ARTS & CULTURES

Maison Matisse : émotion et innovation en hommage à l'artiste

Henri Matisse
Pendant la FIAC, en octobre 2019, à l’occasion du 150ème anniversaire de la naissance d’Henri Matisse, la quatrième génération de la famille de l’artiste lance la Maison Matisse avec pour objectif de célébrer, transmettre et partager l’audace et les valeurs d’un artiste universel, proposant une interprétation en trois dimensions de son univers célébrant les formes et les couleurs. En janvier 2020, sera également lancée une collection inédite d’objets de design, créée en collaboration avec des jeunes designers et des artisans d’art, figures de l’excellence du savoir-faire européen et mondial.
 
Certaines histoires sont trop belles pour avoir une fin. Celle d’Henri Matisse a commencé au Cateau Cambresis, il y a 150 ans, et ne s’est jamais vraiment arrêtée, portée par l’harmonie de sa peinture et la puissance d’un message qui font de lui un artiste majeur du XXème siècle. Un héritage que la quatrième génération de la famille, emmenée par Jean Matthieu Matisse, a voulu transcender aujourd’hui, en fondant non pas une marque mais une Maison, reflet de l’esprit et des valeurs d’un peintre qui a toujours osé l’audace du bonheur.
 
L’optimisme de Matisse, c’est le cadeau qu’il fait à notre monde malade, l’exemple à ceux-là donné qui se complaisent dans le tourment.
Louis Aragon » (1)
 
Henri Matisse à Beauvezer - 1935 — Photo : Archives H. Matisse, DR
 
Par sa grande ouverture au monde, son absence de dogmatisme et sa capacité d’innovation jamais affaiblie, sa maîtrise de la couleur et de la composition comme vecteurs d’émotions, Henri Matisse est une source d’inspiration inépuisable pour les artistes du monde entier. Son héritage aujourd’hui encore infuse la création et la culture visuelle contemporaines.
 
À son image, la Maison entend évoluer loin des sentiers battus et à son propre rythme, le plus authentique possible, soucieuse de sa singularité. Si en son temps Henri Matisse a su poser cet univers sur la toile avec un pinceau, Maison Matisse le prolonge par l’objet qui lui était si cher. Là où la collection permanente (lancée au premier trimestre 2020) sera fidèle au vocabulaire artistique d’Henri Matisse, les éditions limitées (lancées en octobre 2019) viendront plutôt s’inspirer de ces éléments pour proposer une nouvelle interprétation de son œuvre par les designers invités.
C’est ainsi que Ronan & Erwan Bouroullec, Jaime Hayon et Alessandro Mendini ont été invités à imaginer chacun trois vases, édités à 8 + 4 exemplaires et réalisés auprès de leurs propres artisans d’art. Autant de cartes blanches qui leur ont permis de laisser libre cours à leur imagination afin de créer des pièces à la fois originales et exigeantes, tout en restant sensibles à l’équilibre des formes et des couleurs d’Henri Matisse. Généreux, audacieux, optimistes, ces objets incarnent la jouissance du geste créateur et la symbiose entre la conception et la réalisation, le dessin du designer et le savoir-faire de l’artisan.
Cette collection inédite célèbre le 150ème anniversaire de la naissance d’Henri Matisse.
 
