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Ai Weiwei: première exposition en France

ai weiwei
Ai Weiwei est un des artistes majeurs de la scène artistique indépendante chinoise, à la fois sculpteur, performer, photographe, architecte, commissaire d'exposition et blogueur, désigné par le magazine  Art Review comme la figure la plus puissante de l'art contemporain en 2011. Après la rétrospective qui lui était dédiée en octobre 2015 à la Royal Academy of Arts de Londres, il sera accueilli du 16 janvier au 20 février 2016 à Paris pour sa première exposition "Er Xi, Air de jeux" qui insufflera poésie et onirisme au coeur de la capitale. 
 
C'est au Bon Marché Rive Gauche que l'exposition accueillera des installations monumentales sous les deux verrières centrales accompagnées de vingt deux créatures hybrides pour compléter ce bestiaire chimérique.  Pourquoi une Première dans un grand magasin et non un musée ou une  galerie ? 
Ai Weiwei explique que "c'est le genre de lieu où j'adore avoir mon travail exposé ; un lieu directement lié à la ville, aux citoyens. Ce n'est pas vraiment un lieu d'art mais il est associé aux tendances, au style de vie... Cela représente un véritable défi pour moi de réaliser des oeuvres spécifiquement pour un grand magasin, ce qui m'intéresse d'autant plus".
 

Les créatures mythologiques du "Shanhai Jing"

Pour cette exposition, Ai Weiwei s'inspire des illustrations du "Shanhai Jing" ou "Classique des monts et des mers", un ouvrage de mythologie  chinoise dont les origines remontent à plus de 2000 ans. Les histoires du "Shanhai Jing" ont bercé son enfance comme celles de très nombreux enfants chinois. Pour cette exposition, l'artiste réinterprète les divinités décrites dans cet ouvrage pour réaliser d'étonnantes sculptures de créatures aux formes hybrides.
Déjà de nombreuses oeuvres et expositions d'Ai Weiwei ont mis en évidence son attachement pour les savoir-faire et les traditions ancestrales chinoises. Pour "Er Xi, Aire de jeux", il a chosi de réaliser l'ensemble de ses sculptures selon la technique traditionnelle chinoise du cerf-volant. Les oeuvres sont ainsi entièrement réalisées à la main. Les tiges de bambou sont taillées, courbées et assemblées pour former une structure qui est ensuite recouverte de papier de soie blanc.
 

Suivez le guide...

Au rez-de-chaussée du Bon Marché, un film éclairant les différentes composantes de l'exposition. Ai Weiwei y évoque son enfance, son rapport au "Shanhai Jing" et à la mythologie chinoise.
Chacune des dix vitrines du grand magasin esposera une installation de bambou mêlant de multiples références à la mythologie chinoise, à d'autres oeuvres d'Ai Weiwei et à sa vie personnelle ainsi qu'aux oeuvres d'autres artistes ayant marqué l'histoire de l'art (Marcel Duchamp, Vladimir Tatline,...).
L'espace "Entrée sur l'Art Contemporain" au premier étage exposera quelques centaines de selfies que l'artiste n'a de cesse de poster sur les réseaux sociaux, détournant ainsi les restrictions mises en place par le gouvernement chinois. Ai Weiwei documente sa vie et son oeuvre à travers des médias comme Instagram ou Twitter produisant une archive extrêmement riche, devenue une oeuvre multimédia.
 
Préparez-vous à découvrir la poésie et l'onirisme des créations de AI WEIWEI...
 

Le thème de la mythologie à Paris

Pourquoi avoir choisi ce thème pour une première exposition à Paris ? Ai Weiwei explique : "La ville de Paris est comme une mythologie pour moi, c'est-à-dire que Paris est pour moi un autre monde. La mythologie symbolise un monde parallèle au nôtre qui correspond à notre imagination, nos rêves, nos peurs, notre histoire ; elle est comme un miroir qui reflète notre société et notre personnalité. 
La mythologie représente un moyen de comprendre notre monde, notamment par une approche poétique. Pour moi, les significations et traits de caractère qu'incarnent les créatures mythologiques du "Shanhai Jing" dont je réalise des sculptures pour "Er Xi, Aire de jeux", trouvent leurs correspondances au sein du Bon Marché Rive Gauche, reflétant les sentiments et les motivations qui nous dirigent dans notre vie quotidienne".
 
 
Paris lui rappelle aussi son père, Ai Qing, qui était un grand poète chinois. Il a vévu à Paris au début des années 1930 pour étudier l'art. Il lui racontait ses souvenirs et lui décrivait la ville quand il était enfant. 
Adrian Locke, le conservateur de la Royal Academy Of Arts, déclarait à son propos : "Ai Weiwei a vraiment un côté punk.  Il a un grand sens de l’humour. Bien sûr, il est aussi très sérieux, mais il a un côté léger. On l’a vu poser nu pour une photo, sauter en l’air, se raser la tête. Il a un côté rebelle. Il croit en la liberté de mouvement et d’expression. Il s’est toujours battu pour cela. On pourrait dire que ça lui vient de son enfance. Son père a été persécuté, lui, il l’a été aussi. Et c’est très rare aujourd’hui de voir des artistes d’un tel niveau rester à ce point engagés."
 
Ai Weiwei espère trouver la bonne façon d'interpeller le public qui vient au Bon Marché pour d'autres motivations que l'art : "les surprendre et les émerveiller, rendre leur vie de tous les jours plus profonde, joyeuse et colorée".
 
L'exposition sera présentée à travers plusieurs visites commentées.
Les visites pour adultes auront lieu tous les jeudis de 19h à 20h et les samedis de 11h à 12h, du 16 janvier au 20 février inclus : l'inscription est gratuite.
Les visites pour le jeune public s'adressent aux enfants de 6 à 11 ans ; elles sont suivies d'un atelier artistique. Elles ont lieu tous les mercredis et samedis de 14h à 16h sur inscription. Tarif : 20 euros.
Réservation : 01 44 39 81 81
 

Le 17 janvier, participez à une master class organisée par le cinéma MK2 Hautefeuille en présence d'Ai Weiwei, suivi de la projection de son film, Never Sorry.  Pour en savoir plus ou réserver votre place, rendez-vous sur le site MK2.