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Journée mondiale des zones humides : pour résister aux phénomènes naturels extrêmes

Le 2 février de chaque année, la planète entière célèbre les terres humides : L’édition 2017 de la Journée Mondiale des Zones Humides est consacrée au rôle de ces territoires d’exception pour la prévention des catastrophes. Comme chaque année à la même date depuis 2001, les citoyens français seront sensibilisés aux richesses et fonctionnalité de ces écosystèmes exceptionnels, et engagés pour leur protection. Petit retour sur le rôle de ces zones essentielles à notre survie.
Ces dernières décennies, la fréquence des catastrophes naturelles a plus que doublé à l’échelle planétaire. Si les changements climatiques sont mis en cause dans ce phénomène, la destruction des écosystèmes naturels - notamment des zones humides - par les activités humaines en aggrave grandement les conséquences.
En effet, les zones humides agissent souvent de manière plus efficace que la construction d’infrastructures pour atténuer les dommages causés par les épisodes climatiques extrêmes. Face à ces menaces grandissantes, nous devons aujourd’hui plus que jamais préserver et réhabiliter ces milieux naturels.
ALLAIN BOUGRAIN DUBOURG, Président de la LPO
VÉRONIQUE PENCHIENATI, Directrice générale Evian Volvic Monde
MARTHA ROJAS-URREGO, Secrétaire générale de la Convention générale de Ramsar 

Sources de vie indispensables à l’homme

Les zones humides sont parmi les écosystèmes les plus divers et les plus productifs. Elles nous fournissent des services essentiels : réservoir alimentaire, épuration de l’eau, prévention des crues, tourisme, préservation de la biodiversité et bien d’autres. Toutefois, elles continuent d’être dégradées et transformées par les activités humaines, parfois jusqu’à leur destruction.
Le traité intergouvernemental de Ramsar (1), signé en 1971 sous l’égide de l’UNESCO, a pour mission la protection et l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources. En signant la Convention, les pays membres s’engagent à protéger leurs zones humides d’importance internationale et à y mettre en œuvre une gestion durable. Aujourd’hui plus de 2 200 zones humides sont inscrites sur la Liste Ramsar, dont 44 sites en France.
 
Marais, tourbières, prairies humides, lagunes, mangroves, deltas, baies, rives de lacs et de rivière, les milieux humides abritent une multitude d’espèces animales et végétales en interaction. Ils jouent un rôle de premier plan en rendant de nombreux services à l’humanité : ils rechargent les eaux souterraines, purifient les eaux en surface, résorbent et atténuent les crues comme les sécheresses.
Les milieux humides protègent les berges et les rivages de l’érosion, et les côtes des tempêtes. 50% des espèces d’oiseaux vivants en France dépendent d’ailleurs de ces milieux. 30% des espèces végétales remarquables y sont inféodés. Dépositaires de valeurs culturelles, ces terres vivantes constituent des pivots de développement économique.
 
Les études du chercheur australien Nick C. Davidson montrent que 64% des terres humides ont disparu depuis 1900, limitant l’accès à l’eau douce pour plus d’un milliard de personnes. Depuis 1970, l’assèchement a entraîné la disparition de 76% des populations d’espèces d’eau douce. À l’avenir, une disparition complète de ces territoires engendrerait d’importants changements climatiques puisqu’en plus de ne plus absorber les précipitations et de ne plus fixer le littoral, les zones humides libèreraient une importante quantité de carbone : le professeur Christian Blodau estime par exemple que les tourbières retiennent 30% du carbone stocké en milieu terrestre.
 
Aujourd’hui les milieux humides connaissent d’importants bouleversements dus notamment à : l’utilisation des sols, l’expansion de l’agriculture intensive, l’exploitation du bois, le détournement de l’eau par les barrages, les digues et les canalisations, la pollution de l’air de l’eau… et aussi des catastrophes (crues, inondations, sécheresses, canicules, tassements de terrain, tempêtes... qu’il est impérieux de prévenir pour mieux protéger ces écrins de vie.
 

Pour la prévention des catastrophes

L’édition 2017 des Journées mondiales des zones humides est consacrée au rôle des milieux humides dans la prévention des catastrophes.
En effet, ces milieux protègent les populations humaines d’une grande variété de catastrophes naturelles (inondation, submersion marine, sécheresse...), y compris celles aggravées par le changement climatique. Ces milieux humides renforcent ainsi la résilience des territoires, telles de véritables infrastructures naturelles gratuites.
À l’intérieur des terres, les mares, marais, tourbières, ripisylves, etc. agissent comme des tampons et des éponges en freinant et absorbant l’eau, réduisant à la fois les crues et les inondations ainsi que les sécheresses grâce au rechargement des nappes phréatiques en eau. Ensuite, l’été, lors des canicules, les milieux humides urbains contribuent au rafraîchissement de l’air par l’évaporation de l’eau contenue dans leurs sols, leurs réservoirs et leur végétation.
Par ailleurs, leur bon fonctionnement hydraulique évite les effets fâcheux des tassements de terrain si coûteux et, dans une moindre mesure, des feux de forêt et de tourbe.
Sur le littoral, les vasières, les prés salés, les lagunes, les récifs coralliens, les mangroves et autres marais salants protègent la côte de la force des vagues, de l’érosion, de l’élévation de la mer et des submersions marines, tels des atténuateurs et des remparts naturels, conjuguant la protection des infrastructures et des populations aux merveilles de leurs paysages et des loisirs que ces milieux offrent, ce que ne sauraient faire digues et enrochements.
Pour exemple, en 2012, l’ouragan Sandy ravageait les côtes américaines, provoquant 210 morts, une vingtaine de disparus et 52,5 milliards de dollars de dégâts. C’était le deuxième ouragan le plus coûteux pour les USA après Katrina en 2005, à la suite duquel le congrès américain avait décidé de restaurer des zones humides littorales pour un montant de 460 millions de dollars. Sans les zones humides littorales, les coûts auraient été 10 % plus élevés.
 
