ARTS & CULTURE

Power Pixels 2018 : une exploration de la ville et ses transformations urbanistiques

miguel chevalier
La Galerie par Graf Notaires a choisi de présenter Power Pixels, une exposition personnelle de l'artiste franco/mexicain Miguel Chevalier. Cet artiste pionnier de l'art virtuel utilise depuis 1978 l’informatique comme moyen d’expression dans le champ des arts plastiques. Lorsque Miguel Chevalier a commencé, dans les années 80, à utiliser l’outil informatique pour créer des œuvres abstraites, immatérielles et mobiles, personne ne comprenait vraiment où l’artiste voulait en venir. Il n’imitait pas les performances provocatrices sur fond d’images TV brouillées, organisées par le groupe Fluxus, et ne rejoignait pas les vidéastes engagés. Ses premiers essais ignoraient l’égo-trip métaphysique à la Bill Viola ou le narcissisme cinématographique façon Andy Warhol. Recréer artificiellement la nature constituait un de ses pôles d’intérêts favoris. Faire bouger et croître plantes et fleurs, devenait une de ses préoccupations majeures. Pierrot lunaire, cachant une myopie prononcée derrière de grosses lunettes rondes, il semblait venir d’une autre planète (1). Aujourd’hui, il resculpture nos villes d'aujourd'hui avec une série d’œuvres virtuelles à l’heure de la révolution numérique, du 10 novembre 2018 au 22 janvier 2019.
 
La Galerie par Graf Notaires est une nouvelle galerie implantée aux Champs-Elysées, au cœur de l’étude notariale Graf Notaires Paris depuis janvier 2018. La Galerie a pour but de valoriser des artistes contemporains et de devenir un nouveau lieu d’expositions, de créativité et de rencontres dans le domaine de l’art. Cet office notarial est spécialisé dans l’immobilier complexe, les investissements, l’aménagement et la promotion immobilière. Il se trouve ainsi en relation directe avec de nombreux professionnels du tertiaire, du logement et du commerce (maîtres d’ouvrage, architectes, géomètres, financiers).
A travers une série d'œuvres numériques en mouvement, d'impressions et de sculptures, l’exposition Power Pixels de Miguel Chevalier rejoint les thématiques centrales de Graf Notaires Paris, à savoir l’exploration de la ville et de ses transformations urbanistiques. Sensible à l'évolution du développement des villes et à leur mondialisation, les œuvres présentées dans l'exposition s'inscrivent dans la continuité d'œuvres antérieures de l'artiste (Aller/Retour-Tokyo/Kyoto, 1996, Villa Kujoyama, Japon ; Périphérie, 1998, Espace Cardin, Paris ; Mémoire & Mutations, 1999, Beyrouth, Liban ; Métapolis, 2002, Marco, Monterrey, Mexico ; Méta-Territoires, 2015, Galerie Fernand Léger, Ivry S/ Seine, France ; Ubiquity 1 & 2, Galerie Mayor et Espace Willmotte, Londres, UK).
 

Les Méta-Cités

L’exposition Power Pixels présente une série d’œuvres virtuelles, d’impressions numériques et de sculptures sur le thème de la ville et de l’urbanisation à l’heure de la révolution numérique. Sur les différents écrans de la galerie, défilent sous nos yeux des “Méta-Cités”. Ces villes virtuelles s’inspirent des espaces urbains propres aux mégalopoles. Ces cités planétaires, sans début, ni fin, sans centre ni périphéries, se génèrent d’elles-mêmes en un chaos de flux non programmables. Entièrement filaires, elles ne sont plus que des immenses enchevêtrements de réseaux, une architecture du cyberespace impossible à parcourir en totalité.
Ces cités digitales révèlent un principe urbain générique qui s’auto-reproduit sans état d’âme, sans souci de singularité. Elles nous projettent dans des villes où la nature disparaît au profit d’un urbanisme effréné et où, à terme, les villes se rejoindront entre elles. Au regard de ces œuvres sur écran, sont présentées une série d’œuvres fixes, sous forme d’impression numériques en couleur et en noir et blanc issues des univers de ces MétaCités qui fige ces villes imaginaires dans leurs expansions.
L’exposition présente enfin une série de sculptures en plexiglas réalisée grâce à la technique de découpe laser qui matérialise ces architectures imaginaires. La superposition des plaques transparentes ajourées crée des effets de mouvements cinétiques inédits renforcés par la lumière qui traverse les découpes. Il en émerge une esthétique du virtuel, mêlant matière et pixels. L’artiste devient un sculpteur du virtuel.
 

