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santé

Des épinards pour fabriquer des tissus cardiaques

Des chercheurs américains sont parvenus à reconstituer du tissu cardiaque humain qui fonctionne comme un cœur : il bat et conduit le sang dans un système cardiovasculaire. La nouveauté c’est que ce tissu est fabriqué à partir de feuilles d’épinard achetées, comme n’importe quelle ménagère le ferait… au marché !
 
Pour faire face à la pénurie chronique d’organes donateurs, les scientifiques travaillent de plus en plus sur des tissus et organes entiers cultivés en laboratoire. Le problème récurrent auquel ils se heurtent est celui de l’apport constant de sang dans ces tissus. Il est en effet notoirement difficile de construire un système de vascularisation, c'est-à-dire de petits vaisseaux sanguins dont certains, les capillaires, ont seulement 5 à 10 micromètres de large. Et pourtant, ce sont eux qui transportent l’oxygène et les nutriments dont un tissu cultivé en laboratoire a besoin pour être pleinement fonctionnel.
 
Une équipe de chercheurs de l’Institut polytechnique de Worcester (WPI) dans le Massasuchetts est parvenue à la prouesse de transformer une feuille d’épinards en tissu vivant de cœur. Les scientifiques expliquent dans leur article que les plantes et les animaux exploitent des approches fondamentalement différentes pour le transport des fluides, des produits chimiques et autres macromolécules dont un organisme a besoin. Mais, ajoutent-ils, « il y a des similitudes surprenantes dans leur structure de réseaux vasculaires ». Aussi, au lieu de chercher à construire un système vasculaire à partir de zéro, il est plus intéressant d’utiliser ce que produit la nature.
Les chercheurs sont donc allés chercher des feuilles d’épinard au marché et ont entrepris de dépouiller chaque feuille du matériel végétal vert jusqu’à ce qu’il ne reste que la structure de fine cellulose qui structure la feuille ; en quelque sorte, son « squelette ». 
Pour accéder à la fine structure vasculaire des épinards, l’équipe a fait circuler une solution de détergent à travers les feuilles pour « laver » les cellules végétales. Le processus s’appelle la « décellurisation ».
Un des membres de l’équipe, Joshua Gerslak, explique qu’il avait fait auparavant un travail de décellurisation sur le cœur humain et il s’était rendu compte que la tige d’une feuille d’épinard ressemble au dessin de l’aorte. Il pensa donc perfuser à travers la tige pour voir si le système vasculaire de la feuille fonctionnerait. En fait, le mécanisme s’est révélé assez facile à réaliser et à répéter. Le modèle fonctionne très bien sur des feuilles d’épinard mais il marche aussi sur des feuilles de persil ou d’armoise. Mais l’épinard est un candidat idéal pour les expérimentations car sa feuille possède une forte concentration de vaisseaux, exactement comme le tissu cardiaque.
Selon les chercheurs, on peut imaginer d’utiliser d’autres plantes en fonction du tissu que l’on souhaite reconstruire. Ainsi, la structure du bois pourrait s’avérait fort utile dans l’ingénierie osseuse.
 
Pour revenir à nos épinards, les scientifiques ont ensemencé la structure vasculaire de la plante avec des cellules de muscle cardiaque. Au bout de seulement quelques jours, ils ont constaté que les cellules insérées dans la feuille commençaient à se contracter spontanément, exactement comme elles le feraient dans des tissus humains. C’est ce que l’on voit nettement dans la vidéo ci-dessous :
 
{youtube}6iUrxGo9gZs{/youtube}
 
Ce succès autorise Joshua Gerslak à rêver pouvoir fabriquer du tissu cardiaque à partir d’un empilement de feuilles d’épinards. Les victimes d’accidents cardiaques pourraient ainsi relativement aisément faire réparer les tissus endommagés de leur muscle cardiaque.
 
L’expérience est pour l’instant au stade de preuve de concept. On ne sait pas encore comment intégrer le système vasculaire d’une plante dans un système vasculaire humain. La réponse immunitaire devra être trouvée mais les chercheurs sont optimistes. « Imaginer de prendre quelque chose d’aussi simple et abondant qu’une feuille d’épinard pour la transformer en tissu capable de faire circuler le sang à travers elle est un challenge très excitant » disent-ils.
 
