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neurosciences

Face aux neurotechnologies, de nouveaux droits de l’homme s’avèrent nécessaires

Le droit à la liberté cognitive, le droit à la vie privée mentale, le droit à l’intégrité mentale et le droit à la continuité psychologique sont les quatre nouvelles lois proposées par des chercheurs pour se protéger d’un futur qui sera dominé par les neurosciences.
 
De nouveaux droits de l’homme pour se préparer aux progrès de la neurotechnologie qui mettent en danger la liberté de l’esprit ont été proposés dans la revue Life Sciences, Society and Policy. Les auteurs de l’article suggèrent que quatre nouvelles lois pourraient apparaître dans un proche avenir :  le droit à la liberté cognitive, le droit à la vie privée mentale, le droit à l’intégrité mentale et le droit à la continuité psychologique.
 
Marcello Lenca, auteur principal et doctorant à l’Institut d’éthique biomédicale de l’Université de Bâle, précise : « L’esprit est considéré comme le dernier refuge de la liberté personnelle et de l’autodétermination, mais des progrès dans l’ingénierie neurale, l’imagerie cérébrale et la neurotechnologie mettent en danger la liberté de l’esprit. Nos propositions de loi permettraient aux gens de refuser la neurotechnologie coercitive et invasive, de protéger la vie privée des données recueillies par la neurotechnique et de protéger les aspects physiques et psychologiques de l’esprit contre les dommages provoqués par l’utilisation abusive de la neurotechnologie ».
 
Les progrès de la neurotechnologie tels que l’imagerie cérébrale et le développement des interfaces cerveau-ordinateur ont provoqué un éloignement de ces technologies du monde médical pour se rapprocher de plus en plus du domaine de la consommation et du marketing. Bien que ces progrès soient bénéfiques pour les individus et la société, il y a un risque que la technologie puisse être mal utilisée et créer des menaces sans précédent pour la liberté personnelle.
 
Le professeur Roberto Andorno, co-auteur de la recherche, explique : « Par exemple, la technologie de l’imagerie cérébrale a déjà atteint un point où il y a une discussion sur sa légitimité dans un tribunal pénal comme un outil d’évaluation de la responsabilité pénale ou même du risque de récidive. »
 
Déjà, en 2014, le président Obama s’en était inquiété et avait attiré l'attention sur l'impact potentiel des neurosciences sur les droits de l'homme, soulignant la nécessité d'aborder des questions telles que celles : « concernant la vie privée, la responsabilité morale des actions ; celles sur la stigmatisation et la discrimination basées sur des mesures neurologiques de l'intelligence ou d'autres traits ; et des questions sur l'utilisation appropriée des neurosciences dans le système de justice pénale ».

La révolution neurotechnique

Pendant longtemps, les limites du crâne ont généralement été considérées comme la ligne de séparation entre la dimension observable et non observable de l'être humain vivant. En effet, bien que les formes primitives de neurochirurgie utilisées dans les sociétés anciennes ont pu permettre l'observation et même la manipulation du tissu cérébral, les processus neuronaux et mentaux, les émotions sous-jacentes, le raisonnement et le comportement sont restés intouchables. Toutefois, les progrès modernes en neurosciences et neurotechnique ont progressivement permis le déverrouillage du cerveau humain et ont permis de comprendre les processus du cerveau ainsi que leur lien vers des états mentaux et des comportements observables. En 1878, Richard Canton a, le premier, découvert la transmission de signaux électriques à travers le cerveau d'un animal. Quarante-six ans plus tard, la première électroencéphalographie humaine (EEG) a été enregistrée. Depuis lors, une révolution neurotechnique a eu lieu à l'intérieur et à l'extérieur des cliniques. Dans les années 1990, parfois appelée «décennie du cerveau», l'utilisation de techniques d'imagerie pour des études neuro-comportementales a considérablement augmenté.
Aujourd'hui, on observe un large spectre de technologies de neuro-imagerie qui sont devenues diponibles sur le marché. Ainsi, par exemple, l'enregistrement non invasif et l'affichage des modèles d'activité cérébrale (souvent associés à l'accomplissement de tâches physiques ou cognitives) sont devenus une pratique courante.
Une autre technique comme l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF), permet de mesurer indirectement l'activité électrique du cerveau, c'est-à-dire à utiliser des réponses hémodynamiques (flux sanguin cérébral) comme marqueurs indirects. Les techniques actuelles d'IRMF peuvent localiser l'activité cérébrale, afficher graphiquement les modèles d'activation du cerveau et déterminer leur intensité en codant les couleurs de la force d'activation. Les techniques d'IRMF sont mises en œuvre à diverses fins, y compris l'évaluation des risques pré-chirurgicaux et la cartographie fonctionnelle des zones cérébrales pour observer une récupération post-accident vasculaire cérébral ou post-chirurgical. En outre, un certain nombre d'états neurologiques, y compris la dépression et la maladie d'Alzheimer, peuvent maintenant être diagnostiqués avec l'utilisation de l'IRMF.
 
La capacité des techniques de neuroimagerie à cartographier le fonctionnement du cerveau a été testée efficacement aussi pour avoir une idée des intentions, des points de vue et des attitudes des gens. Les scans cérébraux permettent non seulement de « lire » des intentions et des souvenirs concrets liés à l'expérience. Ils semblent même capables de décoder des préférences plus générales. Une étude américaine a montré que les analyses d'IRMF peuvent être utilisées pour inférer avec succès les opinions politiques des utilisateurs en identifiant les différences fonctionnelles dans les cerveaux des démocrates et des républicains. De même, la préférence fréquente des hommes pour les voitures de sport a été corrélée avec des différences fonctionnelles spécifiques chez les hommes par rapport au cerveau des femmes.