C’est pourquoi, nombre des catastrophes devant voir leur fréquence et leur intensité accrues par le changement climatique, les milieux humides peuvent être désignés comme des amortisseurs climatiques des causes (stockage du carbone dans les tourbières, les herbiers, les récifs coralliens…) comme des effets de ce changement global.
 
 
Des prairies humides face aux crues et inondations
 
Dans le cas des inondations, les milieux humides tels que les plaines inondables et les prairies humides servent de réservoir naturel d’expansion des crues. Le débordement des cours d’eau dans les zones humides périphériques (mares, bras mort de rivières, etc.) et la rétention d’eau provoquent ainsi une diminution du débit et un étalement dans le temps du débit maximum d’eau, et donc des crues. En outre, la végétation de ces milieux et les sédiments dissipent l’énergie hydraulique, diminuant la vitesse d’écoulement. Ces deux effets réduisent ainsi l’ampleur du phénomène en cas de crue et les risques d’inondation.
À titre d’exemple, la conservation de la plaine alluviale de la Bassée, infrastructure naturelle en amont de Paris (zone d’expansion des crues de la Seine), génère un service d’écrêtement des crues évalué entre 2 et 37 millions d’euros par anc et évite de construire un barrage qui coûterait entre 100 et 300 millions d’euros et qui n’assumerait pas pour autant les autres services que rend ce milieu (épuration des eaux, pêche, etc.).
Protéger et restaurer les zones humides alluviales, c’est protéger les villes et les activités des flots ravageurs.
 
Des marais et des étangs pour réduire sécheresses et canicules
 
L’absorption des eaux l’hiver et lors des épisodes de crues permet aux milieux humides d’alimenter en eau des nappes aquifères et des cours d’eau. À ce titre, ils participent à l’alimentation en eau pour la consommation humaine et aux besoins des activités agricoles et industrielles. Certaines zones humides peuvent stocker jusqu’à 15 000 m3 d’eau par hectare et l’on compte par exemple 46 millions de mètres cube d’eau qui rechargent tous les ans les nappes phréatiques sur le territoire du parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessine.
Par ailleurs, l’évaporation de l’eau et l’évapotranspiration de la végétation des zones humides en milieu urbain contribuent à rafraîchir l’air, réduisant localement l’intensité des canicules. Certains « plans canicule » prennent cela en compte, comme le projet de réaménagement des berges du Rhône à Lyon suite à la canicule de 2003f. De son côté, le département de Seine-Saint-Denis met en place une politique de gestion des eaux de pluies avec stockage et infiltration dans des zones humides temporaires urbaines pour rafraîchir les villes (et lutter contre les inondations).
Conserver et recréer des milieux humides en ville et à la campagne, c’est moins de gêne lors des canicules et des sécheresses.
 
De l’humidité pour empêcher les tassements de terrain
 
Lorsque les zones humides argileuses ou tourbeuses ne sont plus suffisamment alimentées en eaux, que les prélèvements sont trop importants et/ou qu’une sécheresse a lieu, les sols se tassent, fragilisant les bâtiments. Le coût des réparations en cas de sinistre est alors de 15 000 € en moyenne par bâtiment, mais peut s’élever au prix total du bâtiment.
En outre, le changement climatique va accroître ce type de sinistre. Une augmentation des dommages de 50 % a déjà été observée sur la période 1987-2006 par rapport à la période 1950-1970, et une autre augmentation de 50 % est prédite pour 2021-2040.
La solution pour éviter ces tassements et destructions réside dans les méthodes douces d’infiltration des eaux pluviales, telles que les noues, mares, rivières sèches et autres zones humides temporaires… comme l’on peut voir sur l’écocampus LyonTech la Doua ou dans la ZAC des Ruires d’Eybens.
Protéger le fonctionnement hydraulique des zones humides, c’est protéger le bâti.
 
