ECONOMIE

Une startup crée la première crypto-monnaie pour paiements sur mobile

Telcion
Telcoin, une start-up basée au Japon, s’apprête à lancer la première crypto-monnaie mobile, c’est-à-dire la première crypto-monnaie distribuée par les opérateurs mobiles et acceptée partout. Son objectif : toucher le marché des deux milliards de personnes non bancarisées dans le monde. En ligne de mire, la création d’une nouvelle monnaie en mesure de concurrencer sérieusement les devises traditionnelles et les réseaux bancaires habituels.
 
« Tout le monde parle des crypto-monnaies, mais qui les utilise vraiment ? Notre ambition est de changer cela. Nous sommes partis d’un constat simple : il y a dans le monde 5 milliards de téléphones portables en usage contre seulement 1,2 milliards de comptes en banque actifs et rattachés à des moyens de paiement. En d’autres termes, aujourd’hui, on utilise son téléphone, pas sa banque ! Et d’ailleurs, le mobile se transforme progressivement en porte-monnaie digital. Mais nous voulons aller encore plus loin car il y a un véritable besoin, en particulier dans les pays en développement. C’est pourquoi nous créons la première crypto-monnaie mobile », déclarent Claude Eguienta et Paul Neuner, cofondateurs de Telcoin.
 
La crypto-monaie Telcoin est basée sur la blockchain Ethereum. Elle sera distribuée par les opérateurs télécoms afin d’être disponible pour des milliards d'utilisateurs dans le monde sans enregistrement supplémentaire, en utilisant uniquement leurs téléphones portables. Telcoin fournira ainsi à tous, et partout, une solution de paiement mobile ultra-sécurisée et facile d’utilisation, avec ou sans compte bancaire. Telcoin prétend d’ores et déjà avoir convaincu plusieurs opérateurs majeurs en Asie, Afrique et Europe, représentant plus de 350 millions d’utilisateurs potentiels à travers le monde.
 

Une nouvelle approche des crypto-monnaies pour une diffusion large et rapide

 
Telcoin bénéficie d’un positionnement unique, à la frontière des télécoms et des crypto- monnaies. Telcoin sera fourni gratuitement aux réseaux mobiles partenaires, en échange de sa distribution à leurs abonnés. Cette mise à disposition simple et rapide doit faire de Telcoin la première crypto-monnaie utilisée par tous au quotidien. En s’appuyant ainsi sur les opérateurs de téléphonie mobile, Telcoin permet de renforcer la confiance entre les acteurs de la chaine de paiement, atteindre rapidement la masse critique d’utilisateurs, et répondre aux enjeux de conformité notamment en matière de connaissance client. Autant d’atouts qui permettent de lever les principaux obstacles à une utilisation large des crypto-monnaies.
 
Une première application a été adressée par la startup, celle des transferts d’argent internationaux. Le marché des transferts d’argent est évalué à USD 500 milliards tandis que seulement 1% des transactions se font par des appareils mobiles. C’est un marché qui s’ouvre naturellement pour Telcoin qui entend simplifier ce type de transactions pour un coût plus attractif. Dans un second temps, la startup entend s’attaquer à la totalité du marché du paiement mobile.
 
La société possède des bases solides. Elle est dirigée par deux co-fondateurs complémentaires et expérimentés. Paul Neuner, Président, dispose de plus de 20 ans d’expérience en tant qu’entrepreneur dans le domaine des télécoms. Il a fondé Mobius, une solution leader dans la gestion des fraudes télécoms. Claude Eguienta, CEO, a travaillé pendant près de 10 ans pour des startups et des grandes   entreprises   technologiques, après   avoir obtenu une maîtrise en informatique, axée sur les
systèmes distribués. 
 
Pour sa prochaine levée de fonds, Telcoin aura recours naturellement à une ICO (Initial Coin Offering).

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Cette ICO permettra aux souscripteurs d’acheter des telcoins avec décote et ainsi participer à la création d’une nouvelle crypto-monnaie, avant que celle-ci ne soit distribuée par les opérateurs mobiles. Prévue le 11 décembre, l’ICO est actuellement en phase de pré-marketing et a déjà permis de réunir plus de 11 millions de dollars.
 

Inquiétude dans les milieux de la finance traditionnelle

 
Cette startup avance sur un terrain qui inquiète les plus grands acteurs de la finance mondiale traditionnelle. Tout le monde s’interroge sur la flambée du cours du bitcoin qui vient d’allègrement dépasser les 10 000 $ et nombreux sont ceux qui crient à la bulle spéculative.

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Randal Quarles, le gouverneur de la banque centrale américaine, la Fed, craint que les crypto-devises comme le Bitcoin ne posent une menace pour la stabilité financière lorsqu'elles seront davantage utilisées. Il a rappelé qu'en période de tensions financières, la demande de liquidités de la part des acteurs financiers augmentait fortement et que le comportement des devises numériques dans de telles circonstances était encore une inconnue. « La devise, soit l'actif qui sert de base à ces systèmes (monétaires), n'est pas garantie par d'autres actifs sûrs, n'a pas de valeur intrinsèque, n'est pas émise par une institution bancaire régulée et, dans le cas d'espèce, n'est la responsabilité d'aucune institution financière », a souligné M. Quarles dans un discours à Washington rapporté par l’AFP.
 
« Si ces devises numériques ne posent pas de menace majeure à leurs niveaux actuels, des problèmes plus généraux de stabilité financière pourraient se poser si leur utilisation se généralise", a-t-il ajouté. Si ces devises ne pouvaient pas être échangées contre du dollar ou une autre monnaie de référence à un taux stable lors d'une période de crise, « cela poserait de gros défis au système », a estimé M. Quarles.
 
Malgré ces avertissements, plusieurs places boursières envisagent de créer prochainement des plateformes d'échanges d'instruments financiers à terme (produits dérivés) basés sur le Bitcoin. Selon le Wall Street Journal, la dernière à l'envisager est la Bourse électronique américaine Nasdaq. Mais sa présidente, Adena Friedman, a indiqué jeudi à la chaîne de télévision financière CNBC qu'aucune décision définitive allant dans ce sens n'avait encore été prise. « Nous n'avons encore rien annoncé », a-t-elle rappelé. « Je dirai seulement que nous avons un dialogue actif avec de nombreux clients et des partenaires sur ce qu'il sera possible de faire dans la durée », a-t-elle indiqué.
 
En France, l'Autorité des marchés financiers (AMF) et l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur des établissements financiers, ont appelé début décembre 2017 les épargnants français à faire preuve de « la plus grande vigilance » avant d'investir dans le bitcoin, au moment où la valeur de cette monnaie virtuelle flambe. En cause, sa volatilité... mais également les risques de cybersécurité que la gestion d'un portefeuille de ce type comporte.
 
Face à ces inquiétudes et mises en garde, il n’en demeure pas moins que les crypto-monnaies et leurs services attachés comme Telcoin ont le vent en poupe. Jusqu’où ?
 

 

 

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