UP' Magazine L'innovation pour défi

arts et culture

Et si on expérimentait l'art plutôt que de le consommer ?

Qu'il soit chanteur, écrivain, musicien, réalisateur, sculpteur, peintre designer ou tout à la fois, un artiste aura pour objectif primordial de toucher son auditoire. Or la tâche n'est pas simple. Les moyens pour atteindre cet objectif sont nombreux mais toujours très cloisonnés. De nombreux artistes restent dans l'ombre par manque de financement ou de visibilité L'industrie culturelle est certainement celle qui s'est le moins épanoui au cours des dix dernières années au niveau des usages, qui sont devenus quelque peu vieillissant. Les industries créatives ont donc besoin de se mettre au goût du jour et c'est l'arrivée de plateformes collaboratives multi-services et multiculturelles qui va permettre de secouer ce marché empoussiéré.
Illustration : « Trois artistes incompris » Gustave Doré

Rentrer dans une classe définie et suivre un chemin préfixé

Aujourd'hui pour que l'oeuvre d'un artiste trouve son public, ce dernier est obligé de choisir un sillo, un parcours bien déterminé et de répondre aux attentes - non pas des consommateurs finaux - mais des intermédiaires divers, quitte à dénaturer son essence originelle.
 
Un chanteur qui souhaite enregistrer un disque devra obligatoirement passer par la case label. Avant de signer un quelconque contrat, le label va d'abord chercher à tester ses titres auprès des radios. Si la radio émet un avis négatif – alors même que le public n'a pu donner son avis - le disque ne sortira pas. Or les radios ont des quotas bien précis. Imaginons un chanteur français aux textes anglophones. Il pourra se voir demander de traduire la moitié de sa chanson en langue française. Imaginons encore un chanteur de mélodies romantiques. Il pourra, lui, se voir demander de réaliser un son « urbain » pour avoir la chance de percer en radio et espérer ensuite - s'il connaît le succès - avoir l'occasion de faire passer sa ballade sur les ondes. De quoi dénaturer totalement le projet initial d'un chanteur qui sort de l'ordinaire.
 
Un musicien qui vient de sortir un album va chercher à être l'invité de plateaux TV afin d'en faire la promotion. Dans le même temps, les programmateurs des émissions de TV, en charge des invités, recherchent des artistes pour passer à l'antenne. Ces individus devraient donc être très connectés puisque l'un est à la recherche de visibilité quand les autres recherchent du contenu. Seulement, il existe dans les faits de nombreuses barrières entre ces deux univers. L'artiste va donc être obligé de passer par un promoteur (agent ou attaché de presse) qui travaille lui-même pour un portefeuille de clients et est donc en charge de plusieurs artistes. Parmi eux, ce dernier va établir un ordre de préférence ou de priorité, et le musicien dont nous parlions aura alors moins de chance d'être repéré par les chaines de TV.
 
Un écrivain qui souhaite publier un livre doit impérativement passer par un éditeur. Ce dernier, pour accepter son manuscrit, va lui demander d'effectuer un grand nombre de corrections – qui une fois de plus peuvent dénaturer totalement l'esprit de son œuvre. Il peut par exemple être amené à « lisser » ses personnages afin de les faire correspondre à des profils stéréotypés : le méchant, le traite, le sauveur, le héros, etc. Ce sans quoi son histoire ne sera, selon l'éditeur, jamais lue par le public.
 
Il en va même pour un réalisateur de film, qui aura besoin d'un producteur pour financer son œuvre et l'aider à la distribuer auprès du public. Ou encore pour un artiste peintre qui aura besoin d'un galeriste pour exposer sa collection. Autant d'intermédiaires qui peuvent trop souvent tuer dans l'œuf des œuvres qualitatives qui – si elles avaient eu la chance d'être confrontées au public – auraient peut-être connu un succès sans précédent.
 

