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Prix de l'inventeur européen de l'année : honneur au Maroc !

Le prestigieux prix de l'inventeur européen de l'année (European Inventor Award 2017) vient d’être remis pour 2017 au biologiste marocain Adnane Remmal pour ses travaux sur l’amélioration considérable de l'efficacité des antibiotiques. Une innovation révolutionnaire qui consiste à "doper" des antibiotiques en utilisant les propriétés médicinales de fleurs et d'autres organes végétaux, inspirée des traditions régionales. Ce procédé lutte efficacement contre la plus grande menace de la médecine moderne, les bactéries résistantes aux antibiotiques. Une innovation qui lui garantit donc une place parmi les meilleurs inventeurs européens.
 
L’Office européen des brevets (OEB), l'équivalent de notre INPI national, a dévoilé ce jeudi 15 juin le gagnant, dans la catégorie des chercheurs originaires de pays non européens /Prix du public, Adnane Remnal (1), comme porteur d'une spectaculaire avancée médicale. Chaque année, le prix de l’inventeur européen récompense les innovations qui ont apporté des réponses aux grands défis de notre temps. Le médicament anti-antibiotique d’Adnane Remmal se veut être une solution peu coûteuse à ce que l’ONU traite de risque de catastrophe mondiale.
 
Son brevet sur le "boostage des antibiotiques par les Huiles Essentielles" consiste à doper" les antibiotiques en utilisant les propriétés médicinales du monde végétal. Son invention aidera à combattre les résistances bactériennes causées par l'abus d'antibiotiques, et à enrayer la propagation des super microbes multirésistants.
 
Au cours de ses recherches à l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fez, Adnane Remmal s'est attaqué à un des problèmes majeurs auxquels se heurte la médecine moderne, à savoir le nombre croissant de bactéries devenues résistantes aux antibiotiques. Selon lui, une solution pourrait venir de la tradition régionale consistant à distiller des fleurs et d'autres organes végétaux pour en extraire des arômes et des infusions.
Connaissant les propriétés antimicrobiennes, antiparasitaires et antifongiques de nombreuses plantes, Remmal savait aussi qu'utilisées à doses assez fortes pour être efficaces, elles sont souvent impropres à un usage médical en raison d'effets secondaires fréquents tels que maux de tête et nausées. D'où la solution consistant à miser sur les vertus inhérentes des antibiotiques et des huiles essentielles, en combinant les deux pour obtenir un effet de synergie tout en évitant les effets secondaires.
 
Développée par Remmal depuis le milieu des années 1990 et brevetée par l'OEB en 2014, l'invention a débouché sur un médicament nouveau actuellement au stade des derniers essais cliniques. Ce médicament, dont la mise sur le marché est prévue pour fin 2017, utilise une double approche basée sur les huiles essentielles pour contrer les multirésitances. En plus de son médicament qui intensifie de façon naturelle l'action des antibiotiques, Remmal a inventé un supplément tiré d'huiles essentielles qui remplace les antibiotiques et les autres produits chimiques dans l'alimentation animale. L'abus d'antibiotiques dans l'élevage intensif est une des causes majeures d'antibiorésistance.
 
Remmal s'ajoute à la longue liste des finalistes et lauréats du Prix de l'inventeur européen à s'être inspirés de la nature pour arriver à des solutions innovantes. L'inventeur danois Peter Holme Jensen et son équipe chez Aquaporin (2014 ; PME - lauréats) s'inspira du transport naturel intercellulaire de l'eau afin de mettre au point sa membrane écoénergétique pour purifier l'eau. L'utilisation ciblée de composés naturels pour traiter diverses maladies est au centre des inventions de Ivars Kalvins (2015 ; Œuvre d'une vie - finaliste). Le chercheur néerlandais Hendrik Jonkers (2015 ; Recherche - finaliste) eut l'idée de créer un béton autoréparateur en ajoutant au mélange des bactéries productrices de calcaire.