Le pixel

Autre fil conducteur de l’exposition, les œuvres Pixels infini (jaune), Mosaïque de Pixels ou encore Méta-Cités - black & white 2, 4, 7 sont un hommage aux origines du numérique : le pixel.
Point élémentaire de toute image numérique, le pixel est un motif récurrent dans le travail de l’artiste et de ses recherches. Il est pour lui l’équivalent de la touche picturale. Si Alain Jacquet, Roy Lichtenstein ou encore Richard Hamilton se sont intéressés à l’agrandissement du point et de la trame offset, Miguel Chevalier développe une écriture non plus fondée sur la trame de points comme ces artistes, mais sur la trame du pixel. Le pixel, devient autonome et compose des univers abstraits et très graphiques empreint de poésie.
 

Renouveler la ville de demain 

Ces villes entre réel et simulation, s’inscrivent dans un espace-temps transformable. Miguel Chevalier s’interroge sur la manière de s’approprier et retranscrire la ville confrontée à une multiplication de réseaux. Ses créations sont le fruit d’une réflexion pour renouveler le regard sur la ville et sur l’architecture, pour réinventer la ville de demain et imaginer notre monde futur. L’artiste retranscrit à partir de cette esthétique, les notions de flux et de réseaux. Il rend visible l’invisible, révèle l’essence des choses dans un monde sans cesse en évolution. Il traduit les formes nouvelles de la vie contemporaine et des villes aujourd’hui : renouvellement incessant, vitesse, transformation. Abandonnant toute mémoire chronologique et linéaire, Miguel Chevalier construit en images, une « constellation de temps et d’espaces » urbains, entre destruction et construction, croissance et mutation. Lumière, mouvement, énergie : de nouvelles poétiques de la matière s’élaborent dans la continuité des œuvres cinétiques.
 
Cette exposition sera aussi l’occasion de présenter la nouvelle monographie consacrée à cet artiste et publiée aux éditions Bernard Chauveau. Cet ouvrage en version française et anglaise, retrace le travail de Miguel Chevalier des 18 dernières années.
 
(1) Miguel Chevalier - Chasseur D’images Virtuelles, 2015 par Elisabeth Couturier
 
L’artiste
Né en 1959 à Mexico. Vit et travaille à Paris.
Depuis 1978, Miguel Chevalier utilise l’informatique comme moyen d’expression dans le champ des arts plastiques. Il s’est imposé internationalement comme l’un des pionniers de l’art virtuel et du numérique. Son œuvre, expérimentale et pluridisciplinaire, prend ses sources dans l’histoire de l’art dont il reformule les données essentielles. Son travail aborde la question de l’immatérialité dans l’art, ainsi que les logiques induites par l’ordinateur, tels que l’hybridation, la générativité, l’interactivité, la mise en réseau. Il développe différentes thématiques, telles que la relation entre nature et artifice, l’observation des flux et des réseaux qui organisent nos sociétés contemporaines, l'imaginaire de l'architecture et des villes virtuelles, la transposition de motifs issus de l'art islamique dans le monde numérique. Les images qu'ils nous livrent interrogent perpétuellement notre relation au monde.
Miguel Chevalier réalise de nombreuses expositions dans des musées, centres d’art et galeries dans le monde entier. Il réalise également des projets dans l’espace public et architectural.
 
Galerie par GRAF Notaires 104, avenue des Champs-Elysées 75008 Paris Entrée libre (interphone P – escalier gauche, 4e étage)
La Galerie par GRAF Notaires est ouverte de 9h15 à 12h45 et de 14h à 18h du lundi au jeudi et de 9h à 13h et de 14h à 17h le vendredi Fermé samedi et dimanche
 
 

 

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