Un rayonnement global difficile et des artistes hybrides laissés pour compte

Ces difficultés pour toucher un public cible sont encore plus nombreuses si l'artiste a une volonté de développement à l'international. Imaginons un chanteur, qui après avoir signé avec un label français, voit son album produit en 400 exemplaires et distribué via différents canaux à travers le pays (Fnac, Hypermarchés, …). Ce dernier ne pourra pas obtenir de son label la production d'unités en consignation pour un lancement à l'étranger - même s'il est lui-même en contact avec un distributeur local - à moins d'avancer le coût des unités produites, le label n'étant pas prêt à courir ce risque commercial.
 
Plus grave encore, le système actuel - très formaté - ne laisse aucune place pour les artistes hybrides proposant des projets multiculturels (à la fois musical, éditorial et graphique par exemple). Or ces artistes ne sont pas nécessairement excentriques, ils ont simplement des projets originaux. Comme ils ne savent pas vraiment par quel biais se faire connaître, ils se retrouvent alors sur le web. D'où l'émergence de nombreux YouTubers par exemple. Seulement, le web est infini et ils se retrouvent alors perdus dans la masse, ne pouvant qu'espérer que quelqu'un les découvre par hasard.

Vers un renouvellement grâce aux plateformes collaboratives ?

Depuis quelques années, nous assistons à l'émergence de plateforme de crowdfunding artistique – à destination des musiciens et des écrivains principalement. Elles ont pour but d'amener l'œuvre directement au public. Mais ces plateformes sont prises d'assaut par des talents en tout genre, livrés à eux-mêmes, avec des projets parfois peu aboutis.
 
Le fonctionnement des industries créatives est obsolète car il est hyper-cloisonné et les différents acteurs n'ont pas les moyens de communiquer facilement ensemble. L'idée n'est pas de supprimer les intermédiaires existants – car tous ont une valeur ajoutée au sein de l'écosystème - mais de leur permettre de communiquer plus facilement ensemble.
 
Ce marché a besoin d'un nouveau souffle, et c'est par la naissance de plateformes collaboratives – et pas seulement de plateformes de crowdfunding - qu'il va trouver son dynamisme. Une telle plateforme permettra d'obtenir un unique écosystème au cœur duquel seront placés à même niveau l'artiste, son public, et les marques partenaires. Et c'est autour de ce noyau fondateur que viendront alors se greffer les acteurs existants. Ainsi l'artiste n'aura plus qu'un seul chemin unique et simplifié pour atteindre son public. Il n'y a alors plus de freins ni aucune raison pour qu'une œuvre de qualité ne puisse pas exister.
 
Ces marketplace digitales permettront une nouvelle ouverture d'esprit sur l'art et offriront aux artistes la possibilité de créer une offre plus valorisante, car plus libre et plus hybride. A travers des collaborations entre les artistes, et entre les artistes et les marques, l'art n'aura alors plus de limite. Retours directs du public, visibilité, financement… autant d'avantages permettant aux artistes de faire naitre leur projet, aux marques de trouver des partenariats innovants et au public de découvrir une multitude de nouveautés et d'expériences que lui seul aura décider de vivre !
 
Lise Yacoub, co-fondatrice et présidente de MAD (Music. Arts. Design)
 