Impact sociétal

L'Organisation mondiale de la Santé ainsi que plusieurs États et autres acteurs ont placé l'antibiorésitance en tête de leurs priorités. L'ampleur mondiale du problème rend sa solution difficile. Les infections réfractaires aux traitements médicamenteux tuent chaque année quelque 700 000 personnes à travers le monde, hécatombe qui pourrait atteindre les 10 millions d'ici 2050 faute d'une nouvelle génération d'antibiotiques. D'où l'intérêt du médicament nouvellement développé par Remmal, qui s'attaque aux bactéries moyennement et fortement résistantes avec plus d'efficacité que ne le font les antibiotiques standards, et avec moins d'effets secondaires et de résistances. Ce médicament permettra de mieux contenir les agents pathogènes et donnera à l'humanité un répit pour inventer de nouveaux antibiotiques.
 
Parallèlement, le complément alimentaire naturel pour bétail développé par Remmal s'attaque à un autre aspect du problème, car la moitié des antibiotiques fabriqués dans le monde, y compris ceux indispensables à la médecine humaine, sont utilisés dans l'alimentation animale. Administrés à des doses infrathérapeutiques, ces antibiotiques stimulent la croissance du bétail mais permettent aux microorganismes de survivre en développant des résistances. Ceux-ci se transmettent ensuite via la chaîne alimentaire, comme c'est le cas des souches résistantes de salmonelles et de colibacilles, et prolifèrent dans les eaux usées et les abreuvoirs.
 
Ajoutée à la filière normale d'alimentation animale, la formule de Remmal se révèle tout aussi efficace que les antibiotiques standards sans en avoir les effets secondaires ni engendrer de résistances.

Impact économique

La Commission européenne estime à 1,5 milliard d'euros au moins le surcoût annuel et la perte de productivité résultant des infections causées par les bactéries résistantes. Selon un rapport de la banque mondiale publié en 2016, l'impact annuel de l'antibiorésistance sur le budget sanitaire mondial d'ici 2050 pourrait osciller entre 283 milliards et plus de 984 milliards d'euros. Une partie du problème vient du fait que chaque antibiotique nouvellement synthétisé coûte à la communauté entre 500 millions d'euros et 1 milliard d'euros et comporte ses propres possibilités de résistances, d'effets secondaires et de toxicité, sans compter le risque que des investissements réalisés dans un nouveau médicament ne soient pas suivis de résultats.
 
Les "antibiotiques dopés" de Remmal en sont à leurs derniers essais cliniques et devraient faire leur apparition sur le marché fin 2017. Le nouveau médicament se caractérise par un faible coût de production et peut être vendu à un prix abordable du fait qu'il utilise des molécules naturelles déjà testées et approuvées dans l'industrie pharmaceutique.
 
En 2004, afin de commercialiser ses produits pharmaceutiques, Remmal fonda une entreprise qui a depuis lors déposé quatre demandes de brevets pour protéger le concept d'intensification de l'effet des agents anti-infectieux. La jeune entreprise a amené le principal laboratoire pharmaceutique du Maroc et de l'Afrique de l'Ouest à investir dans la commercialisation des "antibiotiques dopés".

Comment ça marche ?

Il existe plus de 100 antibiotiques répartis en plusieurs classes, avec chacun leur mode de fonctionnement propre. D'une façon générale, les antibiotiques empêchent la bactérie de se reproduire ou de réparer son ADN endommagé, ou encore exploitent certaines faiblesses de sa paroi cellulaire.
 
À l'échelle moléculaire, Remmal compare le fonctionnement d'un antibiotique à une clef servant à ouvrir une porte : "Dès que la clef ouvre la porte, la bactérie meurt, mais si une mutation modifie un tant soit peu la géométrie de la serrure, la clef n'entre plus et la bactérie devient résistante".
 
En "dopant" l'antibiotique aux huiles naturelles, Remmal a inventé une clef qui ne se contente pas d'ouvrir la porte, mais qui la démolit.
 
