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Gardiens de la Terre : l'appel au voyage intérieur

film les gardiens de la terre
Une famille va parcourir pas moins de quatre continents, sur une durée totale de cinq ans : c'est Le voyage initiatique d'un couple avec leurs jeunes enfants à la recherche d'une nouvelle perspective sur le monde, partis à la rencontre des « Gardiens de la Terre ». Australie, Amérique, Afrique... Il en découle un film qui a pour vocation d'éveiller les consciences, il nous tend un miroir. Pourquoi les peuples premiers sont-ils heureux, alors qu'ils n'ont rien ? Et nous qui avons beaucoup restons insatisfaits. Plus qu'un simple documentaire, il nous entraîne dans un voyage intérieur. C'est à la fois un appel à nous réveiller et un espoir pour l'avenir.
 
La découverte de ce film en avant-première au Studio 13 en 2015 a été un choc emotionnel très fort pour les tout-premiers heureux spectateurs parmi lesquels UP' Magazine. Emotion toute empreinte d'humilité et de joie que nous ne manquons pas de vous faire partager ici alors que le film sort enfin en salle.
 
Depuis la présentation du film lors de la COP21, celui-ci a été submergé de demandes de projections et de diffusion dans divers pays européens. Ce film qui est en gestation depuis 7 ans, a été primé lors de deux festivals en 2015, a été présenté à la Conférence Paris Climat 2015 (COP21),  et va enfin connaître sa grande Première Internationale à Paris.
Car c'est en France qu'a été signé le premier accord de distribution - pour les pays francophones - et le film paraîtra dans les cinémas français à partir du 13 avril. Le distributeur, Jupiter Films, le lancera donc d'abord à Paris, puis à travers la France. La Première en France sera le 10 avril au cinéma Publicis, proche de l'Etoile, à 13h00 Paris, dans le cadre des « Dimanches de la Connaissance » avec les réalisateurs Renata Heinen et Rolf Winters et leurs enfants.
Quelques tickets sont encore disponibles : vous pouvez réserver vos places ici !
 
 
Un couple avec trois enfants s’embarque jusqu’au bout du monde à la recherche d’une nouvelle perspective sur le monde. Pendant cinq ans, ils vont parcourir quatre continents à la rencontre de sages indigènes qui n’avaient encore jamais été filmés ni interviewés. Du Lac Supérieur du Michigan à l’Amazonie, du fin fond de l’Australie au désert du Kalahari en Afrique, des Andes aux jungles de l’Inde, la famille rencontre des communautés jamais approchées. Ils vont croiser des personnes hors du commun, au service de leur communauté. Ils sont appelés « hommes ou femmes médecins », chamanes, guérisseurs ou gardiens de la Terre. Les Gardiens de la Terre ont vécu cachés pendant des siècles et sentent que le temps est venu de partager leur savoir avec ceux qui sont prêts à l’écouter. Plus qu’un voyage, ce récit est un cadeau de la terre.
 
 
GARDIENS de la TERRE (DOWN to EARTH) nous tend un miroir, c’est une réflexion sur notre monde civilisé. Plus qu’un simple documentaire, il nous entraîne dans un voyage intérieur. C’est à la fois un appel à nous réveiller et un espoir pour l’avenir.
Quand Renata Heinen et Rolf Winters ont fait ce virage à 180° il y a une dizaine d’années, ils partaient simplement à la recherche de nouvelles perspectives, un autre modèle pour leurs enfants. Ils étaient loin d’imaginer qu’ils feraient un voyage inoubliable – et un film. L’idée du film est née trois ans après leur départ, quand ils ont rencontré Nowaten (‘Celui Qui Écoute’) : la sagesse de ce chamane Potawatomi les a profondément marqués, et ils se sont dit que d’autres Gardiens de Sagesse devaient exister. Un questionnement a été le point de départ du documentaire : Se pourrait-il que ces gardiens de sagesse détiennent les clefs d’un renouveau ?

Un film qui a pour vocation d’éveiller les consciences

Vous avez vécu avec des Amérindiens et d’autres peuples indigènes autour du monde pendant cinq ans. Quel déclic vous a poussé à rompre avec la société ?
 