 
Lise Yacoub est une entrepreneure et une experte du marketing multiculturel avec plus de 16 ans d'expériences dans les domaines de l'informatique, des marchés des capitaux, de la musique et des industries médiatiques. Elle est diplômée en Economie de l'Université Saint-Joseph à Beyrouth et de l'EM Lyon avec un accent sur Marketing International. Après avec travaillé en tant que Business Developer dans l'affaire familiale de textile à Beyrouth, elle fut chef de produit junior pour des serveurs à haute densité avant de rejoindre Murex à 24 ans en tant que Directrice Monde communication et marketing. En 2008, elle fonde Createmotions, une entreprise de développement et de distribution de marque des stratégies marketing et événementielles à des clients dans le monde entier. Mère, grande voyageuse, cinéphile et accro au chocolat, Lise a également été danseuse professionnelle au sein de la compagnie Caracalla au Liban.
Elle crée MAD (Music. Arts. Design), Marketplace créative 360°, le 15 novembre 2016 en France et au Liban avec sa sœur Rima. MAD permet de révéler les meilleurs talents, de donner vie à leurs projets et de faire tomber les barrières de l'industrie. MAD offre aux talents – sélectionnés en amont par un collectif d'experts - un accompagnement opérationnel de A à Z et met à leur disposition une espace de financement participatif, une boutique en ligne, un blog, et des événements en tout genre. A travers MAD, les talents de demain peuvent ainsi développer leur communauté de fans mais aussi nouer des partenariats avec les marques. En réunissant sur une même plateforme la nouvelle génération d'artistes et de producteurs, MAD est la nouvelle marketplace des dénicheurs de talents.
Plus d'informations sur http://howmadareyou.com
 

 

arts et culture

Europeana : Transformer le monde avec la culture

La culture européenne englobe des millions de peintures, de livres, de morceaux de musique et autres œuvres de plusieurs siècles. Cependant, jusque récemment, le seul moyen pour le public de découvrir ces chefs-d'œuvre était de visiter l'institution spécifique qui les héberge. Europeana, une organisation à but non lucratif cofondée par la Commission européenne, a été créée en 2008 pour aider les gens à découvrir ces œuvres d'art en ligne via un portail et une API Web avec une nouvelle base de données, Neo4j, où des millions d'œuvres d'art et d'objets culturels européens sont non seulement accessibles à tous, mais deviennent interactifs en fonction des centres d'intérêts de chaque visiteur.
 
De la Joconde à la musique de Mozart, des informations sur des millions d'œuvres d'art en Europe sont présentées en ligne par la fondation Europeana. Ces données "connectées" peuvent être rapidement explorées en utilisant la base de données de graphes de Neo4j, ce qui aide universitaires et férus d'art du monde entier à mieux découvrir le riche héritage culturel européen.
Ces huit dernières années, l'équipe de 60 personnes d'Europeana a catalogué les pièces culturelles de musées, bibliothèques, universités et archives dans toute l'Union européenne afin de les faire connaître au reste du monde. Ils ont à présent ressemblé des informations digitales permettant de rechercher plus de 53 millions de chefs-d'œuvre et les ont mises à disposition des utilisateurs dans le monde entier.

Le défi : transformer le monde avec la culture

La fondation Europeana, basée aux Pays-Bas, définit ainsi sa propre mission : "Nous transformons le monde avec la culture". Pour y parvenir, la fondation a encouragé plus de 3000 institutions en Europe à fournir toutes les données numériques sur leurs œuvres d'art. En rassemblant ces informations et en y donnant accès en ligne, la fondation a su promouvoir ces institutions et faire connaître leurs collections aux amateurs d'art et aux chercheurs du monde entier. Mille cinq-cents institutions ont participé à Europeana, comme la British Library à Londres, le Rijksmuseum à Amsterdam, et le Louvre à Paris. Pour cela, les États s'engagent à numériser leurs contenus actuellement conservés de manière traditionnelle, les rendre accessibles sur le Web et assurer la conservation de ceux-ci sous forme numérique pour les générations futures. Le projet prévoit de faire appel, outre les bibliothèques nationales, aux bibliothèques européennes, aux services d'archivages et aux musées.
Partage du patrimoine culturel, innovation, recherche, création de valeur et emploi : Europeana concentre tous les enjeux de l'ère numérique. C'est une valorisation de l'art à l'ère digitale. "Nous vivons dans une société numérisée" souligne Matt Nader, responsable de l'infrastructure chez Europeana. "Aller dans une bibliothèque pour consulter un ancien journal n'est plus très courant. En version numérique, c'est beaucoup plus accessible".
 
