artistes, émergents ou de renommée internationale, venus de France, d'Italie, de Belgique et d'Allemagne, elle propose aux visiteurs de s'échapper des cases du 9ème art pour rejoindre le monde de l'art contemporain pour sortir de soi, de l’espace, des lignes et des couleurs, ou les métamorphoses de l’image.
Illustration : Florent Ruppert et Jérôme Mulot ou les métamorphoses du mouvement
 
L’exposition « Hors Cases, le 9ème art contemporain » organisée par On a Marché sur la Bulle se déroule jusqu’au au 15 octobre 2017 à la Maison de la Culture d’Amiens. Cette exposition majeure met en scène l’univers de neuf artistes, émergents ou de renommée internationale, venus de France, d’Italie, de Belgique et d’Allemagne qui ont choisi de sortir de la case ou de la planche, de la bande dessinée elle-même, pour créer un espace hybride, dans lequel toutes les formes artistiques sont invitées à se croiser et à raconter des histoires. Remettant en cause l’idée de frontière entre bande dessinée et art contemporain, ces artistes jouent avec les supports et les matières. Ils les combinent pour créer des univers plastiques et narratifs, passionnants et oniriques.
 
À travers les productions de ces artistes, l’exposition interroge cette dimension transformative de la bande dessinée et propose une relecture des codes qui lui sont propres. Chaque auteur invente un labyrinthe de métamorphoses au sein duquel l’œil et l’esprit peuvent s’égarer : la forêt sombre côtoie le jardin lumineux d’une mystérieuse attente, les souvenirs d’enfants prennent la forme de contes énigmatiques. Le spectateur est invité à y entrer, y déambuler et s’y perdre. Comme dans une arborescence un peu folle et désordonnée, leurs œuvres envahissent l’espace de la Maison de la Culture pour réinventer en profondeur notre vision du 9e Art.
 
Stéphane Blanquet, Ludovic Debeurme, Christelle Enault, Dominique Goblet et Kai Pfeiffer, Lorenzo Mattotti, Fanny Michaëlis, Ruppert & Mulot s’interrogent, chacun à leur manière et à travers différents supports sur la dimension transformative de la bande dessinée. À travers plus d’une centaine d’œuvres exposées, ces artistes-auteurs questionnent les notions de narration, de forme et de personnage, pour inventer des croisements singuliers avec d’autres médiums : peinture, graphisme, installations, sculpture, scénographie, tissage ou multimédia.
 
Florent Ruppert et Jérôme Mulot
 
Le tandem Florent Ruppert et Jérôme Mulot a construit une étrange tour qui résume à elle seule, avec un humour décapant, l’évolution de l’humanité, depuis les premières formes de vies aquatiques jusqu’au cercueil qui culmine à presque deux mètres de hauteur.
Gravissant péniblement chaque marche vers le néant final, une série de figurines en papier s’illumine dans la pénombre d’une lumière stroboscopique qui troue l’obscurité. Ce cortège donne au spectateur l’illusion de personnages titubant, se relevant puis marchant un instant pour chuter encore, un peu plus loin, un peu plus haut.
Par ce subterfuge en carton, métal, câbles électriques et courroies, Florent Ruppert et Jérôme Mulot poursuivent, par d’autres moyens, ce qui fait la spécificité de la bande dessinée : être un art séquentiel, c’est-à-dire justement une suite d’images qui porte avec elle l’illusion du mouvement. En ce sens, ils poussent ici la logique jusqu’à son terme et posent une question : que se passerait-il si la bande dessinée n’était plus simplement une séquence faite de juxtapositions, si le mouvement simulé dans les pages sortait littéralement de la planche et venait réellement prendre possession de l’espace ?
Cette installation accueille également la série Spiderman, épopée loufoque d’un acrobate de cirque qui tente, plus ou moins maladroitement mais avec beaucoup de poésie, d’occuper l’espace fragile d’une piste.
 
