In Vivo Musica : quand la musique rencontre le monde viticole

Qu’advient-il quand la musique rencontre le monde viticole ? Un livre et une exposition ! Trois dessinateurs œnophiles prêtent leurs crayons à l’évocation de la drôle de symphonie de ce doux breuvage en ajoutant un soupçon d’humour et un zeste de moelleux pour rendre la chose plus gouleyante, à l’occasion de la publication du livre « In Vino Musica » et de l’exposition associée à cette parution à la Galerie Oberkampf à Paris.
 
Invités à plancher sur le thème du vin, trois dessinateurs de presse, Faujour, Lerouge et Sabatier, nous montrent ce qu’il advient quand la musique rencontre le monde viticole. Le résultat aboutit à une exposition et à un nouveau livre « In Vino Musica », dans la continuité logique d’une collection consacrée à la musique à travers le dessin d’humour (1).
 
 
Il suffit d’observer le regard d’un vigneron lorsqu’il vous fait déguster sa récolte, pour comprendre qu’un tel individu est naturellement doté entre autres choses : d’humour, de malice et d’humanité.
Le vin se prête à de nombreuses situations qui peuvent vite devenir comiques et permettent d’alimenter des histoires qui se racontent de génération en génération. La musique du vin qui s’écoule d’une bouteille est déjà un prélude musical agréable à la dégustation et met l’amateur en éveil.
 
Les dessinateurs nous rappellent que ces deux univers partagent un vocabulaire similaire, qu’ils exigent la même rigueur, que le lien existe entre la vinification et la partition, l’instrument et le sommelier ou encore entre le vigneron et le musicien. Ils racontent l’odeur alléchante qui émane d’une cuve ou le goût du partage qui définit, avant toute chose, le vin et sa version plus artistique et musicale, la dégustation et ses codes de représentation.
A contrario de l’alcool, l’humour peut être consommé sans modération ! A la différence de la bande dessinée où la barrière de la langue est souvent un obstacle à la compréhension, le dessin d’humour permet à tout un chacun, sans limitation d’âge ou de langue, d’y trouver son compte.
Pour chaque dessin, un gag ou une histoire. Le dessin d’humour est la synthèse de ce qui s’est passé avant, de ce qu’il se passe ou de ce qu’il se passera bientôt, et c’est là la force de cet art qui permet de taper juste, et au bon moment.
L’ouvrage de 60 pages, constitué de 50 dessins originaux, fait partie d’une série consacrée à la musique. C’est un album plaisir à écouter… en silence.
 
 
Quant à l’exposition, elle met en scène les dessins du 24 au 30 novembre à la galerie Oberkampf, 103 rue Saint-Maur dans le 11ème arrondissement parisien (de 10h à 20h). A déguster sans modération avec les yeux !
 

Les dessinateurs

 
Loïc FAUJOUR
Il est repéré dès sa naissance en 1959 pour devenir un grand millésime à l’hôpital de Brest.
L’établissement était connu dans le monde entier pour la qualité de ses breuvages proposé aux pensionnaires.
Formé à l'école des Beaux-Arts de Rennes de 1978 à 1981, il se déformera en découvrant que son voisin de chambre, breton lui aussi, est un adepte de la cornemuse.
Il s'installe à Paris en 1984 et travaille alors dans le BTP. Il n’avait pas imaginé que les notions de la peinture apprises aux beaux-arts l’amèneraient vers les revêtements muraux et découvre ainsi que la vie d’artiste à Paris n’est pas ce qu’il avait réellement rêvé.
Mais en breton à la tête dure, il persévère et découvre la vie nocturne. Il publie son premier dessin en 1987 dans le fanzine Canicule et enchaine les collaborations. La Grosse Bertha, Rouge, Chien Méchant, l'Huma Dimanche, Zoo magazine, La Nouvelle Vie Ouvrière, Le Parisien, Moto journal, Siné (Hebdo et Mensuel), Moto Critiques, Canal Pantin, Le Courrier de la Guadeloupe, Guerre et Histoire magazine et Charlie Hebdo depuis mars 2015.
Parutions : Il est l’auteur en 1999 d’une bande dessinée : « Restons Dignes, éd. Bichro qui a obtenu le prix BDnet et a illustré le livre de François Ruffin « Les petits soldats du journalisme », éd. Arène, « C'est Juste Alimentaire », éd. de la Brèche, « Les 1000 et un dictons de la moto », éd Jetstream, « Faujour dessinateur énervé », éd.Critères éditions 2016, « Charlie au labo », Belin éditions 2017.
Son vélo et son sac à dos rempli à ras bord ont fait de lui un athlète bien charpenté avec une santé à toute épreuve lui permettant en cas d’urgence extrême (mourir de soif est la pire des morts dit-on) de relier à tout moment ses repaires vinicoles.
Autant d’endroits magiques qui lui permettront de vivre de trépidantes aventures en refaisant le monde avec d’autres piliers des lieux ou quelques membres des fanfares beauxarts autour d’un Cheverny ou un Quincy… Jones.
 