La clef spéciale de Remmal associe, aux propriétés antimicrobiennes naturelles de certaines plantes locales, les antibiotiques connus tels que les pénicillines, les céphalosporines et même les antibiotiques utilisés contre le staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM). L'interaction entre les molécules naturelles "dopantes" et les antibiotiques crée des "complexes moléculaires" que les mécanismes de résistance mis en œuvre par les bactéries ont de la peine à reconnaître. Les bactéries peuvent alors très difficilement développer des résistances efficaces contre le traitement anti-infectieux.
 
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A côté de Adnane Remmal, cinq inventeurs européens ont été primés ce 15 juin pour leurs découvertes. Il s'agit du microbiologiste italien Rino Rappuoli, l'inventeur allemand Günter Hufschmid, le groupe de recherche Galileo, un système européen de géolocalisation, ainsi que deux autres finalistes de la catégorie PME Gert-Jan Gruter (Pays-Bas) pour les bouteilles en plastiques d'origine végétale, et Steve Lindsey (Royaume-Uni) pour le compresseur d'air à haute efficacité.
 
 
(1) Après des études de biologie à l'Université de Fez, Remmal fut invité à poursuivre sa formation au centre d'Orsay (université Paris-XI) en 1982. Pendant ses travaux dans les équipes de recherches dirigées par Édouard Coraboeuf et Philippe Meyer, il obtint un postgraduat en électrophysiologie et pharmacologie cardiovasculaire ainsi qu'un doctorat en pharmacologie moléculaire (1987).
Renonçant aux offres qui lui étaient faites de rester en France après son doctorat, Remmal préféra rentrer au Maroc pour y partager sa passion de chercheur avec ses étudiants marocains et contribuer au développement technologique et scientifique de son pays. Remmal devint professeur-chercheur à l'Université de Fez en 1988, et ses travaux de recherche fondamentale sur l'activité antimicrobienne des huiles essentielles lui valurent un second doctorat en microbiologie en 1994.
 
Pour son supplément alimentaire pour bétail à base d'extraits de plantes, Remmal reçut en 2015 le Prix de l'innovation pour l'Afrique décerné par l'Africa Innovation Foundation.
 
 
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Obésité

Pendant qu’un terrien sur 10 est obèse, les français font davantage attention à leur ligne

Deux études se télescopent : l’une, au niveau mondial, enregistre une augmentation de l’obésité partout dans le monde, tandis que l’autre, centrée sur la France, démontre que nous faisons attention à notre poids, voire même trop pour certaines catégories de la population. Alors Mardi gras ou mi-Carême ?
 
La proportion de la population obèse n'a cessé d'augmenter dans le monde depuis 1980, doublant dans 73 pays, selon une vaste étude publiée lundi qui signale une aggravation de cette crise de santé publique avec désormais une personne sur dix souffrant d'obésité sur la planète.
L'excès pondéral est responsable d'un net accroissement des maladies cardio-vasculaires, du diabète et de certains cancers à l'origine d'une augmentation de la mortalité. Il représente un enjeu majeur de santé publique mais aussi un coût social et financier grandissant.
 
Les résultats de cette étude montrent « une crise grandissante et troublante de santé publique au niveau mondial », soulignent les auteurs dont les travaux, qui englobent 195 pays et territoires, paraissent dans la revue médicale américaine New England Journal of Medicine.
Le rapport fait également l'objet d'une présentation au Forum annuel EAT sur l'alimentation à Stockholm, qui vise à créer un système de production alimentaire plus sain et durable.
 
En 2015, 107,7 millions d'enfants et 603,7 millions d'adultes souffraient d'obésité dans le monde, ont déterminé ces chercheurs. Pour la même année, l'excès de poids et l'obésité affectaient au total 2,2 milliards de personnes, soit 30% de la population mondiale. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait ce chiffre à plus de 1,9 milliard en 2014, dont plus de 600 millions d'obèses.

Quatre millions de morts

La fréquence de l'obésité pédiatrique a été moindre que chez les adultes, mais son accroissement a été plus rapide pendant cette période de 35 ans.
 
