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Musée du quai Branly: 10 ans déjà d'une rive à l'autre !

musée quai branly
L’année 2016 marque les dix ans du musée du quai Branly. Le 20 juin 2006  le Président de la République, Jacques Chirac, inaugurait le musée du quai Branly, associant à l’ouverture de cette nouvelle institution des personnalités politiques, des artistes, des collectionneurs du monde entier mais aussi des anthropologues et ethnologues de renom, enfin et surtout un public nombreux et enthousiaste. 
Depuis, le musée a trouvé sa place dans le paysage culturel français et international. Sans relâche durant cette décennie ont-ils voulu porter le message prononcé par Jacques Chirac le jour de l’inauguration : «En montrant qu’il existe d’autres manières d’agir et de penser, d’autres relations entre les êtres, d’autres rapports au monde, le musée du quai Branly célèbre la luxuriante, fascinante et magnifique variété des œuvres de l’homme».
ethnologie
 
Inauguration présidentielle du musée du Quai Branly le 20 juin 2006. Cérémonie de la remise d’une plume de totem «kweriya» au président de la République Française Jacques Chirac, par le chef Laukalbi de l’’île de Tanna de la République de Vanuatu. Monsieur Kofi Annam, Secrétaire Général des Nations Unies serrant la main du chef Laukalbi.
 
En 2016, le musée fête donc ses dix années d’existence.
Cette saison se devait d’être à la hauteur de l’événement et refléter la richesse des activités et des thèmes qui ont pu faire son succès depuis 2006 : expositions temporaires, conférences de l’Université populaire, colloques, spectacles et concerts, activités pour les publics, s’attachant ainsi à jeter des ponts entre les continents, entre les civilisations, pour comprendre comment les cultures d’hier et d’aujourd’hui perdurent et se renouvellent.
 
"«La civilisation mondiale ne saurait être autre chose que la coalition de cultures, préservant chacune son originalité» écrivait Claude Lévi-Strauss en 1952.
C’est pourquoi il est primordial de poursuivre leur exploration, ce à quoi le musée du quai Branly entend encourager chacun, en proposant de nombreuses manifestations scientifiques : colloques internationaux, journées d’études et séminaires rythment la vie scientifique du musée. 
Dans cette perspective, le musée se met aussi à l’heure de la COP 21, parce que l’Occident peut apprendre beaucoup de ces peuples un temps appelés «primitifs».
Ainsi, au fil des expositions, rencontres et spectacles proposés tout au long de l’année par le musée les visiteurs peuvent-ils, à leur tour, contribuer à jeter des ponts entre les hommes, d’une rive à l’autre des cultures du monde."
Stéphane Martin, Président du musée du quai Branly
 
Les prochaines expositions vous porteront du chamanisme de l’Équateur précolombien à l’art des îles Marquises, des robes en peau de poisson des rives du fleuve Amour aux figures d’ancêtres de la région du Sepik en Papouasie-Nouvelle-Guinée. La saison s’achèvera par une exposition autour de Jacques Chirac et de sa passion pour les arts non-occidentaux. Non pas une biographie mais, à travers un homme, le portrait culturel de notre siècle.
Les collections, dont la présentation est sans cesse renouvelée, forment également une source inépuisable de contemplation, de réflexion et de compréhension de notre monde en transformation, loin des stéréotypes ou des images figées dans le passé. Les cultures dialogueront toujours au musée du quai Branly. 
 
 
Des chiffres qui parlent d'eux-mêmes...
 
169 arbres et une trentaine d’espèces herbacées dans le jardin conçu par le paysagiste Gilles Clément. Ce jardin fait partie intégrante du musée. Foisonnante et buissonnante, cette « terre de liberté pour les plantes » est le gage de ces dix années passées : prêles, euphorbes, stipes ou magnolias se sont épanouis sans contrainte, guidés par des jardiniers à leur écoute. 
3 500 objets présentés sur le plateau des collections : des collections en mouvement grâce à la richesse du patrimoine conservé par le musée comme une source inépuisable
de renouvellement des vitrines du Plateau des collections. Près de 3500 œuvres sont exposées dans cet espace vivant, reflet de la vie du musée et de l’activité en coulisses de l’ensemble des équipes.
Entre 2006 et 2016, 13 millions de visiteurs ont été émus, surpris ou enthousiasmés par plus de 80 expositions.
 
Les expositions à venir
 
Statuette de femme debout. Océanie.East Sepik (province)  ©musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado
Figfure à crochets. Océanie. Karawari (rivière)© musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado
 
Exposition - Galerie Jardin jusqu'au 31 janvier 2016 : SEPIK, Arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée 
 
À sa seule évocation, l’imaginaire s’éveille. Mythe des explorateurs et Graal des amoureux du Pacifique, la lointaine Papouasie-Nouvelle-Guinée abrite le fleuve Sepik. Lové au nord de l’île, il est bordé d’une mosaïque de communautés aux traditions quasi impénétrables.
On parcourt l’exposition Sepik comme on entrerait dans un village papou : à bord d’une pirogue, comme celle qui est présentée en début de visite, on navigue sur ce fleuve mythique. 
Cette traversée permet d’appréhender toute la complexité des sociétés qui bordent le fleuve Sepik installées là depuis des millénaires, et d’en dévoiler progressivement l’un de ses piliers : la figure de l’ancêtre fondateur. Sculptures, crochets, poteries, tambours ou crânes surmodelés : objets sacrés ou du quotidien, tous évoquent par leur forme, leurs matériaux ou leur usage la présence des figures ancestrales et toute la puissance de l’art traditionnel de la région.
Commissaire : Philippe Peltier, responsable de l’Unité patrimoniale Océanie-Insulinde au musée du quai Branly
Commissaire associé : Markus Schindlbeck, responsable des collections Océanie et Australie du musée d’Ethnologie de Berlin
Conseiller Scientifique : Christian Kaufmann, conservateur honoraire.
 
