UP' Magazine L'innovation pour défi

innovation

Et si l’innovation était un mythe ?

Pour son conseil de lecture au nouveau président de la République Emmanuel Macron, Brice Couturier, journaliste chroniqueur à France Culture, recommande aujourd'hui dans la newsletter de France Culture les ouvrages d'économistes qui mettent en gardent contre le tarissement de l'innovation et ses effets contrastés sur la croissance. UP' relaie ici ce message.
 
Monsieur le Président de la République, dans votre livre Révolution, vous écrivez : « Aujourd’hui, la France ne doit pas rater le virage de l’innovation et de la numérisation de son économie. » Et vous faites l’éloge du modèle entrepreneurial de la startup, « ferment, je vous cite, d’une transformation économique et d’un changement culturel. »
 
Or le monde intellectuel est aujourd’hui divisé entre techno-optimistes et techno-pessimistes. Un livre, paru l’an dernier, « Is US Economic Growth Over ? », a contribué au scepticisme des premiers. Il est l’œuvre d’un spécialiste américain de l’histoire économique, Robert J. Gordon. Celui-ci estime que les grandes innovations, qui ont stimulé l’économie mondiale entre 1870 et 1970 – électricité, automobile, avion, radio, télévision, ordinateur sont derrière nous. Nos économies auraient atteint, selon lui, un « plateau technologique ». C’est la raison pour laquelle la croissance est si molle, depuis plusieurs décennies, tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Gordon ne nie pas qu’il y ait encore, de nos jours, des innovations intéressantes. Mais il estime qu’elles auront dorénavant, sur la croissance économique un impact bien plus faible que celles qu’ont produit, dans le passé, le moteur à combustion interne ou l’électricité.

Productivité en berne

L’économiste turco-américain Dani Rodrik estime, de son côté, que l’innovation n’a plus dorénavant qu’un faible impact sur la productivité du travail. Parce que les secteurs d’activité touchés par la révolution numérique, en particulier, sont marginaux : la grande majorité de nos dépenses est consacrée à la santé, au logement, à l’éducation et aux transports – activités peu touchées par les grandes avancées technologiques, telles que l’intelligence artificielle, l’automatisation ou la numérisation. Certes, des secteurs comme les technologies de l’information et de la communication sont, eux, fortement impactés. Mais leur importance relative, au sein d’une économie moderne, est trop faible pour peser. En outre, selon Rodrik, le surplus de croissance créé par la numérisation et la robotique ne suffiront pas à compenser le basculement des travailleurs peu qualifiés, de l’industrie traditionnelle vers des services à la productivité faible et aux salaires moins intéressants.
 
Deux économistes suédois, Frederik Erixon et Björn Weigel, viennent de publier un livre intitulé L’illusion de l’innovation que je recommande particulièrement à votre lecture. Ils montrent comment et pourquoi l’innovation a eu tendance, ces derniers temps, à ralentir. Ce qu’il faut craindre, écrivent-ils, c’est moins d’être bousculés par le progrès technique, que de voir celui-ci étouffer. En cause, en premier lieu, les changements de nature du capitalisme. Loin d’être la force « révolutionnaire » de destruction créatrice que décrivait Schumpeter avant la guerre, il est devenu hostile au risque et timoré. Il ne se renouvelle pas. En Suède, sur les 50 plus grandes entreprises, 30 ont été fondées avant le début de la Première guerre mondiale et les 20 autres avant 1970…

"Capitalisme aux cheveux gris"

Pourquoi ? Parce que les capitaux sont désormais entre les mains de fonds de pension et de fonds souverains qui détestent par-dessus tout la prise de risque. Et pour cause, ils sont destinés à financer des retraites. Ce « capitalisme aux cheveux gris » veut des rendements sûrs et immédiats. Il ne favorise ni les investissements de long terme, ni la recherche et développement.
 
La mondialisation, dans un premier temps, a provoqué une concurrence favorable à l’innovation ; mais elle a conduit à un tel niveau de spécialisation des pays dans la chaîne de valeur qu’il est devenu très difficile et coûteux, aux nouveaux venus, de s’y faire une place.
 
