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Tatoueurs, tatoués

Première grande exposition du 6 mai 2014 au 18 octobre 2015 au musée du Quai Branly Paris : "TATOUEURS, TATOUÉS"qui explore l’univers du tatouage et propose une approche inédite de cette pratique ancestrale en rassemblant 300 œuvres historiques et contemporaines provenant du monde entier. Pour une mise à l'honneur des artistes ayant révolutionné le milieu du tatouage.

- Commissaires de l'exposition : Anne & Julien, Fondateurs de la revue HEY ! modern art & pop culture, performers, journalistes, auteurs, réalisateurs
- Consultant artistique : Tin-Tin, artiste tatoueur.
- Conseillers scientifiques : Sébastien Galliot, anthropologue ; Pascal Bagot, journaliste spécialiste du tatouage pour le Japon.

 

Photo : Yantra  Muay Thai Boxer, Bangkok © Cédric Arnold Courtesy  /Galerie Olivier Waltman

Pour la première fois, une exposition met en perspective la dimension artistique du tatouage, son histoire depuis les premiers témoignages de son existence, au travers de toutes les cultures. Le musée du quai Branly fait écho à l’intérêt grandissant porté à cet art – à la fois « objet » de fascination et marquage identitaire – dans nos sociétés contemporaines.

 

Tête sculptée, Nouvelle-Zélande, Océanie (©Musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado).

Si le tatouage est riche d’une histoire à la fois technique et esthétique, déjà très largement étudiée et représentée, les tatoueurs et tatoués en sont les porte-parole au quotidien. Pour la première fois, le propos d’une grande exposition est consacré au tatouage en tant que geste artistique, et rend hommage aux pionniers contemporains, ces artistes qui ont fait évoluer l’art du tatouage mais dont le rôle n’a jamais été mis en valeur.

Anne & Julien, commissaires de l’exposition, ont su réunir pour l’occasion, via un important réseau, les œuvres des plus importants artistes-tatoueurs, dont Tin-Tin (France), Horiyoshi III (Japon), Filip Leu (Suisse), Jack Rudy (USA), Xed Ledhead (Grande Bretagne) et Chimé (Polynesia)…

«Plusieurs phénomènes liés à l'observation de son actuel statut permettent d'affirmer que la pratique vit un temps crucial de son horloge interne.
Longtemps, tatoueurs et tatoués occidentaux n'affichèrent pas une préoccupation du« beau» tel qu'entendu par
l'art savant. Relié aux dites "basses couches populaires", l'acte était brut, sa vertu se lisait dans l'audace du fait. Il écrivait les premiers chapitres de son histoire moderne.
Puis, à la fin du 19e siècle, certains tatoueurs imposèrent la qualification de « tattoo artists » pour exprimer la dimension de leur travail. Ce terme instinctif rejetait toutes distinctions entre « art savant» et « art populaire » -
on refuse souvent de reconnaÎtre aux marges une valeur si facilement accordée à leurs opposés. Les marges ne s'en plaignent pas, elles y prospèrent : acharnés, habités, les tatoueurs n'eurent de cesse d'innover, d'améliorer leur pratique.
Un foisonnement d'échanges entre professionnels de différents continents s'en suivit, révélant au jour le tronc commun de cette confrérie mondiale : le dessin, la composition, la technique.

Le champ artistique de l'histoire contemporaine n'a pas encore été investi. C'est ce territoire que notre exposition veut explorer, en offrant un nouvel éclairage sur le tatouage : « le jus artistique », « le geste de l'artiste », cc la puissance créatrice », où l'importance des réseaux internationaux complète l'observation scientifique. »
Anne & Julien commissaires de l'exposition

Quatre zones d'exposition mettent en valeur les différents langages du tatouage à travers le monde :

Section 1 : Du global au marginal

Au sein de cette section, une chronologie graphique met en scène les tatoueurs et tatoués les plus célèbres. Elle retrace leur parcours et montre l'implication de ces pionniers pour valoriser le tatouage en tant que pratique en mouvement ainsi que leurs efforts pour échanger des connaissances ou des innovations techniques. Cette
présentation - véritable Wall of Fame du tatouage - est la toute première synthèse jamais réalisée sur l'Histoire du tatouage contemporain (fin 18e siècle- années 1980).

Médium graphique du langage mondial, le tatouage a changé de signification au cours de son histoire. Son ancienneté, son omniprésence dans différentes sociétés, la diversité de ses formes et la pluralité de ses
pratiques à travers le monde sont un des pivots de l'exposition.
Dès le milieu du 19ème siècle, le tatouage devient porteur de messages intimes ou sociétaux, de conviction personnelle ou d'appartenance à un groupe identitaire. Sur le corps des tatoués (soldats, prisonniers ...)- à l'instar de groupes ethniques, comme les Maoris par exemple, qui développent la pratique de façon identitaire et sociale­ s'imprime un langage secret. Il perpétue une légende sociale autant que des styles graphiques conditionnés par les techniques rudimentaires de l'époque. C'est sur cette catégorie sociale que les non-tatoués posent leurs premiers regards et identifient avec des préjugés forts les tatoués.
Le tatoué, considéré comme marginal, devient personnage de spectacle dès 1840, lors de la 11Chicago World's Fair" (Exposition Universelle), catalyseur des premiers cirques itinérants . Ils intègrent des tatoués dans leurs spectacles au même titre que la femme à barbe ou l'avaleur de sabre, ou bien en les installant dans les baraques foraines situées à l'entrée des chapiteaux, appelées également les Sideshows.

- Section 2 : Nouvelle donne : le Japon, l'Amérique du Nord et l'Europe

Dans cette partie de l'exposition sont présentés de nombreux volumes tatoués et des projets de tatouage peints notamment par Sabado, Horimistu et Shige (japonnais). L'exposition met à l'honneur le travail de grands maîtres ayant révolutionné le milieu du tatouage contemporain, dont l'artiste Ed Hardy qui a favorisé puis popularisé les échanges artistiques internationaux.

- Section 3 : Renouveau su tatouage traditionnel : Asie et Océanie

Cette partie de l'exposition met en valeur la diversité des traditions de tatouages, leur dimension esthétique, rituelle mais aussi le renouveau de ces pratiques et leurs évolutions modernes, en s'attardant tout particulièrement sur la Polynésie, la Nouvelle-Zélande, l'archipel de Samoa, l'île de Bornéo, l'archipel des Philippines et la Thaïlande.

- Section 4 : Nouveaux territoires : Les tatouages chicano et chinois  

Lieu : Musée du quai Branly - Mezzanine Ouest, 37 Quai Branly - 75007 - Paris / www.quaibranly.fr