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Soleil noir au pays du soleil levant

Exposition Laurent Grasso
À l’occasion de sa première exposition personnelle au pays du Soleil levant, Laurent Grasso plonge le Forum – l’espace de la Fondation d’entreprise Hermès situé à Tokyo, au Japon – jusqu'à fin janvier dans un univers parallèle. Intitulée « Soleil noir » en référence à un poème de l’écrivain romantique Gérard de Nerval, l’exposition guide l’imagination de ses visiteurs vers des royaumes fantastiques, où le passé et le présent, la réalité et la fiction se mêlent. 
 
Photo : Vue de l’exposition « Soleil noir » de Laurent Grasso au Forum, Tokyo / ADAGP, Paris, 2015. Photo  ©Nacása & Partners Inc. / Courtesy de la Fondation d’entreprise Hermès, Edouard Malingue Gallery, Hong Kong. 
 
Evénements surnaturels et traditions mystérieuses nourrissent l'oeuvre "le Soleil noir" de Laurent Grasso, pour sa première exposition personnelle au pays du soleil levant. Au-delà d’une vision sidérante de l’astre de lumière, il plonge l'espace dans un univers parallèle, entre réalité plausible et science-fiction. Laurent Grasso est reconnu pour son travail protéiforme, déclinant des environnements à la temporalité trouble qui amène le regard du spectateur à s’interroger sur la vérité même des formes qu’il perçoit. A l’intérieur de l’œuvre, le temps se contracte et se dilate, entre anticipation et archéologie du passé. Laurent Grasso produit des dispositifs qui induisent une perception simultanée et incohérente du temps.
 
Difficile, à première vue, de dater et d’attribuer ce triptyque qui isole sur un fond doré, de part et d’autre d’un soleil noir, un cavalier issu d’un tableau de la Renaissance et un paysage japonais tiré de la période Edo. Formées de paravents d’inspiration nippone, dix installations énigmatiques réalisées par le plasticien Laurent Grasso accueillent, au cœur du Forum, tableaux, néons, sculptures. Ce jeu savant entre les esthétiques et les époques caractérise le travail de l’artiste français qui confronte ici Occident et Orient, science et mystique, réel et surnaturel.
 
 
Virtuose de l’étrangeté, l'artiste s’empare de codes picturaux anciens pour représenter des phénomènes improbables auxquels il avait précédemment consacré vidéos et installations. En ajoutant une strate historique à son propre travail, il bouscule aussi notre rapport au temps et à ce qui nous dépasse. Un tableau de facture ancienne « témoigne » ainsi de la découverte d’une soucoupe volante au Japon, à côté d’une sculpture de ladite soucoupe et d’un néon mettant en lumière les chiffres 1803, date présumée de l’événement. 
 
Catastrophes naturelles, cultes interdits et événements surnaturels issus de la tradition nippone ponctuent ainsi le parcours, complété par une vidéo, immergeant le visiteur dans un monde parallèle. Avec ces nouvelles productions réalisées spécifiquement pour Le Forum, le lauréat 2008 du Prix Marcel Duchamp poursuit son exploration de la mémoire et de l’histoire, sur lesquelles nos certitudes et nos repères temporels n’ont plus guère de prise.
 
La sensation d’un voyage dans le temps naît rapidement face aux œuvres que l’artiste français a réunies au cœur du Forum, dans une scénographie originale. Plusieurs paravents d’inspiration nippone servent de supports à des tableaux, des néons et des sculptures.
 
 
Difficile de dater et d’attribuer ce petit bas-relief en marbre, ce masque et cette statue en bois, ou encore ce triptyque qui isole sur un fond doré, de part et d’autre d’un soleil noir, un cavalier issu d’un tableau de la Renaissance et un paysage japonais tiré de la période Edo. Intitulé Studies into the Past, ce dernier appartient à une série de peintures à l’huile sur bois exécutées par des restaurateurs à la manière des primitifs flamands ou italiens. À chaque fois, un phénomène étrange, souvent céleste, semble faire irruption dans la scène représentée. Or loin de relever de la science-fiction, ces phénomènes sont liés à des faits historiquement documentés, dont des recherches attestent. 
 
Ce jeu savant entre les esthétiques et les époques, le réel et le surnaturel, la science et la mystique, caractérise depuis plusieurs années le travail de Laurent Grasso. En intégrant des éléments iconographiques propres à la culture japonaise au sein de plusieurs œuvres inédites, produites pour l’occasion, l’artiste esquisse de plus ici une histoire reliant Orient et Occident. 
 
Soleil Noir, 16mm film transféré, 11’40’’, 2014
 
L’exposition « Soleil noir » s’achève par un film éponyme, tourné par un drone à Pompéi. Porteur d’une atmosphère d’attente et de menace sous-jacente, il clôt un parcours où la réalité semble s’être progressivement auréolée de mystères et où le visiteur, désorienté, ne sait plus où il se situe.