Renata : Tout a commencé quand nos enfants sont nés. Cela nous a affectés bien plus que nous l’imaginions : nous nous sentions faire partie d’une lignée qui s’étendrait au-delà de nos vies. Etre impliqués de manière si proche dans la génération à venir a changé notre façon de voir les choses. Cela a soulevé de nombreuses questions : Pourquoi est-ce que je fais les choses ? Je crois qu’il s’agit d’un questionnement sur le sens. Cela a fait basculer notre vision de l’existence, et révélé combien nous ne pouvions plus cautionner bon nombre d’aspects de la société. Puisque nous étions des créatifs indépendants, nous ne nous étions jamais perçus comme de purs produits de la société... Pourtant, en y regardant de plus près, nous avons dû admettre que nous participions à un système auquel nous ne croyions plus vraiment.
 
Vous avez choisi de voyager sans équipe de tournage. Est-ce que ce choix a compliqué les choses ?
 
Renata : Je tenais vraiment à ce que nous fassions le voyage en famille, sans équipe de tournage. Si nous avions eu une équipe, nous n’aurions jamais accédé aux communautés qui nous ont accueillis. Emmener notre famille dans ces tribus nous a permis d’établir une connexion authentique. C’est elle qui nous a permis de filmer les Gardiens. Nous avons acheté une caméra et appris à nous en servir, de même pour le son. Nous avions une certaine expérience de la photographie, mais passer à la vidéo a été un sacré défi.
 
 
N’étiez-vous pas inquiets d’emmener vos enfants dans certains endroits, comme la forêt amazonienne ou le désert du Kalahari ?
 
Renata : Oui, bien sûr... Nous n’allions pas dans des endroits touristiques. Nous étions des voyageurs expérimentés, mais cette fois-ci c’était différent. Nous allions nous retrouver dans des conditions auxquelles nous n’avions jamais été confrontés. Quand on prépare une telle entreprise, on pense aux risques potentiels, mais si nous avions écouté toutes les mises en garde, nous ne serions jamais partis.
 
Nowaten (celui qui écoute)
 
Nowaten vous a inspiré le film, mais ensuite ? Comment avez-vous trouvé ces autres Gardiens de la Terre ?
 
Rolf : Trouver les Gardiens de la Terre n’est pas un chemin tout tracé ! La préparation du voyage a duré un an. Les personnes que nous recherchions ne sont pas référencées sur Google. Nous avons donc dû procéder à l’ancienne, en nous documentant sur les communautés autochtones, ou en tâchant de joindre les ‘gardiens des portes’ des tribus (gatekeepers), qui servent d’intermédiaires avec le monde extérieur. Les deux premiers mois de notre expédition furent remplis de défis. Par deux fois, nous avons envisagé de renoncer et de rentrer chez nous. Nous avons affronté les maladies dues au changement d’alimentation. Au début, les plus jeunes voulaient rentrer à la maison. Nous devions aussi apprendre à composer avec les tribus et leurs gardiens des portes.
 
Renata : Dès que nous avons commencé à faire confiance et prendre les choses comme elles venaient, tout s’est mis en place. Dans chaque pays, nous avons réussi à trouver un guide-interprète qui est quasiment devenu un membre de la famille.
 
Cela a-t-il été difficile de tout quitter ?
 
Renata : On nous a posé la question de nombreuses fois. En fait, ce fut la partie la plus facile. S’ajuster à une vie dans la nature nous a paru complètement naturel. Cette plongée dans l’inconnu nourrissait notre besoin d’aventure et de liberté et c’est avec joie que nous nous sommes retrouvés dans ce contexte où rien n’est déterminé à l’avance, où l’on cesse de prévoir, où l’on peut juste vivre dans la nature et apprendre. Le véritable défi fut de revenir après cinq années passées dans la forêt. J’avoue que j’ai eu besoin de plusieurs années pour me réajuster.
 
Vous auriez pu raconter votre voyage de mille manières. Comment avez-vous choisi cette structure narrative ?
 
Renata : Nous n’avions pas du tout prévu d’apparaître dans le film. Nous pensions rester derrière la caméra, faire un film à propos des Gardiens de la Terre tels que nous les avons vus. Il y a trois ans, deux ans après notre retour de voyage, nous avions fait notre ‘final cut,’ pensions-nous. Cette première version ne comportait pas un seul plan de nous. Les gens aimaient l’histoire et les personnages, mais tout le monde s’accordait à dire qu’il fallait nous voir à l’image.
 
Rolf : Cela nous prit deux ans et demi pour déconstruire le film. Je dirais que ce remontage a été la partie la plus difficile de toute cette aventure.
 
L’expérience de ces dix années a dû avoir un impact sur votre façon d’être...
 
