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arts et culture

Galeristes, le salon des galeries et des collectionneurs engagés

Galeristes, le premier salon imaginé par des amateurs d'art et des collectionneurs engagés, fondé par Stéphane Corréard, présente son édition inaugurale au Carreau du Temple du 8 au 11 décembre 2016.
Photo ©Fabrice Gousset
 
Galeristes initie un nouveau rendez-vous incontournable dans le calendrier culturel parisien, avec pour mission de défendre et valoriser les galeries rattachées à la scène artistique française, qui offrent une visibilité sans équivalent à l’ensemble de la création internationale actuelle dans toute sa diversité. En proposant une offre alternative et à échelle humaine, Galeristes milite pour « un autre monde de l’art ».
 
Fondé par Stéphane Corréard comme une « exposition de galeries », Galeristes favorise de véritables rencontres entre galeristes et collectionneurs, des relations qui se consolident dans le temps, mais également entre galeristes et grand public, dans le but d’initier des vocations de nouveaux collectionneurs ou simplement de montrer à tous la richesse et la diversité de l’art contemporain international ainsi que le rôle primordial du galeriste dans le monde de l’art.
Galeristes n’est pas une foire, mais un salon. Un espace de rencontres entre le public et des professionnels autour d’une passion commune, l’art. Galeristes est une exposition de galeristes : chacun des exposants y conçoit une proposition personnelle, à mi-chemin du bureau, de la réserve visitable et du mur d’amateur (à la manière de celui d’André Breton).
En projetant ainsi leur vision, leur engagement, leurs artistes et l’ensemble de leurs activités, les galeristes gagneront un nouveau public; durables, leurs relations se développeront par la suite dans leur environnement naturel, la galerie.
Le modèle traditionnel du galeriste-passeur est aujourd’hui malmené : conçu par et pour les amateurs d’art, Galeristes réaffirme sa pertinence, son actualité et son potentiel d’avenir.
Stéphane Corréard 

Un salon engagé en faveur de la diversité et la découverte

Profondément conscient des aléas de la position des créateurs dans le marché et les coteries, le comité de collectionneurs chargé de la sélection des exposants veille à proposer au public de Galeristes la plus grande variété de créations. Fondée sur la confiance dans les engagements individuels des galeristes, le panorama artistique proposé privilégie systématiquement les découvertes et les redécouvertes, placées sous le signe de la singularité, la différence et la diversité pensées comme des valeurs cardinales de toute relation à l’art.
C’est aussi le rendez-vous des amateurs et des galeristes désireux d’élargir leurs horizons, mais également de tous ceux qui envisagent de passer le cap, et de devenir collectionneurs.
À cet effet, plusieurs programmes seront initiés à l’intérieur même du salon : section regroupant des œuvres très abordables, ou encore accompagnement dans l’aide au financement…
 

Une scénographie innovante

Plate-forme de rencontres entre collectionneurs et galeristes, ce salon d’un genre nouveau se déploie sur tout le rez-de-chaussée du Carreau du Temple. Au sein d’une scénographie signée Dominique Perrault et avec une identité visuelle conçue par SpMillot, Galeristes rassemble ainsi une communauté de collectionneurs, passionnés et professionnels de l’art, unis par une même volonté : valoriser leur relation si singulière aux galeristes, passeurs indispensables entre les artistes et le public, lors de rencontres conviviales autour des œuvres qu’ils présentent et de leurs univers uniques.
 
Scénographie qui permet aux exposants de concevoir une proposition singulière, à mi-chemin du bureau, de la réserve visitable et du mur d’amateur.
Afin de permettre aux galeristes de montrer la création dans toute sa diversité, des espaces sont aménagés dans la scénographie de Dominique Perrault pour montrer des œuvres monumentales qui rythment le parcours des visiteurs, mis en exergue aux côtés des univers si singuliers des galeristes.
 

Une section d’œuvres à moins de 1000 euros

Salon conçu pour favoriser les rencontres entre amateurs, collectionneurs et professionnels de l’art, Galeristes n’en oublie pas pour autant les nouvelles vocations. Ainsi, afin de permettre à chacun de commencer une collection ou d’acheter de l’art contemporain, un espace réunit une sélection d’œuvres à moins de 1000 euros.
 