L'équipe d'Europeana d'environ dix développeurs a créé des bases de données d'informations structurées sur chaque œuvre - sa date de création, son auteur, sa localisation et toutes les données numériques à disposition la concernant. Facteur essentiel : ils ont fait en sorte que ces informations soient disponibles en plusieurs langues européennes afin que quasiment tout le monde puisse y accéder.
Matt Nader prend l'exemple de la peinture sans doute la plus célèbre au monde - la Joconde de Léonard de Vinci exposée au musée du Louvres à Paris. "Si vous êtes chercheur et avez besoin d'informations d'origine sur Mona Lisa, vous devez aller au Louvres et planifier le temps de consulter les ressources demandées. Or ces documents originaux authentifiés sont ce que nous mettons à disposition par le biais de notre API ou de notre portail".
 
Europeana tenait également à encourager les utilisateurs à explorer les œuvres dans le détail en créant des relations entre les éléments associés - comme toutes les informations sur la Joconde, ou sur les œuvres du même peintre ou compositeur.
A ce stade, Yorgos Mamakis, architecte système, explique que la fondation s'est rendue compte qu'utiliser des bases de données classiques pour héberger des données "connectées" de la sorte s'avérait peu pratique.
"Notre objectif consiste à créer autant de relations que possible entre les œuvres culturelles" poursuit Yorgos Mamakis. "Mais il nous manquait un moyen pertinent de faire une 'relation' et de passer d'un objet à un autre par le biais de ces relations cachées dans le modèle de données. Cela demande une telle mémoire, compte tenu du nombre d'archives dont nous disposons, qu'il aurait fallu des milliards voire des milliers de milliards de tables dans un référentiel sémantique classique. De plus, traverser ou extraire ce type d'information aurait été extrêmement long."

La solution Neo4j

Selon Yorgos Mamakis : "La solution qui s'est imposée était Neo4j, une base de données de graphes prenant en charge tout ce que nous voulions et le fournissant prêt à l'emploi. Neo4j apportait les traversiers de relations et les liens dont nous avions besoin de manière structurée."
 
Dans le cadre d'un projet continu, Europeana présente aujourd'hui plus de 6 millions (12%) de ses 53 millions d'objets et archives culturels dans Neo4j. La base de données, qui a été simple à implémenter - "Il a été très facile de travailler avec Neo4j" confirme Yorgos Mamakis - tient un rôle de plus en plus central dans les opérations de la fondation.
Yorgos Mamakis explique : “Comme le nombre d'œuvres dont nous disposons augmente, nous nous attendons à ce qu'elles soient toujours plus nombreuses à finir dans Neo4j qui va devenir un de nos systèmes centraux. Idéalement, dans un avenir proche, nous serons en mesure de désactiver les autres systèmes de bases de données que nous utilisons."
 
Grâce à Neo4j, des "éléments similaires" sont proposés aux visiteurs pour les encourager à se déplacer entre les informations associées et découvrir davantage d'œuvres en rapport avec leurs centres d'intérêt. Par exemple, les recherches sur la Joconde donnent à présent des dizaines et même des centaines de résultats. Le plateforme propose aussi un bouton "Explorer" et présente des dizaines "d'expositions" en ligne pour motiver de plus amples découvertes.
Yorgos Mamakis explique : “Cette nouvelle base de données enrichit la qualité de nos archives et l'expérience des utilisateurs du fait que ces derniers profitent d'une nouvelle façon de naviguer entre les données. A présent, on ne se contente plus d'extraire un objet, mais la famille d'objets qui lui est étroitement reliée - on obtient ainsi un autre point d'entrée pour accéder à de nouveaux objets et potentiellement trouver plus d'informations sur ce qui nous intéresse."
 
