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Dans ECONOMIE

Nouvelle commission à horizon 2030 pour l'innovation en France

Anne Lauvergeon, ancienne présidente d'Areva, s'est vue confier la présidence de la commission « Innovation 2030 » par Jean-Marc Ayrault, lors d'un déplacement à Tours sur l'innovation dans la cadre de la mise en œuvre des mesures du pacte de compétitivité. Cette commission sera chargée d'identifier les secteurs et technologies où la France pourrait devenir leader à l'horizon 2030.

Prochainement installée par Arnaud Montebourg, en présence de Fleur Pellerin, cette commission "Innovation 2030" sera composée d'industriels, de scientifiques et de représentants de la société civile.
Sa mission sera de proposer au gouvernement d'ici à l'été les secteurs et les technologies où la France est susceptible d'occuper des positions de leader à l'horizon 2030, en privilégiant les activités qui répondront aux besoins de la société de demain et créeront la plus grande valeur et le plus d'emplois sur le territoire.

Crédits photo ©Alain Jocard/AFP

Voilà pour le communiqué officiel du gouvernement. Une commission donc pour doper les technologies et acteurs des secteurs qui dominent, de la start-up au grand groupe.  

En effet, le gouvernement lancera un concours d'innovation pour chaque défi industriel qu'il aura ainsi sélectionné, ouvert à toutes les entreprises, start-up, ETI, grands groupes, et entreprises étrangères qui veulent se développer en France. Il consacrera 150M€ issus du programme Investissements d'avenir et gérés par la Banque publique d'investissement pour stimuler la créativité de nos entreprises et mobiliser des financements privés importants.

Les projets les plus prometteurs seront accompagnés dans la durée jusqu'à leur industrialisation et l'ensemble des instruments publics seront mobilisés et mis en cohérence pour accélérer leur développement et faire émerger les champions de demain.

Dans un récent entretien aux Echos, Fleur Pellerin, ministre déléguée à l'Economie numérique, explique que l'action du gouvernement vise à redéployer les Investissements d'avenir vers « des secteurs prioritaires, comme le Cloud, la sécurité informatique, le Big Data ou les objets connectés. Le Big Data  va servir à améliorer notre compétitivité partout, dans l'administration ou encore dans la consommation d'énergie. L'effet de levier de l'innovation sur la société est immense ».
Vendredi dernier, le gouvernement a dévoilé un investissement de quelques 11,5 millions d'euros pour soutenir sept projets Big Data, toujours dans le cadre des Investissements d'avenir. Rappelons que le gouvernement semble déterminé à aller plus loin dans ce domaine, avec la création d'une véritable filière Big Data dans le cadre du futur quartier numérique de la capitale.

Dans la lignée du rapport Gallois, le gouvernement vient également de recevoir un rapport, écrit par Jean-Luc Beylat, président d'Alcatel-Lucent Bell Labs France et président du pôle de compétitivité Systematic Paris-Région, et Pierre Tambourin, directeur de recherche à l'Inserm et directeur général de Genopole à Evry, préconisant un travail de fond sur la culture de l'innovation en France à travers 19 recommandations précises.

Alors cette nouvelle commission est-elle une couche supplémentaire au millefeuille technocratique gouvernemental ou une nouvelle dynamique pour la croissance ?

Jean-Marc Ayrault précise bien que cette Commission est là pour "réfléchir à la manière dont la France doit se préparer, sur les plans technologique et industriel, à répondre aux nouveaux besoins qui naîtront, dans les vingt prochaines années, des évolutions de nos modes de vie et de consommation, mais aussi des impératifs écologiques". Il juge également qu'il est «urgent de redresser la barre, en dotant notre pays d'une politique d'innovation plus ambitieuse et plus cohérente». La France «stagne» en effet à la 11e place en Europe et à la 16e place mondiale. 

Il souhaite  «mettre en place un programme expérimental d'innovation dite "de rupture", celle qui ouvre des possibilités radicalement nouvelles et transforme notre rapport à la technique, afin de stimuler la créativité des entreprises dans quelques secteurs stratégiques».

La commission « Innovation 2030 », qui comptera une douzaine de membres, devrait être opérationnelle dans une quinzaine de jours », a confié à Reuters Anne Lauvergeon, qui a assuré « ne pas avoir hésité » avant d'accepter cette nouvelle fonction.

Elle aura aussi pour vocation d'alimenter la réflexion du Commissariat général à la stratégie et à la prospective, qui sera installée prochainement par le Premier ministre.

La nouvelle présidente de la commission « Innovation 2030 » est actuellement administratrice chez Vodafone, American Express et Total. Depuis peu, Anne Lauvergeon siège aussi au conseil d'administration d'EADS. Elle est également présidente du conseil de surveillance du journal Libération.
A la tête de si grands groupes, saura-t-elle aussi entendre les attentes des milliers de plus petites entreprises qui attendent des aides financières et administratives plus accessibles, moins éparpillées ? Et quid de la formation aux nouveaux métiers ? Sommes-nous sur une vision d'ensemble globale, une vraie feuille de route en réponses aux mesures prévues dans le Pacte de compétitivité, de croissance et d'emploi et surtout aux attentes des nombreuses entreprises innovantes ?  L'avenir seul nous le dira...