Robe d'apparat de femme. Bassin de l'Amour. Asie ©musée du quai Branly photo Claude Germain
 
Exposition - Mezzanine Est du 3 novembre 2015 au 17 janvier 2016 : Esthétiques de l'Amour, Sibérie extrême-orientale
 
Aux confins de la Sibérie, le fleuve Amour marque la frontière naturelle entre la Chine et la Russie. Berceau de populations de pêcheurs, il est au cœur d’un art ancien délicat et méconnu, empreint de spiritualité, qui joue
les traits d’union entre le monde des hommes, la nature sauvage et le monde des esprits.
Vêtements en peaux de saumons, accessoires rituels en os et en écorce de bouleau, objets du quotidien ornés de spirales et de volutes enchevêtrées : les œuvres présentées dans «Esthétiques de l’Amour» témoignent de la culture matérielle unique de ces peuples sibériens. Un art méconnu, qui associe l’élégance et la fragilité, la finesse des matériaux et la complexité de la technique traditionnelle. Au cœur de l’exposition, un ensemble de robes en peau de poisson rapportées dans les collections occidentales au XIXe siècle illustre un art exceptionnel de la couture, qui ferait pâlir d’envie tout amateur de mode. 
En filigrane, le travail de la matière traduit une dimension symbolique forte : l’assurance d’une relation harmonieuse avec la nature et la faveur des esprits qui les entourent.
Commissaire : Daria Cevoli, responsable de collections de l’Unité Patrimoniale Asie au musée du quai Branly
 
Kwanon-Z  ©Wang Zi  Won
 
Exposition - Mezzanine Ouest du 26 janvier au 13 novembre 2016 : PERSONA, Étrangement humain
 
Comment l’inanimé devient-il animé ? Comment l’homme instaure-t-il une relation insolite ou intime avec des objets ? Un groupe d’anthropologues s’est penché sur ces questions, à l’heure où notre conception de l’humain vacille et que ses frontières ne cessent d’être repoussées.
Nombreux sont les objets qui ont un statut plus proche de celui d’une personne ou d’une créature que d’un simple objet. Objets d’art – occidental ou non occidental, populaire ou contemporain –, ou produits high tech – robots, machines, etc. – se voient régulièrement attribuer, dans leur utilisation, des capacités d’action insoupçonnées, qui en font des quasi-personnes.
Comme l’enfant qui voue une passion à son doudou ou celui qui peste contre son ordinateur ou son mobile en lui reprochant d’être incompétent ou têtu. Comme le chamane qui convoque les esprits à travers une statuette prenant les traits des dieux.
Ce transfert ou cette confusion qui s’opère alors entre l’humain et le non-humain, et la relation particulière et personnalisée qui les lie, dans les cultures les plus variées, est le vaste sujet de cette exposition d’anthropologie.
Une incursion par la robotique, via l’œuvre pionnière de Masahiro Mori, permettra de comprendre le rôle de l’anthropomorphisme dans les artefacts les plus divers, et ce qui se joue lorsqu’un robot à l’apparence trop humaine – ou toute autre pièce au réalisme intimidant– croise notre regard, jusqu’à le déstabiliser.
Commissaire : Emmanuel Grimaud, anthropologue, chargé de recherche au CNRS
Conseiller scientifique : Anne-Christine Taylor-Descola, directeur de recherche émérite, CNRS.
 
©Christoph Hirts - Equateur
 
Exposition - Mezzanine Est du 16 février au 15 mai 2016 : Chamanes et divinités de l’Équateur précolombien
 
Immersion dans le monde des esprits de l’Amérique précolombienne à travers l’une des figures majeures des cultures ancestrales d’Équateur : le chamane. Passeur de tradition, il présidait rites, cérémonies ou fêtes, assurant ainsi l’ordre spirituel et social d’une communauté.
Prêtre aux pouvoirs surnaturels, exerçant parfois des fonctions politiques, le chamane consolidait l’ordre à travers une multitude de rites et de cérémonies ponctuant
le calendrier annuel.
La thématique du chamanisme reste ainsi indissociable de l’histoire des civilisations de l’Équateur préhispanique. Reflet de la pensée et de la philosophie des peuples ancestraux, son système de croyances a présidé à la construction de leur monde social, économique et politique. Ses habitudes, valeurs et savoirs font aujourd’hui partie d’un legs millénaire, transmis aux peuples de l’actuel Équateur.
Rituels de guérison, de fertilité ou d’initiation, tous avaient pour but de rétablir la connexion entre les différents niveaux de l’espace cosmique : le monde extérieur ou céleste (les astres), l’inframonde ou monde intérieur (peuplé de défunts et d’esprits) et, au milieu, la Terre-mère ou Pachamama, le monde terrestre des êtres humains et des animaux. Une mission de médiateur social en somme, attribuée dès l’enfance, entre le commun du peuple et les divinités, puissants animaux ou êtres mythiques.
Commissaires : Santiago Ontaneda-Luciano, archéologue et anthropologue.
 
Toutes les expositions sur le site du musée du quai Branly : www.quaibranly.fr