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670 Millions d’euros pour une médecine personnalisée passant par la génomique

Génomique
La France a annoncé mercredi un plan de 670 millions d'euros visant à développer "la médecine personnalisée" afin de mieux soigner les cancers qui résistent aux traitements, le diabète, et réduire l'errance des patients souffrant de maladies rares. Une annonce qui pèse lourd dans la politique de santé française.
Ce plan est issu du rapport "France Médecine Génomique 2025 : permettre l'accès au diagnostic génétique sur tout le territoire" du Pr Yves Lévy, président de l'Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé et de l'Inserm, remis au Premier ministre dans la journée.
 
L'analyse courante du patrimoine génétique du patient, grâce aux nouvelles technologies, vise à obtenir à terme, des diagnostics plus rapides et plus précis afin de choisir les thérapies les plus efficaces, tout en évitant des examens inutiles et coûteux.
Elle pourrait, en outre, réduire l'errance des patients souffrant de maladies rares qui sont à la recherche d'un diagnostic pour expliquer leurs troubles de santé.
 
Autres bénéficiaires potentiels de la montée en puissance annoncée de ces analyses, les cancers, et d'abord, les cancers avec métastases, qui résistent aux traitements. Le décryptage génétique des tumeurs permet de mieux cibler les traitements existants et de trouver et tester de nouveaux traitements.
La médecine génomique permet également une meilleure compréhension de maladies répandues comme le diabète, en les orientant vers des traitements plus adaptés.
 
Associée à la génomique, la médecine de précision, qui cible certaines anomalies moléculaires dans la tumeur cancéreuse, a le potentiel d'accroître les options de traitements et leur efficacité. Contrairement à la chimiothérapie et à la radiothérapie, la médecine ciblée permet de préserver les cellules saines. Cette approche, et surtout l'immunothérapie, qui dope le système immunitaire pour détruire les cellules tumorales, sont en train de révolutionner la cancérologie.

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12 plateformes haut débit de séquençage du génome

La France va installer 12 plateformes haut débit de séquençage du génome (analyse complète de l'ADN) en investissant 670 millions d'euros sur cinq ans, afin de développer une "médecine personnalisée, adaptée au capital humain de chacun", a déclaré Marisol Touraine, ministre de la Santé au micro de Radio Classique.
Dans ce "plan médecine génomique, médecine du futur 2025", "la France s'engage fortement dans la révolution de la médecine personnalisée : pour soigner de manière adaptée (...), nous avons besoin de connaître le génome de chaque individu. C'est une bataille pour soigner le diabète, le cancer, les maladies rares", a-t-elle dit.
 
 
Le séquençage, autrement dit l'analyse complète de l'ordre des gènes qui composent l'ADN de chaque personne, permet notamment de déterminer les risques de développer certaines maladies et les réactions face à des médicaments.

Nouvelle bataille

La technique s'est illustrée avec le premier décryptage complet du génome d'un être humain en 2003.
Alors que le séquençage de ce seul génome avait coûté près de 3 milliards de dollars et demandé près de dix ans de travail, il est possible aujourd'hui d'avoir en quelques jours, pour moins de mille euros, l'analyse ou séquence de la partie "codante" (celle qui commande la production de protéines) des 23.000 gènes humains.
 
Ces 12 plateformes de séquençage de haut débit seront progressivement déployées ainsi que deux centres de référence experts "qui seront mondialement reconnus", a affirmé la ministre. L'investissement prévu de 670 millions d'euros "viendra en partie d'entreprises" afin de "permettre à la France d'être à la tête de cette nouvelle bataille de la médecine personnalisée".
 
Des sociétés comme Google, Apple ou Facebook s'intéressent au secteur de la médecine génomique. Ce dernier fait l'objet d'une vive compétition internationale, à laquelle participent notamment les États-Unis, la Chine et la Grande-Bretagne, un pays qui a lancé fin 2014 un plan de 300 millions de livres (382 millions d'euros) sur quatre ans.
 
 
Source : AFP