Cette étude montre également qu'un IMC élevé a été lié à quatre millions de décès dans le monde en 2015, dont près de 40% chez des personnes seulement en surpoids.
Un indice de masse corporelle (le poids divisé par la taille au carré) supérieur à 24,5 signale un surpoids. Une personne est considérée obèse à partir d'un IMC de 30.
 
Plus des deux-tiers des morts ont résulté de maladies cardiovasculaires, dont l'augmentation est très nette depuis 1990 et qui sont liées à un IMC excessif.
« Les personnes qui ne font pas attention à un gain de poids le font à leurs risques et périls: ils risquent d'avoir une maladie cardiovasculaire, du diabète, un cancer et d'autres pathologies mettant la vie en danger », met en garde le Dr Christopher Murray, directeur de l'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) à l'Université de Washington à Seattle, un des co-auteurs de l'étude.
 
Parmi les vingt pays les plus peuplés, les États-Unis comptent le taux d'obésité le plus élevé pour les enfants et les jeunes adultes, avec près de 13%, tandis que l'Égypte est en tête pour la prévalence des adultes obèses, avec environ 35% de cette population.
La Chine et l'Inde comptaient le plus grand nombre d'enfants obèses avec 15,3 millions et 14,4 millions.
 
Les incidences les plus faibles d'obésité des adultes ont été constatées au Bangladesh et au Vietnam avec seulement 1%.
Les États-Unis (79,4 millions) et la Chine (57,3 millions) avaient en 2015 le plus grand nombre d'adultes obèses.

Chiffre préoccupant

L'objectif de cette étude est de comprendre au niveau mondial les facteurs responsables de « cette épidémie actuelle de maladies » liées au surpoids et à l'obésité, expliquent les chercheurs. « L'excès pondéral est l'un des problèmes de santé publique les plus difficiles de notre temps affectant près d'une personne sur trois », souligne à l’AFP le Dr Ashkan Afshin, professeur adjoint de santé publique à l'Université de Washington, principal auteur de l'étude. « Pendant la dernière décennie, de nombreuses actions ont été menées pour lutter contre ce fléau mais il existe peu d'indications montrant leur efficacité sur le long terme », pointe-t-il.
 
Dans un éditorial accompagnant l'étude, les Dr Edward Gregg et Jonathan Shaw, des épidémiologistes des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), estiment que « le chiffre le plus préoccupant est le triplement de l'obésité chez les enfants et les jeunes adultes dans les pays en développement et à revenus intermédiaires, comme la Chine, le Brésil et l'Indonésie ».
« L'obésité jeune va probablement se traduire par un accroissement important du diabète adulte (type 2), de l'hypertension et de maladies rénales chroniques », prédisent-ils.
 
Ce rapport s'appuie sur des données provenant de la plus récente étude sur le fardeau mondial des maladie (Global Burden of Disease study ou GBD), qui quantifie l'impact sur la santé de plus de 300 pathologies dans 133 pays.

Surpoids et obésité stables en France

Au même moment, une autre étude parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence sanitaire Santé publique France, établit que 49% des adultes étaient en surpoids en 2015 contre 49,3% en 2006. L'obésité n'a pas non plus connu d'évolution significative : 17,2% contre 16,9%.
 
Surpoids et obésité sont stables chez les adultes et les enfants en France sur la période 2006-2015, marquée en revanche par une augmentation de la maigreur chez les filles de 11 à 14 ans, relève le rapport publié mardi. Même stabilité chez les enfants de 6 à 17 ans. En 2015, 16,9% étaient en surpoids et 3,9% obèses, contre 17,6% et 3,3% en 2006.

Davantage de maigreur chez les filles ados

En revanche, la maigreur a augmenté chez les enfants, passant de 8% à 13%. Cette hausse touche particulièrement les filles de 11 à 14 ans : dans cette catégorie, le taux de maigreur est quasiment multiplié par cinq en dix ans (de 4,3% à 19,6%).
« C'est un constat à nuancer. C'est essentiellement de la maigreur de grade 1 (juste sous les seuils de normalité, ndlr), ce n'est pas de la maigreur pathologique, pas de l'anorexie », souligne à l'AFP l'épidémiologiste Benoît Salanave, de l'unité de surveillance nutritionnelle de Santé publique France.
 
