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Dans ECONOMIE

Numérique pour tous : Fleur Pellerin veut généraliser les "fablabs"

Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique a organisé, mardi 25 juin à Bercy, en collaboration avec l'association OuiShare, son premier "Bercy Jam", un atelier de travail sur l'économie numérique collaborative.

Cet événement a réuni plus de 100 chefs d'entreprises du secteur, représentants d'associations, et membres des différents services du ministère. Les participants se sont félicités de l'essor de l'économie numérique collaborative qui rejoint les objectifs de l'Etat en matière d'intérêt général. A cet effet, ils ont réfléchi ensemble aux leviers que l'Etat pourrait activer pour renforcer et soutenir ce secteur, à travers des évolutions réglementaires par exemple.

Fleur Pellerin s'est réjouie d'expérimenter "un nouveau format de travail révolutionnaire mobilisant à la fois les services de l'Etat et l'écosystème. Il bouge les lignes et permet de construire des politiques publiques innovantes et participatives."

Après 2 h 30 d'échanges et de réflexion, les participants réunis en six groupes de travail ont présenté leurs propositions à la ministre qui a salué un événement à "la rencontre de l'esprit d'entreprendre et de l'intelligence collective, à l'image même du secteur de l'économie collaborative".

Pour la ministre, ce secteur "rejoint les missions d'intérêt général de l'Etat. Il est au cœur de notre ambition numérique porteurs de nos valeurs."

A cette occasion, Fleur Pellerin a annoncé le lancement d'un nouvel appel à projets pour le soutien au développement de dix fablabs (ateliers de fabrication numérique) d'ici fin 2013. "Nous voulons polliniser le territoire avec des fablabs, afin que chacun puisse prendre le train de la modernité. Le futur c'est maintenant, et la révolution numérique doit être pour tous."

Cette action s'insère dans le programme de diffusion du numérique sur tout le territoire, notamment via les Espaces publics numériques (EPN), prévus par la feuille de route du Gouvernement sur le numérique de février dernier.

L'appel à projets permettra de subventionner une part importante des dépenses d'investissements nécessaires pour la mise en place ou l'amélioration de fablabs partout en France. Il sera clôturé le 13 septembre, et la sélection des projets soutenus aura lieu mi-octobre.

A propos de l'économie numérique collaborative

L'économie numérique collaborative consiste à mettre en rapport des particuliers pour différents types de services: solution de co-voiturage, location de logements, dîner chez l'habitant, troc/échange, achats alimentaires groupés, mutualisation de machines dans l'industrie, etc.

Elle peut également s'étendre à du partage de places de parking (des entreprises le soir et le week-end, de particuliers dans la journée), à favoriser la mobilité de personnes défavorisées (un chômeur pour trouver un emploi), à encourager la réutilisation des ressources. Et, indirectement, à préserver l'environnement, à tisser un maillage communautaire, ont constaté les participants à la dizaine d'ateliers organisés.

Souvent accusé de concurrencer les acteurs traditionnels, notamment de l'hôtellerie-restauration, le secteur collaboratif sur internet a mis en avant les avantages en termes de pouvoir d'achat à la fois pour le loueur et pour l'utilisateur, la convivialité, la qualité des produits et la consommation locale.

On appelle aussi "consommation collaborative" cet ensemble de nouvelles formes de partage, d'échange et de location entre particuliers. Depuis quelques années, les sites qui proposent ce genre de service sont de plus en plus nombreux... tant et si bien qu'une économie de nouvelle génération entre particuliers semble se créer. D'après une étude de l'Obosco (2012), 83% des Français pensent "qu'aujourd'hui l'important c'est de pouvoir utiliser un produit plus que de le posséder".

Ainsi, il est possible de louer son appartement à des touristes pendant l'été grâce au site Airbnb, ou bien de rentabiliser son trajet en prenant des covoitureurs sur Blablacar. Un système gagnant-gagnant qui séduit de plus en plus de Français, tant du côté locataire que propriétaire.

Cette croissance se ressent aussi chez Drivy : depuis 2012, le nombre de locations a été multiplié par 7. La communauté compte plus de 115 000 membres, elle a triplé en à peine un an. A Paris et à Lyon il y a plus de voitures Drivy que d'Autolib' - les deux services étant parfaitement complémentaires.