Jacques LEROUGE
Né à Rabat en 1954, fils de militaire. Ses parents décident qu’il sera premier ministre où président de la République si affinités ou maître du monde.
Mais apparemment l’avenir en a décidé autrement, et ce n’est peut-être pas une mauvaise chose... Étudiant aux Beaux-Arts de Bourges, il s’épargne de longs moments de recueillements à la cathédrale et préfère passer le plus clair de son temps à jouer de divers instruments de musique à la fanfare des beaux-arts. Ce talent musical lui servira plus tard à créer avec son comparse Carali le groupe de chansons désopilantes entièrement écrites et composées à la main « Copains Comme Cochons ».
En 1975, ce flaconneur invétéré devient réalisateur de dessins animés, puis dès l’élection de Mitterrand il se lance dans le dessin de presse et collabore à différents magazines : Christiane, Djin, Clair Foyer, L’Etudiant, L'Ecole des parents.
La bande dessinée prend ensuite le relais avec Fluide Glacial, Psikopat, Hara-Kiri, Lui, La Grosse Bertha, Satiricon, Trente Millions d'Amis, Télé Star Jeux, Spirou, Histoire Junior, etc.
Il publie de nombreux albums BD et jeunesse, dont le dernier en date, « Mais Où Est Donc Passé DSK ? », éd. Hugo & Desinge.
Il demeure un membre actif et indéboulonnable du groupe de chansons d’amour brut de zinc « Copains Comme Cochons ».
Tout cela pour dire que tout un chacun se demande encore aujourd’hui comment un être normalement constitué peut faire autant de chose, lui seul en a le secret.
Avec un tel patronyme et confortant sa réputation et son extraordinaire abnégation, il a quand même accepté, alors qu’il a fait voeux d’abstinence, de participer à cet ouvrage tout en gardant un souvenir ému pour le Côte- Rôtie.
 
Roland SABATIER
Roland Sabatier vit le jour en 1942. Il entame des études d’architecture tout en découvrant d’extraordinaires premiers émois viticoles dans les pinces fesses des Beaux-Arts de Paris.
A cette époque, certaines bacchanales de l’Ecoles des Beaux-Arts n’avaient rien à envier au quotidien de Bacchus. Roland découvre à ce moment-là l’apprentissage sommaire du trombone à piston qui lui permettra de se faufiler de fêtes en fêtes, et de lier ses premières amitiés indispensables qui feront de lui un homme, autour d’un verre avec d’autres princes de la nuit.
A la fin des années 1960, avec Bridenne il collabore au magazine Pilote, puis de 1972 à 1982 il occupe le poste de cartoon editor en charge des dessins d’humour du mensuel Lui, le magazine de L’homme Moderne, qui traitait, déjà à cette époque, des vins qui avaient une belle robe parmi des filles qui n’en avaient pas.
Il a collaboré régulièrement à de nombreux périodiques : Gault et Millau, VSD, Science et Vie, le Pèlerin, Biofutur, Astrapi, Mon jardin et ma maison… et fait partie des HA ! (Les humoristes associés) Roland Sabatier se tourne alors vers l’illustration de livre scolaire puis de littérature jeunesse chez Nathan, Gallimard, Belin et Glénat, Hoëbeke. Ses travaux sont souvent réalisés avec son épouse Claudine, qui se charge de la mise en couleur.
Cet amoureux de la nature publie « Le Gratin des Champignons » en 1986, tient la rubrique mycologie du Chasseur Français crée la collection d’après nature chez Glénat et les sentiers botaniques chez Plume de Carotte. Avec Claudine, ils réalisent les illustrations des « Grandes Encyclopédies des Lutins, des Fées et des Elfes » de Pierre Dubois : éd. Hoëbeke. Roland Sabatier est une bible en matière de champignons et c’est un domaine sur lequel il est dangereux de le contredire.
En 2007 il fonde à Sceaux l’atelier de gravure « la Tarlatane ». Il consacre le plus clair de son temps à la taille douce, bien sur arrosée d’eau forte. Il continue à pratiquer la musique dans des groupes aussi célèbre que « mes camarades et moi-même », « Pim Pam Poum », « Le trio sur le volet » et la fanfare « 20 ans après » dans lequel il excelle au tuba et dont la réputation dépasse largement les frontières du Cantal.
Comme les bougnats de Paris, il ne choisit pas entre le Bourgogne et le Bordeaux, gardant son chauvinisme pour le vin d’Entraygues et du Fel. Entre deux eaux, il choisit le vin du Fel.
 
(1) Livres déjà parus : La Fanfare, Le Jazz, La Musique Classique, La Musique du Rugby, Musique Al Dente