À LIRE SANS RÉSERVE :
Safari Monseigneur, éd. L’Association.
Panier de singe, éd. L’Association.
Irène et les clochards, éd. L’Association.
Les Week-ends de Ruppert et Mulot, éd. Dupuis.
La Technique du périnée, éd. Dupuis
 
Ludovic Debeurme ou les métamorphoses de l’émotion
 
Chez Ludovic Debeurme, le corps est le théâtre où prend forme la narration et où se pose la question de nos émotions, de nos hésitations et de nos tremblements. Encore reconnaissables pour quelques instants par leurs traits doux et presque hésitants, les personnages de Ludovic Debeurme courent le risque de s’effacer à tout moment et de se recomposer sans cesse ailleurs. Les corps prennent des aspects multiples, flottent dans l’espace, leurs membres se déforment ou disparaissent. Les personnages prolifèrent de mille et une manières différentes et abandonnent peu à peu la stabilité pour rejoindre l’improbable et l’indéfinissable.
Entre psychanalyse et conte fantastique, l’univers onirique de Ludovic Debeurme donne naissance à un peuple de mutants, un peuple touchant, déboussolé et parfois drôle. Cet univers ne cesse de nous questionner d’un regard en coin et semble demander sans répit aux spectateurs : et vous, où en est votre corps à vous, se peut-il qu’il devienne aussi incertain que le nôtre, ne formant plus qu’une légère trace sur le papier, sur la pellicule ou dans la lumière ?
 
À LIRE SANS RÉSERVE :
Un Père vertueux, éd. Cornélius.
Trois fIls, éd. Cornélius.
Le Grand Autre, éd. Cornélius.
Ludogie, éd. Futuropolis.
Lucille, éd. Futuropolis.
 
Fanny Michaëlis ou les métamorphoses du conte
 
Avec son dessin clair, fin et rayonnant, Fanny Michaëlis n’écrit et ne dessine pas pour les enfants sages. Dans un univers aux allures de conte, elle dessine pour donner forme aux peurs de notre enfance. Pour inventer un monde où il deviendrait possible, par la magie du dessin, de dialoguer avec le mystère et de lui donner la légèreté d’un trait au crayon, presque invisible. Les pères redeviennent ainsi des enfants sans défense perdus au sein de la forêt, et les rivières cachent des visages au fond de l’eau stagnante. Chez Fanny Michaëlis, le papier devient le réceptacle imperceptible de nos inventions, de nos métamorphoses intimes, celles du corps et celles de l’âme. A l’instar de ces énigmatiques toiles d’araignée que les Indiens d’Amérique appellent Dream Catchers, l’artiste attrape nos rêves, délicatement, elle les retient un moment pour les coucher, toujours fragiles, sur une page, puis dans l’espace de l’exposition. Elle les fait alors revivre en volume et, comme au sortir d’un rêve, nous déambulons dans son univers, encore à moitié endormis.
 
À LIRE SANS RÉSERVE :
Le Lait noir, éd. Cornélius.
Géante, éd. Cornélius.
Avant mon père aussi était un enfant, éditions Cornélius.
Peggy Lee, éd. Bd Music, label BD Jazz.
 
Stéphane Blanquet ou les métamorphoses de l’esthétique
 
L’œuvre de Stéphane Blanquet peut être comprise comme une tentative radicale et profondément joyeuse de contamination : contamination du support par la multitude infinie des traits qui viennent l’occuper; contamination des corps par la folie des désirs et la recherche insatiable de leur satisfaction; contamination d’un environnement qui se contorsionne et qui impose ses propres règles. Confrontés que nous sommes à cet envahissement de l’art par le foisonnement de la vie et des formes, Stéphane Blanquet nous interroge sur l’essence même de la beauté et de ses codes imposés. Tout au long de son parcours créatif, qui explore une multitude de disciplines, dont notamment des expériences remarquables dans le champ de la bande dessinée, Blanquet partage avec les défricheurs de l’art, l’avant-garde, cette volonté extrême de coller à la réalité du monde qui passe pour lui par l’accumulation : accumulation des formes, des histoires, des traits, des noirs. Très loin de la ligne claire, assurément, Stéphane Blanquet invente la ligne sombre, les lignes d’un voyage merveilleux qui roule à tombeaux ouverts vers la quintessence du dessin.
 
À LIRE SANS RÉSERVE :
La Vénéneuse aux deux éperons, éd. Cornélius.
La Nouvelle aux pis, éd. Cornélius.
Bouquet bonheur, éd. Cornélius.
Donjon Monsters, T.4 (scénario Joann Sfar et Lewis Trondheim), éd. Delcourt.
Chocottes au sous-sol !, éd. La Joie de lire.
 