« Nous n'avons pas d'explication particulière, il faudrait creuser davantage et regarder par niveau socio-économique », a-t-il poursuivi.
 
Ce rapport est l'un des volets d'une vaste étude nommée Esteban (Étude de SanTé sur l'Environnement, la Biosurveillance, l'Activité physique et la Nutrition) portant sur 2.467 adultes et 1.099 enfants. Il est uniquement consacré à la corpulence des Français et sera prochainement complété par d'autres chapitres sur l'activité physique et les habitudes alimentaires.
 
Pour mesurer l'évolution de la corpulence en dix ans, les chiffres de l'étude Esteban (qui porte sur 2015) ont été comparés à ceux d'une autre étude de 2006. « Chez les adultes, c'est la première fois qu'on atteint une stabilité (du surpoids et de l'obésité, ndlr). Chez les enfants, c'est une confirmation », a commenté M. Salanave, selon qui « on reste quand même à des niveaux importants » pour les deux catégories.

Marqueur social

Jadis, aux temps médiévaux, être bien gras était synonyme d’opulence rappelle Pascale Santi du Monde. Aujourd’hui, la dictature sociale est à la minceur. D’autant que l’obésité peut être un marqueur social pointant les populations les plus défavorisées. Il est vrai que l’étude Esteban montre que les personnes les moins diplômées sont plus fréquemment obèses. Ainsi 60,8 % des hommes dont le niveau d’études est inférieur au baccalauréat sont en surpoids, contre 42 % de ceux de niveau bac + 3. Même tendance chez les femmes, avec 53,4 % de celles n’ayant pas le bac en surpoids contre 29,6 % des femmes de niveau bac + 3. De même, chez les enfants, ceux dont le père ou la mère n’avaient pas de diplôme ou un diplôme inférieur au baccalauréat étaient plus souvent en surpoids ou obèses.
 
Un peu plus de 30 % des femmes dont le revenu mensuel est inférieur à 450 euros sont obèses, ce taux chutant à 7 % chez celles qui disposent de plus de 4 200 euros par mois. « Il y a une trajectoire biologique, psychologique et sociale de l’obésité qui s’impose à la personne concernée », résume au journal Le Monde le professeur Olivier Ziegler, coordinateur du Centre spécialisé de l’obésité de Nancy.

Messages du corps

Comment expliquer ce phénomène ? Les causes sont multiples, elles peuvent être génétiques, parfois, mais surtout comportementales. La sédentarité, les difficultés du quotidien laisseraient peu de place à une saine gestion des choix alimentaires. Quand on a peu d’argent, il est plus facile d’aller vers des aliments gras et sucrés, il est plus difficile de refuser des friandises aux enfants pour qui c’est parfois l’unique plaisir. Les psychanalystes expliquent que l’obésité comme l’anorexie sont des messages du corps.
« Dans nos sociétés, les gens bénéficient des progrès techniques et se dépensent donc moins physiquement explique la psychanalyste Catherine Grangeard. Ce qui évite de la fatigue mais, en contrepartie, occasionne moins de dépenses d’énergie. Comme par ailleurs l’alimentation est abondante, trop riche en calories et pas toujours en qualité nutritionnelle, telle personne, bien de son époque, stockera facilement. Si en plus psychiquement elle trouve une compensation dans les satisfactions orales, si elle y trouve une réponse aux multiples tracas de sa vie, et si elle a une fixation à ce mode de satisfaction, elle pourra volontiers y recourir plus souvent que nécessaire. Et les kilos viendront signer cette conduite répétée mais aussi en témoigner, en attester, si l’on s’attarde à sa signification.
La recherche de sensations physiques réunit et oppose l’anorexie et l’obésité. Là où l’anorexique aime le manque, à l’inverse, la lourdeur après le repas est voulue, attendue et signe l’apaisement pour une personne obèse. »
 
Enjeu de santé publique, notamment vers les populations défavorisées, l’obésité est aussi un défi économique : le Trésor a récemment évalué le « coût social » de la surcharge pondérale à environ 20 milliards d’euros, un coût comparable à celui de l’alcool ou du tabac. Alors, même si les chiffres français de l’obésité sont un peu meilleurs que ceux d’autres pays, il s’agit là d’un sujet qui devrait faire réfléchir la nouvelle ministre de la santé.
 
