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Exposition Maria Filopoulou ou "L'eau comme liberté"

Maria Filopoulou
« L’eau comme liberté » est une douce invitation aux fantasmes aquatiques de l’artiste impressionniste contemporaine Maria Filopoulou, présentée durant tout l’été à la galerie Dutko de l’île Saint-Louis de Paris. Il s’agit là d’une première collaboration entre le galeriste parisien Jean-Jacques Dutko et les toiles monumentales de l’artiste à laquelle il laisse embellir les murs de sa Galerie où la mer, les baigneurs et les chutes d’eau tiennent le premier rôle dans son travail depuis le milieu des années 90.
Extrait toile "Ancient pool" (Lerapolis)
 
Maria Filopoulou et Paris ne sont pas étrangères l’une à l’autre. C’est ici même qu’elle entame sa formation artistique au début des années 80 à l’école des Beaux-Arts. Pendant cinq ans elle y étudie la peinture sous la direction de Leonardo Cremonini puis d’Abraham Hadad et se forme le temps d’une année à la gravure. Du premier, elle puise une palette chromatique riche et vibrante. Du second, elle reprend les corps apathiques qu’elle anime d’une touche vive et trépidante, les sortant de leur paralysie en leur insufflant un souffle de vie.
L’artiste revient donc en un endroit familier et bienveillant à l’occasion de la présentation de son premier solo show français. Cette exposition s’appuie sur une sélection d’œuvres représentatives de son travail des dernières années : des nageurs évoluant entre des fragments de sculptures anciennes envahis par l’immensité de la profondeur des mers et des chutes d’eau scintillantes sous le soleil grec.
Ancient pool - Lerapolis - 

L’eau comme support

D’origine hellénique, elle revendique l’identité de son pays et la beauté de l’environnement devient son support d’inspiration. Dès le milieu des années 90, l’eau s’impose comme thème favori, à l’instar d’Albert Marquet, et envahit ses compositions comme une réponse à l’histoire de sa patrie, si reliée à la mer depuis ses fondements. Maria Filopoulou revendique l’identité de son pays, la beauté de l’environnement naturel ne manquant pas. C’est la première chose que l’on voit dans un pays si attaché à la mer depuis le début de son histoire. L’eau est toujours l’antidote précieux, le baume, la purification, qui repousse les maladies et donne la force vitale, transformée en matrice protectrice, qui enferme, nourrit, et éloigne les risques.
 
Maria Filopoulou construit et façonne un monde onirique, suspendu dans le temps, qu’elle peuple de corps ondoyants et de ruines chimériques.
Elle s’applique à représenter les paradis personnels vécus, le bonheur, la relaxation, l’union avec la nature. A propos de son œuvre, elle la présente comme une philosophie de vie : « Je pense que toute l’existence est un équilibre délicat où nous devons voir que les moments heureux sont précieux et que nous avons l’obligation de les reconnaître et de les apprécier. Je peins donc, les limites du bonheur isolé du passé et de l’avenir. Ce n’est pas une question de temps mais de lieu.» De ses environnements aquatiques se dégage un sentiment de plénitude qui incite le plus souvent à l’apaisement de notre esprit.
 
A la manière de Jackson Pollock, Maria Filopoulou peint ses toiles à même le sol en projetant la peinture d’un geste contrôlé. Les giclures et coulures obtenues, effet d’un hasard maitrisé, viennent cohabiter avec de grands aplats et des surfaces peintes très réalistes et minutieuses. Oscillant d’une technique à l’autre, Maria Filoupoulou nous livre des pièces riches en matière et effets aux influences multiples.
 
Les grandes dimensions de ses toiles plongent, au sens propre comme au figuré, celui qui les observe dans l’atmosphère méditerranéenne qui a rythmé et porté sa propre expérience. Ses paysages sont une fenêtre sur la mer ; la ligne d’horizon se courbe sous son pinceau comme pour mieux immerger le spectateur. Ce parti pris résonne ici comme une invitation de l’artiste à pénétrer dans ses compositions, à la croisée de sa vérité et de son idéal. Ses tableaux embaument l’été, l’été grec de Lacarrière, intemporel et intact, et viennent nous rappeler que certains moments restent constants dans notre vie et que nous devons nous en réjouir.
 

Underwater summer
 
 
Les tableaux de Filopoulou embaument l’été, l’été grec de Lacarrière, intemporel et intact. Ils viennent pour nous rappeler que certains biens restent constants dans notre vie et que nous devons nous en réjouir. « Si on oublie nos problèmes quotidiens et qu’on laisse son regard parcourir toute la beauté autour de nous, nous reprenons courage et force pour faire face à toutes les difficultés. Pour moi il suffit d’un long regard sur la mer pour me retrouver moi-même », dit Maria Filopolou qui propose cet antidote à la crise grecque.
 
Les baigneurs, les chutes d’eau et les plages se rencontrent donc à nouveau sur la Seine, via la Galerie Dutko de l’Île Saint Louis pendant trois mois, comme une étape lors d’un long voyage. Tel un petit paradoxe géographique, la Grèce acquiert un autre îlot, très loin de la mer Égée.
 
Maria Filopoulou habite et travaille en Grèce   et a participé à des expositions à Londres,  Paris, New York, en Floride, Pékin, Melbourne, Constantinople, Berlin ou encore Nicosie. Elle est reconnue pour sa peinture sensible, plaçant en son centre l’homme et le paysage.
«La mer lave toutes les souillures des hommes» Iphigénie en Tauride, Euripide
Galerie DUTKO Ile Saint Louis
4, rue de Bretonvilliers, 75004 Paris 
www.dutko.com