Un programme pédagogique

L’œil du rapporteur : Les membres du comité de rapporteurs invitent le public à découvrir les univers singuliers de chaque galerie lors de visites-rencontres pendant toute la durée du salon.
Les tables-rondes : Galeristes invitent les penseurs de l’art contemporain à échanger autour du métier de galeriste, sa relation avec les artistes et collectionneurs et sa place dans le monde de l’art.
Projections : Proposée par le Filaf, Galeristes présente une programmation de films sur l’art associés à la thématique des collectionneurs et diffusés durant le salon. Des portraits de collectionneurs, qui invitent le public chez eux et dévoilent les secrets de leurs collections : ce qu’elles leur racontent et de quelle manière ils la vivent au quotidien.
 
Afin de représenter fidèlement la scène des galeristes ayant un lien fort avec le paysage artistique français, le comité de sélection de Galeristes, présidé par Michel Poitevin, collectionneur et administrateur de l’Adiaf, a retenu une trentaine de galeries pour participer à l’édition inaugurale.

A propos de Stéphane Corréard

Né en 1968, Stéphane Corréard est, depuis près de trente ans, un spécialiste de l’art contemporain, et notamment de la scène française, successivement ou simultanément galeriste, collectionneur, commissaire d’exposition, expert, journaliste et critique d’art.
Après avoir fondé la Galerie Météo en 1992 et codirigé Bownstone, Corréard et Cie de 1998 à 2000, et ainsi participé à de nombreuses foires internationales, Stéphane Corréard contribue désormais régulièrement à des périodiques (Beaux-Arts Magazine, Libération Next, Particules…) et signe des textes pour de nombreux éditeurs ou institutions.
Commissaire, il a dirigé le Salon de Montrouge de 2009 à 2015, et est régulièrement invité à réaliser des expositions dans des institutions (Palais de Tokyo, Villa Arson, Villa Tamaris…) et des galeries (Christian Berst, Gabrielle Maubrie, Kréo, Loevenbruck, White Project…).
Stéphane Corréard a notamment participé en tant qu’expert aux comités de sélection du Prix Marcel Duchamp, aux sélections de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis), au Programme Hors-les-Murs de l’Institut français ainsi qu’aux Assises de la Jeune Création organisées par le Ministère de la Culture et de la Communication.
 
Pour la coordination générale de Galeristes, Stéphane Corréard a fait appel à Dahlia Sicsic, spécialisée dans la production et la coordination d’expositions, anciennement coordinatrice générale du Salon de Montrouge entre 2011 et 2015.
Plus récemment, elle a contribué à la production de l’exposition «Un Grain de toute beauté» au Palais de Tokyo, dans le cadre des Modules (Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent) et a été commissaire invité, chargée de la programmation du cycle de performances des Jeudis Arty au Carreau du Temple.

Les Galeristes de l’édition 2016

Galerie Anne Barrault Paris
Christian Berst Art Brut Paris
Galerie Bernard Bouche Paris
Galerie Jean Brolly Paris
Galerie Circonstance Nice
Galerie Da-End Paris
Galerie Derouillon Paris
Espace à Vendre Nice
Galerie Jean Fournier Paris
Galerie Christophe Gaillard Paris
Galerie Bernard Jordan Paris Berlin Zürich
Galerie Lelong Paris New York
Loevenbruck Paris
Magnin-A Paris
Galerie Eva Meyer Paris
Galerie Éric Mouchet Paris
New Square Gallery Lille
Pact Paris
Galerie Papillon Paris
Galerie Catherine Putman Paris
Salle Principale Paris
Galerie Sator Paris
Semiose Paris
Galerie Suzanne Tarasieve Paris
Urdla Villeurbanne
Galerie Lara Vincy Paris
 
Galeristes - Le salon des galeries et des collectionneurs engagés  8 – 11 décembre 2016
Carreau du Temple 4, rue Eugène-Spuller 75003 Paris
www.galeristes.fr

 

arts et culture

“Eclaire-moi, la lumière dans tous ses états“

A quinze jours de la Fête des Lumières à Lyon, le film « Eclaire-moi », du Cluster Lumière, librement visible sur Youtube, sublime l'art et la nature par la lumière, rend la science et les technologies de l'éclairage accessibles à tous en 40 mn hautement pédagogiques.
 