Source : AFP
 
 
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santé

A, B, O, certaines lettres ont plus de pouvoir que d'autres

Opération de communication remarquée pour l’Etablissement Français du Sang : Alors que les réserves en sang sont au plus bas à cette période de l’année, l’Etablissement Français du Sang a enjoint des grandes entreprises, des personnalités et des institutions publiques à retirer les lettres A, O et B de leur nom, leur profil Facebook ou leur profil Twitter, pour sensibiliser les Français au don du sang. A ce jour, plus de 60 entreprises et groupes de presse sont partenaires de cette opération, ainsi que de nombreuses personnalités et influenceurs.
UP' magazine est partenaire de l'opération
 
C’est pour la bonne cause ! L’opération #MissingType à l’occasion de la Journée mondiale des donneurs de sang #JMDS, demain mercredi 14 juin, est organisée par l’Etablissement Français du Sang et vise à sensibiliser le plus grand nombre à l’importance du don de sang.
 
La Journée mondiale des donneurs de sang (#JMDS) a lieu chaque année le 14 juin. Elle a pour objectif de remercier les donneurs et bénévoles qui se mobilisent tout au long de l’année mais aussi et surtout d’inciter de nouvelles personnes à venir donner pour la première fois et à revenir pour les plus impliquées dans cette action citoyenne. Cette année et pour donner encore plus d’écho à ce geste de partage au cœur « du vivre ensemble », en particulier sur les réseaux sociaux, la JMDS sera aux couleurs de l’opération #MissingType, qui vise à sensibiliser le plus grand nombre au don de sang.

L’opération #MissingType au service de la #JMDS

Cette année, à l’occasion de la Journée mondiale des donneurs de sang (#JMDS sur Twitter), l’Etablissement français du sang invite les marques, les institutions et les particuliers à faire disparaître les lettres A, B, O (groupes sanguins) de leur logo, site internet, comptes Facebook et Twitter, etc.
Créée en Grande-Bretagne puis déployée dans 22 pays, l’opération #MissingType offre aux marques, aux entreprises et à tous les citoyens une belle opportunité de participer à la mobilisation pour le don de sang.
Cette opération inédite qui vise à sensibiliser le plus grand nombre à l’importance du don de sang se déroulera du 10 au 17 juin avec en point d’orgue la Journée mondiale des donneurs de sang, le 14 juin.
Une opération simple, spontanée et virale que l’EFS entend relayer en France cette année grâce à l’engagement de toutes les marques qui partagent l’idée forte que le don de sang est un acte citoyen et solidaire pour soigner chaque année 1 million de malades.

Les premières marques aux côtés de la JMDS du 10 au 17 juin

Plus de cinquante marques ont déjà confirmé leur participation à #MissingType et se feront ainsi ambassadrices du don de sang à nos côtés en faisant disparaitre leurs A, B et O. Beaucoup d’autres rejoindront sans aucun doute cette dynamique populaire qui s’exprimera avant tout sur les réseaux sociaux. Une formidable opportunité pour inscrire le don de sang dans une dynamique plus que jamais contemporaine et porteuse de sens.
Parmi elles, AccorHotels Group, Adecco Medical, AFP, Anses, Babies’rus, Banque Populaire, Belambra, Bensimon, Blablacar, Boursorama, But, Casino Restauration, Clarins, Eovi Mutuelle, Fédération Nationale Des Sapeurs-Pompiers, Ferrero, Flunch, France TV, Groupe M6, Havas, Hop !, Kaporal, Kayser, Keolis, Kiabi, Kinder, L'opinion, La Méridionale, La Parisienne, Le Figaro, Libération, Look Voyages, Made.Com, Msa, Mutualia, Mutuelle Bleue, My Major Company, Nutella, Olympia, Orpi, Publicis Conseil, Ratp, SQhowroomprivé.Com, Stratégies, Toys'rus, Uber France, Vacances Transat France, Volkswagen…et UP' magazine.
Mais aussi au niveau local, de nombreuses collectivités, des banques, des hôpitaux, des écoles et universités ou encore des commerçants participeront à #MissingType.