Notre maison a décidé de faire perdurer et promouvoir l’œuvre de notre aïeul Henri Matisse, peintre majeur du XXème siècle, en soutenant l’expression d’une interprétation en trois dimensions de son œuvre, guidée par ses valeurs émotionnelles et picturales. Loin d’une transcription littérale, il s’agit, tant pour les designers que pour les artisans d’art (les créateurs du XXIème siècle) que nous avons choisis, de prolonger sa singularité, son univers optimiste, joyeux et apaisant, avec toute l’exigence et la créativité requises. Le fondement de cette démarche est guidé par la volonté d’une interprétation respectueuse des valeurs personnelles et de l’univers artistique d’Henri Matisse. La mission de notre Maison est de faire partager universellement l’émotion très particulière attachée à des objets sensibles qui transmettent le regard vivifiant, poétique et singulier de notre arrière-grand-père. C’est pour nous l’occasion de donner à voir et à revoir la force d’inspiration contenue dans son œuvre, et nous l’espérons, de vous proposer une nouvelle lecture des tableaux auxquels chacun de ces objets se réfèrent. Nous souhaitons ainsi permettre à de nouvelles générations du monde entier de découvrir cette éternelle allégresse et d’en profiter, au quotidien de leur vie.
Jean Matthieu Matisse »
 

Manifesto

Si Maison Matisse est avant tout un hommage à l’artiste, elle est également le fruit de l’engagement des nouvelles générations de la famille et l’illustration des valeurs qui y ont été transmises au fil des années. Quand Henri Matisse parle d’ « un art d’équilibre et de pureté qui n’inquiète ni ne trouble, pour que l’homme fatigué goûte devant sa peinture le calme et le repos » (2) , ses mots ont un sens profond qui résonne encore aujourd’hui dans les intentions de la Maison et se reflètent à travers ses collections.
 
Henri Matisse dessine - 1931 — Photo : Archives H. Matisse, DR
 
Qu’il s’agisse d’un vase ou d’un centre de table, les objets Maison Matisse souhaitent devenir les ambassadeurs d’une philosophie et non pas d’une tendance, préférant s’inscrire dans la continuité d’une quête d’éternel plutôt que dans la consommation éphémère. C’est pourquoi Maison Matisse évolue dans un monde d’idées et de sensations, où la création parle un langage universel, à la fois le plus pur et le plus audacieux, celui de la beauté. Parce que l’émotion est le plus généreux des dons, Maison Matisse entend la partager grâce aux objets, ceux-là mêmes qui ont entouré Henri Matisse à l’époque, lorsqu’il avouait : « Mon but est de rendre mon émotion. Cet état d’âme est créé par les objets qui m’entourent et qui réagissent en moi : depuis l’horizon jusqu’à moi-même, y compris moi-même » (3).
 
Autrement dit, une ode à la vie qui tord le cou à la négativité, plus que jamais indispensable pour regarder le futur avec optimisme. Mais encore… une conviction et la condition pour garder intacte notre capacité d’émerveillement face au monde. Ce pouvoir, les objets proposés par Maison Matisse espèrent le revendiquer au gré des surprises, un an après l’autre, grâce à la participation de designers et d’artisans venus des quatre coins du globe. Leurs cultures, leurs pensées, leurs gestes sont les traces d’une conscience et d’une exigence intemporelles. Leurs créations incarnent le désir de sérénité.
 

Présentation de la collection en série limitée

La famille Matisse a toujours fait preuve de discrétion, préférant laisser l’œuvre d’Henri Matisse parler d’elle même. Son art appartient aujourd’hui à tous, grâce à la portée universelle de son message, aussi éthique qu’esthétique. Le temps était venu pour la famille Matisse de prendre les devants afin de donner une voix à cet héritage… Mais encore fallait-il savoir l’incarner, l’interpréter, trouver les mots justes pour l’emmener encore plus loin. Après tout, qui mieux qu’eux ? Et quoi de mieux qu’une collection éphémère de vases en édition limitée, en écho à ces objets qui ont été les acteurs des toiles du peintre, créés par des designers et des créateurs qui se rassemblent autour de Maison Matisse, comme une famille.
Le projet a été conçu avec toute la liberté souhaitée par Jean Matthieu Matisse et Eliana Di Modica, directrice générale de la Maison, sans oublier la précieuse collaboration de Chantal Granier qui, à l’origine de la collection en série limitée, a choisi et fait dialoguer les trois designers autour de l’œuvre d’Henri Matisse.
 
