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Maria Papa Rostkowska au Musée d'Art Contemporain Cascina Roma de Milan

arts et culture
Au Palais Bourbon, sur la terrasse devant la salle des députés du Parlement, a été placée au printemps 2011 la sculpture monumentale « Promesse de Bonheur », haute de plus de trois mètres, en marbre blanc de Carrare de l’artiste Maria Papa Rostkowska (1923-2008) : elle est la seule artiste non française qui ait une œuvre installée au siège de l’Assemblée Nationale. Pour (re-) découvrir ses œuvres, ses amis, ses lieux, une exposition lui est consacrée du 11 mars au 30 avril 2017, au Museo di Arte Contamporanea Cascina Roma de Milan.
 
Maria Baranowska (www.mariapapa.fr) naît à Varsovie en 1923 d’un père polonais et d’une mère russe. En 1943 elle épouse Ludwik Rostkowski Jr, membre important du mouvement socio-démocrate polonais, avec lequel elle participe à la libération de nombreux Juifs du Ghetto de Varsovie. Durant l’Insurrection de Varsovie, en 1944, elle rejoint la résistance et s’engage dans la lutte armée contre l’armée allemande, ce qui lui vaut d’être décorée, après la Libération, de la médaille Virtuti Militari. Son mari sera honoré ultérieurement par la Médaille des Justes.
 
Pendant l’occupation allemande de la Pologne elle suit des études supérieures d’art et d’architecture. En 1947, l’UNESCO et le gouvernement français lui offrent une bourse pour étudier l’art à Paris, où elle restera trois ans. De retour en Pologne elle devient Professeur Associé à l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie et commence à participer à diverses expositions de peinture et des projets architecturaux.
 
Ludwik Rostkowski Jr disparaît dans la tourmente stalinienne en 1950. Quelques années plus tard, en 1957, dans le contexte de la déstalinisation en Pologne et grâce au soutien du peintre Édouard Pignon, elle peut s’établir à Paris où elle fait la connaissance de l’éditeur, écrivain et critique d’art Gualtieri di San Lazzaro (né Giuseppe Papa) qu’elle épousera en 1958. San Lazzaro est le fondateur de la revue XXe Siècle et de la galerie éponyme. Maria se trouve ainsi au centre de la vie artistique parisienne, fréquente des artistes, des écrivains, des critiques d’art et des acteurs de la vie culturelle Un florilège de créateurs et de personnalités nationales et internationales du monde des arts et des lettres fréquentait en effet la galerie de la rue des Canettes et suivait les publications de la Revue. Au centre de ce cercle figuraient notamment Nina Kandinski, Serge et Marcelle Poliakoff, Joan et Pilar Mirò, Ésteve , Roger Viellard et Anita da Caro, Hans Hartung et Anna Eva-Bergman, Alberto et Susi Magnelli, Eugène et Rodica Ionesco, André Pieyre et Bona de Mandiargues, Sonia Delaunay, Olivier Debré, Pierre Volboudt, André Verdet, Robert Lebel, Jacques Lassaigne, Beniamino et Carla Joppolo, Vittorio De Sica, Cesare Zavattini. Maria a établi des liens d’amitié et a eu de fréquents échanges avec des sculpteurs tels que César, Émile Gilioli, Marino Marini, Lucio Fontana et Carlo Sergio Signori.
 
Au cours de ces années elle séjourne en été dans la ville d’Albisola, près de Savone, en Ligurie. Elle y découvre le travail de la céramique et de la terre qui la conduira à se consacrer ultérieurement à la sculpture. Elle fait partie de l’atelier de céramique de Tullio Mazzotti, aux côtés notamment de Lucio Fontana et rejoint le cercle des artistes qui entourent le célèbre galeriste milanais Carlo Cardazzo, fondateur et directeur de la Galleria del Naviglio, qui comprend, entre autres, Capogrossi, Crippa, Fabbri, Manzoni, Scanavino, Milena Milani, Sassu, Wifredo Lam et Asger Jorn.
 