Les équipes de l’EFS mobilisées sur tout le territoire

Grâce à la mobilisation de tous, l’EFS souhaite impulser un formidable élan populaire autour du don de sang. Plus de 300 lieux de collectes seront habillés aux couleurs de l’événement. Les équipes de l’EFS accueilleront toute la semaine, du 10 au 17 juin, le grand public dans une ambiance festive et ludique, pour faire de l’expérience donneur, un moment convivial et de partage.
45 minutes suffisent pour un don de sang.
10 000 dons de sang sont nécessaires chaque jour. Partagez votre pouvoir, donnez votre sang !
Pour savoir où donner : www.dondesang.efs.sante.fr
 
 
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ISS

En microgravité, des mutations accélérées de bactéries sont observées.

Alors que Thomas Pesquet rentre tout juste de son long voyage autour de la Terre et que les projets de tourisme spatial se multiplient, une information publiée cette semaine dans la revue scientifique NPJ Microgravity fait froid dans le dos. Les bactéries placées en situation de microgravité mutent à toute vitesse et de façon durable. Quand on sait que chaque humain transporte dans son corps des milliards de bactéries, on ne peut que s’inquiéter de ces nouveaux risques de l’espace.
 
Exposées à la microgravité, certaines bactéries mutent pour se reproduire plus rapidement. On ne comprend pas très bien pourquoi ces bactéries ont réagi de façon positive à la microgravité mais les chercheurs se mobilisent pour protéger les astronautes et atténuer les dégâts si une colonie de bactéries mutantes serait ramenée sur Terre.
 
Des chercheurs de l'Université de Houston ont surveillé les cellules d’Escherichia coli à travers 1000 générations dans des conditions de microgravité simulées. Ils ont constaté qu'elles se propagent beaucoup plus rapidement qu'un échantillon témoin de bactéries non altérées.
Les cellules de E. coli ont ainsi fait l’objet d’au moins seize mutations génétiques différentes en cours de route, même si on ne sait pas encore quelle est l’incidence de ces mutations sur les taux de croissance, individuellement ou en groupe.
 
« Cette étude a une portée plus large que les précédentes », a déclaré Jason Rosenzweig, coauteur de l’étude à la revue New Scientist. « Notre recherche interroge tout le génome plutôt que des sous-groupes spécifiques de gènes ».
Les tests ont montré que les cellules mutantes ont augmenté environ trois fois plus que celles des colonies de E. coli non modifiées.
 
Même lorsque les bactéries ont été retirées des conditions de microgravité jusqu'à 30 générations avant le test, 72% de l'avantage de croissance a été conservé, ce qui tendrait à démontrer que certains changements provoqués par les déplacements dans l'espace pourraient être permanents.
« Nous sommes, en fait, en train d’observer de véritables changements génomiques - des changements permanents », a déclaré le chercheur George Fox de l'Université de Houston, à New Scientist . « Ensuite, nous devons déterminer exactement ce que produisent ces changements ».
 
Dans des études antérieures qui n’avaient pas le niveau de profondeur ni la même durée que cette expérimentation, les scientifiques avaient déjà constaté des signes prouvant que cette bactérie peut se reproduire plus facilement dans l'espace. Certaines souches ont déjà montré qu'elles augmentaient 60% plus rapidement en microgravité. Il y a donc bien quelque chose dans l’environnement spatial que ces microorganismes aiment vraiment.
 
Déjà, les astronautes à bord de l'ISS sont confrontés à la présence de biofilms épais de bactéries sur leurs équipements qui croissent plus vite que la normale. Nous ne sommes pas loin d’un scénario de film d'horreur spatial.
 