Une figure tutélaire s’imposait. Passé par Memphis et les avant-gardes radicales, maître de la couleur, Alessandro Mendini s’affichait comme une évidence. D’abord surpris par la proposition, il finira par avouer en livrant ses premiers croquis : « C’est ma récréation ».
D’une génération à l’autre, Jaime Hayon a rempli un book de dessins et papiers découpés dès le premier rendez-vous, plein d’enthousiasme et de générosité, plongeant dans cette collaboration avec son optimisme légendaire et surtout heureux de retrouver sa passion pour la céramique.
Enfin les frères Bouroullec sont venus compléter cette aventure cosmopolite, séduits par la profusion et la sensualité que leur inspire l’œuvre de Matisse.

Alessandro Mendini

Alessandro Mendini dans son atelier à Milan — © Carlo Lavatori
 
Alessandro Mendini est né à Milan (1931-2019). Enfant, il vivait dans une maison bourgeoise conçue par Piero Portaluppi, entouré des peintures de Savinio, Severini, Campigli et Morandi, appartenant à la collection de peintures modernes de ses parents. Cet environnement artistique a été fondamental pour sa formation.
Diplômé en architecture, il se confronte à Rogers, Nizzoli et Ponti. Il s’intéresse à l’écriture, à la théorie et au dessin. Il dirige les revues « Casabella» (1970-1976), « Modo» (1977-1981) et « Domus » (1980-1985 ; 2010-2011) et publie le livre Paesaggio Casalingo (1978), Architettura addio (1981), Progetto infelice (1983), Scritti (2004) et Scritti di Domenica (2016). Dans les magazines qu’il dirige, il se fait le porte-parole d’une architecture éclectique et incohérente, une machine merveilleuse qui mélange les styles et les langages en les empruntant à la fois au contemporain, à l’histoire, à l’art et aux productions de masse. Mendini définit ses recherches comme un kaléidoscope, « un état de mouvement continu, des éclats, des fragments d’un système visuel, des fragments de l’imagination contemporaine ».
 
Depuis les années 1970, il est devenu la référence en matière de design post-moderne. Il a défendu le banale et le kitsch, des armes secrètes grâce auxquelles une architecture fonctionnaliste et sérieuse peut être rachetée de l’ennui. Il fonde et dirige Alchimia de 1979 à 1991, l’un des groupes de design radical les plus célèbres au monde, dont l’idée principale est l’hybridation entre les arts.  
 
Depuis lors, il a créé un monde féerique d’objets, de meubles, de prototypes, de peintures, d’écrits, d’installations souvent entremêlées, complexes, paradoxales et ironiques. Il a collaboré avec des sociétés telles que Alessi, Bisazza, Hermès, Philips, Kartell, Swatch, Venini, Cartier et a été consultant pour diverses industries coréennes [Telles que Ramun, Hôpital Cha, Groupe CPS, Samsung, LG], définissant une approche sur les problématiques d’image et de design.
Mendini a également enseigné à la Hochschule für Andgewandte Kunst de Vienne, fut l’un des fondateurs de l’Académie Domus et professeur honoraire au Conseil académique de l’Académie des beaux-arts de Guangzhou en Chine. « Chevalier des Arts et des Lettres » en France, il a reçu les honneurs de la Ligue d’architecture de New York, la citoyenneté honoraire de la ville de Gwangju en Corée et a été nommé membre honoraire de l’Académie Bezalel des arts et du design de Jérusalem. Il a reçu le Compasso d’Oro en 1979 pour le magazine Modo, en 1981 pour Research on Decoration.
En 2014 il a reçu le Compasso d’Oro pour l’ensemble de sa carrière. Il a reçu les diplômes honorifiques de l’École Polytechnique de Milan, de l’École Normale Supérieure de Cachan à Paris, de l’Académie des Beaux-Arts de Wroclaw en Pologne et de l’Université KMU-Kookmin de Séoul en Corée. En 2015, il a reçu le Prix européen d’architecture 2014 à Chicago et est devenu Mestre de Design au FAD de Barcelone en Espagne.
 
