ARTS & CULTURE

Viallat, Jaccard, Arnal et Pincemin à la Galerie Dutko pour 4 visions de supports-surfaces

arts et cultures
La Galerie Dutko présente jusqu'au 27 novembre prochain, 4 visions du mouvement Supports/Surface en écho à l'exposition Supports/surfaces, les origines 1966-1970 au Musée d'Art contemporain de Nîmes.
Que ce soit le travail de pliage d'André-Pierre Arnal, les recherches sur la combustion comme médium de Christian Jaccard, les carrés collés de Jean-Pierre Pincemin ou encore l'application de la "forme" de Claude Viallat, chacun de ces artistes offrira un éclairage/ témoignage sur ce que fût le travail des artistes du mouvement Supports/ Surfaces tant par son extraordinaire modernité que par son impact sur la peinture contemporaine.
Photo : Jean-Pierre PINCEMIN (1944-2005) - «Empreintes de tôle ondulée », 1968-1969 - Peinture industrielle sur toile - Hauteur : 145 cm / Longueur : 195 cm
 
Ce sont les œuvres de Viallat, Jaccard, Arnal et Pincemin que la Galerie Dutko a choisi d’accrocher à ses cimaises pour cette exposition. Une manière de comprendre la complexe beauté des œuvres choisies assurant ainsi au spectateur un rayonnement éternel sinon perpétué du mouvement Supports/Surfaces.
Depuis sa création en 1970, le groupe Supports/Surfaces a réuni de manière informelle mais fondée sur des exigences précises de nombreux artistes venant tous des ateliers des Beaux-Arts à Paris et en partie à Nice. Seul Pincemin venait du monde ouvrier et n’a jamais fréquenté les écoles d’art.
Influencés par le Nouveau Réalisme, les jeunes artistes imaginèrent de nombreuses possibilités pour développer leur art par l’utilisation de matériaux récupérés. De leur univers redéfini, émergèrent des impressions inédites, des messages inattendus. Toile libre, pliage, tressage, toile de bâche, tissus divers, corde nouée : le matériau vaut le geste créatif, et l’œuvre finale passe au second plan.
L’extraordinaire modernité des œuvres des artistes affiliés au mouvement Supports/Surfaces a donné à la peinture contemporaine un formidable élan et a marqué l’histoire de l’art du XXe siècle.
 
André-Pierre ARNAL
Peinture en bombe sur toile - Dimensions: 200 x 200 cm - Signé et daté 1971

André-Pierre Arnal né en 1939

Né à Nîmes en 1939, après un rapide passage aux Beaux-arts de Montpellier, André Pierre ARNAL poursuit dans les années 1960 une recherche solitaire, marquée par la découverte de Matisse, des abstraits américains dont Paul Klee en particulier. C’est dans les années 1970, à partir d’une exploration de la technique du « monotype », qu’André Pierre Arnal fera de la « cocotte en papier» le point de départ d’une série de pliages sur toile qui l’inscrira naturellement dans la problématique du groupe Supports/Surfaces, dont il va partager l’aventure : décomposer et analyser conceptuellement et plastiquement les composantes de l’œuvre d’art. Plutôt que d’intervenir sur le support par des lignes et des signes, l’artiste choisit d’intégrer la toile même dans le processus de création de l’œuvre.
« Dessin du hasard, le profil de la déchirure raconte l’histoire de la violence et de la douleur. Cette sinuosité correspond à ce que l’on a imaginé sous les auspices du « symbole » deux profils emboités, nés de la partition brutale d’une plaque de terre cuite ».
 