La recherche a été publiée dans Biomaterials.
 
Source  : Science Alert
 
 
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médecin virtuel

Des médecins virtuels pour diagnostiquer des troubles dépressifs

Problème de disponibilité de médecins dans votre quartier ou dans votre village ? Pas de problèmes, désormais des humains virtuels pourront diagnostiquer des troubles mentaux, tels que la dépression ou ceux liés au manque de sommeil. Une équipe de chercheurs de Bordeaux a désormais un nouveau collaborateur virtuel.
 
Des chercheurs bordelais ont montré qu’il était possible d’utiliser des humains virtuels, bien acceptés par les patients, pour diagnostiquer des troubles mentaux, tels que la dépression ou encore les troubles du sommeil ou l'addiction à l'alcool.
A une époque où chacun consulte son smartphone pour toutes questions médicales, où il est possible de télécharger des applications de santé, de suivre la qualité de son sommeil. Des études récentes ont montré que les agents conversationnels de type Siri d’Apple, Google now..., répondent mal aux questions ayant trait à la maladie ou à la souffrance psychique. Si ces agents peuvent renseigner sur la météo ou une localisation précise, les questions concernant la santé amènent à des réponses limitées qui ne correspondent pas aux attentes des patients en souffrance. Un autre problème repose sur le faible pouvoir empathique d’agents vocaux dépourvus d’interactions physiques (émotions faciales, etc.).
 
Les chercheurs du laboratoire Sanpsy (Sommeil – Addiction - Neuropsychiatrie ; unité CNRS et université de Bordeaux) ont décidé de développer de nouveaux outils numériques basés sur des scénarios médicaux mimant un entretien clinique avec des interactions empathiques.
Ils ont ainsi créé le premier « agent conversationnel animé » ou humain virtuel, capable de conduire un entretien interactif intelligent pour diagnostiquer des troubles dépressifs.
{youtube}Z2nvFY4it-s{/youtube}
 
Cet entretien entre un humain virtuel et un patient est construit à partir d’un référentiel médical validé (DSM-5) enrichi par des tournures de phrases et des interactions gestuelles et faciales renforçant l’engagement du patient dans l’interaction.
 
Cette étude sur 179 patients, publiée ce mois-ci dans la revue open-source de Nature, Scientific Reports, a permis de tester la performance de diagnostic pour le trouble dépressif caractérisé. L‘expérience était basée sur l’identification par l’agent conversationnel animé de symptômes spécifiques (décrits dans le DSM 5) chez des patients venus en consultation externe.
Les résultats ont indiqué que la capacité diagnostique de cet outil augmentait en fonction du niveau de sévérité des symptômes dépressifs.
Deuxième résultat intéressant : la bonne acceptabilité par les patients de cet agent conversationnel, s’apparentant à un humain virtuel féminin prénommée « Julia ».
Les chercheurs ont pu montrer que ces outils fonctionnent et qu’ils sont prometteurs pour mener des entretiens cliniques standardisés en soutien des consultations prodiguées par les médecins et personnels soignants.
 
L’enjeu n’est donc pas de remplacer le médecin mais d’assister ce dernier pour diagnostiquer plus rapidement des patients non identifiés comme dépressifs et possiblement dans le futur d’assurer un suivi médical de qualité au domicile du patient. Cette recherche s’inscrit dans une idée d’hôpital numérique, qui assurera un continuum de prise en charge des services hospitaliers jusqu’au domicile des patients afin d’augmenter l’autonomie de ces derniers.

Autre application : les troubles du sommeil

Les troubles du sommeil touchent 15 à 20 % de nos concitoyens avec des conséquences médico-économiques très importantes. La somnolence diurne est, en particulier, responsable de nombreux accidents et son dépistage est un enjeu de santé publique majeur.
Le développement des outils de réalité virtuelle appliquée au champ médical est en pleine expansion et vise à créer des outils accessibles à la fois pour le patient et le médecin afin d’améliorer la prise en charge des pathologies.
 
