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L’espace du débat : tout foutre en l’air ?

arts et cultures
2017 : où se cache le débat ? À l’occasion des élections, BAOBAB Dealer d’Espaces investit le Pavillon de l’Arsenal à Paris et arc en rêve centre d'architecture à Bordeaux pour une exposition qui interroge les formes et les rôles du débat d’idées, à l’heure d’internet et des soulèvements citoyens.
 
En s'inspirant de configurations spatiales typiques, l'exposition illustre les nouvelles manières d'échanger : positionnement des corps, temps et signes de la prise de parole, symbole des lieux investis. Chacun s'approche, s'agrippe et s'engueule dans un conflit devenu nécessaire puisqu'il  "est déjà la résolution des tensions entre les contraires", entre les hommes et dans la ville.
 
Partant de la question "Faut-il tout foutre en l'air ?" une vingtaine de contributions artistiques inédites pèsent les mots, investissent de nouveaux lieux d'expression, colportent des textes ordinaires, exposent les réseaux de dialogues souterrains...
 
À travers l'exposition, émerge l'hypothèse qu'en s'inspirant de la diversité des lieux de débat existants, il sera possible de revivifier les institutions démocratiques, quitte à les secouer ! Avec le cycle de débat s'ouvre la question de savoir pourquoi, où et comment construire des espaces communs d'échanges contradictoires. Tout un chantier auquel BAOBAB et le Pavillon de l’Arsenal vous convient jusqu’au 7 mai 2017.

Manifeste - BAOBAB n’apporte pas de réponse ; il débat !

 
Mais pour faire quoi ?
Née en 2011, l’association est convaincue que le débat citoyen doit faire partie intégrante de la gestion du territoire urbain. Poil à gratter, provocateur, BAOBAB joue sur les situations et les codes sociaux pour raconter et questionner tous les espaces vécus, et éviter de tourner en rond chacun dans sa discipline.
 
BAOBAB ne se résigne pas.
Nous constatons qu’aux formes traditionnelles et politisées du débat, télévisées, aux stratégies d’évitement du conflit répondent une multitude de situations d’échanges au quotidien. De nouveaux lieux de débat voient le jour via les soulèvements citoyens : Podemos, Occupy Wall street, Alternatiba ou encore Nuit Debout. Ils cassent la dichotomie du face à face et refusent la polarisation autour de quelques individus qui auraient sinon l’exclusivité de la parole publique et politique. Ils revendiquent la légitimité de parler du monde pour mieux le changer. Ils incarnent un renouveaudes lieux de questionnement collectif.
Au-delà de ces exemples retentissants, d’autres milieux, des réseaux sociaux au dîner de Nöel, sont propres à faire émerger les aspérités essentielles au questionnement. Du mot de travers jusqu’à la franche contestation, la dinde était-elle trop cuite ?
 
Faut-il tout foutre en l’air ?
L’exposition interroge l’idée selon laquelle la complexité sociale ne serait pas assez prise en compte. Le débat démocratique essoufflé échouerait à jouer son rôle. A la faveur d’un cloisonnement grandissant des lieux et des temps de la vie, il serait plus difficile d’aller à la rencontre de l’autre, du dissemblable.
Quels espaces pour quels débats ? Vaste débat ? Vaste comment ? En long, en large, en travers ? A deux, à mille ?
L’espace structure la parole. Au fil des années, BAOBAB a ainsi observé l’importance de la configuration des corps et du poids symbolique des places de chacun dans la tournure que prenait le débat. Notre angle d’attaque et notre responsabilité, en tant que concepteurs, consistent donc à questionner le poids de l’espace dans la construction des confrontations. BAOBAB fait le pari d’explorer les formes actuelles, en construisant et imaginant les différents types d’espaces qui sous-tendent les confrontations d’idées.
Nous faisons l’hypothèse qu’en s’inspirant de la diversité des lieux de débat existants, il sera possible de revivifier les instances de débat institutionnelles, quitte à les détruire, ou simplement à les secouer, les enrichir, les réveiller : au minimum, à les questionner !