Enfin, et là, vous y pouvez quelque chose, Monsieur le président, la manie régulatrice décourage les nouveaux entrants. Souvent, ces normes sont adoptées sur la pression des grosses entreprises auxquelles elles sont bien adaptées, afin d’empêcher la concurrence de jeunes pousses... Le principe de précaution est utilisé, dans bien des cas, comme un frein à l’innovation. Si nos ancêtres l’avaient connu, ils n’auraient jamais laissé construire des automobiles. Et encore moins des aéroplanes…
 
Brice Couturier, France Culture – 17 mai 2017
 
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économie startup

Aidons nos PME et nos ETI à grandir aussi bien que nous aidons nos startups à se lancer

La France est devenue la première destination européenne des capitaux risques. Plus de 2,7 milliards d’euros ont été investis dans les startups françaises ; un chiffre multiplié par six en cinq ans. Un résultat unique en Europe et spectaculaire, que nous devons aux entrepreneurs et aux politiques publiques de ces vingt dernières années. Mais parallèlement, la France peine toujours à créer des entreprises de plus de 250 salariés. Pourtant, les politiques ayant conduit aux succès dans la création d’entreprises pourraient être appliquées à la croissance des PMEs. L’enjeu est de taille. Le poids des ETIs n'a rien de symbolique.
 
Avec 590 tours de tables en 2016 (1), la France est devenue la première destination européenne des capitaux risques. Mais parallèlement, la France peine toujours à créer des entreprises de plus de 250 salariés (ETI) : 4 794, contre 12 600 en Allemagne, 10 500 au Royaume-Uni et 8 000 en Italie d’après l'organisation patronale Asmep-ETI. Les ETIs représenteraient pourtant 20 à 30% du PIB, un tiers de l'emploi industriel et auraient créées 80 000 emplois entre 2009 et 2013, quand les grands groupes en détruisaient 60 000 d’après l'organisation patronale Asmep-ETI.
 
En matière de création d’entreprises innovantes, les politiques publiques françaises récoltent les fruits de leur travail. Elles ont été volontaristes et efficaces : renforcement du dispositif du Crédit d’Impôt Recherche rendant la France hyper compétitive en matière de financement de la recherche (indispensable pour les entreprises innovantes), création du statut de Jeune Entreprise Innovante qui exonère une grosse partie des charges patronales sur les chercheurs les premières années, création de la Banque Publique d’Investissement pour accroitre l’accès et la lisibilité aux ex-agences ANVAR/Oséo et aides à l’export (COFACE).
 
Ces aides ont un réel impact financier dans les premières années fragiles de la vie d’une entreprise. Pour évaluer cet impact, je me suis intéressé aux flux financiers entre les administrations publiques et notre entreprise (innovante, en croissance, 40 salariés en France). Une entreprise paye des charges sociales, des taxes (handicap, formation…), collecte de la TVA et s’acquitte d’un impôt sur les sociétés quand elle est bénéficiaire. Elle contribue ainsi au financement du système de santé, d’assurance chômage, des retraites, de la formation continue… Logiquement, le flux financier entre une entreprise et les administrations publiques doit donc être largement en faveur des administrations publiques…
 
Dans le cas de notre entreprise, en cumulant toutes les aides citées plus haut, le flux financier était en faveur de l’entreprise les cinq premières années. Nous avons même un solde de 5 000 euros sur cinq ans. En d’autres termes, cela reviendrait à dire que pendant cinq ans, nous n’avons payé aucune cotisation, contribué à aucune charge publique et que nous avons même reçu un chèque de 5 000 euros. Une politique très favorable donc pour la startup que nous étions.

Un retour rapide (trop rapide) à la normalité

Mais dans notre cas, le retour à une contribution « normale » a été difficile à gérer car beaucoup trop rapide. J’ai poursuivi l’analyse des flux financiers entre les administrations publiques et notre entreprise sur les dix années suivantes. Au total, nous avons reversé 10 millions d’euros aux administrations publiques. Surtout, entre 2007 et 2009, alors que nous connaissions une forte croissance, nos charges augmentèrent deux fois plus vite que notre masse salariale. Sur cette période, nous sommes sortis du statut de Jeune Entreprise Innovante et avons passé le seuil des vingt salariés à partir duquel beaucoup de taux de charges sont revus à la hausse. Ces effets de seuil ont fragilisé le difficile financement de notre croissance. Une augmentation de capital, puis une acquisition nous permettront de passer ce cap. A noter que ces effets de seuil auraient pu être encore plus importants si nous avions atteint les 50 salariés (Comité d’entreprises, taxes supplémentaires…).
 