Les agents conversationnels animés sont des logiciels issus de l’informatique émotionnelle (Affective Computing) qui ont été utilisés dans les interactions homme-machine mais jusqu’à maintenant ce type de logiciel n’avait pas été appliqué au champ de la médecine du sommeil.
 
L’équipe de P. Philip a créé un agent conversationnel animé capable de conduire un entretien médical permettant de diagnostiquer la somnolence diurne excessive sur les bases d’une échelle validée de mesure de cette somnolence (Epworth Spleepiness Scale).
32 patients et 32 sujets sains ont participés à un entretien médical avec un médecin spécialiste du sommeil afin de compléter l’échelle de somnolence. Ils ont ensuite eu un entretien avec l’agent conversationnel animé pour compléter de façon identique la même échelle de somnolence. Ces travaux montrent une corrélation très significative entre les scores mesurés par l’agent conversationnel animé et le score mesuré par le spécialiste du sommeil. La majorité des sujets testés ont considéré que l’échange avec l’agent conversationnel animé était de nature plaisante. 65 % des participants ont considéré que ce médecin virtuel pouvait amener une aide significative au médecin réel dans la prise en charge des pathologies du sommeil.
 
{youtube}vZABcV7W7K0{/youtube}
 
Ces résultats, qui sont une première dans le dépistage des troubles du sommeil, ouvrent des perspectives nouvelles très intéressantes dans l’usage des humains virtuels dans la prise en charge médicale.
L’accroissement attendu des plaintes de sommeil dans un futur proche lié au vieillissement des populations et aux modifications des rythmes de vie, donne à penser que les agents conversationnels animés seront un élément clé du dispositif de prise en charge des pathologies du sommeil.
 
 
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santé publique

Retrouver le sommeil, une affaire publique

Nous avons tous besoin d’une quantité incompressible de sommeil de bonne qualité, en deçà de laquelle la santé et les capacités de travail ou d’apprentissage sont mises en cause. Or les conditions d’un bon sommeil sont largement conditionnées par l’environnement physique, culturel et social. Un rapport publié par Terra Nova en 2016 explore le sommeil sous tous ses aspects : la santé publique et la sécurité (consommations de médicaments, sécurité routière), le travail de nuit, le sommeil des enfants et des adolescents, mais aussi les effets du bruit et de la pollution lumineuse, ou encore les inégalités sociales produites ou révélées par le sommeil. Sept axes de propositions, assorties de recommandations concrètes, répondent au diagnostic formulé dans ce rapport.
 
Comme tant d’autres sujets de société, le sommeil est ordinairement tenu pour anecdotique, relevant de l’intime, des petits plaisirs ou désagréments de la sphère privée. Dans nos sociétés performantes, chacun est, explicitement ou tacitement, invité à faire de son sommeil une variable d’ajustement, quand bien même un « droit au repos » est légalement reconnu aux travailleurs. C’est que l’injonction à la performance a largement débordé la sphère professionnelle pour gagner l’ensemble des activités personnelles (formation, santé, vie familiale, loisirs, développement personnel, engagements associatifs ou politiques). Notre capacité de concentration est sollicitée comme jamais, à tout instant de la journée, par ce qu’on a appelé une « économie de l’attention » qui tire son profit de la réactivité et de l’audience mesurées et tarifées. Les loisirs numériques, la compétition internationale des mégapoles, les réseaux sociaux, la privatisation de l’espace public concourent à faire du sommeil l’ultime frontière à repousser pour parvenir, au nom de la modernité et de la liberté individuelle, à une société fonctionnant à pleine puissance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
 
La politique et la médecine semblent pour l’instant ne faire qu’accompagner ou même favoriser le processus : de nombreux élus locaux ou nationaux se donnent comme programme inéluctable l’effacement de la différence jour/nuit dans les principaux services publics, tandis que les laboratoires comme les médecins offrent aux patients souffrant de troubles un sommeil et une veille artificiels, à force de somnifères ou de stimulants coûteux et délétères.
 