L'équipe affirme qu'une étude plus approfondie nous aidera à déterminer les types de problèmes qui pourraient perturber la vie à bord de nos vaisseaux spatiaux et comment on pourrait s’y adapter.
De même, si une quelconque des bactéries modifiées devait revenir sur Terre - peut-être à bord d'un vaisseau spatial de touristes -, nous devons également savoir ce que nous avons à faire disent les scientifiques.
 
Rassurante, l'équipe de chercheurs a indiqué que les bactéries mutées sont éliminées tout aussi rapidement que des E. coli normales lorsqu'elles étaient traitées avec des antibiotiques. Acceptons-en l’augure. Mais un énorme chantier reste devant nous a déclaré le chercheur principal, Madhan Tirumalai, à  New Scientist : « Nous avons besoin de plus d'expériences de ce genre, surtout si les vols spatiaux humain tendent à se développer aussi largement qu’on peut s’y attendre, dans les prochaines années ».
 
 
Source : Science Alert
 
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perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens seraient la cause de la puberté précoce en France

La première estimation en France de la fréquence de la maladie de la puberté précoce montre des variations géographiques avec, pour les filles, certaines régions où elle est douze fois plus fréquente et, pour les garçons, six fois plus. Les perturbateurs endocriniens (pesticides, phtalates, bisphénol A...) sont soupçonnés d’en être la cause.
 
Livrées sous forme de carte de France métropolitaine, département par département, ces premières données nationales ont été présentées dans le cadre des Rencontres Santé publique France organisées à Paris jusqu'au 31 mai.
 
Les signes de cette maladie rare, qui stoppe prématurément la croissance, sont notamment les seins qui poussent chez les filles, les testicules qui augmentent de volume chez les garçons et l'apparition de pilosité pubienne. Les premiers signes surviennent avant 8 ans chez les filles et avant 9 ans chez les garçons.
Les chercheurs ont recensé les cas de ces puberté précoces sur la base des traitements prescrits pour bloquer temporairement leur puberté, en écartant celles de causes connues (lésions du système nerveux centrales, origine génétique...).
 
Les perturbateurs endocriniens (pesticides, phtalates, bisphénol A...) sont soupçonnés d'être impliqués dans certains troubles comme l'obésité, le diabète et ces pubertés précoces.
Chez les filles, le rôle de l'exposition aux perturbateurs endocriniens (polybromés, dits PBBs, comme dans les retardateurs de flamme, cosmétiques ou soins de cheveux contenant des oestrogènes) est considéré comme scientifiquement "plausible", souligne Joëlle Moal, médecin épidémiologiste (Direction santé environnement de l'agence sanitaire Santé publique France) qui a dirigé ce travail avec des spécialistes de l'hôpital Robert Debré (Paris).
D'autres hypothèses sont discutées comme par exemple le rôle des rayons UV ou le surpoids.
 
On dénombre 1.173 nouveaux cas de puberté précoce par an (d'après les données sur 3 ans, 2011-2013) chez les filles et dix fois moins chez les garçons, relève la chercheuse. Il y a probablement un sous-diagnostic chez ces derniers, ajoute-t-elle.
L'incidence varie de 1 à 12 nouveaux cas pour 10.000 fillettes de moins de 9 ans en métropole, selon la chercheuse, qui relève une répartition qui n'est pas homogène.
"Pour les filles, nous avons identifié deux régions à forte incidence : Midi-Pyrénées autour de Toulouse et Rhône-Alpes autour de Lyon", explique-t-elle. Ce qui oriente vers des "mécanismes communs". Parmi les moins touchées, situées dans la moitié nord, figurent Lille et le Pas-de-Calais. Schématiquement pour les garçons, c'est à peu près pareil, précise la chercheuse.
 
Pour approfondir la question, les chercheurs prévoient d'étudier certains types de cultures - viticulture et arboriculture - auxquelles auraient pu être exposées les familles. Les éventuelles expositions industrielles sont également à prendre en compte.
L'étude n'a pas permis à ce stade de savoir si cette pathologie rare était en augmentation.
 
Source : AFP
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