Peut-on débattre n’importe où ?

Si des débats peuvent avoir lieu n’importe où, même dans les espaces les plus improbables (une soucoupe volante) et entre les individus les plus inattendus, l’architecture a un rôle à jouer dans l’invention et la construction des espaces de débat.
Pour BAOBAB, l’espace est une donnée structurante des échanges entre les individus.
La position des corps dans l’espace a une influence directe sur le déroulement et l’issue d’un débat et sur la capacité des individus à s’en sentir partie prenante.
L’exposition s’attache à questionner la nature de cette influence. La méthode choisie repose sur une typologie des espaces de débat. Nous proposons ainsi une classification en six grands types, différenciés par la façon dont se positionnent les corps dans l’espace.
 
AUTOUR DE L'EXPOSITION
 
Visites guidées publiques avec BAOBAB, commissaire de l'exposition.
Durée de 1h00 à 1h30, pour tout public.
Sans réservation, RDV au début de l'exposition au 2ème étage du Pavillon de l'Arsenal.
 
- Mercredi 12 avril à 16h.
Médiateur : BAOBAB - Vincent Milla
 
- Samedi 15 avril à 14h30
En présence des artistes
Médiateurs : BAOBAB
 
Débats
Discussions au niveau des tables, face à la rosace du 2ème étage.
 
- Samedi 15 avril de 15h30 à 17h
"ASSIS PAR TERRE LA TETE HAUTE / Alteractivisme et mouvement des places"
Intervenants :
Ruedi BAUR, graphiste
Danielle TARTAKOWSKY, historienne
Vincent CARLINO, chercheur en communication
Les artistes de l'exposition présents.
 
Commissaire scientifique invité
BAOBAB Dealer d’Espaces offre des situations d’échange à des personnes d’horizons divers, (professionnels, habitants et citoyens). L’association, née en 2011, travaille au développement de l'intérêt du public pour l’espace, la ville et l’architecture. Ses actions prennent la forme d'événements, de débats et de publications comme autant d'éléments de construction des espaces vécus.
L’association BAOBAB est convaincue que le DÉBAT CITOYEN doit faire partie intégrante de la gestion du territoire urbain. Poil à gratter, provocateur, BAOBAB joue sur les situations et les codes sociaux pour raconter et questionner tous les espaces vécus, et éviter de tourner en rond chacun dans sa discipline.
 
Contributeurs
Une vingtaine d’artistes, de collectifs, de graphistes, d’architectes ont répondu à l’appel à contributions « Tout foutre en l’air ? » lancé par BAOBAB en février 2017. Le but est de réunir des points de vue variés sur le sens de la notion de “débat” aujourd’hui.
Les oeuvres présentées le long de ce mur résultent de ce travail généreux. Les contributeurs n’ont pas été rémunérés, et BAOBAB les remercie pour leur patience lors des nombreux échanges qui ont rendu cette exposition possible.
Cette démarche traduit l’esprit « non fini » de cette exposition qui vise davantage à ouvrir des portes et poser des questions sur qu’à construire l’Espace de Débat idéal.
 
Ivan Argote, Jonas Staal, Ruedi Baur, Collectif Marguerite OKA, Cédric Pierre, Agence Faire, Malte Martin & Agrafmobile, Nina Imbs, Léa Troulard, BenjmnG, On a pensé à un truc, Katia Bokatova Vincent, Sans Plus Attendre, Diurne Nocturne, Marine Kaiser & Stéphanie Verin, Cendrine Lassalle, Julie Blanc, Agostino Bubbico, Ne Rougissez Pas !, Aline Rollin, Deux degrés, Maxime Dumoulin & Guillaume Duverger.
 
Lieu : Pavillon de l'Arsenal, 21 Boulevard Morland - 75004 - Paris