Pour les auteurs de ce rapport, il importe de rappeler que le sommeil n’est pas un besoin à mettre sur le même plan que d’autres désirs façonnés par les circonstances. L’enfant, l’adolescent, le travailleur en horaires décalés, mais aussi toute personne sur le long terme, a besoin d’une quantité incompressible de sommeil de bonne qualité, en deçà de laquelle la santé et les capacités de travail ou d’apprentissage sont mises en cause. Dans de nombreux pays ou grandes villes, le coût associé aux troubles du sommeil peut se chiffrer en milliards d’euros, car qui dit troubles du sommeil dit également troubles de la vigilance et de l’éveil, impliquant risques industriels, accidents du travail ou de la route, inégalités sociales accrues, risques sanitaires.
 
Si la décision de dormir est éminemment personnelle, les conditions d’un bon sommeil sont largement conditionnées par l’environnement physique, culturel et social. Promouvoir des mesures afin de protéger le sommeil, ce n’est pas opposer la passivité à l’activité, la pureté de la nuit à l’impureté du jour, c’est surtout protéger la qualité de présence de chacun dans la société, le respect que chacun porte à autrui, la capacité à se réaliser soi-même, une forme d’égalité devant un besoin physiologique essentiel, et, au-delà d’une écologie du bien-être, le respect des équilibres écologiques fondamentaux sur notre planète.
 
Terra Nova propose de mieux tenir compte des rythmes biologiques des enfants et écoliers en accordant plus de place au repos ; d’offrir aux personnels de santé une véritable formation aux troubles du sommeil ; de communiquer largement auprès du grand public sur l’enjeu de santé public que représente le sommeil ; de limiter l’impact du bruit et de la lumière sur le sommeil de millions de Français, notamment les plus défavorisés ; de faire du respect du sommeil et de l’anticipation des risques de fatigue un élément clé du bien-être et de l’efficacité au travail ; d’accroître l’information et la prévention concernant la somnolence au volant.
Le sommeil est l’une des rares expériences qui nous restent où, sciemment ou non, nous nous abandonnons nous-mêmes au soin d’autrui. Aussi solitaire et privé que ce phénomène puisse paraître, le sommeil n’a pas encore pu être détaché de tout un entrelacs interhumain de soutien et de confiance mutuels, et ceci nonobstant l’état de détérioration dans lequel ces liens se trouvent. Le sommeil permet aussi une sorte de relâchement périodique de l’individuation – un démêlage nocturne de l’enchevêtrement, tissé à mailles plutôt lâches, des subjectivités superficielles que l’on habite et que l’on gère durant la journée. Dans la dépersonnalisation du sommeil se logent un monde en commun, un geste partagé de retrait hors de la calamiteuse nullité et des gaspillages d’une pratique continue 24/7. Le sommeil a beau être par bien des aspects inexploitable et inassimilable, il est cependant loin de former une enclave hors de l’ordre global existant. Si le sommeil a toujours été poreux, empreint des émanations de l’activité éveillée, il est moins protégé que jamais contre les assauts qui le minent et le fragilisent. En dépit des dégradations qu’il subit, le sommeil correspond à la réapparition d’une attente, d’une pause dans nos vies. (...) Le sommeil est une rémission, une relaxe hors de la « continuité constante » des liens qui nous enserrent à l’état éveillé. »
Jonathan Crary, Historien -  "Le capitalisme à l’assaut du sommeil", La Découverte, 2014.
 

Ecouter l'émission La Méthode scientifique de France Culture "A la recherche du sommeil perdu" : Comment marche le sommeil ? Les troubles du sommeil sont-ils un enjeu de santé publique ? Avec Isabelle Arnuff, neurologue, directrice de l’unité des pathologies du sommeil de l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière, elle a publié notamment « Une fenêtre sur les rêves : neurologie et pathologies du sommeil » chez Odile Jacob et Claude Gronfier, neurobiologiste à l’Unité INSERM 846 à Bron et vice-président de la société francophone de chronobiologie. 

 
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cancer

Cancer : où en est-on ? Quels sont les types et causes de mortalités aujourd'hui ?