Marais salants, lagunes et mangroves contre vagues et tempêtes
 
Sur le littoral, la végétation de zones humides comme les vasières, les mangroves ou les marais salants forme une barrière naturelle et atténue les effets des vagues et du vent, stabilise les sédiments, luttant ainsi contre l’érosion, les risques de rupture du cordon littoral.
Il a ainsi été constaté que la végétation des marais salants réduisait trois fois plus la hauteur des vagues que des étendues de sable nuk. Ainsi en 2012, aux USA, les zones humides littorales ont permis de réduire le coût des dégâts de l’ouragan Sandy de 10 %, soit 625 millions de dollars. Une étude a montré que les zones humides littorales, quand elles sont encore présentes, réduisent le coût des dommages des tempêtes de 20 %.
En Angleterre, le reméandrage estuarien de la Medmerry (Sussex de l’Ouest) a permis de recréer naturellement des marais salés et de protéger de tout dommage la zone durant l’hiver 2013-2014 alors qu’en 2008, dans les mêmes conditions météorologiques, 6 millions de livres de dégâts avaient été causés.
Toujours outre-Manche, l’ouverture de trois brèches dans la digue de Freiston Shore (Lincolnshire) et la restauration de la zone humide littorale en arrière de celle-ci ont renforcé la protection du littoral contre les inondations et créé un site d’intérêt majeur pour la biodiversité, avec des retombées économiques à travers le tourisme.
Dans les régions tropicales, les mangroves réduisent la hauteur des raz-de-marée de 5 à 50 cm par kilomètre de largeur de mangrove. Ces milieux diminuent par ailleurs la hauteur des vagues de 75 % pour un kilomètre de mangrove parcouru.
C’est pour cette même raison que la Thaïlande restaure des mangroves dans l’estuaire de Krabi, avec un service de protection des côtes estimé à 309 600 $/an.
Les récifs coralliens, considérés eux aussi comme des zones humides par la convention de Ramsar, ne sont pas en reste. Pour preuve, les récifs coralliens au large du Sri Lanka, protégés par un parc marin, ont empêché le tsunami de 2004 de faire des dégâts au-delà de 50 m à l’intérieur des terres, tandis que dans les zones voisines où l’exploitation du corail a dégradé les récifs, le tsunami a causé des ravages jusqu’à 1,5 km dans les terres.
Enfin, en France, le projet Ad’Apto lancé en 2015 par le Conservatoire du Littoral vise à montrer de façon concrète, par des exemples locaux d’adaptation aux aléas d’érosion ou de submersions marines, qu’une anticipation raisonnée acceptant la mobilité de l’interface terre-mer sur des espaces naturels préservés est possible.
Conserver les zones humides littorales, c’est se protéger des vagues, de l’érosion et des submersions marines.

Journée mondiale du 2 février 2017

La journée de lancement se tiendra à Brouage en Charente-Maritime le jeudi 2 février avec un petit déjeuner presse et deux tables rondes consacrées au rôle des zones humides dans la prévention des catastrophes et la gestion des zones humides dans les pays francophones.
 
Ce 2 février, date anniversaire de la convention de Ramsar, sera donc l’occasion de présenter au public et aux acteurs de nos territoires « leur » zone humide ou celles des environs, à travers une visite de terrain, une exposition, un conte ou encore un débat. Ainsi, du 28 janvier au 28 février 2017, associations, gestionnaires d’espaces naturels, centres d’éducation ou de documentation ou encore collectivités feront découvrir les richesses et les rôles de ces milieux.
En 2016, plus de 120 animations ont été proposées de fin janvier à fin février et 2340 personnes y ont participé !
 
Quelques animations phares LPO au menu de cette édition 2017 :
 
-              La LPO Alsace  propose de partir le 29 janvier  à bord d´un bateau de croisière  avec des ornithologues chevronnés, à la découverte des oiseaux hivernants qui viennent passer la mauvaise saison sur le Rhin, zone d´hivernage en France.
-              La LPO Auvergne propose une Rando'zones humides le 11 février autour de Loudes. Accessible à tous, la découverte du marais de collange permettra d’aborder l´intérêt de cette zone pour sa biodiversité.
-              La LPO Haute-Savoie invite les passionnés ou curieux de nature à venir découvrir le 5 février les oiseaux hivernants de la Réserve Naturelle du delta de la Dranse, ainsi que le rôle essentiel joué par les zones humides pour l´hivernage des oiseaux d´eau.
-              La LPO Vienne et ses guides ornithologiques vous amèneront à la rencontre des oiseaux de Saint-Cyr à l’occasion de la Fête des oiseaux du lac de Saint-Cyr le dimanche 5 février.
-              La LPO Brenne propose de découvrir les oiseaux des étangs de la Touche mais aussi les autres animaux et plantes endémiques protégés. La sortie sera proposée le 3 février depuis un observatoire habituellement fermé au public, en compagnie du conservateur du site.
 
L’association Ramsar France (2), l’Onema, les Pôles-relais zones humides,  la LPO et la Société nationale de protection de la nature,  coordonnent l’ensemble des animations réalisées sur le territoire français.
 
Concours photo organisé par Ramsar
 
À l’occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides, le Secrétariat de Ramsar, convention internationale de protection des zones humides, organise un concours photos pour les jeunes de 18 à 25 ans. Du 2 février au 2 mars, tentez de gagner un voyage offert par Star Alliance Biosphere Connections vers le Site Ramsar de votre choix ! Pour cela, prenez en photo une zone humide qui nous protège des catastrophes et rendez-vous sur http://www.worldwetlandsday.org/fr
 
(1)    Depuis plus de 40 ans, la Convention de Ramsar œuvre à la protection des zones humides dans le monde. Ce traité intergouvernemental, signé par 160 pays, a pour mission la protection, la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides grâce à une forte coopération internationale mais aussi grâce à des actions nationales, régionales et locales permettant de contribuer au développement durable et à la gestion intégrée des ressources naturelles de notre planète. A ce jour, la Liste Ramsar des zones humides d'importance internationale compte, à travers le monde, un peu plus de 2200 zones humides classées, dont 44 en France, qui sont des sites remarquables par les services écologiques fondamentaux qu’ils fournissent et par leur fabuleuse biodiversité.