 
Une coréalisation de l’association On a Marché sur la Bulle, organisatrice des Rendez-vous de la Bande Dessinée d'Amiens, et de la Maison de la Culture d’Amiens, dans le cadre des 22es Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens.
Commissariat : Marie-Luz Ceva-Mériaux, Pierre Rousson et Justin Wadlow, pour l’association On a Marché sur la Bulle.
 
bd.amiens.com
 
 
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Les lauréats du Prix Marcel Duchamp exposent leur vision du monde à l’aéroport de Paris

Pour la première fois, et après sept expositions consacrées aux collections patrimoniales des plus prestigieuses institutions parisiennes, Espace Musées invite tout cet été et jusqu'au 16 janvier 2018 avec  sa nouvelle exposition, « Paysages du monde », la création contemporaine à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle !
Illustration : (Lost) Paradise A-B de Carole Benzaken - Courtesy Carole Benzaken
 
A travers cette thématique, Serge Lemoine, conseiller scientifique et culturel d'Espace musées, présente les œuvres de neuf des lauréats du Prix Marcel Duchamp en s'arrêtant sur les créations de Carole Benzaken, Claude Closky, Cyprien Gaillard, Laurent Grasso, Thomas Hirschhorn, Mathieu Mercier, Tatiana Trouvé, Latifa Echakhch, Melik Ohanian.
Autour de divers médiums propre à chacun : la peinture, la photographie, l'assemblage, la sculpture, la programmation informatique et la lumière, « Paysages du monde » dévoile à tous les visiteurs, un aperçu de la création contemporaine en France et la manière dont de grands artistes appréhendent le monde qui nous entoure.
 
Espace musées est le seul musée d'aéroport au monde à la programmation si réfléchie et si dynamique. Dès cet été, avec « Paysages du Monde », Espace musées sera la vitrine de la création contemporaine française pour des milliers de voyageurs qui transitent par ce terminal. Au milieu des boutiques de luxe du hall M de l'aérogare 2E et en accès libre et gratuit, dans un décor signé Wilmotte, cette exposition de la « crème » des artistes français, est le fruit d'un partenariat entre Espace Musées et l'Association pour la diffusion internationale de l'art français, l'ADIAF, qui décerne chaque année le Prix Marcel Duchamp et qui œuvre à travers le monde pour la reconnaissance de la scène française.
 
Mathieu Mercier (Prix Marcel Duchamp 2003)
 
L’œuvre de Mathieu Mercier, né en 1970, faite de citations et de connivences, est généralement fondée sur le rapprochement entre le langage et les codes de l’art contemporain avec les objets de la réalité quotidienne. Ici l’artiste reprend quelques thèmes de l’art abstrait, de grands espaces vides, une disposition en triptyque pour les présenter avec ironie en donnant pour référence la marque des fabricants de couleur.
Sans-titre (Lascaux 944/924 sur un fond d'Unik 012.1A) - Mathieu Mercier - Courtesy
 
 
(Lost) Paradise A-B de Carole Benzaken - Courtesy Carole Benzaken
 
Carole Benzaken (Prix Marcel Duchamp 2004)
 
Lorsqu’elle obtint le Prix Marcel Duchamp en 2004, Carole Benzaken, née en 1964, développait une oeuvre de peintre qui la distinguait fortement des artistes contemporains de l’époque. Ses tableaux peints en séries montrent des images issues de la réalité, comme ici Lost Paradise (Paradis perdu), de la série du même nom, représentant des paysages de grand format à la limite de l’abstraction par le travail de la couche picturale qui fragmente l’image en un scintillement de petits éléments. Une approche de la peinture qui la rapproche de Monet lorsqu’il peignait ses cathédrales, à travers une étude de la lumière et de la touche comparée.
 
Geo Metry 2009 computer, flat screen, unlimited duration de Claude Closky - Courtesy des  galeries Laurent Godin, Paris, Mehdi Chouakri, Berlin
 
Claude Closky (Prix Marcel Duchamp 2005)
 
Artiste de l’inventaire et de l’archive né en 1963, Claude Closky, utilise avec humour le chaos des informations données par les nouvelles technologies et la vie quotidienne. Sa démarche repose sur une réflexion quant au langage médiatique et au traitement de l’information. Son œuvre Geo Metry est à cet égard très significative, livrant sur le monde des données statistiques en constante évolution tout en étant indéchiffrables.
 