Christian JACCARD
BRN 019 ,1990 - Brûlis sur bois et acrylique - Dimensions : 109,5 x 100 cm

Christian JACCARD né en 1939

Né en 1939 à Fontenay-sous-Bois, Christian JACCARD est dès l’enfance passionné par les fossiles. Il s’initie aux différentes techniques de gravure à l’école des Beaux-Arts de Bourges à partir de 1955. Cette fascination pour l’empreinte l’amène à expérimenter diverses techniques et processus combinatoires pour effectuer des recherches sur la trace et la marque qui se retrouvent dans son travail depuis les années 1970. À cette époque Jaccard est proche des artistes de Supports/Surfaces qui questionnent la peinture en rupture avec le tableau de chevalet. Le feu est outil de création, dans la lignée d’Yves Klein ou d’Alberto Burri, mais sa présence est ici plus matiériste, en tant que trace ou empreinte, voire motif même.
Une recherche quasi initiatique, selon le critique Pierre Restany : « Il faut tenter de lire dans ses brûlis comme on lit dans les lignes de la main, à la recherche du destin qui est le signe de la vie dans la matière. »

Jean-Pierre PINCEMIN (1944-2005)

Jean-Pierre PINCEMIN est né en 1944. Il exerce tout d’abord le métier de mécanicien, en usine. La révélation de la peinture a lieu au Louvre, quand Jean-Pierre Pincemin le visite pour la première fois. À 23 ans, il commence à peindre et quitte définitivement son métier de tourneur. Après avoir été critique d’Art, il conçoit ses premières peintures et sculptures et réalise en 1968 sa première exposition. Sa formation : la passion, le désir de faire.
De 1968 à 1973, Jean-Pierre Pincemin se lance dans les carrés collés : la toile est tout d’abord plongée dans un bain de peinture, ensuite elle est découpée et assemblée en figures géométriques irrégulières, carrées ou rectangulaires. Ces œuvres sont le résultat de recherches très éloignées de la peinture traditionnelle du pinceau : pliages, empreintes de briques, de grillages, agissant sur la toile comme un matériel nouveau. Dès 1971, Jean-Pierre Pincemin rejoint le mouvement Supports/Surfaces, mouvement créé dès la fin des années 60. Ce mouvement dont Matisse a été l’initiateur avec ses papiers découpés, est poursuivi par la nouvelle abstraction, le hard edge aux USA et en France, par Simon Hantaï ou encore Claude Viallat. Le concept de ce mouvement se porte sur la réalité physique du tableau.
« Ma grande affaire avec la peinture est d’aimer la peinture, de ne pas savoir comment peindre, d’inventer des moyens de peindre et assez vite, de pouvoir m’identifier à la peinture occidentale. »
 
Claude VIALLAT
Toile libre, 1974 - Dimensions : 330 cm x 190 cm

Claude VIALLAT né en 1936

Claude VIALLAT est né à Nîmes en 1936. Membre fondateur de Supports/Surfaces, son œuvre en incarne l’esthétique. Il en poursuit sans relâche l’expérimentation. Son travail est fondé sur la répétition d’une forme simple fonctionnant comme un logo, devenu la marque Viallat. Cette forme, résultat d’un « accident technique » en atelier, fruit du hasard selon le témoignage du peintre, ne résume pas son œuvre. Claude Viallat sait raconter mieux que personne avec une simplicité confondante sa relation à l’art des premiers hommes. Depuis 1966, Claude Viallat appose sa forme sur des supports de toile libre qui ne sont plus structurés par un châssis. C’est la matière du support imprégné qui donne à la forme, en fonction de son tissage, de sa texture, un contour plus ou moins net, une intensité de ton plus ou moins forte. L’art de Claude Viallat se caractérise par le travail de la couleur qui l’impose comme l’un des grands coloristes de l’histoire de la peinture du XXe.
« Toute la peinture contemporaine est dans Lascaux et dans la préhistoire. Je pense qu’on n’a rien inventé. Tout était là. Depuis, on a fait que parfaire des techniques. »
 
GALERIE DUTKO, Ile Saint Louis - 4, rue de Bretonvilliers - 75004 Paris
Exposition du 10 octobre au 25 novembre - du mardi au samedi de14h30 à 19h et sur rendez-vous.
Vernissage le Jeudi 19 octobre de 12h à 20h.
 

 

 

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