Rolf : J’ai acquis une foi inébranlable dans la vie. Même si les choses ne se passent pas toujours comme je le voudrais, je suis capable d’accepter la situation. Cette confiance est le plus grand cadeau de notre voyage.
 
Et vos enfants, comment ont-ils vécu cette nouvelle vie ? Avez-vous hésité à leur faire quitter l’école et un environnement stable ?
 
Rolf : Au moment du départ, ils avaient 2, 4 et 7 ans. A cet âge, les enfants ne remettent pas en question les choix de leurs parents. Ils n’ont eu aucun problème d’adaptation. Les enfants s’épanouissent spontanément dans la nature. Le grand soulagement est venu du fait qu’être parent ne signifiait plus faire la police. Les enfants ont rapidement embrassé cette liberté. Ils ont aussi pleinement participé au projet : commencer par vivre dans une caravane au bord du lac Michigan, sans eau ni électricité, cuisiner au feu de bois et se laver dans le lac, pour ensuite construire un foyer dans les bois, abattre les arbres pour libérer l’espace afin de construire une maison et une petite cabane-école
 
Après avoir gagné un prix dans le premier festival où fut projeté le film, quels sont vos espoirs ?
 
Renata : Notre espoir pour le film est qu’il contribue à élever le niveau de conscience des spectateurs. Le film n’est pas une réponse, mais il soulève des questions qui, nous l’espérons, aideront les gens à faire un pas dans la bonne direction.
 
Rolf : Tôt ou tard, nous allons tous nous éveiller, nous rendre compte que nous sommes prisonniers de notre éducation, de nos croyances. Le développement durable n’est pas simplement un débat politique, technologique ou économique. Ce ne sont que des composantes de la solution. Le vrai changement surviendra seulement par un changement d’état d’esprit chez vous et moi. Nous ne pouvons déléguer l’immensité des problèmes du monde actuel à nos gouvernants ou à nos scientifiques.
Le moment est venu d’écrire un nouveau récit, notre récit ! Voilà le sens des « Gardiens de la Terre ».
 
 
Vous avez mentionné que le retour à la civilisation a été difficile. Qu’en est-il de vos enfants : cela a-t-il été facile pour eux de retourner à l’école ?
 
Renata : Pour les filles, c’était le bon moment, leur insertion à l’école s’est faite facilement. Aucun des enfants n’était en retard sur le programme. Pour mon plus jeune fils, la transition a été plus difficile. La forêt et sa famille amérindienne lui manquent. Mais au final, je suis étonnée de voir combien les enfants savent s’adapter. Je ne pense pas qu’ils aient souffert de ne pas aller à l’école. La richesse des expériences était exceptionnelle. Leur notion de ‘famille’ a une dimension bien plus large que celle de la plupart des gens.
Avant de partir, nous avons repéré plusieurs zones où nous pensions trouver des gens qui auraient conservé un équilibre naturel et une vie en harmonie avec leur environnement. C’est intuitivement que nous avons décidé qui filmer au fil des rencontres que nous faisions. La plupart du temps les sages étaient réticents à être filmés. Mais, à mesure que nous passions du temps avec eux, tous ont fini par accepter.
 
L’expression « Gardiens de la Terre » a été choisie parce qu’elle semblait correspondre aux personnages de « Gardiens de la Terre ».  Humbles et « terre à terre », ils sont capables de faire le lien entre les mondes physique et immatériel. Les chamanes ont conservé une conscience que la plupart d’entre nous a perdue. Avant de partir, nous avons repéré plusieurs zones où nous pensions trouver des gens qui auraient conservé un équilibre naturel et une vie en harmonie avec leur environnement. C’est intuitivement que nous avons décidé qui filmer au fil des rencontres que nous faisions. La plupart du temps les sages étaient réticents à être filmés. Mais, à mesure que nous passions du temps avec eux, tous ont fini par accepter.
 
De quelle manière avez-vous abordé le tournage avec les Gardiens de la Terre ?
 
Renata : Ce que l’on ressent à la vue du film vient du contexte unique des lieux où nous nous trouvions plus qu’à la réalisation. Nous avons filmé chacun dans son environnement habituel. La plupart du temps, il ne s’agissait pas vraiment d’interviews mais de ‘séances d’écoute’ - les plus belles séquences du film - où nous posions très peu de questions.
 