La grande allée du château de Oiron 2008 c-print sur diasec FRAC Poitou-Charentes de Cyprien Gaillard - Courtesy Château de Oiron, Galerie Bugada&Cargnel, Paris
 
Cyprien Gaillard (Prix Marcel Duchamp 2010)
 
Né en 1980, Cyprien Gaillard s’intéresse aux ruines contemporainespar le biais de divers mediums : photographie, gravures anciennes détournées, sculptures à partir de produits industriels, films et affiches. Ses oeuvres proposent un questionnement sur les traces d’un monde en rapide mutation. Dans cette photographie, il représente l’allée principale du château d’Oiron qui a été recouverte de gravats issus de la démolition d’une tour d’Issy-les-Moulineaux. Il donne ainsi à voir dans un raccourci une image du passé et celle d’un futur où les immeubles modernes seraient devenus les vestiges d’une civilisation perdue.
 
1610 IV -  2014 Néon, caisson altuglas de Laurent Grasso - Galerie Perrotin, Paris – Courtesy de l’artiste et  de la  galerie Perrotin, Paris / New York / Hong Kong - Photographe : Claire Dorn
 
Laurent Grasso (Prix Marcel Duchamp 2008)
 
Alliant peintures de facture ancienne, documents d’archives, installations et films, l’œuvre de Laurent Grasso, né en 1972, questionne la réalité avec une perception située au croisement des champs scientifique, mythologique et symbolique. Son tableau intitulé Œuvre 1610 IV montre un ciel constellé d’étoiles dessinées à la lumière artificielle dans une représentation naïve et poétique.
 
Les 5 continents (le continent américain) 1999  de Thomas Hirschhorn - Carton, aluminium, bois, papier - Collection privée, Paris - Photo : Romain Lopez - Courtesy Collection privée, Paris
 
Thomas Hirschhorn (Prix Marcel Duchamp 2000)
 
Né en 1957, premier lauréat du Prix Marcel Duchamp, Thomas Hirschhorn réalise des installations qui allient la richesse conceptuelle et la force visuelle. Héritier de nombreux courants artistiques et en particulier du dadaïsme, il s’exprime principalement avec la technique du collage et de l’assemblage pour réaliser des installations possédant un fort contenu artistique. Avec « Les 5 continents », il révèle dans cette série de cartes, une façon allégorique de se représenter le monde.
 
Tatiana Trouvé (Prix Marcel Duchamp 2007)
 
Tatiana Trouvé, née en 1968, a recours à de multiples moyens, dont beaucoup proviennent de matériaux de récupération qui sont ensuite coulés en bronze. Refolding (Repliement) est précisément composée de plaques de carton transformées en bronze, placées verticalement, qui peuvent évoquer une construction ou un habitacle, accompagnées de tiges de métal dessinant des arabesques dans l’espace sur lesquelles est posée une bobine de fil. Le contraste entre les deux ensembles de l’oeuvre avec sa partie mobile évoque un voyage en pensée dans l’espace réel.
Refolding, 2013 de Tatiana Trouvé - 134 x 135 x 65 cm Bronze, métal, corde, bois - Galerie Perrotin, Paris - Courtesy Antoine Cadot,  Galerie Perrotin, Paris
 
Latifa Echakhch (prix Marcel Duchamp 2013)
 
Dans son travail, nourrie par la poésie et l’art de l’évocation, Latifa Echakhch, née en 1974, utilise de nombreuses pratiques et des supports variés, du tableau au mur à l’installation dans l’espace, de l’encre à la place de la peinture aux objets de la réalité utilisés tels quels. Le tableau Moss and ivy are compiling various shades of greens. Everything higher than forty two centimeters turns to a heavy brown, est très caractéristique de sa démarche : l’artiste cherche ici une nouvelle technique de représentation du paysage, en utilisant de l’encre bleue qu’elle prend soin de répandre sur une toile faite d’un tissue absorbant. Le résultat obtenu par la diffusion par capillarité de ce ductile évoque un paysage onirique.
Moss and ivy are compiling various shades of greens. Everything higher than forty two centimeters turns to a heavy brown, 2014 de Latifa Echakhch -  Encre « phtalo » sur toile - Galerie Kamel Mennour, Paris/London - Photo : Fabrice Seixas & archives kamel mennour - © Latifa Echakch
 
 
 
 
Selected Recording #072 de Melik Ohanian   - Tirage lambda contrecollé sur plexiglas  - Galerie Chantal Crousel, Paris 
 
Melik Ohanian (Prix Marcel Duchamp 2015)
 
Né en 1969, Melik Ohanian développe une oeuvre qui croise des techniques artistiques variées pour évoquer la recherche de la connaissance de l’univers. L’artiste a souvent recours à la photographie. En 2000, il commence une série de prises de vue intitulée Selected Recording, ayant pour sujet l’habitat vernaculaire. L’ensemble de ces paysages ordinaires, constitués sans esprit de système au gré des voyages de Melik Ohanian, témoigne dans son apparence neutre et sans signification immédiate, d’une vision originale sur le monde.
 