Neuromarketing

La possibilité d'identifier de manière non invasive de tels corrélats mentaux des différences fonctionnelles du cerveau présente un intérêt particulier à des fins de commercialisation. Il y a plus d'une décennie, des chercheurs ont utilisé l'IRMF pour montrer les différences fonctionnelles dans le cerveau des personnes qui consomment du Coca-Cola par opposition aux mêmes personnes qui consomment du Coca non marqué. Leurs résultats ont montré que les stratégies de commercialisation (par exemple le label Coca Cola) peuvent déterminer différentes réponses dans le cerveau des consommateurs. Ces résultats ont été les pionniers de l'établissement d'une branche des neurosciences à l'intersection avec la recherche marketing, le neuromarketing, qui s'est rapidement développé au cours de la dernière décennie.
 
Aujourd'hui, plusieurs sociétés multinationales, y compris Google, Disney, CBS etc., utilisent des services de recherche de neuromarketing pour mesurer les préférences et les impressions des consommateurs sur leurs publicités ou leurs produits. En outre, un certain nombre de sociétés spécialisées en neuromarketing comme EmSense, Neurosence, MindLab International et Nielsen, appliquent systématiquement des techniques de neuroimagerie, principalement de l'IRMF et de l'EEG, mais aussi la topographie de l'état stationnaire (SST) et des mesures pour étudier, analyser et prévoir le comportement des consommateurs. Cette possibilité d'extraction de l'esprit (ou au moins des aspects structurels de l'esprit au niveau de l'information) peut être potentiellement utilisée non seulement pour inférer les préférences mentales, mais aussi pour créer, imprimer ou déclencher ces préférences.

Neurotechnologie omniprésente

Les techniques d'imagerie cérébrale ont d'abord été développées et sont encore largement mises en œuvre dans le cadre de la recherche en médecine clinique et en neuroscience. Au cours des dernières années, cependant, un certain nombre d'applications de neurotechnique ont fait leur chemin sur le marché et sont maintenant intégrées dans un certain nombre de dispositifs de qualité grand public pour les utilisateurs en bonne santé avec divers objectifs non cliniques. Le terme générique habituellement utilisé pour englober toutes ces neurotechnologies non invasives, évolutives et potentiellement omniprésentes est la «neurotechnologie omniprésente» (Fernandez, Sriraman, Gurevitz et Ouiller 2015 ), une notion empruntée à la notion la plus répandue d'informatique omniprésente. Aujourd'hui, les applications de neurotechnique omniprésente incluent les interfaces cerveau-ordinateur (BCI) pour le contrôle des machines, le neuromonitoring en temps réel ou les systèmes d'opérateurs de véhicules à base de neurosensor.

Neurogadgets

La possibilité d'un contrôle non invasif du cerveau a attiré l'attention de l'industrie de la communication mobile. Plusieurs sociétés de premier plan, dont Apple et Samsung, incorporent des neurogadgets dans les accessoires de leurs principaux produits. Par exemple, les accessoires iPhone tels que les écouteurs XWave permettent déjà de brancher directement des iPhones compatibles et de lire des ondes cérébrales. Pendant ce temps, les prototypes de la nouvelle génération de Samsung Galaxy Tabs et d'autres appareils mobiles ou portables ont été testés pour être contrôlés par une activité cérébrale via BCI à base d'EEG. À la lumière de ces tendances, les chercheurs prédisent que les neuroproduits vont progressivement remplacer le clavier, l'écran tactile.
 
Non seulement les dispositifs de neuroimagerie et les BCI s'insèrent dans la catégorie des neurotechniques omniprésentes, mais plusieurs stimulateurs électriques du cerveau s'intègrent également dans cette catégorie. Contrairement aux outils de neuroimagerie, les neurostimulateurs ne sont pas principalement utilisés pour enregistrer ou décoder l'activité cérébrale, mais plutôt pour stimuler ou moduler l'activité cérébrale électriquement. Les dispositifs portables, faciles à utiliser, de stimulation du courant continu transcrânien basés sur le consommateur (TDCS) sont la forme la plus répandue de neurostimulateur de qualité grand public. Ils sont utilisés dans un certain nombre d'applications low-cost direct-to-consumer visant à optimiser la performance du cerveau sur une variété de tâches cognitives, selon la région du cerveau qui est stimulée.
 
En réumé, si au cours des dernières décennies, la neurotechnologie a débloqué le cerveau humain et l'a rendu lisible pour les scientifiques, les décennies à venir verront la neurotechnologie devenir omniprésente et intégrée dans de nombreux aspects de notre vie et de plus en plus efficace dans la modulation des corrélations neuronales de notre psychologie et comportement.
 
Tout en défendant les progrès continus dans le développement de la neurotechnique, les auteurs de l’article soutiennent que les implications éthiques et juridiques de la révolution neurotechnique devraient être envisagées rapidement et de manière proactive. Les auteurs appellent à ce que « le système juridique soit suffisamment préparé pour relever les nouveaux défis qui pourraient découler de la neurotechnique émergente, en particulier dans le contexte des droits de l'homme ».