 

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1,4 milliard d’emplois mis en péril par l’extinction des pollinisateurs

La pollinisation joue un rôle majeur dans la production alimentaire et la subsistance des populations humaines. De nombreuses études ont mis en évidence le déclin mondial des insectes pollinisateurs et notamment les abeilles. Ce déclin porte des conséquences dramatiques à l’encontre de la biodiversité mais aussi en matière économique : quelque 1,4 milliard d’emplois et les trois quarts des cultures dépendent d’animaux pollinisateurs. C’est ce que souligne un rapport publié le 28 novembre 2016 dans la revue Nature.
 
« La sécurité alimentaire et les emplois dans le monde sont en danger, à moins d’une action rapide pour mettre un terme au déclin des pollinisateurs », préviennent les chercheurs de l’Université de Reading (Royaume-Uni), qui ont contribué à ce rapport reprenant plusieurs études sur le sujet.
 
Parmi les cultures affectées par le déclin des espèces pollinisatrices, figurent la plupart des arbres fruitiers, des semences, des fruits à coque et des productions à forte valeur ajoutée comme le café ou le cacao. « L’agriculture emploie 1,4 milliard de personnes, soit environ un tiers des actifs dans le monde », ajoute l’étude. Cette question est « cruciale pour les communautés rurales pauvres, dont 70 % ont pour principale source de revenus et d’emplois l’agriculture ».

1,4 million de décès supplémentaires chaque année

Les cultures qui dépendent des pollinisateurs sont essentielles pour l’équilibre alimentaire humain, apportant vitamine A, C, calcium et acide folique, rappellent les scientifiques. « La perte de pollinisateurs pourrait susciter une recrudescence substantielle de maladies », générant environ 1,4 million de décès supplémentaires chaque année, ajoutent-ils. Les plantes sauvages ne sont pas en reste. Plus de 90 % des plantes à fleurs tropicales dépendent d’une pollinisation animale.
 
La plupart des pollinisateurs sont des insectes (abeilles, papillons…), mais ce groupe inclut aussi certains oiseaux, chauves-souris et lézards. Or parmi ces vertébrés, près d’un sur cinq est menacé d’extinction. Quelque 9 % des abeilles (20 000 espèces, chargées de polliniser plus de 90 % des grandes cultures mondiales) sont dans la même situation. Idem pour les papillons.

Les pratiques agricoles visées

Ce taux de 9 % pourrait cependant être plus élevé, vu le manque de données concernant de nombreuses espèces, notent les auteurs. Les abeilles sont frappées depuis des années, notamment en Europe et en Amérique du Nord, par un effondrement de leurs colonies, attribué aux produits phytosanitaires mais aussi parfois à un virus ou à des champignons, ou un ensemble de facteurs.
 
Les auteurs du rapport appellent à prendre des mesures pour protéger les pollinisateurs de certaines pratiques agricoles. Parmi leurs recommandations, remplacer les phytos par des techniques naturelles, planter des allées de fleurs entre les semences, assurer une rotation des cultures et restaurer des zones de floraison sauvage pour accueillir ces insectes.
 
 

 

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Espèces d'ours ! : une exposition entre mythologie et pédagogie

À l’occasion de l’exposition temporaire « Espèces d’Ours ! », ayant lieu actuellement à la Grande Galerie de l’Evolution, le Muséum national d’Histoire naturelle enrichit sa programmation spéciale consacrée à l’univers des ursidés et accueille le photographe naturaliste Vincent Munier. Son exposition « Ours », présentée à partir du 10 décembre 2016 et jusqu’en mai 2017, réunit une soixantaine de clichés exceptionnels mettant à l’honneur les ours bruns et blancs dans leurs milieux sauvages en Russie et dans l’Arctique canadien. Une proposition immersive poétique au cœur du Jardin des Plantes.
 
 « Une forêt sans ours n’est pas une vraie forêt », disait le naturaliste suisse Robert Hainard. Et tous s’accordent aujourd’hui pour dire qu’une banquise sans ours n’est pas une vraie banquise non plus.
Cette exposition est une invitation à découvrir l’univers des ours, bruns comme polaires, à travers le regard singulier du photographe Vincent Munier. Plusieurs années ont été nécessaires pour réunir ces images, réalisées tantôt sur les glaces de l’Arctique canadien et du Spitzberg, tantôt dans les forêts sauvages de Finlande, ou même à l’ombre des volcans du lointain Kamtchatka.
Aujourd’hui encore, l’ours est cet animal mythique qui a frappé l’imagination de nos ancêtres et s’est terré dans nos contes et légendes. Il est la bête sauvage par excellence, qui parfois fait naître la peur. Une peur utile d’ailleurs, gage de distance et de respect. Sur les traces du photographe, sachons à notre tour entrer à petits pas dans l’intimité des ours…