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Musée de l'homme

Le Balcon des sciences présente les fermiers du miel d'ndonésie

Le Musée de l’Homme, en direct de son « Balcon des sciences », propose une exposition-dossier pour découvrir l’actualité de la Recherche. Jusqu’au 9 octobre 2017, l’exposition vous emmène en mission sur la piste d’Apis Dorsata, l’abeille géante d’Indonésie qui produit un miel que les hommes ne peuvent récolter qu’en se rendant en haut des arbres, en pleine nuit. Une découverte des savoirs locaux associés à la plus grande des abeilles mellifères et le passage d’une collecte à une forme de gestion des colonies d’abeilles, proche, sous certaines conditions, de l’apiculture.
Photo : La récolte du miel © Nicolas Césard
 
En Asie comme ailleurs, la cire et surtout le miel constituent des produits recherchés, tant pour leurs usages domestiques que pour la vente. Certaines espèces d’abeilles mellifères sont élevées mais beaucoup sont exploitées dans leur milieu, là où les hommes les trouvent.
Jusqu’au 9 octobre 2017, le Musée de l’Homme vous emmène en mission sur la piste d’Apis Dorsata, l’abeille géante d’Indonésie.
 
Sur le terrain, à Bornéo © Eric Tourneret
 
Nicolas Césard, chercheur du laboratoire d’Eco-anthropologie et ethnobiologie du Muséum national d’Histoire naturelle/Musée de l’Homme étudie les relations entre les sociétés et les abeilles en Indonésie (1). Au détour de la forêt Indonésienne, à Bornéo, il vous invite à découvrir comment des hommes se rendent en haut des arbres, en pleine nuit, pour récolter le miel produit par la plus grande des abeilles mellifères, Apis dorsata.
Cette apicollecte évolue vers une apiculture par l’aménagement d’emplacements favorables à l’installation des essaims sauvages afin de limiter la destruction des abeilles et rendre plus aisée la récolte du miel. Ces nouvelles pratiques permettent une gestion plus durable des ressources. S’appuyant sur une recherche menée au Muséum, l’exposition présente les savoirs locaux associés à cette espèce et le passage d’une collecte à une forme de gestion des colonies d’abeilles, proche, sous certaines conditions, de l’apiculture.
 
À travers des objets, des spécimens et des reconstitutions, et grâce à plusieurs dispositifs multimédias– jeux interactifs et vidéos de terrain – l’exposition présente les diverses techniques et outils utilisés par ces fermiers du miel, et explore les relations entre les sociétés et les abeilles en Indonésie.
 
Situé au cœur du musée, le Balcon des sciences permet au visiteur de découvrir comment travaillent les chercheurs et d’aller à la rencontre des scientifiques du musée, dans le cadre de rendez-vous réguliers.
Il renoue avec le concept fondateur du « Musée-Laboratoire » qui a fait sa spécificité dès son ouverture en 1938. Il s’articule autour de deux espaces qui, par le biais de multimédias, d’outils à manipuler, de dessins animés, d’interviews et de vidéo, permettent de découvrir les coulisses du Musée-Laboratoire et l’actualité de la recherche.
Un espace permanent introduit le visiteur dans l’univers des scientifiques : la démarche des chercheurs, leurs domaines et leurs méthodes de travail dans les laboratoires, leurs terrains de recherche dans le monde. Un espace temporaire est consacré à des expos-dossiers thématiques sur des recherches en cours et vit au rythme de la programmation du musée (colloques, journées scientifiques).
 
(1) Nicolas Césard est ethnologue et chercheur au laboratoire d’Eco-anthroplogie et ethnobiologie du Muséum national d’Histoire naturelle (CNRS/MNHN), à Paris. Spécialiste de l’Indonésie et de la gestion des ressources naturelles, il étudie les relations entre les hommes et l’environnement à travers le champ de l’ethnoentomologie.
 
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