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Challengeons nos cerveaux !

Cinq pistes pour apprendre à décider autrement.

L’intelligence humaine fait la Une. Dans son dernier film Luc Besson propose une fantasmagorie spectaculaire sur l’intelligence humaine et son potentiel de développement. Si le cinéaste a besoin d’une drogue pour que son héroïne réalise d’incroyables exploits, l’être lambda peut, plus sobrement, tenter d’améliorer son intelligence et sa sensibilité en utilisant des moyens naturels. Au fil du temps, la philosophie, l’anthropologie, la psychothérapie…le coaching se sont attelés à éclairer l’intelligence humaine. Depuis quelques années, les neurosciences apportent de nouvelles connaissances afin de démystifier le potentiel et les limites de ce formidable « outil » qu’est le cerveau humain.

Voici cinq pistes de travail inspirées par les neurosciences, afin d’améliorer notre façon de prendre des décisions, événement crucial où notre capacité d’analyse est mise à rude épreuve :

Utiliser sa mémoire de façon plus subtile

L’expérience a laissé en nous des traces utiles à la prise de décisions. Nous savons aujourd’hui qu’il ne faut pas les prendre à la lettre. Ce qui s’est passé dans un contexte donné ne se reproduit pas à l’identique dans un autre contexte. Si nous proposons les mêmes réponses que par le passé, c’est que notre cerveau nous y incite. Rapide, sensible aux analogies, il s’appuie sur les similitudes plutôt que sur les différences. Il faut faire un effort cognitif et émotionnel afin de prendre en compte le fait que le contexte ne peut pas être exactement identique, se donner le temps d’un changement de regard afin de percevoir de nouvelles options. Prendre garde à la mémoire qui peut être mauvaise conseillère. Se prémunir de l’oubli mais également de la répétition. Trouver d’autres voies.

Se doter de nouveaux moyens d’observation

Percevoir les changements demande de nouveaux outils d’observation. L’observation d’un monde globalisé, aux mouvements rapides et entremêlés, impose des évaluations multicritères où les mouvements et les interactions sont pris en compte. Voici un exemple, les enjeux de notoriété des individus et des entreprises se sont modifiés avec les réseaux sociaux. Les risques liés à l’image sont devenus très sensibles. Une malfaçon sur un produit, une bêtise en public, qui pouvaient être gérées discrètement, peuvent déclencher, aujourd’hui, un feu médiatique dont les traces seront durables. Ceux qui gèrent leur communication de la même manière qu’il y a dix ans font preuve de cécité. Notre société est inter reliée, la communication s’est exponentiellement développée, tout est médiatisé. Lors de la prise de décision, observer les conséquences des interactions des différentes solutions proposées autant que les résultats techniques espérés devient une obligation.

Sortir des focalisations répétitives qui influencent nos décisions sans que nous en soyons conscients

Le système de récompenses, au sein de notre cerveau limbique, prédétermine nos décisions en guidant l’attention vers tel ou tel point. Avez-vous remarqué comme certains éléments vous interpellent alors que votre voisin y est insensible ? Notre cerveau s’appuie pour cela sur des valorisations assimilées au cours de notre vie affective. Il convient de lui apprendre à les désapprendre, à sortir des idées reçues …à observer selon différents points de vue à partir d’autres systèmes de valeur, d’autres réactions émotionnelles. Il est temps de questionner ces automatismes, de chercher plus d’ouverture, de diversifier les critères de nos jugements…le raisonnement que nous croyons logique (fondé sur nos croyances culturelles ou religieuses…..par exemple), les réactions émotionnelles que nous croyons universelles (en fonction de notre profil psychologique) et le mimétisme qui rend prévisible nos décisions (en fonction de nos figures de référence), sont les indicateurs de notre ignorance. Apprendre à instaurer un nouvel automatisme qui consiste à s’interroger, douter, confronter systématiquement nos premières impressions. Pénétrer dans un monde différent se fait avec de nouvelles lunettes….Et avec prudence. Pas à pas, il faut réinventer de nouveaux chemins, sortir des certitudes et des idées reçues.

Changer les critères de valorisations

Diversifier les critères d’évaluation et sortir des valeurs financières qui ont structuré les dernières décennies sont une réponse à la complexité systémique. Certes l’argent garde un grand pouvoir, mais d’autres forces sont déterminantes. Intégrer le respect des relations humaines, les pérennités écologiques, les différentes mailles de temps ….. permet d’aller négocier là où il nous semblait impossible de le faire. Par exemple, qui aurait cru, il y a encore quelques années, que les entreprises auraient obligation de gérer les risques psychosociaux liés à leur activité. Ceux qui se sont battus pour cette reconnaissance ont su ouvrir les yeux des politiques. Remettre en cause certains pouvoirs et certaines croyances afin de prendre des décisions adaptées à notre époque, porteuses d’un futur souhaitable pour l’humanité. Revoir la panoplie des critères d’évaluation des situations, négocier leur diversité….Les pondérer selon les situations et les contextes, voilà une gymnastique intéressante pour assouplir notre cortex d’animal pensant.

Se faire le cadeau de la sérendipité

Ces différentes pistes de travail ouvrent le cerveau à plus de créativité. Voir le monde autrement permet de découvrir d’autres solutions, de prendre d’autres décisions. De vivre des expériences pleines d’enseignement, sources d’innovation et de hasard heureux. Prenons le risque de laisser sa chance à l’imprévu. Créons de nouvelles connexions entre les neurones, stimulons notre cerveau, apprenons-lui à sortir des sentiers battus.

Challengeons notre cerveau en tentant de nouvelles aventures, vivons autrement l’interaction entre le monde et nous. Tout nous y conduit. Découvrons un nouveau niveau de l’intelligence !