L’exposition au Jardin des plantes

L’exposition Espèces d’ours ! développée par le Muséum national d’Histoire naturelle, est une véritable plongée dans le monde des ours. À travers cinq parties, le public peut approcher d’un peu plus près ces animaux sauvages et bousculer son imaginaire sur les huit espèces d’ours qui peuplent actuellement la Terre. Quelles sont leurs caractéristiques biologiques, leurs divers habitats, leur histoire évolutive, leurs relations avec les hommes, les mythes et légendes qui leur sont associés ?
Et comment parler de ces animaux, références tantôt féroces, tantôt enfantines, sans évoquer les menaces qui pèsent sur eux et les enjeux liés à leur conservation ?
Pour répondre à ces questions, plus d’une centaine d’objets issus des collections du Muséum mais aussi prêtés par des institutions extérieures sont présentés dans l’exposition. Parmi eux, il y a 25 spécimens d’ours naturalisés (22 issus des collections du Muséum national d’Histoire naturelle, 3 prêtés par le Muséum de Toulouse) et plus d’une vingtaine de pièces ostéologiques, dont 3 squelettes complets d’ours. Le visiteur peut ainsi naviguer entre ces objets d’une incroyable richesse et des dispositifs interactifs variés : bornes multimédia, projections, manipulations. La scénographie stylisée et épurée dessine, par ailleurs, un parcoursfluide et aéré entre les différents univers.
Un espace pédagogique attenant à l’exposition propose aussi plusieurs ateliers. Enfin, pour clôturer la visite, le public est invité à sortir de la Galerie afin de partir à la recherche des onze « ours » du Jardin des Plantes !
 
Quelles espèces composent la famille des ursidés ? L’ours blanc et l’ours brun sont bien connus mais cette famille compte en réalité huit espèces présentées ici sur un plateau central, pièce phare de la première partie : les quatre ours asiatiques avec le grand panda, l’ours à collier, l’ours malais et l’ours lippu ; les deux ours américains avec l’ours noir et l’ours à lunettes et enfin, les deux ours transcontinentaux avec l’ours brun et l’ours blanc. Pour les découvrir, plusieurs spécimens naturalisés sont exposés, agrémentés de cartes explicatives, de photographies grand format ou encore de jeux interactifs…
 
Une longue et fascinante histoire lie les ours et le Muséum. Chassés ou offerts, naturalisés ou présentés au public à la Ménagerie du Jardin des Plantes ou au Parc Zoologique de Paris, les ours historiques du Muséum sont incontournables.
Les artistes s’en inspirèrent aussi grandement et aujourd’hui plusieurs de leurs œuvres font parties des collections du Muséum. La dernière partie de l’exposition, un peu plus restreinte, présente ce trésor patrimonial à travers d’illustres ours naturalisés, des œuvres d’art animalier ou des photographies anciennes qui embarquent le visiteur vers d’autres temps, en particulier au XIXe siècle et au début du XXe siècle.
 

D’où vient le nounours ? L’ours-jouet apparaît peu avant le XX e siècle, mais n’a alors rien de bien mignon. Rugueux et équipé d’une muselière, il rappelle les spectacles des montreurs d’ours. Mais une histoire vraie américaine change la donne. Lors d’une chasse en 1903, Théodore Roosevelt, alors président des États-Unis, ne parvient à tuer aucun animal. Pour ne pas rentrer bredouille, un ourson est finalement placé devant lui afin qu’il l’abatte. Mais « Teddy » Roosevelt ne peut s’y résoudre et épargne le petit. Un fabriquant de jouet se saisit de l’histoire et réalise alors une reproduction de l’ourson qui est à l’origine du fameux Teddy’s Bear (autrement dit « l’ours de Théodore » !).

A propos de Vincent Munier

Pour compléter la visite de l’exposition, le Muséum propose une impressionnante exposition de photographies grand format d’ours en pleine nature par Vincent Munier dans le Jardin des Plantes à partir du 10 décembre.
 « ‘Kamtchatka !’ Ce nom a longtemps résonné en moi, comme un appel venu de loin, de ces terres vierges et inaccessibles. Lorsque j’ai foulé ce paradis terrestre pour la première fois, une puissante émotion m’a saisi. Et des larmes de bonheur ont surgi. Dans le sillage du photographe japonais Michio Hoshino, je me suis fondu dans les paysages démesurés du Kamtchatka et je suis parti à la rencontre du plus illustre représentant de sa faune exceptionnelle, que j’avais déjà eu la chance d’observer en Slovénie ou en Finlande : « Kobalann », l’ours dans la langue des Évènes de Sibérie. »…
Originaire des Vosges, Vincent Munier se passionne très tôt pour la nature. Il découvre la photographie animalière à l’âge de 12 ans aux côtés de son père, Michel Munier, défenseur de la nature lorraine. Depuis 2002, il a réalisé de nombreux voyages photographiques – du grand nord canadien, à la taïga russe, des hauts plateaux tibétains aux déserts arctiques -  dans sa quête de montrer la beauté des vastes espaces sauvages, où la nature n’est pas encore « apprivoisée » par l’Homme.
« Enfin, me voilà dans l’Arctique canadien ! Sous les ailes du petit avion, les derniers villages inuit disparaissent dans l’immensité blanche. Tant de préparatifs, de vols et de contrôles avant de pouvoir enfin vivre mon rêve : être seul au bout du monde, sur les terres du loup arctique et de l’ours polaire. […] Ici, le photographe que je suis préfère garder l’ours à distance : ce géant est bien plus fort que moi. « Nanuk » est un dieu errant dans la mythologie inuit, symbole de puissance et de courage. J’ai conscience d’être sur son territoire en permanence et il hante presque mes pensées : lorsque mon traîneau freine derrière moi ou se bloque, je me figure souvent un ours posant la patte dessus, comme pour me lancer : Toi, là, où penses-tu donc aller comme ça ? »…
 
Et pour prolonger l’expérience, pendant les vacances de fin d’année de nombreuses animations familiales sont proposées par les équipes du Muséum autour de l’exposition « Espèces d’ours ! ».
Visites, ateliers de dessin, jeux en famille, théâtre d’images… autant d’activités qui permettent aux petits (à partir de 3 ans) comme aux plus grands  de découvrir les différentes espèces d’ours de façons pédagogique et ludique !
 
