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Le cloud moins stratosphérique

cloudBeaucoup de concepts viennent se greffer autour de la notion du cloud computing: applications distribuées sur plusieurs serveurs physiques, modèle de facturation des ressources machine à la demande plutot que par machine, délocalisation physique des serveurs de l'entreprise vers un centre hébergé à distance, site internet capables de gérer une trés grande masse d'information ou de visiteurs...

 

Certains parlent d'un véritable changement de paradigme, similaire au passage, dans les années 1980, du mainframe au client-serveur, ou évoquent encore une similitude au passage début du siècle dernier d'une éléctricité produite par des générateurs individuels au réseau électrique.

D'autres concepts sont venus se greffer sur le cloud: le cloud hybride, où l'entreprise utiliserait à la fois des ressources internes pour une partie de son application et des ressources externes sur le cloud. Enfin le cloud privé, où certaines sociétés implémenteraient un cloud pour leurs propres besoins uniquement.

Cette vague perception que quelque chose de grand se prépare derrière le cloud, ainsi que cette facilité à devenir le fourre-tout de toute aspiration technologique futuriste, font que le cloud laisse encore les décideurs perplexes. Néanmoins le cloud bénéficie de l'antécédent Google, une des premières sociétés à avoir construit un cloud privé pour répondre à un besoin en puissance de calcul toujours grandissant, et dont les perspectives commerciales laissent rêveur même 12 ans après. Parmis les autres cloud privés, on peut trouver celui d'Amazon, maintenant ouvert aux applications extérieures, ou encore celui de Salesforce, Yahoo, Facebook, Microsoft. Mettre en place un cloud est un investissement lourd, ainsi il est peu probable que de nouvelles sociétés se lancent dans la création de cloud privés. De même l'expertise technique associée au cloud est suffisamment complexe pour que l'intérêt du cloud hybride, qui serait encore plus complexe, soit minime.

Quelles sont alors les applications sucseptibles d'utiliser le cloud public, le plus intéressant financièrement ?

Ce sont les applications qui s'engagent à supporter les contraintes suivantes sans devoir être réécrites:

1. Autant d'utilisateurs simultanés que nécessaire, sans limite supérieure.

2. Pouvoir traiter autant de données que nécessaire, sans limite supérieure.

3. Pouvoir exécuter des calculs aussi complexes que nécessaire, sans limite supérieure.

4. Pouvoir lisser le cout d'utilisation de l'application sur le temps, sans que les pics

d'utilisation supérieurs soient la métrique du pricing.

Les applications de recherche d'information (documents, vidéos, images) ont déjà conquis le marché; d'autres espaces collaboratifs peuvent nécessiter d'importantes resources d'infrastructure, comme les mondes virtuels en 3D. World of Warcraft, par exemple, tourne sur 75.000 CPU. Probables victimes des effets de mode, les espaces virtuels collaboratifs futurs devront sans doute pouvoir rapidement rendre disponible des capacités de calculs équivalentes à 10.000 serveurs ou plus, lors d'évènements inauguratifs par exemple, pour ensuite revenir à une capacité de calcul beaucoup plus modeste; c'est exactement à quoi répond le cloud.

Le cloud en est encore à ses prémisses; quelques start ups ont identifié une opportunité réelle sur le cloud, comme par example dans les calculs d'optimisation des files d'attente (Lokad). Rien ne prête encore à croire que le cloud puisse être un vecteur porteur de l'emergence d'espaces virtuels collaboratifs trés proche des lois cinématiques du réel; pourtant il semble être une réponse adaptée à leur complexité.

 

 

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