La plateforme semble être une réussite qui attire régulièrement près de 250 000 visiteurs en ligne avec 1 million de pages vues chaque mois. Son approche basée sur Neo4j pour faciliter l'accès aux données et les recherches a également été un succès immédiat avec les institutions qui ont transmis leurs informations.
Yorgos Mamakis ajoute : " Plus nous convainquons de partenaires à structurer les données de la sorte, mieux c'est. 12% sont déjà présents dans la base Neo4j, ce qui prouve que nos partenaires sont convaincus de son utilité. Plus il y a de données, mieux c'est pour nous et meilleure est l'expérience des utilisateurs. Pour nous, c'est l'essentiel."
 
Matt Nader commente : “Pour moi, l'intérêt d'avoir Neo4j est de faire un grand pas en avant. Il est possible de trouver très rapidement nos objets. En procédant pas à pas avec une base de données relationnelle classique, l'application connaîtrait des lourdeurs et le temps de réponse serait lent. Neo4j répond très vite".
 
La culture est un catalyseur du changement économique et social. Mais cela n’est possible que si elle est aisément accessible et facilement utilisable par les gens pour créer, construire et partager. Révéler le patrimoine culturel de l’Europe et utiliser de nouvelles technologies aidera les gens à construire et transmettre de nouvelles idées.
 
 
 

 

arts et culture

Le « Changement Climatique Réimaginé » par le Musée du Futur de Dubaï

Le vice-président et Premier Ministre des Émirats Arabes Unis et Gouverneur de Dubaï, son Altesse Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, a inauguré le 12 février le Musée du Futur lors du 5ème Sommet Mondial du Gouvernement, autour d’une exposition « le « Changement Climatique Reimaginé ». Mis en place par la Dubai Future Foundation, l’exposition attire l'attention sur trois grands défis : l'approvisionnement en eau, la sécurité alimentaire et les villes autonomes. Il souligne également l'importance de s'adapter aux incidences futures du changement climatique.
Photo : Projet AutoFarm
 
Le Musée du futur est une plateforme mondiale où les meilleurs experts peuvent identifier les tendances scientifiques et technologiques les plus importantes de l'avenir. Il sert de catalyseur pour les futurs travaux de prévision et d'étude et il joue un rôle central dans l'établissement de politiques et de stratégies qui permettent aux gouvernements du monde de bénéficier des technologies de demain et de leur potentiel.
L'installation intitulée Climate Change Reimagined souligne l'inévitabilité d'importants changements environnementaux et l'importance de s'adapter proactivement. Il propose trois nouvelles idées sur la façon dont nous pouvons faire face aux conséquences du changement climatique, en dévoilant des approches imaginatives pour s'adapter au changement climatique et mener l'avenir.
 
Le Ministère de l'Économie des Émirats Arabes Unis prévoit que le coût de l'importation de denrées alimentaires quadruplerait à 60% du PIB d'ici 2025, à moins que des sources alimentaires locales et durables ne soient fournies. Selon l'OCDE, l'offre mondiale d'eau potable devrait diminuer de 40% par rapport à la demande mondiale d'ici 2030. La hausse du niveau de la mer pourrait déplacer plus de 250 millions de personnes d'ici la fin du siècle, rendant inhabitable la plupart des villes côtières.
Aussi, l'exposition Musée du Futur est une expérience 4D unique, proposant trois ambitieux concepts concernant la sécurité alimentaire, l'approvisionnement en eau et les villes autonomes :
 
- «AutoFarm», une ferme urbaine robotique entièrement automatisée qui remplit les garages vides de stationnement et les entrepôts du quartier par de la nourriture, une fois que les voitures autodirigées rendent les garages obsolètes.
- « Méduse vivant en eau douce », une combinaison de gènes de méduses et de racines de mangrove pour créer des usines géantes d'eau douce vivant au large des côtes des grandes villes.
- « Kit Ville », une solution de « construction autonome » utilisant la biotechnologie et la robotique pour construire de villes 100% autonomes en quelques semaines.         
 