Ses œuvres figurent dans plusieurs musées et collections privées dans le monde. Son travail semble avoir deux âmes : l’une solitaire et introvertie et l’autre consacrée aux activités collectives. De nombreuses œuvres sont réalisées par Mendini lui-même, mais nombreux sont les groupes constitués par le designer, à la fois avec des inconnus et avec de grands designers et artistes.
 
Si je ferme les yeux et que je pense à Henri Matisse, le premier mot qui me vient à l’esprit est pureté, et le second lumière. Matisse est un esprit et un peintre pur, solaire et total. Pour moi, les éléments sur lesquels il travaille et fait jouer son imagination sont les feuilles des plantes dans leurs vases, les espaces domestiques avec leur mobilier et leurs objets, les femmes nues et habillées, le tout entrelacé au sein d’une spatialité décorative ornée d’arabesques. Tout rapport, toute empathie entre moi-même et le monde figuratif de ce grand personnage ne pouvait que partir d’un objet, et plus précisément d’un vase. Je dessine des vases depuis de nombreuses années, et j’en ai étudié les formes de l’Égypte ancienne à la Chine, à la Corée, à la Renaissance italienne, à la Sécession viennoise. Pour rendre hommage à Matisse, j’ai réfléchi à une forme complexe, sinueuse et organique, comme s’il s’agissait de feuilles conceptuelles – ici d’un souvenir quelque peu Liberty, et là avec d’importantes silhouettes tirées de la structure et de la géométrie de quelques-unes de ses peintures. Le système chromatique complexe élaboré par Matisse au fil du temps m’a incité à en sélectionner les teintes en analysant des détails de certains de ses travaux datant de différentes époques, de façon à obtenir une gamme susceptible de décliner des couleurs solaires et sombres, érotiques et naturelles, abstraites et concrètes. J’ai ainsi mis au point une palette de huit couleurs (plus le blanc et le noir). De manière analogue, j’ai défini trois stylèmes décoratifs superposés à la main. Les trois vases en céramique de ma collection se caractérisent par des dimensions progressives, chacun d’eux a sa propre forme, chacun utilise six des huit couleurs élaborées pour l’occasion (plus le blanc et le noir), cuites séparément, en une alternance de zones brillantes et de zones opaques. Dessins préparatoires d’Alessandro Mendini Texte d’inspiration Leur fabrication délicate a été confiée au maître artisan florentin Alessio Sarri, propriétaire d’un atelier riche en histoire dans le domaine de la céramique moderne. Alessandro Mendini »
 
Vase Puro dans l’atelier de Alessio Sarri — © Jérôme Galland
 
Les vases dessinés par Alessandro Mendini et réalisés par Alessio Sarri sont le résultat d’une recherche technique hors pair et d’un processus de fabrication minutieux. Coulé et démoulé à la main, le haut de chaque vase est taillé à la main lorsque la terre est encore humide. Les pièces sont composées de 6 à 8 couleurs qui cuisent à une température différente. Chaque vase a nécessité une cuisson par couleur. Un mélange de deux faïences différentes a été mis au point pour résister aux 8 cuissons successives à plus de 900 degrés. Les émaux ont également été adaptés afin de se combiner parfaitement à la nouvelle terre.
 
Afin de faire vibrer les couleurs, Alessandro Mendini souhaitait créer un contraste entre surfaces mates et brillantes. Ainsi, l’intérieur et le fond des pièces sont blanc mat effet biscuit. A l’extérieur, les émaux sont brillants, à l’exception du noir et du blanc mats. Chaque vase est constitué d’une vingtaine de zones de couleur. La couleur est appliquée sur chaque zone avec un aérographe après un travail de masquage pour protéger les autres parties colorées. Le contour de chaque couleur est fini au pinceau pour créer des lignes nettes. 65 heures, avec beaucoup de patience et de passion, ont permis de créer trois vases d’exception. Chaque pièce est numérotée et signée par le designer et l’artisan.
 
