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Politesse : Des petites incivilités ordinaires aux nouveaux barbares

La confiscation du privilège de la violence entre les mains de l’État a progressivement conduit à développer la société policée et la civilisation. Les règles de la civilité et de la politesse concourent non seulement au maintien de l’ordre dans une société, mais elles sont aussi l’expression de la nécessité des formes dans la vie sociale.

Tout comportement social et public est un comportement cérémoniel qui caractérise la société comme « un système d’accords de non-empiètements » (1). La vertu des ‘formes’ est donc de structurer et de mettre à distance ; expliciter des rituels de politesse par exemple, reconnus et acceptés, permet de réguler les comportements, gouverner les conduites, prévenir le désordre et la violence en imposant une distance entre les individus afin d’éviter la violence physique du corps à corps. Mettre des ‘formes’, poser des limites, est un moyen de pacifier les rapports sociaux. Ainsi, la peur –dont l’avatar socialisé est le ‘respect’–, établit les fondements des ‘formes’ sociétales. L’émotion est donc, dans ce cadre, le facteur déclenchant d’une forme de régulation sociale, fondamentale pour qu’une société perdure.

● A partir du moment où l’émotion ‘peur-respect’, qui joue le rôle de stimulus déclenchant, est dénaturée, c’est tout le système social qui est concerné. Aujourd’hui, le respect des règles de politesse comme des règles de droit est contesté par des pans entiers de la population, dès le plus jeune âge. Les enseignants s’en plaignent, et pas seulement dans les zones démographiques défavorisées. Les cités des grandes agglomérations urbaines s’enflamment périodiquement. Il n’est pas rare de voir des manifestations de foule se transformer en véritables émeutes.
Ce phénomène s’explique par des causes sociales, démographiques, économiques, culturelles, qui forment un tissu complexe aux mailles serrées. Mais on ne peut nier que ces « incivilités », –pour emprunter un terme au politiquement correct–, sont aussi directement liées à la dénaturation de l’émotion ‘peur’, par la surexcitation multimédiatique qui y est liée.

● La violence omniprésente sur les écrans petits et grands, dans l’information quotidienne, dans les jeux vidéo, dans la publicité, dans les lectures en vogue –certains mangas par exemple– contribue à désensibiliser le public, notamment jeune, à son égard. La banalisation de la violence, de l’horreur, du « corps à corps », celle, on l’a déjà observé, des faits divers souvent violents, bouleversent considérablement la nature de l’émotion ‘peur’ ainsi que son processus de métabolisation. L’abus de représentation de la violence a plusieurs conséquences : 1– il édulcore la force émotionnelle de la peur. 2– il établit une confusion entre le réel et le fictionnel (on croit que l’effondrement des Twin Towers est du cinéma, on se bat « pour jouer » …). 3– il ne permet plus la métabolisation de la peur en sentiment de respect ou de soumission (les jeunes des cités n’ont pas peur de la police, l’irrespect dans le milieu scolaire est généralisé,…). 4– il désarme toute tentative d’autorité qui n’a plus de point d’appui émotionnel (la détention du monopole de la violence implique une métabolisation sociale de la peur).

● Ce phénomène crée un climat extrême de trouble puisqu’il produit une incompréhension, parfois même une animosité violente entre ceux qui, dans la société, parviennent à réguler cette émotion et à la formaliser en pratiques sociales normalisées et ceux qui n’y parviennent pas, qui appréhendent différemment les règles de droit, de morale voire de politesse, et sont pris pour les nouveaux barbares, hors-la-loi de la société, ou mutants d’une société confusionnelle.

(1) Cf. : Erving GOFFMAN, Les rites d'interaction, Paris, Ed. Minuit, 1974

 



PAROLE DE RAPPEUR

La crise (Bonestyle Big Up)

Artiste: Rohff
Paroles: Thuggish Ruggish Bone
Album : Cauchemar du rap français



Intro:
"C'est le king, c'est le kiff de la banlieue sud, baise tout comme d'habitude.
Baise tout comme d'habitude, baise tout comme d'habitude, baise tout,
C'est le king, c'est le kiff, c'est le king c'est le kiff de la banlieue sud, baise tout comme d'habitude,
Appelle les keuf, représente les négros et bicos avec attitude,
Les racailles vont grandir devenir des youvois, cramés dans leur ture-voi,
Faits péter les watts, c'est le poto qui a le pur son, le pure flow, la pure voix,
Accros des péchés, la plupart de nos frères sont sans foi ni loi, 
Pas beaucoup de choix, sorti de prison en marche arrière sur la même voix, 
De retour dans le quartier, liquider des Heineken dans le café, 
Faire la bise et du biz on se refait, en tirant des taffes pas question de taffé,
Jusqu'a les keufs descendent dans la téci a cause des poukaves et des clicli,
Yégri par les tox, par la tass et les rappeurs qui viennent faire leur pe-cli,
Sarko ne peut pas nous arreter, on fait nos thunes d'hiver en eté,
Au nom des Générations Sacrifiées et de nos Regretté,
On pense, dépense, de la rage, de la haine même quand on ken-a
On a tous les même degain-a, au fond de nous mêmes-a,
On fait de la pein-a, a purger des pein-a,
On finit par s'habituer, dis moi avec qui tu train-a, j’te dirait par qui tu te feras tuer! Wouhhhhh!
Les jeunes s'en battent les couilles de tes conseils, t'encules un ami pour de l'oseille,
Tu veux de la coke, t'auras de la farine, pour le shit c'est du savon de Marseille,
Plus de respect, c'est l'anarchie, tant pis pour toi si tu te chies dessus,
Les petits prennent la confiance avec les grands, finissent par leur marcher dessus,
Contraint de leur tirer dessus, PAPAP!! pour prendre le dessus,
Enfermé dans la rue, pour sortir d'une embrouille on a que 2 issues,
Gâches pas ta vie pour pas un sou, qu'pour la famille sa vaut le coup?
Une époque de fou, en enfer on aura tous rendez vous... rendez vous...

Refrain :
C'est la crise, la hasssss, vazy barre ta carte grise ou on te brise,
en détresse dans l'oppression on perd la maitrise...
C'est la crise la hassssss, vazy barre ta carte grise ou on te brise,
en détresse dans l'oppression on perd la maitrise...
C'est la crise la hassssss, vazy barre ta carte grise ou on te brise,
en détresse dans l'oppression on perd la maitrise...
C'est la crise la hassssss, vazy barre ta carte grise ou on te brise,
en détresse dans l'oppression on perd la maitrise...
C'est la crise la hassssss, vazy barre ta carte grise ou on te brise,
en détresse dans l'oppression on perd la maitrise...
C'est la crise la hassssss, vazy barre ta carte grise ou on te brise,
en détresse dans l'oppression on perd la maitrise..."