Alors que des chercheurs belges seraient sur le point de mettre au point un traitement révolutionnaire contre le cancer, nous vous proposons un état des lieux de cette « maladie » du siècle. Il s'agit d'une synthèse factuelle d'une série de rapports produits par des organismes de santé publique qui analysent l'évolution des taux de cancer et des décès qui en découlent, ainsi que les principaux types de cancer, leurs causes principales et les moyens pour leur prévention. 
 
C'est RTL Info qui annonce cette première mondiale : des chercheurs belges préparent un traitement révolutionnaire contre le cancer. Il s’agit d’une immunothérapie cellulaire. "C'est un traitement vraiment révolutionnaire dans le sens que nous prenons les globules blancs du patient, qui sont censés être les soldats qui protègent le patient contre les agressions, y compris les tumeurs. Nous reprogrammons ces cellules pour qu'elles soient capables de reconnaître la tumeur", explique Christian Homsy, médecin et directeur de la société thérapeutique Celyad, lieu de recherches du traitement en Belgique qui vise sept types de cancers différents, tous agressifs, répandus et avancés. 

L'évolution du nombre de cas de cancer chez l'homme : une augmentation mondiale

Il est important de faire la distinction entre l'incidence des cancers, qui reflète le nombre de cas diagnostiqués pendant une période donnée et la mortalité qui leur est liée.
Comme la population vieillit et que l'âge est l'un des principaux facteurs de risque de cancer, le nombre de cas est, dans l'ensemble, en augmentation. Cependant, en raison d'une détection plus précoce et de traitements plus efficaces, la mortalité diminue, du moins pour certains types de cancer comme le cancer du sein. Chez l’homme, les cinq cancers les plus fréquents en 2012 étaient les cancers du poumon et de la prostate, les cancers colorectaux, de l'estomac et du foie. Chez les femmes, les cinq cas les plus fréquemment diagnostiqués étaient le cancer du sein, le cancer colorectal, le cancer du poumon, du col de l'utérus et de l'estomac. Dans le cas des cancers professionnels, les plus courants sont le cancer du poumon, le mésothéliome (généralement associé à l'exposition à l''amiante) et le cancer de la vessie.
Le nombre de nouveaux cas devrait augmenter d'environ 70% au cours des deux prochaines décennies.

Les principales causes du cancer : plus liées aux infections, au mode de vie et à l'environnement qu’à la génétique ou l'hérédité

Il n'est généralement pas possible de savoir exactement pourquoi une personne développe un cancer et pas une autre, mais certains facteurs sont connus pour augmenter le risque de développement d’un cancer.
Comme le souligne l'OMS , la proportion des cancers causés directement par l'hérédité génétique est faible (moins de 5%) pour le cancer du sein et encore moins pour la plupart des autres types de cancer, à l'exception du rétinoblastome chez l’enfant. Les rôles joués par les gènes sont très variés, si certains déterminent directement l'état de la maladie, d’autres interagissent entre eux, ou bien avec des facteurs environnementaux pour provoquer un cancer (gènes de susceptibilité ).
Les pesticides, majoritairement utilisés dans l'agriculture, mais que l'on retrouve partout dans l'environnement (air, poussières, denrées alimentaires...) sont impliqués dans des pathologies graves de cancers, comme le révélait une étude de l’Inserm en 2013.
 
 
La façon dont les substances chimiques sont transformées dans le corps pour être éliminées (leur métabolisme), est sous un contrôle génétique qui peut être différent d’un individu à l’autre, ce qui peut aussi expliquer des différences de susceptibilité des individus au cancer. Enfin, les mécanismes de réparation de l'ADN cellulaire ont tendance à être moins efficaces en vieillissant. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'augmentation importante des nouveaux cas – de 10 millions de nouveaux cas dans le monde en 2000 à 15 millions en 2020 - sera en effet principalement liée au vieillissement constant des populations des pays développés et des pays en développement, ainsi qu’à l’évolution du tabagisme et à la croissance de l'adoption de modes de vie malsains. L'augmentation marquée du nombre de nouveaux cas dans le monde, y compris dans les pays en développement, est plutôt associée à divers autres facteurs, entre autre l'exposition à des agents infectieux.
 