Une expo, des débats à 18h à l’Auditorium de la Grande Galerie de l’Évolution :
Des débats organisés avec des scientifiques de tous horizons : archéozoologue, ethnologue, biologiste…
• Lundi 5 dé cembre 2016 : L’imaginaire autour de l’ours
• Lundi 27 février 2017 : Comment l’hibernation chez les ours inspire la recherche médicale
• Lundi 20 mars 2017 : Ours, leur conservation en questions
 
Exposition OURS de Vincent Munier du 10 décembre 2016 au 14 mai 2017
Sur les grilles du Jardin de l’Ecole de botanique –  Allée centrale du Jardin des Plantes, Paris 5ème
Tous les jours, aux horaires d’ouverture du Jardin - Gratuit
Accès au Jardin des Plantes par le métro Gare d’Austerlitz, Jussieu, Place Monge
 

 

 

ifremer

Les habitats des fonds marins européens ont désormais leur carte

Malgré les progrès techniques, dresser une cartographie précise et globale des habitats des fonds marins reste un défi du fait de leur difficulté d’accès et de l’immensité des mers. Depuis 2008, l’Ifremer participe au projet EUSeaMap visant à établir une carte des habitats benthiques des eaux européennes. Après la réalisation d’une première carte en 2010, une nouvelle version, élargie géographiquement et plus riche en données, a été publiée fin septembre 2016. Elle est accessible librement à tous.
Photo : A 40 mètres de profondeur, à Ouessant (Bretagne), vue caractéristique des fonds marins du parc naturel d’Iroise ©Ifremer / Olivier Dugornay
 
Le projet EUSeaMap a été mis en place pour répondre à l’objectif d’améliorer la connaissance de l’environnement marin fixé notamment par la directive-cadre stratégie pour le milieu marin (DCSMM). Il porte sur les habitats benthiques ou habitats des fonds marins. Un habitat se définit comme un environnement particulier qui se distingue par ses caractéristiques physico-chimiques (structure du sol, salinité, température, exposition aux courants…) et les espèces biologiques qui lui sont associées, dans un espace géographique observable. Outil indispensable pour décrire plus précisément les fonds marins, cette cartographie permettra de mieux orienter l’effort de suivi du bon état écologique de la mer et des océans.
 
Le projet EUSeaMap est un des huit projets du programme européen EMODnet (European Marine Observation and Data Network), qui vise à assembler les données géographiques marines existantes dans les Etats membres de l’Union européenne pour les harmoniser et les rendre accessibles gratuitement aux publics intéressés. Pilote du projet EUSeaMap, l'Ifremer est par ailleurs partenaire de sept autres projets mis en œuvre dans le cadre d’EMODnet, et constitue par conséquent l'un des plus importants contributeurs à ce programme européen.

EUSeaMap 2, une nouvelle carte plus complète

Après la diffusion d’une première carte en 2010, le second volet d’EUSeaMap a été lancé il y a trois ans avec pour objectif la réalisation d'une nouvelle version, plus riche en données et couvrant une superficie plus large. Cette nouvelle carte interactive est aujourd’hui finalisée et consultable en ligne depuis septembre 2016.
 
La carte interactive EUSeaMap accessible gratuitement en ligne
 
« Des zones jusqu’ici non couvertes telles que la mer Noire, la mer Méditerranée orientale et la mer de Norvège ont été cartographiées et celles déjà couvertes ont été mises à jour pour y intégrer les améliorations récentes des données géologiques, hydrodynamiques et biologiques », détaille Mickaël Vasquez, ingénieur en cartographie au Laboratoire d’Ecologie Benthique Côtière, Centre Ifremer Bretagne à Brest.

Comment réaliser une carte des habitats des fonds marins ?

Pour classer et cartographier les habitats benthiques, les scientifiques combinent des informations de différentes natures. « Grâce aux informations géologiques recueillies par le projet ‘Geology’ du programme EMODnet, nous connaissons en tout point de l'espace la nature géologique des fonds marins : sédiments grossiers, sable, vase, roches. Ces données géologiques sont croisées avec de nombreuses informations d’ordre environnemental telles que la température, la luminosité ou encore l’agitation liées aux vagues et aux courants.De plus, certaines zones présentent des caractéristiques très spécifiques, liées à la biogéographie1 locale, qu’il est indispensable de prendre en compte. Par exemple, en mer Baltique la salinité est un facteur capital tandis qu’en mer Noire, c’est le régime d’oxygène dissous. Une fois toutes ces données combinées, nous obtenons une carte des habitats benthiques », décrypte Mickaël Vasquez. Chaque combinaison de paramètres géologiques et environnementaux constitue ainsi un type d’habitat marin abritant des communautés biologiques spécifiques. La faune et la flore d’un habitat rocheux de faible profondeur seront évidemment très différentes de celles attribuées à des grands fonds composés de sédiments.
 
