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FIAC 2015 . Voyage à travers l’art du monde

FIAC 2015
C’est une FIAC de plus en plus internationalisée sinon mondialisée qui nous revient avec 173 galeries présentes venues de 23 pays dont les Etats-Unis, la Grande Bretagne, L’Espagne, le Brésil, La Colombie, la Chine… Seuls 42 marchands français triés sur le volet  pour leur défense de l’art contemporain ont été admis à participer à l’événement.
Cette internationalisation explique probablement le succès évident qu’aura cette FIAC si l’on considère la foule qui se pressait sur les stands lors de la journée professionnelle. Et il est vrai que l’on fait un voyage culturel à peu de frais en passant d’un stand à l’autre et qu’on a la sensation parfois de se retrouver à New-York tant les galeries de cette ville, et des meilleures, sont représentées lors de cette édition.
 
Première constatation, l’art dit moderne a pratiquement disparu. Certes, au détour d’une allée, on trouve encore quelques œuvres d’artistes renommés du XXème siècle comme Chillida  chez Elvira Gonzales gallery, Madrid, et autres mais, nous assistons là à la grande suprématie de l’art contemporain dans ce qu’il peut avoir de déroutant mais aussi de ludique, d’intéressant dans l’emploi  du numérique et de techniques avancées ou dans sa liberté de ton, de formes et de matières utilisées pour composer les œuvres de notre temps.
 
Eduardo Chillida
 
L’ensemble présenté au rez-de chaussée du Grand Palais nous a cependant paru assez uniformisé et froid au contraire des allées de l’étage où se sont installées les jeunes galeries et leurs artistes émergents. La gaité y règne, la créativité s’y déploie sans rigidité et sans mégalomanie. C’est une vraie bouffée d’air frais.
 
Nous avons remarqué à la Dvir gallery, Tel-Aviv, l’œuvre de Latifa Echakhch : « Nappe fantôme » , la classique nappe du dimanche, brodée et jetée négligemment sur un portant  mais dont la blancheur est salie par une énorme et envahissante tâche d’encre noire. Vu le contexte de sa présentation, on ne peut que penser qu’il s’agit là d’une évocation du conflit qui secoue la paix des familles en Israël. On pourrait rapprocher cette œuvre de celle, une grosse valise en béton de Rayyane Tabet, qui évoque l’impossibilité de sortir léger d’un pays en guerre, présentée à la galerie Sfeir, Beyrouth.
 

 Latifa Echakhch
 

Rayyane Tabet
 
La Pace gallery, N-Y, présente une œuvre sur écran plat de Michael Rouner d’une belle élégance formelle : Space element . Elle pourrait évoquer une toile de Jérôme Bosch ou une estampe chinoise en noir et blanc mais en s’approchant, on a la surprise de voir de minuscules personnages s’animer très lentement. C’est hypnotisant. Ce travail serait peut-être à rapprocher de celui de Julian OPIE chez LISSON gallery.
 

Michael Rouner
 

Julian Opie
 
Chez Luhring Augustine gallery, N-Y, Roger Hiorns a suspendu de vieux bidons en plastique qui prennent l’allure de pièces d’anatomies humaines dégueulant en continu, une mousse blanche : Il semblerait qu’il nous parle  des effets de la pollution sur notre organisme. C’est une installation d’une grande présence.
 

Roger Hiorns
 
La galerie Xippas, Paris, montre le travail conceptuel de Vincent Ganiot. Des fils tendus comme par un arc dont les flèches sont des crayons de couleur. La simplicité intelligente et l’efficacité formelle de cette pièce ont retenu notre attention.
 

Vincent Ganiot
 
Parmi les artistes plus expressionnistes et exubérants, nous avons aimé le travail en pelures de bois boursouflées de l’extraordinaire Henrique Oliveira à la galerie Valois, Paris, (À voir aussi une de ses pièces monumentales au Jardin des Plantes). Et le travail de Paulina Olowska à la galerie Simon Lee,  qui a réalisé une magnifique et agitée tapisserie en tubes plastiques et lainage, renouvelant par là l’art du tissage.
 

Henrique Oliveira
 

Paulina Olowska
 
Le stand de la gallery A gentil Carioca, Brésil, est à voir. Il détonne par son excentricité avec ses chaises de designers connus transformées en chaises roulantes pour handicapés (Laura Lima) et  les toiles accrochées aux murs faites de coupons de tissus. La galerie Labor, Mexique, n’est pas en reste avec ses photos de bâtiments surchargés de bananes aux fenêtres et ses écritures en brique tranchées sur les murs .
 
 

Laura Lima
 
Il est difficile de parler de tous les artistes qui nous ont  fait réfléchir ou sourire tant cette FIAC est riche en œuvres, sans compter tous les événements hors les murs associés. Espérons que ce compte rendu, forcément court, de visite vous engagera à y aller. Et si vous désirez acheter, soyez sûr de trouver sur place des œuvres encore abordables (en cherchant bien !).
À moins que comme les jeunes collectionneurs, vous ne suiviez la tendance actuelle et de plus en plus mondialisée, d’acheter de l’art en ligne. Pour ce faire, je vous invite à consulter le rapport HISCOX en libre diffusion à la FIAC sur ce sujet et de découvrir plus particulièrement un jeune site français : my-webart, une plateforme haut de gamme mettant en relations privilégiées galeries et artistes avec des collectionneurs du monde entier.
 
Claude Cehes, Grand reporter, UP' Magazine
 

la FIAC se tient du 22 au 29 octobre 2015 au Grand Palais à Paris et hors les murs

Photo : Galerie Bärbel Grässlin / Photo © TB/FIAC 2015
 

Pour aller plus loin, lire La FIAC s'impose dans l'art contemporain. Comment ?  Dans UP' Magazine