Le Cluster Lumière est le réseau de compétences de la filière éclairage. Créé en 2008 à l'initiative de la CCI de Lyon, CDO, ENTPE, Philips et Sonepar, il rassemble 175 adhérents représentant l’ensemble de la filière : fabricants de modules d'éclairage, laboratoires et centres techniques, bureaux d'étude et d'architectes, concepteurs éclairagistes, maîtres d'œuvre, installateurs et distributeurs. 75 % des adhérents sont des PME.
Né à Lyon, le Cluster s’est rapidement ouvert à des entreprises de toute la France. Ces entreprises et centres techniques se complètent parfaitement et développent des solutions d’éclairage innovantes, allant de la recherche à la production. Le Cluster Lumière les mobilise et stimule le travail collaboratif pour accélérer le développement des techniques innovantes d'éclairage (dont la technologie LED), développer l'activité et la compétitivité de ses membres, promouvoir la filière française à l’international. Il anime des projets collaboratifs autour des grands marchés de l'éclairage. Toutes ces actions s’inscrivent dans une perspective de développement économique et de gestion durable des ressources.
 
Ce film de 40 mn d’images à couper le souffle et d’explications vivantes a été réalisé pour admirer les différents états de la lumière : lumière naturelle, artificielle, dans la nature, dans la peinture, dans nos villes… Mais aussi découvrir le phénomène physique : ondes électromagnétiques, incandescence/luminescence… Ou encore comprendre la vision : l’œil, la vision animale et la vision humaine, le phénomène de lumière bleue…  Et suivre la diversité des sources d’éclairage (incandescence, fluorescence, LED/OLED…).
Mais ce film nous permet aussi d’apprendre l’éclairage au quotidien : apprendre à lire les informations des emballages et connaître les applications et enjeux de la lumière, par exemple en éclairage extérieur, scénique, dans les commerces, pour la santé ou encore à bord des automobiles du futur…
 
 
Voir le résumé : 
 
Réalisateur : Cluster Lumière
Auteurs : Gaëtan Verrier Bert, Sophie Caclin
Illustrations : Estelle Girod
 
 

 

exposition arts

HUVANITE de Vidya Juganaikloo

Que faisons-nous sur terre ? Sommes-nous en accord avec nous-mêmes ? Nous mentons-nous à nous-mêmes ? Comment faisons-nous pour nous adapter ?... Et quel est le but de l’Humanité : transhumanisme ou rebellion ?... Quelle fin, quel dessein ? L’exposition HUVANITE de l’artiste plasticienne Vidya Juganaikloo aborde ces thématiques de façon polymorphe à travers six séries plastiques de dessins, toiles, vidéo, du 24 novembre au 11 décembre à Paris.
 
La vanité ! Nous ne sommes pas là dans ce genre particulier de peinture de nature morte propre au XVIIème siècle. Quoique … Si l’artiste évoque l’homme, le temps qui passe trop vite, la fragilité, la destruction, la mort même, c’est avec un sens profond de la couleur, du trait. Un coup de crayon acéré, vif, léger, parfois cru ou noueux.
« Vanité » signifie littéralement « souffle léger, vapeur éphémère ». Ce mot a été formé de vain qui marque l'inutilité, la futilité, la fragilité des choses, ce qui est enflé et vide, ce qui est faux, illusoire, sans fondement réel. Le message étant de méditer sur la nature passagère et vaine de la vie humaine. Nous sommes en plein dans le sujet. Ici, pas d’iconographie macabre. Les dessins et peintures de Vidya abordent notre rapport à la vie avec lucidité, humour, détachement, légèreté.
 
Mais dans HUVANITE, résonne aussi "humanité". L'artiste a-t-elle voulu rappeler insidieusement que sans art et sans culture, quelle humanité serions-nous ? Quelle société sans art et sans culture ? Laquelle contient l’interrogation sous-jacente : quelle humanité voulons-nous être ?
 
