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Dans Edito

Choisir la vie

attentats Paris
La culture a été sciemment attaquée ce vendredi 13 novembre. Parce qu'elle offre du divertissement.
Il faut continuer à aller au théâtre, aux spectacles, au cinéma, aux concerts,... pour résister à la barbarie. Le spectacle qui parle directement au coeur et à l'esprit des hommes et qui dit bien souvent la vérité au monde et l'éclaire...
 
Cet après-midi, nous nous sommes fait violence en allant assister dans une salle qui n’a pas pignon sur rue, à une représentation de deux opéras bouffes en un acte du XIXe siècle (1). Quel régal, dans cette légèreté pleine de messages sur l’humaine condition, ses espérances et ses malices !
 
Les accros de la kalach voudraient, nous dit-on, que cessent les petits et grands plaisirs, les joies partagées, la musique, les dîners entre amis dans la douceur de l’automne. Les Gens du Livre savent que les livres de Salomon nous parlent l’un des bonheurs de l’amour et de l’eros, l’autre de la sagesse de l’expérience. Nous pensions être ensemble, peuples du Livre. 
 
Couper les plaisirs, disent-ils ? Et ne garder donc que la pulsion, cette étrange éjaculation d’une arme qui crache ses balles assassines ? 
Nous parlons de plaisir, de joies, pas de jouissance instantanée brutale et ravageuse à voir l’autre d’en face tomber mort dans son sang. Jouissance tellement jouie sans sens, qu’on s’en fait sauter sa propre caisse, pour ces quelques secondes de toute-puissance, où l’on croirait servir Dieu. Mais où on ne ferait que croire s’égaler à lui un instant, pour s’en punir aussitôt ? 
 
Les plaisirs, les joies de la vie, sont souvent ce qui nous reste dans une existence difficile. 
Parmi les artistes que nous avons applaudis cet après-midi : une splendide comédienne et chanteuse, rayonnante de vitalité. Cette jeune femme chante, joue et danse... Les plus âgés d’entre-nous se souviennent d’un attentat à la bombe contre André Malraux. Une petite fille, Delphine Renard, était là lors de l’explosion, elle en a perdu la vue. A l’époque, nous sommes nombreux à en avoir pleuré, déplorant le terrorisme. C’est la même Delphine Renard qui nous a réjouis cet après-midi !
...Et le spectacle avait commencé par quelques accords de Chopin joués avec profondeur par Françoise Menghini : une grande amie de la pianiste a perdu son fils, Romain Dunet, ce vendredi au Bataclan... 
 
 
(1) La Compagnie des Délassements Comiques, au Petit Théâtre de Naples à Paris : “La bonne de ma tante” et “Sauvons la caisse !”, avec Delphine Renard, soprano ; Gérard Lescure, ténor et metteur en scène ; Françoise Menghini, direction musicale et accompagnement au piano. Prochaines représentations : 21, 28 novembre et 5 décembre à 20h30 ; 22, 29 novembre et 6 décembre à 16h30
 

 

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