Il y a un contraste très important entre la phase de « startup » et celle de « jeune PME ». Pourtant entre 20 et 100 salariés, nos entreprises innovantes sont souvent en pleine croissance et financièrement fragiles. Une augmentation plus progressive des charges pour tendre vers le niveau des entreprises « établies » permettrait aux entreprises innovantes d’atteindre plus vite et surtout plus souvent des tailles importantes et très créatrices d’emplois. Cela permettrait de combler le retard français en nombre d’Entreprises de Taille Intermédiaires (ETI).
 
S’il faut bien évidemment se réjouir du nouveau statut français de champion européen de la création d’entreprises innovantes et saluer les politiques publiques des vingt dernières années, il ne faut pas oublier d’aller plus loin. Appliquons à la croissance des PMEs, le même volontarisme politique que celui appliqué à la création d’entreprises innovantes et je suis convaincu que nous pourrons combler notre retard en matière d’ETI et créer un boom économique dans notre pays.
 
Gilles Toulemonde, PDG et co-fondateur d’Inova Software
 
(1) source : DealRoom
 
A propos de Inova Software 
Fondé en 2001, Inova Software propose un logiciel CRM en mode SaaS dédié aux laboratoires pharmaceutiques et aux sociétés biotechs. Editeur majeur de ce marché au niveau mondial, Inova Software compte parmi ses références Astra Zeneca, Boehringer Ingelheim, Bayer, Merck, Pierre Fabre, Roche, Sanofi ou encore Takeda. Basée à Lyon, New-York et Tokyo, la société a réalisé 4,6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016 dont 80% à l’international et compte 50 collaborateurs.
 
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consommation durable

Produire et consommer durablement

L'objectif de développement durable engage les Etats à adopter des politiques de production et de consommation compatible avec le développement durable. Comment penser cet impératif ? Comment aborder la consommation et la production durables vingt ans après Rio ? Est-on effectivement passé de la gestion de la rareté à l’intégration des cycles de production et de consommation ? Quelles politiques mettre en œuvre ? La revue « Regards sur la Terre » (IDDRI), référence en matière de développement durable, publie un dossier thématique de Lucien Chabason (Iddri) et Stéphanie Leyronas (AFD). Explications.
 
Le Sommet de la Terre sur l'environnement et le développement tenu à Rio en 1992 a ouvert la recherche collective de la durabilité, notamment en préconisant l'élimination des modes de production et de consommation non durables. La problématique posée, les solutions envisagées se sont très vite concentrées sur des innovations techniques capables de limiter l’empreinte environnementale de nos modes de production. Cette question est déjà éminemment complexe : ce qui peut apparaître comme une politique efficace dans un domaine peut avoir des répercussions néfastes dans un autre.
 
L’année 2015 a été marquée par deux événements majeurs qui traduisent le souci grandissant de la communauté internationale de concilier nos modes de consommation et les enjeux environnementaux et sociaux auxquels nous devons faire face. Il s’agit d’abord des 17 objectifs de développement durable (ODD), adoptés par les Nations unies, et en particulier l’objectif 12 qui reconnaît le rôle essentiel et transversal de la consommation et de la production dans le développement durable.
Il s’agit ensuite de la Conférence de Paris sur le climat où a été adopté à l’unanimité un accord qui fixe pour objectif de limiter le réchauffement climatique à moins de 2 °C, en visant la barre des 1,5 °C. L’accord doit être validé par les parlements des États parties et entrera en vigueur en 2020 : il appelle à une réorientation de l’économie mondiale et à une transformation profonde des modes de production et de consommation qui ont été développés au XXe siècle sur la base de l’exploitation des énergies fossiles.
 
La question n’est pas nouvelle : le Sommet de la Terre sur l’environnement et le développement, tenu à Rio en 1992, annonçait déjà l’espoir d’une économie soutenable. Il préconisait d’éliminer les modes de production et de consommation non durables au profit de ceux profitables à tous et dont la diffusion devait être encouragée. La déclaration de 27 principes et les 2 500 recommandations de l’Agenda 21 adoptés à cette occasion restent des références communes à tous les pays signataires engagés dans la construction d’un avenir durable.
 