Neurosciences et droits de l'homme

Bien que la neurotechnologie ait le potentiel d'influer sur les droits de l'homme tels que la vie privée, la liberté de pensée, le droit à l'intégrité mentale, l'absence de discrimination, le droit à un procès équitable ou le principe de l'auto-incrimination, le droit international des droits de l'homme ne fait aucune référence explicite aux neurosciences. Contrairement à d'autres développements biomédicaux, qui ont déjà fait l'objet d'efforts normatifs au niveau national et international, la neurotechnique demeure en grande partie une terra incognita pour les droits de l'homme. Néanmoins, les implications soulevées par la neuroscience et la neurotechnique pour les caractéristiques inhérentes des êtres humains, exigent une réponse rapide et adaptative des droits de l'homme.
 
La capacité d'adaptation des législations associées aux droits de l'homme a déjà permis de répondre aux défis posés par la technologie génétique. Ce précédent peut aider à anticiper la façon dont cette branche du droit pourrait évoluer au cours des prochaines années en réponse aux nouvelles questions soulevées par les neurosciences. En effet, depuis la fin des années 1990, la communauté internationale a déployé des efforts considérables pour résoudre une grande variété de problèmes découlant de l'accès croissant aux données génétiques humaines. En 1997, la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l'homme (UDHGHR) a été adoptée pour empêcher que l'information génétique soit recueillie et utilisée de manière incompatible avec le respect des droits de l'homme et pour protéger le génome humain contre les manipulations inappropriées pouvant nuire aux générations futures.
 
Les principes contenus dans cet arsenal législatif ont été développés en 2003 par la Déclaration internationale sur les données génétiques humaines (IDHGD) qui définit des règles plus spécifiques pour la collecte d'échantillons biologiques humains et de données génétiques. Il est intéressant de noter que l'interaction entre la génétique et les droits de l'homme a abouti à des droits entièrement nouveaux, comme le «  droit de ne pas connaître son information génétique », reconnu formellement par l'UDHGHR (article 5 c)) et l'IDHGD (Article 10), ainsi que par d'autres règlements internationaux et nationaux. En plus de la reconnaissance de nouveaux droits, les « anciens » droits - tels que le droit à la vie privée et le droit à la discrimination - étaient spécifiquement adaptés aux nouveaux défis posés par la génétique. Ce lien étroit entre les sciences de la vie et les droits de l'homme a été renforcé par la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme de 2005, qui aborde globalement le lien entre les deux domaines. Ce dernier document expose des principes qui s'appliquent non seulement à la génétique, mais à d'autres problèmes biomédicaux et de sciences de la vie.
 
Dans leur article, les auteurs affirment que, à l’instar de la trajectoire historique de la «révolution génétique», la «neuro-révolution» en cours remodelera certaines de nos notions éthiques et juridiques. En particulier, ils soutiennent que la sensibilité croissante et la disponibilité des neuroprotections nécessiteront, dans les années à venir, l'émergence de nouveaux droits ou au moins le développement des droits traditionnels pour relever spécifiquement les défis posés par les neurosciences et les neurotechniques.
 
Les auteurs de l’article s’efforcent de démontrer que « la volonté individuelle d'exercer un contrôle sur sa propre dimension neuro-cognitive ainsi que l'émergence de menaces potentielles pour les biens humains de base ou les intérêts posés par une mauvaise utilisation ou une application inadéquate des dispositifs neurotechniques peuvent nécessiter une reconceptualisation de certains droits de l'homme traditionnels ou même la création de nouveaux droits spécifiques aux neuro-spécifiques ».
 
Les nouveaux droits préconisés dans cet article - le droit à la liberté cognitive, le droit à la vie privée mentale, le droit à l'intégrité mentale et le droit à la continuité psychologique - répondent à ces exigences.
Les auteurs s’inscrivent dans la démarche du sociologue et bioéthicien américain Paul Root Wolpe qui a suggéré d’établir une ligne rouge autour de l'utilisation des technologies de lecture mentale : « Le crâne devrait être désigné comme un domaine d'intimité absolue. Personne ne devrait pouvoir saper l'esprit d'un individu contre sa volonté. Nous ne devrions pas l'autoriser même avec une ordonnance du tribunal. Nous ne devrions pas le permettre pour la sécurité militaire ou nationale. Nous devrions renoncer à l'utilisation de la technologie dans des circonstances coercitives, même si l'utilisation peut servir le bien public ».
 
Le volume et la variété des applications neurotechniques augmentent rapidement à l'intérieur et à l'extérieur du cadre clinique et de celui de la recherche. La répartition omniprésente des applications neurologiques moins chères, évolutives et faciles à utiliser a le potentiel d'ouvrir des opportunités sans précédent à l'interface cerveau-machine et de faire que la neurotechnologie soit intrinsèquement intégrée dans notre vie quotidienne. Le terrain normatif devrait donc être préparé de manière urgente pour empêcher une mauvaise utilisation ou des conséquences négatives involontaires. En outre, compte- tenu du caractère fondamental de la dimension neurocognitive, les auteurs appellent à ce que cette réponse normative ne soit pas concentrée exclusivement sur le droit de la responsabilité délictuelle mais aussi sur les problèmes fondamentaux au niveau des droits de l'homme. Cela nécessitera soit une reconceptualisation des droits de l'homme existants, soit même la création de nouveaux droits spécifiques aux neurosciences.
 
