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Prendre le tournant de la deep tech, une opportunité à saisir pour les grands groupes

innovation deeptech
Intelligence artificielle, impression 3D d’organes, WiFi par la lumière… une série d’innovations issues directement des laboratoires de recherche casse les codes établis dans des secteurs aussi variés que l'aéronautique, l'agriculture, la mobilité, l'énergie ou la santé. C’est ce qu’on appelle la deep tech. Elle s'apprête à bouleverser l'ensemble des secteurs économiques avec ses innovations de rupture.
Pour mieux comprendre les enjeux particuliers de cette vague, le Boston Consulting Group et Hello Tomorrow, une organisation internationale qui soutient les startups deeptech, publient une nouvelle étude intitulée "From Tech To Deep Tech – Fostering Collaboration between corporates and startups". En effet, ces startups issues directement de la recherche et gourmandes en capital, sont confrontées à des défis très spécifiques qui limitent leur développement. Pourtant leur potentiel de création de valeur est significatif. Pour relever ces défis, les grandes entreprises apparaissent comme des partenaires privilégiés. Les startups les plébiscitent à près de 97%, et les corporates ont besoin de ces startups pour se réinventer et accélérer le rythme de l'innovation… mais ce type de partenariat ne fonctionne que sous certaines conditions.
 
La deep tech se définit comme l'innovation de rupture fondée sur des avancées scientifiques difficiles à reproduire et qui repoussent les frontières technologiques. Elle contribue déjà à bouleverser le mode de conception et de production de nombreuses entreprises.
Les startups issues de la recherche sont un acteur central de cette révolution deep-tech. Elles concentrent des financements considérables et en forte hausse, comme dans les biotechnologies (7.9 md$ en 2016 contre 1.7 md$ en 2011) ou dans la réalité augmentée, la réalité virtuelle et les drones qui ont permis de lever plus de 3.5Md$ de capitaux en 2015 (vs ~0.1Md$ en 2011).
Pour mieux comprendre les attentes, les défis spécifiques et les conditions de succès de ces startups, le rapport est basé sur une enquête auprès de 400 startups du réseau Hello Tomorrow, majoritairement issues de la recherche et provenant de plus de 50 pays. 3 500 deep tech, recensées dans les secteurs de l'aéronautique et les transports mais aussi l'agriculture, l'énergie, la finance, la santé, la construction, les télécoms ou encore la distribution, s'appuient sur l'intelligence artificielle, les nanotechnologies, l'Internet des objets et la robotique, entre autres... Quelle différence avec les startups ? Ce sont généralement des chercheurs-entrepreneurs qui sont à la recherche de solutions, via les mathématiques appliquées, la physique ou la biologie, pour répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux des pays développés. 

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Des défis et des besoins spécifiques pour ces acteurs de l'innovation de demain

Ces startups ont des besoins en financement significatifs (du fait de leurs équipements et infrastructures scientifiques et technologiques), et une intensité capitalistique largement supérieure aux startups issues du monde digital. Mais le premier défi cité par les startups deeptech (~30%), ce sont les délais de mise sur le marché de leur innovation ; ceux-ci sont structurellement longs, sous-estimés par près de la moitié d'entre elles (40%) et plongent nombre de ces jeunes pousses dans des périodes d'incertitude sur les débouchés de leurs innovations.
 
Ces startups deep-tech sont soutenues par l'écosystème d'innovation (incubateurs, business angels, venture capital, institutions publiques, corporates).
"Leurs attentes vis-à-vis de cet écosystème d'innovation vont bien au-delà de l’enjeu du financement : elles souhaitent être accompagnées dans la définition des applications industrielles et commerciales de leurs innovations. Elles doivent parfois franchir des marches importantes pour passer de la conception technologique à la définition d'un marché, d'une clientèle cible et à la définition de produits basés sur leur technologie. Elles vont chercher un appui dans cette démarche auprès de partenaires." déclare Philippe Soussan, directeur associé au BCG.
 
En effet, parmi les besoins d'accompagnement les plus importants mis en avant par les startups deep-tech, 80% mettent en avant le financement, mais l'accès au marché est aussi une priorité pour 61% d'entre elles ; la mise à disposition d'une expertise technique (pour 39%) ou encore d'une expertise business et marketing (pour 26%) sont des enjeux de taille également.
Des principes de base pour une collaboration grands groupes / deep tech réussie si chacun des grands acteurs de l'écosystème d'innovation peut répondre à un de ces besoins fondamentaux, les entreprises matures sont les seules à pouvoir y répondre dans leur intégralité grâce à leurs expertises techniques, industrielles, et commerciales (infrastructures de tests, données clients, etc.) mais surtout grâce à un accès aux marchés. Elles sont des partenaires très attractifs.
Or, "si 97% des startups interrogées appellent de leurs voeux un partenariat de long terme avec des entreprises pour les accompagner dans leur développement, seules 57 % d'entre elles ont réussi" ajoute Philippe Soussan.
 
Ce décalage s'explique certes par une très grande prudence des startups à l'égard des entreprises éloignées structurellement et culturellement de leur réalité. Mais pas seulement. Ces partenariats corporates – startups deeptech ne sont plus l'apanage du secteur de la santé ou de l'informatique, ils touchent maintenant toutes les industries. D'ailleurs les grands corporates accélèrent l'usage des structures de type CVC ou d'incubateurs, comme l'a montré le BCG dans une étude récente sur le Corporate Venturing.
 
"Les grands groupes doivent revoir leur façon d'envisager les partenariats avec les startups deeptech s'ils veulent se placer au coeur de cette révolution technologique. Il n'existe pas de modèle clé en main pour garantir cette réussite mais quelques principes de base doivent être respectés pour mieux valoriser ce type de coopérations " précise Arnaud de la Tour, viceprésident d'Hello Tomorrow.
 
Les besoins des deeptechs comme les attentes des grandes entreprises sur cette collaboration varient. Le BCG et Hello Tomorrow ont analysé ces besoins et identifié des archétypes de startups deeptech, qui se différencient selon deux axes :
- le degré de maturité des technologies qu'elles développent et
- le degré de maturité du marché sur lequel ces startups souhaitent opérer.
 
Quatre groupes de startups ont été identifiés - les "potential quick wins", les "demand bets", les "development bets" et les "technology bets" ; ces quatre catégories permettent d’aider les grands groupes à ajuster leur dispositif et leurs objectifs sur ces collaborations.
Une fois que les objectifs de collaboration sont bien définis, la volonté de travailler ensemble peut se transformer en co-création de valeur sous différentes formes : partenariat (de codéveloppement pour une jeune pousse ou commercial pour une start-up plus mûre) ou investissement via un fond de venture interne ou externe.
 
"Pour les grands groupes, une réflexion sur la taille de leur portefeuille est essentielle. Il est important de multiplier les partenariats pour diversifier ses risques, construire sa visibilité dans l'écosystème et avoir accès à un éventail de technologies plus complet." conclut Xavier Duportet, Président d'Hello Tomorrow.
 
 

Hello Tomorrow lance pour la 4e année consécutive son Challenge international dédié aux startups de la deep tech. La compétition s'ouvre dès le 10 avril 2017 !