 
Rolf : Le montage a été l’étape la plus difficile. Il nous a fallu presque un an pour finaliser toutes les traductions... Une fois les transcriptions terminées, nous obtenions un pavé aussi épais qu’un bottin ! Nous avons donc fait du découpage au sens littéral ! De ce patchwork ont émergé les thèmes principaux et la première trame du scénario.
 
Avez-vous fait le montage vous-mêmes ? Comment avez-vous fait pour construire une histoire à partir de 200 heures de rushes ?
 
Rolf : Le montage a été l’étape la plus difficile. Il nous a fallu presque un an pour finaliser toutes les traductions... Une fois les transcriptions terminées, nous obtenions un pavé aussi épais qu’un bottin ! Nous avons donc fait du découpage au sens littéral ! De ce patchwork ont émergé les thèmes principaux et la première trame du scénario.
 
Renata : Nous en avons fait une bonne partie nous-mêmes mais nous avons eu la chance de travailler avec deux excellents monteurs. Défaire le puzzle et insérer de nouvelles pièces fût un long processus de recréation.
 
La musique a une place importante dans ce film. Comment avez-vous réussi à impliquer Stephen Warbeck dans le projet ?
 
Rolf : Il nous a rejoint assez tôt. Quand il a entendu parler du film, il nous a demandé de lui en montrer quelques séquences à l’état brut, et d’emblée il nous a proposé de composer la musique du film. Son intégration au projet fut un cadeau merveilleux.

A propos des réalisateurs

ROLf WiNTERS, réalisateur
Rolf vient du monde de l’entreprise. Il a créé sa propre structure de conseil en management à 30 ans. Pendant les dix années qui ont suivi, il a voyagé dans toute l’Europe, travaillant pour des  multinationales. Son expérience lui a donné un aperçu de l’emprise des structures sur les organisations et leurs dirigeants, et l’effet dramatique de leur vision à court terme. Il commença à chercher une autre perspective et la clef d’un renouveau. Quand il découvrit les principes et le mode de vie des Anishnabe (les premiers Amérindiens), il sentit qu’il avait trouvé cette clef. Le mode de vie des Amérindiens et leur vision de l’existence ont eu un tel d’écho chez Rolf et sa femme qu’ils ont décidé de quitter leur confortable vie cosmopolite.
Rolf continue à travailler avec des dirigeants dans le monde entier, intégrant à présent dans son approche la sagesse et les connaissances acquises auprès des Gardiens de la Terre.
 
RENATA HEiNEN, réalisatrice
Renata Heinen a étudié la communication à Anvers. Après ses études, elle a décidé de suivre sa véritable vocation : être une artiste libre et autodidacte s’exprimant au travers du mot et de l’image. Sa polyvalence se manifeste dans différentes formes d’art : de la peinture sur toile et matériaux de récupération jusqu’aux sculptures en métal, de l’écriture à ses aventures actuelles en tant que réalisatrice de film. Vivant à Londres à l’âge de vingt ans, elle a été attirée par le monde du cinéma et a travaillé quelques années comme actrice. C’est à cette époque qu’elle a commencé à écrire des scénarios. Elle a signé son premier scénario, Walking Wounded, en 2003. Elle a par ailleurs elle-même réalisé l’adaptation de son dernier scénario, Life, qui sortira sur les écrans en 2016.Son expérience de conteuse et scénariste a permis à Renata de créer la trame du film.
Le style brut et sans compromis de Renata provient de son envie de raconter de manière très intuitive, en laissant le mental au second plan. Sa quête d’une profonde authenticité et d’une véritable originalité se retrouve également dans son art.
 
STEPHEN WARBECK, compositeur
Stephen Warbeck est parmi les plus célèbres compositeurs anglais de musique de film. Il a commencé le piano et la composition à l’âge de quatre ans, et dès l’adolescence a développé une grande affinité pour le rock et le théâtre. Il est connu pour son travail sur SHAKESPEARE IN LOVE de John Madden (1998), pour lequel il a gagné un Oscar de la Meilleure Musique; BILLY ELLIOT de Stephen Daldry (2000); CAPITAINE CORELLI de John Madden (2001); NADIA de Jez Butterworth (2001). En 2013, il a obtenu un BAFTA de la Meilleure Musique pour le téléfilm HENRY IV. Les œuvres les plus récentes de Stephen sont POLISSE (2011) et MON ROI (2015) de Maïwenn.
 
 
Rendez-vous dimanche 10 avril - 13h à 16h au Publicis Cinémas
129 av. des Champs Elysée 75008 Paris - M° Etoile