Lors de la Conférence Rio+20 en 2012, les Nations unies ont réitéré leur soutien à cet agenda avec un programme d’actions (10 YFP) sur la production et la consommation durables, adopté à l’article 226 du texte final, « L’avenir que nous voulons ». Confié au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), ce programme reposait sur cinq composantes : éducation et styles de vie, construction et immeubles, tourisme, information du consommateur et achats publics. Les pays étaient invités à mettre en place des structures participatives adéquates et à se doter de stratégies d’intervention. Mais que signifient finalement les termes « production durable » et « consommation durable » ?
 
D’un point de vue environnemental, il s’agit de tendre vers une utilisation de produits et services qui répondent aux besoins de base et apportent une meilleure qualité de vie, tout en minimisant l’utilisation de ressources naturelles et de substances toxiques ainsi que l’émission de déchets et de polluants pendant le cycle de vie des produits et services. La production et la consommation durables doivent permettre de ne pas compromettre la satisfaction des besoins des générations futures.
L’objectif est bien de limiter les impacts et perturbations sur les principaux cycles naturels (eau, carbone, azote, phosphore) de l’ensemble des activités socio-économiques (procédés de production tout au long du cycle de vie ; régimes alimentaires ; modes d’habitat et de transport ; pertes et gaspillages ; etc.). Cette question est déjà éminemment complexe : ce qui peut apparaître comme une politique efficace dans un domaine peut avoir des répercussions néfastes dans un autre. Par exemple, élargir l’offre de biocarburants pour substituer des énergies renouvelables à des énergies fossiles peut aussi contribuer à faire peser des pressions sur la terre ou l’eau (RST 2010, Repère 4). Des pays visant leur sécurité alimentaire ou énergétique ont aussi acquis des terres à l’étranger, au détriment de l’accès au foncier des communautés locales. Un raisonnement qui se limiterait à une optimisation de l’efficacité des usages, en intra et en inter-usages, ne serait pas satisfaisant : la réduction nette de l’impact de nos modes de vie sur les ressources est devenue une nécessité.
 
 
Pour aller plus loin :
-          Lire l'interview de Christophe Bonneuil, Historien au Cnrs : Anthropocène : les implications humaines et politiques d’une nouvelle époque géologique
-    Lire l’entretien avec Homi Kharas, Brookings avec Bertrand Charrier (AFD), Lucas Chancel (Iddri) et Isabelle Biagiotti (AIDA, Regards sur la terre) : Émergence d'une classe moyenne mondiale et d'une économie à faible émission de carbone      
 

 
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économie

Quand les start-ups cherchent à surfer sur la vague de l’international

Selon l’Insee, la France a vu naître 10 000 start-ups au cours des cinq dernières années. Parmi tous les futurs champions de l’économie numérique, 43% réalisent déjà leur chiffre d’affaires à l’international. « L’international » qui, comme l’innovation et l’agilité, est le fil conducteur de nombre d’entre elles.
 
Si elles ambitionnent de devenir leader sur d’autres marchés qu’en France, c’est parce qu’elles n’ont pas d’autre choix que d’être autant offensives que défensives dans leur stratégie de développement. Sans cette volonté de conquête, elles prennent en effet le risque qu’un autre acteur de leur secteur se positionne avec une promesse et une aura internationale lui permettant de prendre leur place sur leur marché d’origine. En partant à l’assaut de l’Europe, voire du monde, une start-up prend quatre risques majeurs qu’elle se doit d’anticiper pour les surmonter avec succès :
 
Le premier est de négliger son marché d’origine. L’erreur à ne pas commettre est de croire que ce marché, qui lui permet de financer cette expansion, est acquis ;
 
Le second est le risque de se lancer trop tôt. Il faut en effet se lancer quand on a trouvé une stabilité, un modèle économique dans son pays d’origine et que l’entreprise est déjà rentable. Et pour être rapidement rentable, en France, il faut avoir testé son produit ou son service très tôt même si ceux-ci ne sont pas encore complètement prêts.
 
