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La part de la terre - L'agriculture comme art

"La part de la terre - L'agriculture comme art" de Louise Browaeys et Henri de Pazzis - Edition Delachaux et Niestlé - 224 Pages

Cet ouvrage est une invitation à poser un pied à terre.
La Part de la terre tente un portrait de cet art singulier qui lie la nature, l’homme, l’outil, l’histoire et l’hors-du-temps, qui conjugue les quatre éléments dans leur permanence. Dans son premier matin, l’homme s’est éveillé agriculteur ; dans sa fécondité, il reste suspendu au ressac de ce métier de naissance, à ses respirations et à ses blessures.

Certains d'entre vous connaissent ce grand sujet en profondeur ; d'autres en ont une perception plus lointaine. Il tient une part importante de notre imaginaire commun... En ces temps où l'artifice fascine, cette contemplation de l'ancrage humain est bon pour trouver justesse et énergie dans l'avenir.

« Le blé germe parce qu’il obéit à sa nature de blé, parce qu’il contient en puissance tous les blés à venir. La première poignée de grains jetée de main d’homme dessine une collaboration, elle n’assure pas la maîtrise. Que le blé se retire du monde, que reste-t-il du pain ? »
« L’homme-agriculteur ne se situe pas à la périphérie, il n’est pas le simple représentant d’une activité économique qui pourrait disparaître, le serviteur familier chargé de l’entretien des greniers. Il est au contraire l’avant-garde d’une humanité confrontée au choix de la conciliation et de la vitalité des noces. »

Par la voie d'une réflexion approfondie sur l'agriculture comme art, les auteurs abordent ce qui fait l'essence même de l'homme et la manière dont il se construit ou, au contraire, s'abîme, à travers les âges. Promenade méditative entre histoire, agronomie, société, philosophie et poésie, ce livre retrace l'histoire de l'humanité par ce qui la définit : l'agriculture - tantôt respectueuse de la nature, tantôt oublieuse de la nature au profit du rendement à tout prix.
Bref, une oscillation entre révélation de l'humanité et perte du sens. La réflexion aboutit à l'idée même de développement durable qui apparaît comme une erreur de perspective, car la question ne réside pas dans le développement durable mais bien plutôt dans le développement intégré, car l'homme est une part de la terre. Et nous unir à la terre aujourd'hui, c'est accepter de nouveau le désordre, la vie à l'oeuvre dans sa violence ; c'est consentir que la technique ne peut pas répondre à toute la complexité du vivant.

Une date à retenir :
- Celle d'une émission de France Culture : On ne parle pas la bouche pleine, par Alain Krüger, diffusée le dimanche 9 novembre à midi, puis rediffusée en podcast.

A propos des auteurs

Louise Browaeys a poursuivi des études d'agronomie à l'Institut national agronomique Paris-Grignon (devenu AgroParisTech) au cours desquelles elle s'est intéressée à l'agriculture biologique, aux cultures associées, à la toxicologie. Spécialisée en nutrition humaine, elle a travaillé chez Danone, puis à l'Interprofession des fruits et légumes. Aujourd'hui journaliste indépendante, elle contribue à différentes parutions dans les domaines de l'agriculture, du paysage et de l'alimentation. Sa pratique quotidienne du jardin potager lui est vitale.

Henri de Pazzis est le fondateur de ProNatura, premier réseau de maraîchers et arboriculteurs bio, aujourd'hui un des acteurs majeurs en Europe de la distribution de fruits et légumes biologiques. Son métier s'est nourri de la longue fréquentation du milieu paysan, des réalités agronomiques et climatiques variées. Partout il a vu la passion des hommes pour la terre et les dégâts des monocultures industrielles. Membre de diverses organisations professionnelles, il a participé aux discussions et aux évolutions de la réglementation européenne des produits biologiques.