Pour décrire certaines zones ciblées telles que les aires marines protégées, les cartographes ont parfois recours à des échantillonnages biologiques et des techniques d’imagerie des fonds marins. Il est toutefois impossible de mettre en place de telles techniques pour cartographier les fonds marins européens dans leur ensemble. Pour être exhaustif, EUSeaMap s’appuie donc sur une approche de cartographie dite à « basse résolution » qui, en reposant principalement sur la description des facteurs environnementaux caractérisant les habitats, fournit déjà quantité d’information. Par exemple, les cartographies EUSeaMap n’indiquent pas qu’une forêt de laminaires est présente à un endroit donné mais permettent de savoir que le fond y est rocheux et fortement éclairé, l’environnement idéal pour ce type d’algue.
 
[1] La biogéographie est la science qui étudie la répartition des êtres vivants et des milieux écologiques sur la surface du globe
(Source : CP Ifremer)
 

 

 

algues nuisibles

Ces algues nuisibles qui détruisent nos océans

L’UNESCO publie le premier recueil mondial de données sur les efflorescences algales nuisibles, ces micro-organismes qui appauvrissent les stocks de poissons, détruisent les fermes piscicoles et peuvent être porteuses de maladies, voire causer la mort de l’homme et des gros animaux marins.
Photo : Vaste efflorescence planctonique au large de la Bretagne, vu depuis l'espace (plus de 20 000 km2) ©NASA
 
Dans un examen au cas par cas des données sur les efflorescences algales nuisibles (harmful algal blooms, HAB), cet ouvrage tire la sonnette d’alarme : ce phénomène tend à se développer, comme cela a pu être observé par exemple le long des côtes de Floride (Etats-Unis), où des données sont répertoriées depuis le milieu du 19e siècle, ainsi qu’en Inde et à Oman. Dans l’Adriatrique et la Baltique, les incidents algaux nuisibles progressent malgré la prise de conscience des gouvernements et les décisions prises pour limiter la production et le rejet de phosphate et autres produits chimiques toxiques.
 
Ce phénomène peut être naturel ou favorisé par des pollutions terrigènes ce qui entraine des proliférations intenses et longues pouvant conduire à des « zones mortes », en raison d'une consommation de la totalité de l'oxygène dissous dans l'eau la nuit et/ou d'émissions de toxines par certaines espèces de plancton : Elles déstructurent et appauvrissent fortement la chaîne alimentaire en raison d'une forte consommation nocturne de l'oxygène dissous et/ou par la production et émission dans le milieu de molécules écotoxiques.
Leur coût annuel a été estimé être de 2,2 et 4,6 milliards de dollars par an rien que pour les États-Unis et uniquement pour les efflorescences d'eaux douces selon une étude de Dodds et al. (2009) (1).
Les efflorescences algales nuisibles se développent rapidement en raison donc de la raréfaction de l'oxygène dans l'eau et bloquent la lumière du soleil dont de nombreuses plantes et animaux marins ont besoin. Les proliférations d'algues nocives peuvent être vertes, brunes ou même d’un rouge orangé.
Certaines proliférations d'algues nuisibles libèrent des toxines à mesure qu'elles grandissent ce qui peut nuire à d'autres espèces et créant des dangers de santé publique pour l'homme. Les cyanobactéries, en particulier, produisent des toxines et entachent à la fois l'eau potable, les lacs et les océans. Nager dans l'eau potable ou entachée de cyanobactéries peut provoquer la grippe de l'estomac, des irritations de la peau et même des dommages au foie.
Mais ces algues marines nuisibles peuvent nuire ou tuer les poissons et autres animaux marins. Si les humains mangent ces poissons contaminés, ils peuvent avoir des symptômes neurologiques. Et si les toxines sont inhalées, certaines personnes souffrent de crises d'asthme.
 
"Micro-algues toxiques et nuisibles de l’océan mondial " (Guides et Manuels de la Commission océanographique intergouvernementale n°68, 523 pages), rédigé par les biologistes marins et les chimistes Patrick Lassus, Nicolas Chomérat, Philipp Hess et Elizabeth Nézan, examine les tendances relatives à la prolifération de ces micro-organismes marins toxiques et évalue les politiques permettant d’en limiter la propagation.
 
L’augmentation des HAB est étroitement liée à une exploitation intensive des zones côtières, à travers l’aquaculture, le tourisme et les autres activités humaines, qui a pour effet de mettre les populations et les ressources en contact avec les micro-algues toxiques. Ces activités favorisent le développement des HAB lié à un excès de nutriments issus des déchets générés par l’homme et des produits chimiques, de la surpêche et de l’augmentation du trafic maritime. 
 