 
L’art agit ici dans sa fonction réflexive et méditative. Chacun est face à sa philosophie de vie, de mort dans l’appréhension d’une réalité contemporaine où l’artiste fait comme nous le choix d’être optimiste, cynique, insensible ou visionnaire. Des portraits, visages, comme de « nouveaux masques », rappellent l’intemporalité du thème et la réflexion qu’ils suscitent sur le devenir de l’homme.
 
Par le biais de dessins donc, mais aussi de peintures ou de projection vidéo, l’artiste poursuit les interrogations métaphysiques plus que le genre artistique en lui-même. Les compositions s’inscrivent dans l’héritage initié par des prédécesseurs illustres.
Alors que les œuvres sont caractérisées par un impressionnant réalisme, c’est bien leur sens caché, mais aussi la technique qui touchera celui qui les contemple.
L’exposition nous fait apprécier des œuvres jamais dévoilées ou presque pour une création contemporaine hors de la représentation codifiée du répertoire classique de la vanité.
 
HUVANITE se compose de 6 séries plastiques : Toiles (peinture, bombe, encre, collage), dessins, et vidéo. 
 
Exposition du 24 novembre au 11 décembre 2016  à Volumes Coworking - 78 Rue compans Paris 19ème
Vernissage le 24 novembre à partir de 19h30 avec performance « live » de l’immense pianiste Jacky TERRASSON
 
Représentation Live du concert de Jacky Terrasson octobre 2016 Montpellier
 
Précédentes expositions
- 1ère exposition TEASER à Volumes Coworking - Paris 19ème - mai 2015
- 2ème exposition lors des Apérettes d’Ève - Concorde Atlantique - sept 2015 : 2 toiles (1mX1.30) – 1 toile (1.30X2M) 4 dessins préparatoires
- 3ème exposition « Aux voyages de Laure » - Oberkampf, Paris 11ème - Déc 2015 : 4 toiles (1mX0,7m) - 2 toiles (1mX1.30m) - 7 dessins encadrés.
- 4ème exposition : « Les Apérettes » - 6 rue Newton- Sept 2016 : 9 toiles (1mX0,7m)
- 5ème exposition : Live performance - Projection de dessins en live du concert de Jacky TERRASSON à Montpelier le 22 octobre 2016.

A propos de l'artiste 

 
Vidya naît le 3 septembre 1984. Elle fait ses premiers pas accompagnée de sa mère Beaux-Arts bohème et de son père Docteur en Physique, prof du côté du Mans. Ses petites années sont entourées de forêts et de rayons de soleil traversant les feuilles pour bercer le salon d’une douce lumière.
Vidya vit ses premières années dans le calme, l’amour… et les dessins !
Premier déménagement. La tribu quitte la nature pour la banlieue parisienne, où Vidya fait la première partie de sa scolarité. Moments d’apprentissage et d’analyse durant lesquels elle sera confrontée à la culture « street » des années 90. Vidya jeune fille fait ses premières armes entre béton et contrôle de ses émotions jusqu’a ses 14 ans : il est temps de retrouver un peu de nature…
L’adolescente se retrouvera dans un petit village de l’Ouest, à coté d’Angers pour terminer son collège. Contraste redoutable mais tellement bénéfique !
C’est l’explosion de l’épanouissement ! Nature, copains, sorties, amours, amis, confiance, voyages, tranquillité, théâtre, associations… Suivie par le lycée d’Angers où elle aiguise ses goûts grâce à l’option « ArtP » qui lui permet de développer ses projets plastiques personnels, ainsi que de fouiller dans les références grâce à ses cours d’Histoire de l’Art.  Active et présidente d’Associations Culturelles et Artistiques, son BAC en poche, Vidya entre à l’école des Beaux-Arts.
Cette période lui permet de toucher à toutes les techniques académiques : sculpture, gravure, développement de photo et surtout d’avoir du temps pour peindre et voyager, découvrir d’autres artistes et de nouvelles façons de travailler.
Après un séjour de quelques mois au Népal où elle est en contact avec l’ONG « Planète-Enfant » (qui lutte contre le traffic de femmes et d’enfants à la frontière Indo-Népalaise) et après avoir parcouru l’Inde, l’idée de rendre son travail UTILE lui fait choisir l’option Communication où elle découvre l’expression numérique : la vidéo et le graphisme entrent alors dans ses projets.
En 2005, Vidya participe au développement d’une petite entreprise fondée autour du styliste plasticien Mario Faundez. Son univers la touche, lui parle. Sous son aile, elle se découvre un attrait particulier pour les matières, le Street Art et le Fluo.
C’est en créant sa propre structure de communication graphique en 2008 que Vidya exploite toutes ces connaissances acquises et son savoir-faire, en les mettant à la disposition de ses clients. Elle apprend ce qui « marche » en communication : ce qui touche les gens, comment viser des cibles et proposer des solutions graphiques. Elle est projetée dans le monde du Graphisme print et web sans jamais cesser ses expériences picturales en parallèle.
Aujourd’hui, à 32 ans, Vidya décide de rassembler ses voyages, ses aspirations, ses réflexions sur le monde, son goût pour la matière, son style académique, ses dessins, sa sensibilité, le graphisme, le Street Art, pour produire une oeuvre organique et polyforme sur toile, sur papier et vidéo.
 
