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Biens humains : une question de vie ou de mort

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Toutes les sociétés sont particulières et différentes. Mais à l'intérieur des sociétés, les hommes, parce qu'ils sont humains et font partie de la même espèce, peuvent se reconnaître, avoir des besoins communs et embrasser des causes communes ; ils peuvent avoir un regard surplombant.

Les gtande religions monothéistes ne font pas autre chose ; elles sont universalistes, concernent l'ensemble des humains mais admettent et respectent les diversités des sociétés et des cultures. Seuls certaines valeurs et engagements sont communs et partagés par tous. Ces valeurs peuvent être des idées, mais aussi des biens ou des choses.

● La problématique des biens communs de l'humanité fait l'objet d'une littérature foisonnante, de très nombreux débats et colloques nationaux et internationaux. Tous les organismes mondiaux s'y intéressent, toutes les organisations civiles en ont fait leur cheval de bataille. Ce qui apparaît aujourd'hui c'est d'une part, le besoin, au niveau mondial de définir un certain nombre de biens qui appartiennent à l'ensemble de l'humanité ; et d'autre part, les mesures prises par les tenants du marché de protéger leurs territoires par une frénésie d'appropriation et de mesures protectionnistes. C'est ainsi que, depuis quelques années, on a vu se développer une forme de marchandisation de la vie avec la privatisation de certains biens ou de certaines valeurs par les opérateurs du marché.

● La liste des biens universels qui assurent le 'bien-être' surplombant de l'ensemble de l'humanité est relativement courte mais chacun d'eux, comme l'eau, la santé ou l'information pose des problèmes d'appropriation qui suscitent des résistances violentes. Pourtant, ces biens doivent nécessairement, à terme, sortir de la logique du marché fondée sur la non-interférence et entrer dans une logique de non-domination tout simplement parce qu'ils participent de la vie sur terre et que leur absence entraîne la mort.

Amartya SEN et Martha NUSSBAUM ont publié, sous l'égide des Nations unies, The Quality of Life. Ils y distinguent une dizaine de « capabilités » :

▪ Pouvoir vivre autant que possible une vie humaine complète jusqu'à la fin ; éviter une mort prématurée, ou pouvoir mourir avant que notre vie soit diminuée au point de ne plus valoir la peine d'être vécue.

▪ Pouvoir jouir d'une bonne santé, d'une alimentation adéquate, d'un foyer décent, avoir des opportunités de satisfaction sexuelle ; pouvoir se déplacer d' un endroit à un autre.

▪ Pouvoir éviter toute douleur inutile et connaître l'expérience du plaisir.

▪ Pouvoir utiliser nos cinq sens ; pouvoir imaginer, penser et raisonner.

▪ Pouvoir éprouver un attachement pour des personnes et des réalités extérieures à nous-mêmes ; pouvoir aimer ceux qui nous aiment et se soucient de notre sort, pouvoir pleurer leur absence ; en général, pouvoir aimer et éprouver douleur, désir et gratitude ?

▪ Pouvoir se former une conception du bien et s'engager dans une réflexion critique sur la planification de notre propre vie.

▪ Pouvoir vivre pour et vers les autres êtres humains, leur manifester notre capacité de reconnaissance et d'attention, nous consacrer à diverses formes d'interaction sociale et familiale.

▪ Pouvoir vivre dans le souci de et en relation avec les animaux, les plantes, le monde de la nature.

▪ Pouvoir rire, jouer et nous adonner à des activités récréatives.

▪ Pouvoir vivre notre propre vie, et pas celle de quelqu'un d'autre.

▪ Pouvoir vivre notre propre vie dans un environnement et un contexte de notre choix.

 

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