A cet égard, il faut insister sur les risques collatéraux émergents comme le piratage malveillant du cerveau. Marcello Lenca alerte : « La science-fiction peut nous apprendre beaucoup sur la menace potentielle de cette technologie. La neurologie présentée dans certains romans célèbres est déjà une réalité tandis que d’autres technologies sont plus proches ou existent en tant que prototypes militaires et commerciaux ».
 
 
Source : Life Sciences, Society and Policy
 
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QI

Notre QI serait menacé par les perturbateurs endocriniens

L’expérience a été menée sur le cerveau de grenouilles. De têtards même, pour être précis. Elle a consisté à exposer des embryons de l’espèce Xenopus laevis à un mélange de produits chimiques comparable à celui trouvé dans le liquide amniotique de la plupart des femmes enceintes. Parmi lesquels le plus connu est le bisphénol A présent, par exemple, dans les tickets de caisse. Le résultat, publié le 7 mars dans le journal Scientific Reports, montre que les neurones, chez ces têtards, sont plus petits.

Réalisée dans notre laboratoire du Muséum d’histoire naturelle, à Paris, cette expérimentation pourrait paraître bien éloignée de nos préoccupations d’humains, nous qui ressemblons si peu à des batraciens. Mais contrairement aux apparences, nous avons un important point commun : l’hormone produite par la thyroïde, cette glande du cou située au-dessus du sternum. L’hormone thyroïdienne est identique, à l’atome près, chez les humains, les grenouilles, ou encore les requins, les oiseaux, les souris. Et elle joue un rôle clé dans le développement du cerveau.

Ainsi, nos travaux permettent d’établir, scientifiquement, le fait suivant : quand des substances interfèrent avec l’hormone thyroïdienne chez les têtards, elles font planer également une menace sur l’intelligence chez les humains.

 

Un spécimen de grenouille Xenopus laevis. PLOS Biology 2011/wikimedia

Par quel raisonnement notre équipe a-t-elle conçu cette expérience, et dans quel but exactement ? On observe aujourd’hui plusieurs signes inquiétants, à travers le monde, d’effets néfastes touchant le cerveau. La progression des troubles du spectre autistique (TSA), pour commencer. Ils affectent, aux États-Unis, un garçon sur quarante-deux, avec une nette augmentation de l’incidence depuis le début des années 2000. Ce phénomène coïncide avec une augmentation d’un autre trouble neurodéveloppemental, celui du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Or les facteurs génétiques et l’élargissement des critères de diagnostic du TSA et du TDAH n’expliquent qu’en partie la progression. L’impact de facteurs environnementaux, qui sans doute exacerbent dans bien des cas des prédispositions génétiques, doit être examiné.

Une baisse des QI à travers le monde

Au même moment, on constate une baisse significative des QI dans plusieurs populations suivies de longue date par les chercheurs, comme des conscrits finlandais, des écoliers britanniques ou des adultes français. La publication régulière de données issues de ces différents pays en atteste.

De nombreux scientifiques cherchent aujourd’hui l’explication de ces changements dans l’exposition des individus, tôt dans la vie, aux produits chimiques en général, et aux « perturbateurs endocriniens » en particulier. Le terme désigne les molécules de synthèse qui peuvent interférer avec notre système endocrinien, c’est-à-dire brouiller le message des hormones voyageant par la circulation sanguine pour contrôler le fonctionnement de l’organisme.

Tandis que le fœtus devient un enfant puis un adolescent, les hormones adressent des signaux clés qui contribuent au bon développement de son cerveau. L’hormone thyroïdienne est l’une des plus importantes à jouer ce rôle.

Sans hormone thyroïdienne, l’enfant devient « crétin »

Si cette hormone n’est pas sécrétée au bon moment – surtout dans la période périnatale, avant et après la naissance –, l’enfant devient « crétin », au sens médical du terme. Peu de gens ont entendu parler de la pathologie qui se cache derrière ce terme utilisé couramment comme une injure. Le crétinisme se caractérise par un retard mental sévère, avec un QI inférieur à 35 – sachant qu’il se situe chez la plupart des gens entre 85 et 115. Seules quelques personnes âgées se souviennent avoir côtoyé des individus souffrant de cette terrible maladie, dont les causes sont connues depuis plus d’un siècle. Aujourd’hui, nous veillons à ce que chaque nouveau-né sécrète ou reçoive suffisamment d’hormone thyroïdienne.

Il n’est pas rare d’entendre que le cerveau humain est la structure la plus complexe sculptée par l’évolution. En effet, il a fallu 450 millions d’années depuis la première apparition des vertébrés – des poissons cartilagineux tels les requins et les raies – pour arriver à l’homme avec ses capacités de raisonnement uniques. Et dès les premiers vertébrés, l’hormone thyroïdienne – toujours elle ! – jouait déjà un rôle majeur dans plusieurs processus de la formation du cerveau.

Pour n’en retenir qu’un, citons la myélination, cette formation d’une couche de lipides autour des nerfs qui, à la façon d’une gaine sur un fil électrique, permet d’accélérer la transmission du signal nerveux. La glande thyroïde et la myélination sont apparues simultanément dans l’évolution des vertébrés. Et il faut savoir que l’hormone thyroïdienne n’a pas changé d’un iota sa structure au cours de ces 450 millions d’années. Elle est demeurée la même chez l’homme… et chez la grenouille.