Contact artiste : 06 64 26 95 33 - vidyakelie[at]joga6.com
 
 

 

arts et culture

Les plateformes d’achat en ligne vont-elles réussir à démocratiser l’art ?

Alors que le marché de l’art a longtemps été épargné par le digital, car jugé incompatible, il entreprend depuis quelques années maintenant sa mutation numérique, notamment grâce au développement des ventes d’œuvres d’art en ligne, en très forte croissance. Il a d’ailleurs progressé de 24% l’an dernier, et sur la base de cette tendance, les ventes d’art en ligne pourraient atteindre 9,58 milliards $ d’ici 2020.

De la digitalisation à la démocratisation de l’art en ligne

La digitalisation de l’art en ligne est aussi une question de génération. Certes les personnes âgées, de par leur pouvoir d’achat plus important, restent à l’heure actuelle les plus gros acquéreurs d’œuvres et pas seulement sur les canaux « traditionnels » puisque 51% des acheteurs d’art le font aussi en ligne.
Mais les digital natives, qui ont bientôt 30 ans, sont susceptibles de commencer, aujourd’hui, à s’intéresser à l’achat d’art. C’est une génération qui va de plus en plus sur le web pour chercher des informations ou pour effectuer des achats. Il était donc normal que les nombreuses plateformes et galeries d’art en ligne cherchent à répondre aussi à leurs besoins.
 
En se lançant, ces plateformes ont pour but de démocratiser l’art en le rendant accessible à tous. L’idée est de pouvoir leur permettre d’acheter de l’art facilement, et de proposer des œuvres pour tous les budgets. Il y a quelques années, il était encore difficile de se lancer dans l’achat d’art : on n’osait pas pousser la porte d’une galerie, le processus d’achat était très fermé à tel point que peu de personnes osaient franchir le pas. Mais aujourd’hui, l’art n’est plus réservé aux élites.
 
Grâce au digital, tout le monde peut commencer une petite collection, que ce soit pour le plaisir émotionnel, pour des raisons sociales ou pour investir, le passage à l’acte est facilité. On assiste donc à la « naissance » de nouveaux acheteurs, plus jeunes, moins élitistes. En 2016, on estime que 46% des 18-35 ans ont déjà acheté des œuvres d’art en ligne. Notre étude « Art Trade Report » révèle également que 68% des 18-35 achèteront davantage, à travers les sites de ventes en ligne (53%). Le plaisir émotionnel est le principal facteur qui les poussent à l’acte d’achat pour 92% d’entre eux.

Mais pourquoi un tel engouement pour l’art en ligne ?

La force de l’art en ligne est d’abord de proposer une diversité de choix extrêmement importante, bien plus que dans une galerie physique. Ce sont des milliers d’œuvres, partout dans le monde qui sont disponibles pour tous et chacun. Des milliers d’artistes internationaux sont désormais à portée de clic, de quoi démultiplier les chances de trouver le coup de cœur.
 