Son Altesse Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum a déclaré : « Nous saisissons aujourd'hui l'occasion pour partager notre vision de l'avenir et nos solutions proposées pour faire face au changement climatique, tout en explorant toutes opportunités possibles .Le Musée du Futur est une plateforme mondiale où les meilleurs experts peuvent identifier les plus importantes tendances scientifiques et technologiques de l'avenir. C’est un catalyseur pour les futurs efforts de prospective et d'étude et joue un rôle capital dans la définition des politiques et des stratégies qui permettent aux gouvernements du monde de profiter des technologies de l'avenir et de leur potentiel ».
 
 
Le Musée du Futur est une installation permanente à Dubaï, exposant en vitrine des inventions et des technologies futuristes. Sept étages accueillent des laboratoires d'innovation axés sur la santé, l'éducation, les cités intelligentes, l'énergie et le transport. Le musée se veut être une plateforme pour exposer et tester les dernières innovations des géants de la technologie et offrir des opportunités de collaboration avec les firmes et les grandes universités ou centres de recherche dans le monde. Il constitue ainsi une plateforme mondiale dédiée, qui expérimente des idées audacieuses et des solutions pragmatiques, et sert également d’incubateur du monde réel pour l'innovation.
(Source : ME NewsWire)
 
 

 

art contemporain

« La conquête de l'art », la websérie pour déjouer les préjugés sur l'art contemporain

Faut-il être cultivé pour apprécier une œuvre d'art ? Une œuvre d'art doit-elle être belle ? Faire de l'art demande-t-il du travail ? Vous aussi, vous vous posez ces questions ? Alors, les webdocs que le Frac Aquitaine propose sont pour vous : des webséries qui s'attaquent aux poncifs sur l'art contemporain en s'appuyant sur des œuvres de leur propre collection et plus largement, des œuvres emblématiques d'art moderne et classique. Un dispositif de médiation innovant et adapté à la pluralité des regards, des plus initiés au plus néophytes.
 
Fruit d'un travail collaboratif rassemblant des ressources du territoire, "La Conquête de l'art" s'inscrit dans la volonté d'une diffusion numérique des savoirs à l'échelle de la Nouvelle-Aquitaine et au-delà.
 
www.conquetedelart.frac-aquitaine.net est une nouvelle série de webdocumentaires composée de trois vidéos, de 3 à 4 minutes chacune. Elles répondent à trois questions : faut-il être cultivé pour apprécier une œuvre d'art ? Une œuvre d'art doit-elle être belle ? Faire de l'art demande-t-il du travail ?
Accompagnées de quizz interactifs, sur un ton sérieux et décalé à la fois, elles s'attaquent aux poncifs sur l'art contemporain en s'appuyant sur des œuvres de la collection du Frac Aquitaine, et plus largement des œuvres emblématiques d'art moderne et classique. Elles s’adressent à un public désireux de s’initier à l’art contemporain et de dépasser les préjugés qui lui sont fréquemment associés. Partant des points de ruptures de l’art moderne et contemporain avec son public, cette série documentaire cherchera à les expliquer, les déjouer, et aider l’auditoire à s’en saisir.
 
Proposées sur tous les écrans, seul ou en famille, elles peuvent être exploitées dans les établissements scolaires, les structures médico-sociales, socio-culturelles et socio-éducatives, les associations. Ce support animé accompagnera les expositions nomades du Frac Aquitaine en région.

Une bouteille à la mer

Espère-t-on attirer un plus grand public vers les musées et expositions avec cette initiative ? Car quel intérêt suscite l’art contemporain auprès des Français ? Selon un sondage commandé par Art Paris à l’institut BVA en 2010, les Français visitent en moyenne au moins une exposition ou un musée tous les ans, seuls 20 % d’entre eux ont déjà acquis une œuvre actuelle. Le sentiment envers l’art contemporain reste encore mitigé. Si la fréquentation des lieux d’art, musées en tête, ne cesse de progresser, l’art contemporain a encore du pain sur la planche. Bien que la curiosité (51 %) et l’enthousiasme dominent les réponses, 32 % des sondés manifestent encore de l’indifférence et 15 % de l’incompréhension.
 
