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Les passeurs de livres de Daraya

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Les passeurs de livres de Daraya - Une bibilothèque secrète en Syrie, de Delphine Minoui - Edition Seuil, Octobre 2017 - 160 P.
 
Il n'existe pas de prison qui puisse enfermer la parole liobre.  Il n'existe pas de blocus assez solide pour empêcher l'information de circuler."
Extrait du discours du dissident syrien Mazen Darwich, prononcé le 2" avril 2016 au World Press Photo, après sa libération des geôles syriennes.
 
De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d'explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Malgré la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d'exhumer des milliers d'ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.
 
Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd'hui d'étouffer. Ce récit, fruit d'une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.
Ce livre est un hommage à ce groupe de jeunes érudits qui s'accroche au savoir comme à un bouclier Une expérience inédite de démocratie dans un endroit plus qu'improbable : une bibliothèque souterraine au coeur du chaos.
 
"Un espace souterrain, à l'abri des radars et des obus, où se retrouveraient petits et grands lecteurs. La lecture comme refuge. Une page ouverte sur le monde lorsque toutes les ports sont cadenassées."
 
"Mais il veut parler des livres, sa nouvelle passion, pasq se lamenter sur sa santé. Lui, le survivant, ose coire en leur bienfait. S'ils ne peuvent soigner les plaies, ils ont le pouvoir d'apaiser les blessures de la tête. En fait, le simple acte" de lire lui est d'un immenwe réconfort. Une sensation découverte dès la création de la bibliothèque. Il aime flâner entre les pages. Feuilleter sans fin. Se perdre entre lers points et les virgules. Naviguer sur des territoirers inconnus. - Le livre ne domine pas. Il donne. Il ne castre pas. Il épanouit."
 
Delphine Minoui est grande reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient. Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis 20 ans. Après Téhéran, Beyrouth et Le Caire, elle vit aujourd'hui à Istanbul, où elle continue à suivre de près l'actualité syrienne. Elle est également l'auteur des Pintades à Téhéran (Jacob-Duvernet), de Moi, Nojoud, dix ans, divorcée (Michel Lafon), de Tripoliwood (Grasset) et de Je vous écris de Téhéran (Seuil).
 

 

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