Les collectionneurs n’ont plus à écumer les galeries pour se renseigner sur un artiste qu’ils aiment. Ils peuvent simplement consulter des sites pour obtenir le plus d’informations avant de faire appel, si besoin, à un expert. Internet offre aussi plus de transparence aux acheteurs, notamment pour les prix. Les prix des œuvres sont indiqués clairement et les ventes aux enchères sont plus efficaces et plus ciblées.  Par ailleurs, les galeries d’art en ligne offrent une discrétion qui peut être un critère important pour les acheteurs lorsque l’achat concerne des œuvres rares ou sensibles.
 
Enfin, on assiste à une ubérisation du marché de l’art en ligne qui voit cohabiter enchères et ventes à prix fixe, modèles de vente avec et sans intermédiaires. De nouveaux intermédiaires arrivent dans le secteur et les modèles établis bougent. Au Royaume-Uni par exemple, les antiquaires ont décidé de créer leur propre site de vente aux enchères afin de ne plus passer par les commissaires-priseurs. Les acheteurs passent maintenant directement via les sites internet dédiés et n’ont plus à payer de frais supplémentaires, comme lors de ventes aux enchères.

L’art contemporain, grand favori des plateformes d’art en ligne

Lors de notre étude « Art Trade Report », nous avons interrogé 127 galeries et marchands d’art représentant une large gamme d’objets d’art et de collection. 63% de ces galeries étaient des galeries d’art contemporain. Si cet art rencontre un fort succès en ligne, c’est notamment parce que les plateformes mettent en avant de nombreux artistes émergents, qui n’ont pas encore de cote et dont les œuvres sont encore abordables.
En fonction des plateformes, on estime que les œuvres qui se vendent le plus sont comprises entre 500 et 2000€. Au-delà de ces montants, les acheteurs sont confrontés à une barrière psychologique, ils dépensent moins car ils ont encore besoin de voir l’œuvre en réalité.

Quid des galeries traditionnelles ?

Dans ce contexte artistique en pleine évolution, la place des galeries traditionnelles est amenée également à évoluer afin de s’adapter à ces nouveaux modes de distribution.
28% des interrogées dans notre étude ont indiqué qu’elles offraient désormais la possibilité à leurs clients d’acheter et de payer en ligne, un chiffre en hausse par rapport à 2013. Toutefois, il semble aujourd’hui qu’elles soient en retard car encore hésitantes. Elles n’ont pas encore su mettre en place de réelle stratégie.
En France, elles sont de plus en plus nombreuses à lancer leur site internet afin de se promouvoir au-delà des frontières physiques et de toucher de nouveaux clients.
Néanmoins, des frictions subsistent entre le modèle traditionnel fondé sur la relation avec la galerie/le marchand d'art et le modèle en ligne du « click and buy », où l'interaction entre l'acheteur et le vendeur est souvent limitée, quand elle n'est pas tout simplement inexistante. Les galeries traditionnelles ont néanmoins quelque chose que le digital ne pourra pas leur substituer : cette ambiance si spéciale, ce rituel excitant de la découverte d’une galerie et de ses œuvres.
 
Pour s’adapter au marché, certaines galeries font appel à des intermédiaires qui peuvent les soutenir dans leur présence digitale. 41% des galeries ont ainsi déclaré qu'elles réalisaient des ventes en ligne par l'intermédiaire de sites de vente tiers et 26% d'entre elles prévoient de s'associer à une plateforme d'e-commerce tierce dans un futur proche.Mais galeries en ligne comme galeries traditionnelles ne doivent pas négliger leur présence sur les réseaux sociaux, ceux-ci étant l’un des meilleurs moyens pour rester proche de ses clients et de ses acheteurs potentiels.
 
En bref, si les canaux digitaux sont indispensables pour que les galeries traditionnelles puissent toucher et renforcer la relation avec  leur public et leur clientèle actuels, ils sont aussi une formidable opportunité d’accéder à de nouveaux marchés !
 
Nicolas Kaddèche, Responsable Marché Art et Clientèle Privée chez Hiscox 
 

 

 

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