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Aldebaran passe sous pavillon japonais

économie de l'innovation

La pépite française Aldebaran dont la renommée en matière de robotique n’est plus à faire a été rachetée par le groupe nippon SoftBank. C’est la fin d’une belle histoire française commencée en 2005. Aldebaran qui s’était immédiatement installée au milieu des géants de la robotique en donnant naissance à son premier robot, le célèbre Nao. La société qui compte 450 salariés était jusque-là dirigée par le français Bruno Maisonnier. Son remplaçant, le japonais Fumihide Tomizawa, prendra ses fonctions le 4 mars.

L’histoire de ce rachat débute en 2010 au moment où l’Université de Tokyo commence à s’intéresser au robot Nao. Grande opération de communication pour la diplomatie française de l’époque qui se félicitait devant micro et caméras du triomphe et des performances de l'industrie technologique française à travers Aldebaran. Vous imaginez ? Vendre des robots à des japonais c’est comme vendre des frites à des belges. Cet exploit était accompli par une jeune startup hexagonale. Cocorico !

Il y a aujourd’hui moins de monde du côté des officiels français pour commenter le rachat de la quasi intégralité (95 %) de cette société française par le géant des télécoms Softbank. Personne non plus pour commenter le départ de Bruno Maisonnier, justifié dans un communiqué par son besoin de prendre du temps, de réfléchir, d’écrire des livres et de rencontrer des gens à travers le monde…

Faut-il se féliciter de ce rachat qui signe une réussite industrielle remarquable ou faut-il s’en attrister ? Du côté des acteurs de cette opération, on préfère refuser de commenter, prétextant qu’il s’agit d’affaires de sociétés privées. Pourtant des questions se posent : pourquoi Aldebaran n’a-t-elle pas trouvé de société française de la taille de Softabank souhaitant partager le rêve d’une industrie française de la robotique ? Aldebaran n’est qu’un exemple parmi les nombreux cas de startups françaises et notamment dans le domaine des nanotechnologies, pour s’offrir corps et âmes aux portefeuilles étrangers bien remplis, à défaut de trouver en France les soutiens financiers suffisants aux grandes ambitions.

Hasard du calendrier ou non, ce rachat intervient au moment même où Aldebaran lance sur le marché sa nouvelle génération de robots Pepper. Robot semi-androïde d'un mètre de haut monté sur roulettes, Pepper s'appuie sur l'intelligence artificielle déportée en réseau. Il est conçu pour être capable d'entretenir une conversation avec une personne en tenant compte des sentiments qu'elle exprime. Il communique aussi à distance avec ses pairs à travers un réseau d'échange de données pour que chacun enrichisse ses connaissances et réagisse de mieux en mieux vis-à-vis des humains. Un immense succès commercial en perspective.

Ugo Yaché, Journaliste UP' Magazine

 

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