Cependant, un tiers serait lié à la tendance actuelle à adopter une hygiène de vie dégradée : inactivité, alimentation déséquilibrée, consommation d'alcool et de tabac, obésité mais aussi à certains facteurs liés à la reproduction : âge à la première menstruation, à la première naissance, ménopause, durée de l'allaitement, effets hormonaux externes.
Pour l'OMS, environ 20% de tous les cancers sont également attribuables aux « causes environnementales » dites externes, qui comprennent la pollution atmosphérique, l'exposition aux rayons UV, la fumée intérieure provenant de l'utilisation domestique de combustibles solides et l'exposition intérieure au gaz radon.

Comment se développe un cancer ?

La transformation d'une cellule normale en une cellule cancéreuse se produit en plusieurs étapes, habituellement par une progression d'une lésion précancéreuse vers un état de tumeur maligne dans lequel les cellules se multiplient de façon incontrôlable. Ces changements peuvent être dus soit à des
mutations des gènes eux-mêmes, soit à lafaçon dont les gènes sont exprimés dans la cellule.
Ce n’est pas parce qu’une substance qui cause un cancer est classée « cancérigène », que l'exposition à cette substance provoquera nécessairement un cancer. De nombreux facteurs interviennent pour définir si une personne exposée à un cancérogène développera un cancer, y compris la quantité et la durée de l'exposition et le contexte génétique de l'individu.
Dans les études épidémiologiques, les scientifiques examinent de grands groupes de personnes et comparent les facteurs de risque (mode de vie, activité professionnelle, ...) mais ces études ne peuvent que difficilement prouver directement qu'un comportement ou une substance spécifique cause un cancer et cela peut conduire à des idées fausses sur la façon dont un cancer est initié et se propage.

Comment limiter les expositions aux cancérogènes et prévenir les cancers ?

Même si une exposition à un agent cancérogène qui est connu ou soupçonné de causer le cancer, cela ne signifie pas nécessairement qu'elle peut ou doit être évitée à tout prix. Par exemple, une certaine exposition UV est nécessaire pour produire de la vitamine D et il n'est ni pratique ni souhaitable d'éviter complètement le soleil.
De même, certaines hormones et des médicaments utilisés pour traiter le cancer sont connus pour être eux-mêmes cancérogènes.
En ce qui concerne la prévention primaire, sur le lieu de travail, des règlements ont été mis en place dans le monde. Les individus peuvent également prendre des mesures pour limiter leur exposition aux cancérogènes connus, par exemple, en limitant la concentration en radon dans leur habitation, en cessant de fumer, en limitant leur exposition au soleil ou en contrôlant leur poids corporel. Une prévention secondaire consiste à favoriser le dépistage précoce du cancer, ce qui est crucial pour augmenter la survie des personnes atteintes de cancer.

La manière dont les organisations de santé évaluent et gèrent les agents cancérogènes

En ce qui concerne la classification réglementaire, il est important de distinguer la notion de « danger » qui se réfère aux propriétés intrinsèques d'un agent (physique, chimique, biologique) et sa capacité à causer un dommage - et le concept de «risque» qui prend également en considération la probabilité et l'étendue de l'exposition à l'agent considéré comme dangereux. Cela peut donner lieu à différentes classifications par divers organismes selon que le risque est intégré ou non comme facteur de classification. Le Centre international pour la recherche sur le cancer (CIRC), par exemple,
classe les substances uniquement en fonction de leur potentiel de causer le cancer («danger »).
 
D’autres organismes traitent la gestion des risques cancérogènes, souvent en termes de types spécifiques de cancer (par exemple, le sein, la prostate ...), ou de secteur (air, eau, secteur d’activité). Par exemple, en Europe, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) traite des risques cancérogènes potentiels associés à la production alimentaire et aux aliments. Enfinen milieu professionnel, des listes spécifiquesd’agents cancérogènes sont établies afin delimiter l'exposition à ces agents. 
Les « éléments essentiels » sont une synthèse des « Faits saillants » proposés par GreenFacts du contenu factuel de différents rapports sur le sujet issus d’organisations nationales et internationales de santé publique.
(Source : GreenFacts.org)
 
 
 
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Vieillesse

En Europe on vit plus vieux mais pas en bonne santé

La population de l'Union européenne vit plus longtemps mais pas forcément en meilleure santé : un diagnostic qui a poussé mercredi l'OCDE et la Commission européenne à recommander aux gouvernements d'investir plus dans leurs systèmes de santé.
 