Collection en série limitée Jaime Hayon
 
Jaime Hayon dans son atelier — © Klunderbie
 
L’artiste et designer espagnol Jaime Hayon est né à Madrid en 1974. Grâce à ses collections telles que « Mediterranean Digital Baroque » et « Mon Cirque », il a su affirmer sa vision artistique. Ses créations le placent à l’avant-garde d’une nouvelle vague qui brouille les frontières entre l’art, la décoration, le design et la renaissance d’objets raffinés et complexes dans le contexte de la culture du design contemporain.
 
Jaime Hayon exprime son esthétique à travers des expositions individuelles au sein de galeries prestigieuses, ainsi que dans des foires de design et d’art dans le monde. Il a également réalisé du mobilier pour b.d. Barcelone, Cassina, Fritz Hansen, & Tradition et Magis ; des luminaires pour Parachilna, Metalarte et Swarovski et des objets plus précieux pour Bisazza, Lladró et Baccarat. Il a également conçu les intérieurs de grands hôtels, de restaurants et de boutiques à travers le monde.
 
Dessins préparatoires de Jaime Hayon
 
Résidant actuellement à Valence, Jaime Hayon a installé ses bureaux à Barcelone, en Espagne et à Trévise, en Italie. Son travail est publié dans de prestigieuses publications internationales d’art et de design. Il a remporté le prix « Elle Decoration International Design », a été présenté par « Wallpaper » dans sa liste des « Top 100 » designers et il est reconnu par le magazine comme l’un des créateurs les plus influents de la dernière décennie. Il a également été défini comme « visionnaire » et l’une des icônes les plus créatives par le magazine Times.
 
L’une des choses que j’admire le plus dans le travail de Matisse est l’utilisation de la couleur si bien intégrée, si particulière, utilisée de manière magique. Elle reflète à la fois les traces de différentes cultures et le parcours dynamique et riche d’une vie unique. Son trait est une combinaison de précision et de capacité figurative. En étudiant ses peintures, on peut trouver une riche combinaison d’éléments notamment sa représentation de la nature combinée à des meubles imaginatifs et une utilisation d’objets provenant de cultures importantes pour lui. Henri Matisse utilise des figures solides ; le contraste des couleurs est magnifique. Le point le plus important que j’ai l’impression de partager avec Matisse est la passion pour la méditerranée : la nature, la mer, l’imagination et la capacité de rêver. Le choix et l’utilisation de bleus et d’oranges me rappellent les médinas, les fleurs d’oranger et les marchés d’Afrique du Nord. Des codes comme ceux-là me transportent dans une Méditerranée chargée de force et de magie. Je suis un fervent admirateur de son style et j’y ai toujours trouvé une véritable source d’inspiration. Avoir l’occasion de transposer l’inspiration que je trouve dans son travail dans ma cosmographie personnelle a été très enrichissant. Dessins préparatoires de Jaime Hayon Texte d’inspiration Le concept à l’origine de ces vases repose sur des éléments fantastiques : formes, silhouettes et références naturelles qui se confondent et flottent dans une mer de couleurs. La forme du vase lui-même est inspirée des références méditerranéennes et des éléments qui apparaissent dans l’œuvre de Matisse. Tradition et audace se rejoignent pour créer des lignes extérieures uniques et définies qui confèrent force et caractère au style et au concept du dessin. Jaime Hayon »
 
Vase en faïence "Aeromaticolor" de Jaime Hayon
 
Les trois vases dessinés par Jaime Hayon ont été réalisés en Italie par Bosa, une manufacture artisanale située dans les montagnes vénitiennes, qui produit selon les techniques anciennes de fabrication de la céramique. Toutes les pièces de la collection sont réalisées à partir d’une pâte d’argile blanche. Lorsque les pièces sortent des moules en plâtre, elles sont soigneusement polies pour éliminer toute irrégularité. Une fois émaillées, les pièces sont décorées des dessins du designer et cuites au four à 930 degrés jusqu’à sept fois afin d’obtenir une qualité et une durabilité maximales. La fabrication de chaque pièce a demandé 15 heures de travail et 18 heures de cuisson et a donné lieu à trois vases uniques. Chaque pièce est numérotée et signée par le designer et l’artisan.
 