Des produits chimiques dans le liquide amniotique

Or la signalisation induite par l’hormone thyroïdienne est la plus vulnérable, parmi toutes, aux produits chimiques présents dans l’environnement. Ceci est particulièrement inquiétant pour trois raisons. Premièrement, la production mondiale de l’industrie chimique a été multipliée par 300 en volume depuis 1970, selon le Fonds environnement des Nations unies. Des pesticides, des plastifiants et autres produits sont retrouvés en quantité non négligeable dans l’organisme de la plupart des enfants à travers la planète. Et dans celui des femmes enceintes. Une grande proportion de ces molécules passe la barrière du placenta, se retrouve dans le liquide amniotique et peut donc interférer, chez le fœtus, avec l’action des hormones thyroïdiennes.

Deuxièmement, l’étude d’une équipe néerlandaise publiée en 2016 a montré que les taux maternels d’hormones thyroïdiennes pendant les trois premiers mois de grossesse affectent le QI de l’enfant à venir. Pas assez d’hormones, ou trop d’hormones, ont également des effets néfastes, soulignant l’importance de la bonne quantité d’hormones au bon moment. Ces taux agissent même sur la structure du cerveau, diminuant la quantité de matière grise – les neurones – au profit de celle de la matière blanche – le tissu de soutien des neurones.

Il existe une troisième source d’inquiétude. Une équipe américaine a observé que les enfants nés de mères fortement exposées à des substances chimiques tels les PCBs (un liquide huileux longtemps utilisé dans les transformateurs électriques), connues pour interférer avec l’action des hormones thyroïdiennes, perdent en moyenne 6 points de QI par rapport à ceux dont les mères sont faiblement exposées.

Un effet « cocktail » tout sauf festif

Aujourd’hui, nous sommes tous contaminés par un mélange de produits chimiques produisant un effet « cocktail » qui, contrairement à ce que son nom suggère, n’a rien de festif. Déjà, les effets sur l’organisme de chaque molécule prise isolément ont généralement été peu évalués. Alors s’agissant des effets produits par leurs interactions… le problème est plus complexe encore.

C’est pourquoi le biologiste Jean-Baptiste Fini et moi-même, avec les étudiants de notre équipe spécialisée dans l’évolution des régulations endocriniennes, avons conçu l’expérience impliquant des têtards.

Le « cocktail » auquel nous avons exposé ces futures grenouilles se compose de 15 produits chimiques courants dans notre quotidien, notamment le bisphenol A, le triclosan, le benzophénone-3 et le perchlorate de sodium, à des concentrations mesurées fréquemment dans le liquide amniotique humain.

Les têtards ont été exposés pendant seulement trois jours à ce mélange. Nous avons montré que cela a affecté non seulement le fonctionnement des hormones thyroïdiennes mais aussi l’expression de plusieurs gènes de leur cerveau. Au final, cette exposition a réduit le volume de leurs neurones et inhibé leurs mouvements.

L’urgence d’une révision de la réglementation

Ces résultats suggèrent que l’exposition à ces produits chimiques courants peut nuire au développement du cerveau des fœtus humains. Ils plaident pour une révision urgente de leur réglementation.

Pour conclure, un constat ironique. On conseille aux femmes enceintes de ne prendre aucun médicament, sauf en cas d’absolue nécessité. Or, chaque femme enceinte, à la ville comme à la campagne, quel que soit son mode de vie, est exposée dans son quotidien à des centaines de produits chimiques, sans rien y pouvoir. Qu’attend-on pour agir ?

Barbara Demeneix, Professeur en endocrinologie, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

The Conversation
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neurosciences appliquées

Avoir un cerveau au boulot : Découvrir le pouvoir de cet organe « stratégique »

En l’honneur de la semaine du cerveau, qui se tient dans la France entière, je vous propose de prendre le temps de vous poser la question de l’intérêt des neurosciences pour le management. Tout au long de la vie, nous avons conscience d’avoir un cœur, des poumons… dont nous connaissons l’anatomie et le fonctionnement général. Par contre, le cerveau est, dans la plupart des imaginaires, une boîte noire. Ceux qui ont fait un travail de développement personnel savent que cet organe a une forte influence sur leur vie. Mais il reste un mystère anatomique et fonctionnel. Il sert à lire, à écouter, à parler, à penser, à décider… il communique constamment avec le reste de notre corps, mais comment fait-il pour permettre cela ?
Pour répondre à toutes ces questions, il faut commencer à s’intéresser à lui et prendre conscience qu’un minimum de connaissances est nécessaire. Je vous invite à vous poser la question : quand suis-je conscient d’être sous l’influence de mon cerveau ?
 
Au boulot, avez-vous en tête que le cerveau humain est considéré comme « l’objet » le plus complexe connu sur terre ? Plus vaste que le ciel est la formule choisie par le neuroscientifique Gerald M. EDELMAN (notamment pour le titre de son ouvrage paru en 2004). Doté chacun de 100 milliards de neurones et d’un million de milliards de connexions synaptiques (enfin à peu près), il n’y a pas deux cerveaux identiques, et il est parfois utile de se le rappeler quand l’autre devient incompréhensible pour soi. Il nous faut accepter les différences de point de vue, inhérentes à l’architecture de cet organe dont nous ne connaissons pas encore tous les mystères.
Pour autant, les connaissances déjà disponibles sont nombreuses et peuvent améliorer nos pratiques. Si les outils comme le MBTI, la PROCESS COM… aident à mieux comprendre ceux qui ne nous ressemblent pas, si le multiculturel permet de prendre du recul sur le bien-fondé de nos usages relationnels …, la connaissance des différences cérébrales rend modeste quant à l’art de communiquer. Elles nous invitent à prendre le temps d’une écoute attentive et à entreprendre des interactions relationnelles dynamiques et bienveillantes.
 