"Nous devons investir dans la vie des gens et le capital humain, dans l'éducation et le développement des compétences - et aussi dans la santé et les soins", a souligné le commissaire à la santé, Vytenis Andriukaitis, lors d'une conférence de presse. "Mon choix des mots est volontaire: nous ne devons pas voir cela comme des dépenses inévitables, mais comme un investissement dans l'avenir", a-t-il ajouté.
 
Le vieillissement de la population et les taux croissants de maladies chroniques combinés aux contraintes budgétaires rendent désormais "nécessaire" un changement dans la fourniture des soins de santé, estime la Commission qui s'appuie sur un rapport publié conjointement avec l'OCDE, proposant un panorama de l'état de santé et d'accès aux soins des Européens. Elle cite pêle-mêle le développement de la santé en ligne, mais aussi la réduction des séjours hospitaliers et la rationalisation des dépenses en médicaments.

Une population vieillissante

La part de la population âgée de plus de 65 ans a augmenté dans l'UE, passant de moins de 10% en 1960 à près de 20% en 2015. Elle devrait atteindre près de 30% d'ici 2060. L'espérance de vie dépasse 80 ans dans la majorité des États membres, mais le rapport met en lumière qu'il ne s'agit pas forcément d'un signe de bonne santé.
 
Environ 50 millions d'Européens souffrent en effet de maladies chroniques et un peu plus d'un demi-million de personnes encore en âge de travailler en meurent chaque année. Soit 115 milliards d'euros en "productivité perdue" pour l'UE. Maladies cardio-vasculaires, problèmes respiratoires, diabètes, ou encore problèmes psychologiques pèsent lourd dans le budget: on consacre en moyenne 1,7% du PIB à des prestations pour incapacité de travail ou congés maladie. C'est plus que pour les allocations chômage. Les dépenses de santé en 2015 ont représenté 9,9% du PIB de l'UE, contre 8,7% en 2005.
Et un grand nombre de personnes meurent encore de maladies "évitables", liées à des facteurs de risque comme le tabagisme.
 
Dans l'UE, une personne sur cinq continue de fumer et 16% des adultes sont obèses, contre 11% en 2000. L'obésité et la consommation excessive d'alcool constituent des problèmes "de plus en plus importants" dans de nombreux pays de l'UE, région du monde la plus grande consommatrice d'alcool.

Inégalités entre États membres

"Il reste encore beaucoup à faire pour réduire les inégalités en matière d'accès aux soins de santé et de qualité de ces derniers", estime Angel Gurria, secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
La durée moyenne d'un séjour à l'hôpital est passée de près de 10 jours en 2000 à 8 jours en 2014. Sur certaines interventions les différences entre pays restent importantes : après un infarctus, les patients restent hospitalisés en moyenne moins de 5 jours en Bulgarie, au Danemark, en Suède et en Slovaquie, contre plus de dix jours en Allemagne.
Ces divergences reflètent aussi les différences dans les pratiques hospitalières et les systèmes de paiement, avance le rapport. Le Royaume-Uni, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Slovaquie sont les champions du médicament générique avec plus de 70% des produits vendus, tandis que cette part tombe à moins de 20% en Italie, au Luxembourg et en Grèce.
Dans quatre États --Chypre, Grèce, Bulgarie et Roumanie--, plus de 10% de la population ne bénéficient pas d'une couverture de base. Depuis la crise de 2008, la proportion de la population qui fait état de besoins en soins non satisfaits pour des raisons financières a augmenté dans plusieurs pays, notamment parmi les ménages les plus pauvres. En Grèce en particulier, la part est passée de 4 à 10%.
 
 
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