Collection en série limitée Ronan & Erwan Bouroullec
 
Ronan Bouroullec et Erwan Bouroullec, créateurs français nés à Quimper respectivement en 1971 et en 1976, travaillent ensemble depuis 1999. Du design industriel à l’artisanat, de la grande série à la recherche, de l’objet à l’espace public, les créations de Ronan et Erwan Bouroullec se déploient dans de multiples domaines d’expression et sont entrées, peu à peu, dans notre quotidien.
 
Ronan & Erwan Bouroullec dans leur atelier — © Asger Mortensen
 
Leur parcours va de collaborations avec les plus grands éditeurs de design internationaux jusqu’à de multiples artisans aux savoirs ancestraux depuis l’Europe jusqu’au Japon. De multiples recherches ont mené à la collaboration avec les plus grands musées internationaux. Plusieurs projets urbains ont fait l’objet de réalisations dans de nombreux pays. Plusieurs expositions monographiques leur ont été consacrées (Design Museum (Londres, 2002), Museum of Contemporary Art – MOCA (Los Angeles, 2004), Museum Boijmans Van Beuningen (Rotterdam, 2004), Victoria & Albert Museum (Londres, 2011), Museum of Contemporary Art, (Chicago, 2012), Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou (2012), Musée des Arts Décoratifs (Paris, 2013)). Leurs réalisations ont intégré les plus grandes collections internationales : le Museum of Modern Art – MoMA (New York), le Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou (Paris); le Art Institute of Chicago, le Musée des Arts Décoratifs (Paris) ; le Design Museum (Londres).
 
Plusieurs publications monographiques témoignent de leur travail, notamment aux Éditions Phaidon dont Works, Phaidon Press Londres, 2012. Ronan et Erwan Bouroullec ont reçu de nombreuses récompenses comme le Grand Prix de la Création de la Ville de Paris, 1998, le Compasso d’Oro, 2011, le London Design Medal, 2014, Meilleurs Designers, The Design Prize, Récompense officielle de la ville de Milan, 2017. Les créations des frères Bouroullec seront dévoilées en exclusivité lors de la présentation de la collection en édition limitée de Maison Matisse en octobre 2019 pendant la FIAC.
 
Cette série de vases retranscrit l’idée d’une fenêtre ouverte sur l’extérieur, un thème pictural souvent présent dans l’œuvre de Matisse. Pour reconstituer l’image d’une fenêtre au travers de laquelle on aperçoit un paysage, la terre cuite, l’aluminium anodisé et la céramique émaillée ont été associés dans une combinaison de trois formes.
La plaque d’aluminium anodisée, vibrant à la lumière, devient un ciel azur. La margelle de la fenêtre prend la forme d’une brique en terre cuite. Un cylindre de céramique émaillée vient recevoir des fleurs fraiches. Cet assemblage de formes et de matières produit un ensemble vibrant, une scène d’intérieur ouverte sur un paysage de lumière éclatante.
Ronan & Erwan Bouroullec »
 
(1) Louis Aragon, Henri Matisse, roman, Gallimard, 1971, vol. 1, page 285
(2) Dominique Fourcade, Écrits et propos sur l’art, Éditions Hermann 1972, page 50.
(3) Dominique Fourcade, Écrits et propos sur l’art, Éditions Hermann 1972, page 99.
 

 

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