Au boulot, êtes-vous conscient que la rationalité absolue est inatteignable ? L’architecture cérébrale est largement interconnectée. Perceptions, mémoire, émotions, circuit de la récompense avec ses priorités attentionnelles, habitudes motrices sont en permanentes interactions. Les acquis mnésiques opèrent, sous couvert de routines cognitives et émotionnelles. Toute perception nous invite en premier lieu à conforter nos acquis. L’éducation nous a fait la promesse de nous rendre rationnel et nous l’avons cru !
Les neurosciences démontrent que l’être humain ne peut effectuer que des raisonnements subjectifs. La construction de la réalité, proposée par notre cerveau, émerge des connaissances passées. Bien sûr, nous pouvons prendre le temps de la prise de recul, de l’ouverture perceptive, de la distanciation émotionnelle…mais tout cela demande du temps, de l’interaction relationnelle et ce n’est pas ce dont nous disposons tous les jours. Par contre, savoir utiliser cette subjectivité pour construire des solutions dans un monde en mutation est un atout dont nous devons prendre la mesure. Le premier pas étant d’accepter que notre point de vue ne puisse être que notre point de vue. Savoir valoriser l’interaction des subjectivités de chacun, dans un élan orienté solution, est un des atouts des nouvelles pratiques agiles qui sont en train de chercher leur place dans les organisations.
 
Au boulot, doter son cerveau d’une nouvelle grille d’analyse des situations est le cadeau de Jean-Pierre CHANGEUX (1) et Stanislas DEHAENE (2).  Assimiler une représentation des fonctionnements cérébraux est compliqué du fait de leur diversité et de leurs interactions complexes. J’ai choisi la description de l’espace de travail global de Jean-Pierre CHANGEUX et Stanislas DEHAENE car, au-delà de son intérêt scientifique, il offre un modèle pédagogique structuré.
Dans notre cerveau, il existe un espace où interagissent des éléments venant des perceptions, des mémoires, des émotions, de l’attention et des systèmes moteurs.  Ces différentes dimensions interagissent de concert lorsque nous prenons la décision d’agir consciemment. Il sert de fil rouge à mon ouvrage « Activer les talents avec les neurosciences » où je m’efforce de faire des liens explicites entre les pratiques de management et les apports des neurosciences.
 
Se donner les moyens d’étudier les neurosciences est un défi pour l’être pressé d’obtenir un résultat rapide.  Ce travail est passionnant par la diversité des connaissances qu’il oblige à intégrer. À l’âge adulte, nous avons l’habitude d’ajouter « une couche » à des savoirs déjà acquis. Dans une logique d’escalier, chère à Piaget, les apprentissages sont considérés comme évolutifs à partir d’éléments connus. Or les neurosciences nous invitent à aborder un domaine inconnu et à en acquérir les bases : qu’est-ce qu’un neurone ? quelles sont les différents types de mémoires ? Comment se forme la mémoire à long terme ? Pourquoi les émotions ont tant de pouvoir sur le rappel de nos souvenirs ? Comment agissent-elles sur notre corps ? Où se situent les noyaux cérébraux qui les déclenchent ? Pourquoi nos systèmes attentionnels sont-ils exclusifs et empêchent-ils d’être concentré sur plusieurs choses à la fois ?
 
Il faut s’y mettre. Dans quelques années, ceux qui n’auront pas ces connaissances seront dépassés par l’intelligence de situation de ceux qui auront fait l’effort d’investir. Cette intégration demande de la rigueur et de la pugnacité. Avoir un cerveau au boulot, n’est pas nouveau, je vous l’accorde, ce qui est nouveau est de savoir ce que cela implique pour le management, la collaboration, la formation… et ce n’est pas rien !
 
 
(1) Jean-Pierre Changeux : Professeur honoraire au Collège de France et à l’Institut Pasteur, membre de l’Académie des sciences, Jean-Pierre Changeux est un neurobiologiste connu pour sa recherche dans plusieurs domaines de la biologie, de la structure et de la fonction des protéines, du développement précoce du système nerveux jusqu’aux fonctions cognitives. Il a dirigé de 1967 à 2006 les laboratoires de neurobiologie moléculaire et de récepteurs et cognition à l’Institut Pasteur.
Ouvrages : L'homme neuronal - Ed. Fayard, 2012 / L'homme de vérité - Ed. Odile Jacob, 2002 / Du vrai, du beau, du bien. Une nouvelle approche neuronale - Ed. Odile Jacob, 2008
 
(2) Stanialas Dehaene, Le code de la conscience, - Ed. Odile Jacob 2014
 
Coaching d’organisation avec les neurosciences – Cycle agilité décisionnelle co-animé par Bernadette Lecerf-Thomas et Brigitte Dubreucq :
-L’ouverture perceptive, lundi 13 novembre 2017
-La conscience des émotions, lundi 11 décembre 2017
-Les mouvements de l’attention, lundi 8 janvier 2018
-L’agilité disruptive, lundi 29 janvier 2018
Les notions sur les biais cognitifs, qui faisait l’objet de la journée « l’illusion de la maitrise » sont intégrées dans chaque atelier (évolution du programme en cours de mise en forme).
www.lecerfthomas.com
 