Ses œuvres en terre cuite sont exposées pour la première fois à la Galleria del Naviglio en 1960, avec un texte du poète et critique d’art André Verdet. En 1966, recommandée par Jean Arp et Lucio Fontana, elle reçoit le prix de la sculpture de la Fondation William et Norma Copley et est invitée par Giuseppe Marchiori à participer au Symposium du Marbre organisé par la société Henraux de Querceta, en Versilie (province de Lucca), où elle découvre le marbre, qui deviendra son matériau de prédilection.
 
À partir de ce moment, et jusqu’aux dernières années de sa vie, elle la partagera entre Paris et Pietrasanta en Versilie, exposant en France, en Italie, en Pologne, en Suisse, au Japon et en Russie : de son vivant plus d’une centaine d’expositions individuelles et collectives. Ainsi elle se retrouve au centre d’un important creuset artistique international auquel participent des artistes historiques de l’avant-garde de la fin du vingtième siècle, comme Jean Arp, Marc Chagall, Alberto Magnelli, Massimo Campigli et Sonia Delaunay et des artistes de la Seconde École de Paris, parmi lesquels figurent des artistes italiens comme Alberto Burri, Agenore Fabbri, Giuseppe Capogrossi et Lucio Fontana.
 
Maria Papa Rostkowska meurt à Pietrasanta en 2008. En avril 2009 la ville de Pietrasanta lui consacre une importante rétrospective, rendant hommage à l’une des rares femmes sculptrices travaillant le marbre en « taille directe ». Des expositions commémoratives ont eu lieu à Paris, à Varsovie et à Milan. Quelques-unes de ses œuvres monumentales ont été installées dans des lieux publics : Milan (Université de Milan) et Pietrasanta (Place Gabriele D’Annunzio) ; Varsovie (parc du Musée de la Sculpture de Krolikarnia, parvis du Musée National et Palais présidentiel de la République Polonaise) ; Musée des Beaux-Arts de Menton (Palais Carnolès), Musée de la Sculpture en plein air de Paris et Pavillon de l’Arsenal.
 
L’exposition de Milan présentera aussi des oeuvres des principaux artistes qui constituaient le cercle des amis de l’artiste: Arp, Dumitresco, Pignon, César, Man Ray, Music, Verdet, Henry Moore, Sonia Delaunay, Poliakoff, Picasso, Chagall, Mirò, Calder, Hartung, Dubuffet, Max Ernst, Anita Da Caro, Aryka Madeyska, Jan Cybis, Tadeusz Dominik, Estève, Gilioli, Roger Vieillard, Capogrossi, Crippa, Dadamaino, Fabbri, Lucio Fontana, Marino Marini, Magnelli, Milena Milani, Scanavino,Olivier Debré, Kijno.
 
L’exposition est sous le patronage honoraire de Agata Kornhauser-Duda épouse du Président de la République Polonaise.
 
Un catalogue accompagne l’exposition : il édité par Cortina Arte Edizioni, en italien, en anglais et en français avec des textes de Marco Meneguzzo (historien d’art et professeur à l’Accademia di Belle Arti di Brera), Lydia Harambourg (historienne et critique d’art), d’Agnieszka Tarasiuk directrice du Musée de Sculpture de Kròlikarnia de Varsovie) et de Massimo Mallegni (Maire de Pietrasanta).
 
Vernissage le samedi 11 mars à 18 heures. Il sera précédé à 17 heures du concert de la pianiste Magdalena Zuk : « Musicality of sculpture », avec des oeuvres de Frédéric Chopin, Karol Szymanowski et Domenico Scarlatti.
Lieu : Museo di Arte Contamporanea Cascina Roma. Piazza Art 6. San Donato Milanese (MI) du 11 mars au 30 avril 2017