L’art du XXe et du début du XXIe siècle est un art de combat. Combat pour bouleverser un ordre artistique, mais aussi politique, social, économique. Ce combat prend des formes changeantes et parfois dérangeantes, qui surprennent, perturbent, émeuvent, séduisent ou peuvent aussi rebuter ceux à qui elles sont destinées. L’art est donc, aussi, un combat pour ses spectateurs, qui doivent le conquérir - ou se laisser conquérir.
Camille de Singly, historienne de l’art - Conférence nomade du FRAC Aquitaine mars 2015
 
Le public a-t-il « peur » de l'art contemporain ? La crainte à l'égard de l'art contemporain proviendrait, selon Marie-France Beaudoin, Historienne de l’art, de l'arrêt des cours classiques : « On a arrêté les cours d'histoire de l'art dans le système public. Ils ne sont donnés désormais qu'à ceux qui étudient les arts plastiques, le design et parfois la littérature. Le public s'est donc retrouvé sans outils et très démuni ». (Source : La Tribune – Septembre 2016)
 
Le professeur de sociologie de l'art à Paris VIII, Alain Quemin, souligne, études à l’appui, l’importance de l’éducation et des diplômes pour s’y intéresser.
Et si les politiques publiques lancées dans les années 80 ont eu selon lui quelques effets, en particulier via les FRAC, l’éducation à ce type d'art peine toujours, contrairement à ce qui se passe en Allemagne ou en Grande-Bretagne.
Le sociologue considère que « l'art contemporain n'est pas une priorité pour tout le monde, clairement, comme la culture. Et l'art contemporain conserve une image un peu élitiste et c'est probablement, en partie, une des raisons qui fait qu'il n'est pas facilement accepté par les gens qui en sont les plus éloignés. »
 
Il est mpossible malheureusement de bénéficier de repères officiels récents. Mais selon le ministère de la Culture, les Français n’ont pas changé d’habitude entre 1997 et 2008 : 15% d'entre eux visitent une fois par an une galerie et 9% seulement se rendent dans un musée d’art contemporain, ou moderne, avec des chiffres de fréquentation croissante prouvant néanmoins un intérêt renouvelé du public pour l’art contemporain :
Fréquentation totale 2012 : 1 409 559 visiteurs
Fréquentation totale 2013 : 1 947 666 visiteurs (30 Ans des FRAC)
Fréquentation totale 2014 : 1 682 469 visiteurs
En 2013, le volume et la couverture territoriale des expositions organisées par les FRAC a été de :
- 88 d’expositions dans les murs (fréquentation totale : 361 000 visiteurs).  
- 462 expositions hors les murs (fréquentation totale : 1 550 000 visiteurs).
- La moyenne de fréquentation des scolaires en 2013 représentait 11,73% des visiteurs. (Source : FRAC Plateform)
Et dans un sondage BVA de 2010 pour le Journal des arts, la moitié des personnes interrogées disent avoir de la curiosité, mais un tiers exprime de l’indifférence et 15 % de l’incompréhension pour l'art contemporain. 
 
L'art, dans son ensemble, n'est pas "une réjouissance solitaire. Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes ... " : réécoutez le discours d'Albert Camus lors de la réception de son Prix Nobel de littérature en 1857 :
 
 
L'initiative "La conquête de l'art" porte donc bien son nom ...
 

Données clés sur la fréquentation des lieux et événements culturels 2016 (Source : Ministère de la Culture et de la Communication).

 
Ce projet a été réalisé avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine (via le programme Aquitaine Cultures Connectées) et la Drac Nouvelle-Aquitaine.
Idée originale et production : Frac Aquitaine ; scénario et graphisme : Cizo (Les Requins Marteaux Éditions) ; réalisation : Stéphane Soulié ; textes : Camille de Singly, historienne de l'art et Sophie Poirier, auteure ; développement web : Matthieu Felder / Poivre vert Productions.
 
Plus d'informationshttp://frac-aquitaine.net/
 
 

 

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