LIRE AUSSI
- "Votre cerveau au bureau" de David Rock - Préface de Grégory Le Roy, Ed. InterEditions 2013
- "Neuromanagement. Pour tirer parti des inconscients de l'entreprise" de Robert Branche, Editions du Palio 2008
 
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neurosciences appliquées

Promener son cerveau à bicyclette à travers le monde

Le regard des neurosciences sur un voyage initiatique : Que se passe-t-il pour le cerveau du cycliste qui part faire le tour du monde en solitaire ? Elle venait d’avoir vingt-sept ans, trouvait le temps long, l’environnement trop étroit. Béatrice MAINE imagine alors de faire le tour du monde à vélo. Quelques années après, formée aux neurosciences, elle m’autorise à revisiter son aventure pour évoquer les transformations cognitives et émotionnelles associées à ce périple de trois ans.
Photo prise sur le plateau du Tibet, février 2008
 
L’espace de travail global, défini par Jean-Pierre CHANGEUX et Stanislas DEHAENE propose cinq familles de sous-systèmes neuronaux pour accéder à la conscience. En fait, à chaque prise de décision, à chaque mise en mouvements conscients, cet espace est mobilisé. Nous allons faire le tour de ses cinq dimensions en imaginant le voyage de Béatrice. Par analogie, vous pouvez chercher comment ces dimensions sont impactées dans les situations « de ruptures » managériales et collaboratives, qui sont recherchées par de nombreuses organisations.
 
Ouvrir ses perceptions. Nos sens sont plus nombreux que nous le croyons. La vue, l’odorat, le toucher, l’ouïe, le goût…sont complétés par le sens du corps, la proprioception, le sens du rythme et par le sens de l’équilibre. Ce dernier, essentiel pour faire du vélo, l’est aussi pour vivre des transformations managériales et collaboratives. La recherche d’un nouvel équilibre est au cœur de ces démarches. Béatrice, curieuse et intrépide, a décidé de mettre son nez au vent et d’ouvrir ses sens sur d’autres horizons. Il n’est pas besoin d’argumenter sur le potentiel d’ouverture perceptive de ce périple.
 
Perturber les routines et enrichir ses mémoires. Les études supérieures prétendent nous transformer en sachant. Passer par une expérience qui confronte à l’ignorance est bon pour la santé mentale et pour la capacité créative. Cette dernière se fondant sur un constat d’obsolescence de nos connaissances. Nos mémoires, perceptives, sémantiques, épisodiques et procédurales sont le fondement de notre identité. Toutefois, elles servent également à nous empêcher de changer, en constituant le socle de nos vérités subjectives. Devenues performantes, et donc routinières, elles s’activent inconsciemment du matin au soir et du soir au matin (ça bosse en dormant). Elles nous conduisent à imaginer le futur avec du passé sans que nous en soyons conscients. Car ce sont les mêmes réseaux de neurones qui servent à rappeler le passé et à imaginer le futur. Béatrice a accepté l’imprévisibilité du futur. Elle a pris le risque de s’engager vers l’inconnu, d’avoir à interagir avec des gens de cultures et de langues différentes, sans craindre de chahuter ses croyances et de confronter ses routines mnésiques.
 
Vivre les émotions de situations stressantes. Mouvements et émotions sont intimement liés. La peur invite à la fuite, la colère à l’agression, la détresse au repli, le désir à aller de l’avant. Jack PANSHEPP a montré comment les émotions et les mouvements venaient d’un même continuum. Le désir est à la base des découvertes, l’insatisfaction (la colère) soutient l’effort de l’imagination. Ekonon GOLBERG rappelle que l’on n’a jamais vu un génie satisfait. Vivre l’aventure de la découverte du monde – seule – est un chemin émotionnellement exigeant qui peut être qualifié d’initiatique. Le désir, à la source de ce cheminement, a aussi besoin de l’énergie de l’insatisfaction générée par une évaluation subjective d’une vie jugée trop monotone…et d’un environnement trop prévisible. Pourtant il faudra dépasser la peur et prendre soin de soi. Accepter le stress généré par certaines situations, éviter de se réfugier dans la détresse et la dépression. Assumer la peur tout en allant chercher les ressources de la sécurité ontologique. Ne pas craindre de faire confiance et d’aller chercher du réconfort auprès de personnes généreuses et attentionnées.
 
Apprendre à porter attention à des critères diversifiés. Les priorités attentionnelles automatiques sont directement dépendantes des croyances et des signes de reconnaissance reçus dans l’enfance qui ont structuré le circuit de la récompense logé au cœur de notre cerveau. Les « drivers » qui en résultent invitent à la répétition. Découvrir d’autres mondes, d’autres lieux, d’autres cultures nécessite de mettre les automatismes attentionnels en cause. Savoir prendre en compte des pratiques et des valeurs différentes, être attentif à l’autre et s’adapter au quart de tour à son référentiel, est vital dans une telle aventure. La diversification de critères est un point critique dans les ruptures écologiques, technologiques et sociales. Notre éducation, grâce aux neurones miroirs, influence nos perceptions, invitant à copier les intentions des figures d’autorité. Dans un voyage autour du monde, la rencontre avec d’autres « systèmes miroir » est un exercice profitable pour ces neurones empathiques. Cette expérience ouvre à l’altérité et à l’acceptation des différences.
 