Arrive ensuite le risque, majeur, de se disperser. Pour savoir quels sont les marchés vers lesquels se tourner en priorité ou « choisir la bonne table de jeu », deux éléments sont à considérer : la taille du marché et sa dynamique. Il s’agit de savoir si le marché est en croissance et quelle est la situation concurrentielle afin de trouver ce que l’on appelle un « océan bleu » : un marché existant, avec une demande et des besoins mais sans trop d’acteurs pouvant y répondre.
 
Concernant son développement, une start-up peut faire le choix de se lancer sur plusieurs marchés en même temps et ainsi de nager en crawl, très vite, dans cet océan bleu. L’intérêt de cette stratégie c’est d’occuper l’espace le plus vite possible et ne pas prendre le risque d’être copié. Le fait d’attaquer plusieurs marchés en parallèle permet également d’asseoir encore un peu plus sa crédibilité internationale. En effet avoir des clients dans plusieurs pays peut s’avérer très convaincant pour un client. Cela permet également de toucher des budgets plus conséquents pour des sociétés internationales qui recherchent des partenaires capables de toucher toute une zone comme la zone EMEA par exemple.
Quand on entre dans une course contre la montre avec des concurrents, miser sur une stratégie de croissance externe peut s’avérer payante. Acquérir des acteurs locaux fait gagner du temps lorsqu’on évolue dans un secteur où il n’y a de la place que pour un. « Winner takes all ». L’avantage de cette stratégie, comme BlaBlaCar l’a démontré, c’est qu’elle peut créer l’effet trou noir : ce n’est plus l’entreprise qui cherche à acquérir mais les autres qui cherchent à la rejoindre.
 
A l’inverse, il y a la possibilité d’avancer dans l’internationalisation pays par pays, à la brasse, plus sereinement mais moins vite, tout en sachant que l’on peut plus facilement se faire doubler. Si on prend le temps d’installer son entreprise et son expertise en Allemagne, par exemple, rien n’indique que pendant ce temps-là, en Angleterre, un autre acteur ne sera pas en train de faire la même chose. Y a-t-il alors une bonne stratégie, LA méthode ultime pour étendre son activité à l’international ? Il n’y a pas de modèle unique. Ceci dit, cela dépend surtout de l’investissement nécessaire. S’il n’y a pas d’investissement trop lourd, en matière d’infrastructures notamment, alors les start-ups peuvent surement s’attaquer à plusieurs pays en même temps.
 
Enfin, dans sa course au leadership européen ou international, on prend le risque de perdre sa culture d’entreprise. L’idéal, pour lancer un marché, est d’avoir deux à trois personnes sur place. Loin de l’entreprise et des fondateurs, elles peuvent se sentir indépendantes de l’organisation et hermétiques aux valeurs de l’entreprise.
 
L’une des solutions à cela est peut-être l’immersion. L’idée est de recruter des profils étrangers, natifs du pays vers lequel l’entreprise souhaite étendre son activité, mais de les former en France pendant plusieurs mois pour qu’elles ne se sentent pas isolées. Plus les collaborateurs étrangers s’imprègnent de la culture de l’entreprise et des valeurs de la mission, plus elles sont faciles à manager. Dans un second temps, quand l’entreprise commence à faire un chiffre d’affaires sur son nouveau marché et signe un nombre significatif de contrats, l’ouverture d’un bureau permet de structurer et de valoriser les équipes sur place.
 
De tous les conseils reçus ou des observations menées, les conditions sine qua none de la réussite de sa conquête internationale sont probablement la faculté à s’adapter aux codes des autres marchés, d’où l’importance de recruter des locaux. Il sera difficile de séduire un prospect allemand sans lui amener des preuves en chiffres, par exemple.
 Il apparaît enfin essentiel que les dirigeants fondateurs s’impliquent dès le début dans l’aventure internationale. C’est pourquoi ils doivent prendre le temps d’endosser de nouveau les rôles de commerciaux et de managers. Si cela donne l’impression que l’on recommence l’histoire du début, en réalité on lui ajoute juste un, voire plusieurs nouveaux chapitres. Et leur récit, s’il a déjà captivé de nombreux publics, doit très logiquement être introduit par le ou les mêmes narrateurs pour maintenir l’attention et lui assurer le même succès.
 
Adrien Ledoux, CEO et co-fondateur de JobTeaser.com
 
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