UP' Magazine L'innovation pour défi

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Le temps des ruptures ?

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A l'intersection des innovations, techniques, des mutations économiques et des transformations sociales, quelles sont les grandes "questions numériques" qui marqueront  les années à venir ?

Après avoir réfléchi sur les "tensions" en 2010, la Fing s'est intéressé en 2011 aux "ruptures". Ces ruptures pourraient-elles changer la donne dans un secteur, un marché, une catégorie d'acteurs ou pour tout le monde ? Comment anticiper ces ruptures et leurs conséquences ? Comment en faire des opportunités ?

La Fing a travaillé sur 19 scénarios de rupture et a choisi d'en présenter 7, en partenariat avec le CNAM, à travers un cahier d'enjeux, en exclusivité  mercredi 15 février dernier, à la Gaité Lyrique. L'objectif : se contraindre à imaginer ensemble des futurs différents, mais plausibles. Des futurs possibles qu'on n'a plus le droit d'ignoer.

Une nouvelle exigence vis-à-vis des technologies

Le numérique, dont on attendait tant, ne nous a pas immunisés contre les crises. Il n'a pas non plus produit un modèle de croissance plus vertueux, d'un point de vue écologique ou social. Certains disent même : au contraire ! En résulte, d'abord, une exigence critique. On tire un bilan mitigé du développement des pratiques numériques dans le travail : et s'il fallait casser la tendance à l'accélération qui produit stress, disqualité et court-termisme ?  Et si les salariés, organisés via les réseaux sociaux, en venaient à renverser un management qui leur demande tout et son contraire ?

Du coup, les ruptures d'origine technologique n'ont pas rencontré le même intérêt que les autres. Pourtant, les perspectives et les questions qu'ouvrent le développement fulgurant de l'usage des neurosciences ou l'augmentation technique des capacités physiques et mentales des humains sont vastes. Mais, cette année, les participants ont préféré débattre d'économie et de société.

L'innovation "indignée"

La dureté et la durée de la crise, ainsi que notre incapacité collective à produire une croissance moins destructrice de l'environnement et des hommes, remettent en cause le coeur de notre modèle de développement, la vitesse. Un peu partout dans le monde, les "indignés" s'imposent dans l'espace public. Mais il existe aussi des innovateurs indignés.

Ils expérimentent de nouveaux modèles parcequ'ils sont convaincus que les anciens sont néfastes : 

-  inventons des modèles économiques fondés sur l'usufruit plutôt que sur la propriété, sur le partage, plutôt que sur la possession, pour réduire la "base matérielle" de la croissance ;

- imaginons une réindustrialisation de proximité, avec des produits plus durables, repérables, bricolables, recyclables, en nous appuyant sur la capacité contributive des gens, en partageant avec eux le produit.

Cette innovation "indignée" souligne les limites des politiques en "e" : "e-éducation", "e-santé", "e-administration", ou encore des "smart" cities, grids, etc... Il ne suffit pas d'appliquer des technologies aux modèles existants pour les rendre vertueux, il faut changer de modèles. Saurait-on casser l'unité du temps, de lieu et d'action qui caractétise l'éducation, sans pour autant la rendre encore plus inégalitaire qu'aujourd'hui ? Saurions-nous prendre en compte la participation active des patients à des réseaux d'échange d'information et d'entraide dans le calcul de leurs droits sociaux ? 

A l'inverse, si nous ne faisons rien, vivrons-nous demain dans des villes spécialisées "sérénité", "culture", ou "nature" , que nous aurons sélectionnées sur le web en lisant leurs Conditions Générales de Ville (CGV) ?

L'empowerment, puissance et fragilité

Que se passerait-il si les entreprises et les administrations se mettaient à partager avec les individus les informations dont elles disposent sur eux, pour qu'ils en fassent ce qu'ils veulent ? Et si un grand nombre croissant  de salariés préféraient choisir leur rythme de travail et cumuler plusieurs activités, plutôt que de remettre les clés de leur destin à un seul employeur ?

L'empowerment des individus déborde du lit du numérique. Avec son aide, "l'économie de la contribution" concerne aujourd'hui la conception et la production d'objets, d'espaces, de services collectifs. Jusqu'où ? Quels secteurs connaîtront-ils demain des mutations aussi radicales que celles que subissent aujourd'hui les médias ou les industries culturelles ? Mais, en même temps, qui bénéficie vraiment de cette nouvelle distribution des pouvoirs ? Pour recevoir un pouvoir, il faut y être apte ; sinon, on ne fait qu'y perdre les protections que garantissaient les anciennes formes de domination. 

Voici donc les grandes lignes qui se dégagent des "Questions numériques" élaborées fin 2011. Un outil pour anticiper les tranformations à venir. Ces questions, vous devriez vous les poser et les traduire en actes : si cela arrivait vraiment, qu'est-ce-que cela signifierait pour mon organisation ? Comment l'anticiper et en tirer profit ? Comment accélérer le mouvement ou au contraire, le contrecarrer ? 

 

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