Diriger sa trajectoire de vie à partir d’une recherche d’évolution. L’intention qui résulte de nos motivations conscientes et inconscientes soutient nos actions. Se mettre dans le mouvement, dans le flux du dépassement de soi, …dans l’amour de la vie,…est sans contexte au cœur de l’aventure de Béatrice. Chacun de nous, à sa façon, est dans une quête existentielle. Les neurosciences par leurs découvertes confirment que notre cerveau s’est modelé au cours de nos apprentissages de toutes natures et que des interactions complexes déterminent notre ambition. Savoir se mettre consciemment en mouvement vers ce qui donne du sens à notre expérience, est le chemin de ceux qui sont au cœur des progrès des évolutions humaines en particulier quand elles sont fondées sur des relations de collaboration.
 
Curiosité, créativité, prise de risques, collaboration avec des inconnus…  Béatrice offre un modèle stimulant. Dans cette période de recréation, son courage, sa pugnacité, peuvent inspirer ceux qui se sentent à l’étroit dans les référentiels actuels. Les inciter à questionner leurs croyances et automatismes cognitifs qui les maintiennent dans le statu quo. Plutôt que d’éviter les défis, se saisir des challenges. Persister face aux échecs, voir les efforts comme un chemin de la maîtrise, s’engager vers un nouveau niveau d’accomplissement et de développement, sont des qualités clés dans les périodes de profondes mutations.
 
 
Pour joindre Béatrice MAINE : www.terrededance.com
 
La CYCLE AGILITÉ DÉCISIONNELLE co-animé par Bernadette Lecerf-Thomas et Brigitte Dubreucq : Choisissez parmi ces ateliers ceux qui correspondent à vos priorités. Prochain cycle :
L’illusion de la maîtrise, lundi 3 avril 2017
L’ouverture perceptive, mardi 24 avril 2017
La conscience des émotions, mercredi 31 mai 2017
L’agilité disruptive, jeudi 29 juin 2017  
 
 
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oubli

Des neuroscientifiques travaillent sur une pilule pour effacer les mauvais souvenirs

Les mauvais souvenirs taraudent souvent l’esprit. Chez certains, victimes de stress post-traumatiques, ils sont si violents qu’ils résistent à tout traitement et empêchent toute vie normale. En travaillant sur les mécanismes de l’apprentissage, un neuroscientifique a découvert fortuitement que l’on pouvait effacer à tout jamais certains mauvais souvenirs. Un médicament destiné à cet effet pourrait être mis sur le marché dans les dix ans qui viennent.
 
Des chercheurs du Laboratoire européen de biologie moléculaire dont le siège est à Heidelberg en Allemagne, dirigée par Cornelius Gross, ont publié en mars dernier une étude dans la revue Nature. Ils présentent leur découverte d’une voie cérébrale liée à l'effacement actif de souvenirs.
 
Ils ont mis à jour un phénomène fort paradoxal : tout en apprenant, le cerveau active un circuit neuronal pour oublier. En observant ce qui se passait chez la souris dans une région de l'hippocampe, le gyrus dentelé, ils ont constaté que cette zone faisait fonctionner à la fois l’oubli et la formation des souvenirs. Les médecins expliquent que « Les nouvelles informations entrent dans cette zone par une voie principale, et lorsque les souvenirs sont consolidés, les connexions entre les neurones sont renforcées ». En bloquant cette voie, ils ont constaté que les souris n’étaient plus capables de réaliser un apprentissage pavlovien. Elles l’avaient oublié.
 
En effet, en bloquant le réseau de souvenirs de l’hippocampe, une conséquence inattendue est survenue : les connexions neuronales se sont affaiblies fortement, indiquant ainsi que les souvenirs avaient été purement et simplement effacés.
« Ce fut une découverte fortuite » déclare Cornelius Gross à nos confrères de Mic. Il poursuit, « En bloquant les voies, nous avons constaté une perte rapide de la force dans les synapses. En une demi-heure la souris était en train de perdre tout ce qu’elle avait appris en une semaine. »
L’hypothèse qu’a développée le Dr Gross est que le blocage des synapses a agi comme si l’on étranglait un tuyau. Selon lui, les souvenirs existent toujours mais ils ne seraient plus accessibles.
 
Cornelius Gross affirme qu’un médicament pourra être disponible et permettra quelque chose d’inconnu jusqu’alors, sauf dans les films de science-fiction : la possibilité d’effacer certaines zones de la mémoire, en particulier pour ce qui est mémorisé par apprentissage.
Ainsi, pour que le médicament fonctionne, il faudra exposer le sujet aux situations qu’il veut oublier, comme on le fait dans un mécanisme d’apprentissage. Si vous avez peur des araignées, on vous montrera des araignées. Et c’est cet phase d’apprentissage forcé qui permettra l’effacement du souvenir traumatique.
 
Un tel médicament ne verra pas le jour avant une dizaine d’années et de très nombreux essais cliniques. Il pourrait être très efficace dans les syndromes de stress post-traumatiques (SSPT) pour lesquels le seul traitement possible actuellement est la psychothérapie qui, selon le Dr Gross, ne fonctionne que dans 20 à 30 % des cas.
 
 
 
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