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La cape d'invisibilité temporelle vient de voir le jour

invisible2La technologie de l'invisibilité, découverte par des chercheurs japonnais (équipe menée par Dr. Susumu Tachi, de l'université de Keio) remonte à 2003. Mais ce sont des physiciens financés par le Pentagone, le ministère de la défense américain, qui ont annoncé mercredi 4 janvier 2012 avoir conçu un système d'"invisibilité temporelle"capable de rendre un événement totalement indétectable pendant une infime fraction de seconde : un premier résultat, non pas en masquant un objet dans l'espace, mais en dissimulant un événement dans les replis du temps.

 Au lieu de chercher à masquer un objet dans l'espace, le dispositif le dissimule à la vue dans le temps, selon l'étude publiée par la revue britannique Nature. "Nos résultats représentent un pas significatif vers la réalisation d'une cape spatio-temporelle complète", estime Moti Fridman, de l'Université Cornell de l'Etat de New York, qui a dirigé ces recherches.

L'exploit des physiciens utilise les propriétés du spectre lumineux visible et le fait que les différentes couleurs qui le composent se déplacent à des vitesses très légèrement différentes. Cette cape d'invisibilité "temporelle" commence par diffuser un rayon de lumière verte dans un câble en fibre optique. Ce rayon traverse ensuite une lentille qui le divise en deux fréquences distinctes : une lumière bleue qui se propage un petit peu plus rapidement que le rayon vert d'origine, et une lumière rouge légèrement plus lente. La différence de vitesse entre les deux rayons ainsi obtenus est encore accentuée en interposant un obstacle transparent. Au bout du compte, il se crée une sorte de "décalage temporel" entre les rayons rouge et bleu qui voyagent dans la fibre optique. Une faille minuscule, de seulement 50 picosecondes (50 millionièmes de millionième de seconde), mais suffisante pour y intercaler une décharge de laser d'une fréquence différente de la lumière passant dans la fibre optique.

Après cette brève décharge de laser, les rayons rouges et bleus subissent un traitement inverse : un nouvel obstacle accélère cette fois-ci le rouge et ralentit le bleu, et une lentille reconstitue les deux faisceaux pour produire un unique rayon vert. La décharge de laser, d'une durée de 40 picosecondes, est toujours bien présente, mais comme elle ne fait pas partie du flux de photons de la lumière reconstituée, elle reste totalement indétectable ! Le procédé s'apparente à un passage à niveau coupant une route encombrée, expliquent dans un commentaire séparé Robert Boyd et Zhimin Shi, de l'Université de Rochester, dans l'Etat de New York.

La prochaine étape pour les chercheurs est de parvenir à accroître suffisamment la"faille temporelle" masquant un événement, soulignent MM. Boyd et Shi. Mais ils estiment que cette invisibilité temporelle pourrait déjà avoir des applications immédiates pour sécuriser les communications. Car ce procédé permet defractionner les signaux optiques et de les faire voyager à des vitesses différentes avant de les réassembler, ce qui rend les données particulièrement difficiles à intercepter.

Les travaux de l'équipe de Moti Fridman sont financés en partie par le Darpa, une agence du ministère de la défense américain destinée à mettre au point des technologies futuristes dignes de la science-fiction et qui peuvent aboutir à des usages militaires. Cette agence avait notamment mis au point à la fin des années 1960 un système de transmission de données entre ordinateurs, jetant les bases de ce qui allait ensuite devenir le réseau Internet. (Source : Le Monde.fr / AFP)

En 2010, des scientifiques de Tufts et de Boston Université revendiquaient la première cape d'invisibilité. Toute en soie et recouverte d'or, la cape avait encore besoin d'être améliorée. Le nouveau textile utilisé était un metamatériau. Il ne fonctionne qu'avec des fréquence terahertz qui sont à mi-chemin entre des ondes radio et la lumière infrarouge sur le spectre électromagnétique. Ces métamatériaux tirent les propriétés optiques de leur caractéristiques physiques et non pas de leurs compositions chimiques. Un centimètre carré de cette cape contient 10,000 résonateurs d'or. Quand de la soie est exposée à des ondes terahertz, les ondes passent à travers. Avec les résonateurs, une résonance est produite. Les applications biomédicales sont viables. Des détecteurs de glucose implantés dans des patients diabétiques pourraient altérer les niveaux de glucose dans le corps. La soie est biocompatible, ce qui veut dire qu'elle est mieux acceptée dans le corps humain que d'autres implants. Si cette cape est suffisamment développée pour être commercialisée, la priorité serait donc donnée aux diabétiques.

Autre recherche, celle d'un inventeur russe, Oleg Gadomsky, qui déposa en 2008 un brevet pour protéger son invention. Il s'agissait d'une méthode de conversion des radiations optiques... En des mots plus simplistes, il s'agissait d'un procédé pour rendre invisible des vêtements ou tout autres objets. 

Ou encore les travaux de Susumu Tachi qui avait déjà présenté en 2004 lors d'une exposition à San Francisco une cape invisible fonctionnant sur la génération d'images. Le principe est simple (mais pas forcément à mettre en oeuvre puisque le chercheur caresse la perspective depuis 1977) : les images capturées devant la personne en 3D sont transmises derrière son dos par des centaines de petites "perles", de sorte à créer l'illusion d'invisibilité.

Tristan Vey, journaliste au Figaro.fr, annonçait aussi en 2010 que "rendre invisible des objets n'est plus une obsession de savant fou. En 2006, une première expérience avait déjà permis de faire disparaître un petit morceau de métal dans le domaine des micro-ondes : l'objet était devenu complètement transparent à ces ondes dont la fréquence est comprise entre 1 et 300 GHz (invisibles à l'oeil nu). Pour réaliser cette prouesse, les chercheurs avaient utilisé ce qu'on appelle une «cape d'invisibilité», un cylindre un peu spécial fait de plastique et de métal qui recouvrait intégralement l'objet. Enthousiasmées par ces travaux, de nombreuses équipes à travers le monde cherchent depuis à améliorer le procédé. Le rêve ultime de ces expérimentateurs est d'atteindre enfin le domaine des ondes visibles par l'œil humain (entre 400 et 800 THz). Pour rendre un objet invisible, l'idée générale est de le recouvrir d'une « cape » fabriquée dans un matériau possédant des propriétés physiques qui n'existent pas dans la nature. Les ondes électromagnétiques sont détournées de proche en proche dans la cape jusqu'à reprendre le chemin naturel qu'elles auraient pris en l'absence d'obstacle. L'œil de l'observateur voit donc ce qui se situe derrière la cape : celle-ci est invisible."

Finalement, se rendre invisible comme Harry Potter, ce n'est peut-être pas si sorcier !

 

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