Certaines observations sont plus encourageantes. Des baisses ont été observées là où des mesures ont été prises pour améliorer le traitement des eaux usées et les technologies de pisciculture. La mer intérieure de Seto au Japon, où un programme de suivi des HAB est en place depuis 50 ans, en est un exemple. Les incidents d’HAB à Seto se sont stabilisés autour de 100 par an, grâce aux réglementations nationales visant à contrôler les rejets de nutriments et de déchets.
Dans de nombreux pays européens (2), les réductions d’HAB sont d’abord dues à des mesures de gestion s’appuyant sur des observations régulières et des alertes précoces. Grâce à la législation européenne adoptée en 1991, ces pays ont mis en œuvre un suivi efficace après des cas graves d’intoxication dans les années 1980.
 
Cette monographie de l'UNESCO présente des données identifiant 174 algues et 100 espèces produisant des toxines regroupées dans 24 classes chimiques différentes pour 11 pathologies humaines différentes. Une cinquantaine de photos donnent à voir 62 espèces. Les auteurs espèrent que cette publication aura pour effet de stimuler la recherche et l’identification de nouvelles espèces.
Disponible en anglais et français, cette publication est destinée à un large public, notamment aux pisciculteurs et aux conchyliculteurs, aux agences de surveillance et aux scientifiques.
Cet ouvrage est une publication conjointe de la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO et de la Société internationale pour l’étude des algues nuisibles. Elle a bénéficié du soutien de la Fondation Prince Albert II de Monaco et de plusieurs organismes régionaux, nationaux et internationaux.

Quelles solutions ?

Dans les cas où les apports sont terrigènes et agricoles, urbains et industriels, il s'agira de supprimer les rejets d'eau polluée en mer, et de réduire à la source des rejets de nitrates et phosphates et de construire des stations d'épuration et/ou des systèmes de lagunage naturel capables de traiter ces rejets avant de rejeter l'eau dans le milieu naturel.
 
La lutte contre l'érosion des sols et une politique de déseutrophisation des eaux de surface, de renaturation des berges (les racines des arbres fixent les berges et prélèvent des nitrates directement dans l'eau), des stratégies de lutte contre les inondations brutales (source de turbidité et de transferts de nitrates) peuvent être aidés par le génie écologique (ex : pose de fascine, création bassins tampon renaturés, ou encore réintroduction de castors qui par leurs barrages régulent les débits de certains cours d'eau...). Ces mesures peuvent contribuer à rendre les eaux de ruissellement plus propres de la source à l'estuaire (Source Wikipedia).
 
Restaurer les populations naturelles et en bonne santé d'organismes filtreurs (coraux, éponges, bivalves et autres filtreurs...) peut aussi contribuer au bon état écologique des eaux.
 
 
(1)    Dodds, W.K., Bouska, W.W., Eitzmann, J.L., Pilger, T.J., Pitts, K.L., Riley, A.J., Schloesser, J.T., Thornbrugh, D.J. (2009) Eutrophication of U.S. freshwaters: analysis of potential economic damages. Environ. Sci. Technol 43, 12–19
(2)  Allemagne, Danemark, Espagne, France, Irlande, Norvège, Royaume-Uni, Suède
 
 

 

manchots empereur de la mer de Ross

Création du plus grand sanctuaire marin du monde, sur fond de crise majeure de la biodiversité

Alors que WWF annonçait hier que 58 % des populations de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles vivant sur cette planète se sont effondrées depuis 1970, une bonne nouvelle doit être soulignée aujourd’hui. Les grandes nations se sont en effet accordées pour créer le futur plus grand sanctuaire marin au monde.
 
Les Russes ont levé leur veto : le plus grand sanctuaire marin au monde verra bel et bien le jour dans une partie des eaux immaculées de l'Antarctique, à la faveur d'un accord "historique" forgé ce vendredi en Australie. Après plusieurs années de négociations, un consensus a été trouvé entre les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) lors de sa réunion annuelle à Hobart, en Tasmanie. Présenté par les États-Unis et la Nouvelle-Zélande, le projet porte sur la création d'une zone protégée en mer de Ross, une immense baie côté Pacifique. Elle s'étendra sur une superficie de plus de 1,55 million de kilomètres carrés, soit une aire plus vaste que la France, l'Italie, le Benelux, l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche réunis. Au total, 1,12 million de kilomètres carrés seront interdits à la pêche, selon le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères Murray McCully. "Notre proposition impliquait certaines modifications pour obtenir le soutien unanime des 25 membres de la CCAMLR et l'accord final est un compromis entre la protection marine, la pêche durable et les intérêts scientifiques", a-t-il expliqué. "Les frontières de l'aire marine protégée (AMP) restent cependant inchangées", a-t-il ajouté. L'accord est valable 35 ans.

"Le dernier océan"

La mer de Ross est parfois surnommée "le dernier océan" car considérée comme le dernier écosystème marin intact de la planète, c'est-à-dire non touché par la pollution, la surpêche ou les espèces invasives.
C’est dans la mer de Ross que se trouvent 38% des manchots Adélie de la planète, mais aussi 30% des Pétrel antarctique et 6% des baleines de Minke. La région est importante car il y a des substances nutritives qui remontent des eaux profondes et qui se propagent dans le monde entier. En outre, y vivent en nombre, des krills, ces petites crevettes, qui servent de nourriture aux baleines et aux phoques.
 
La puissante organisation américaine de lobbying Pew Charitable Trusts a estimé dans un communiqué que la CCAMLR, qui rassemble 24 pays et l'Union européenne, avait "écrit l'histoire". "Cette décision est historique car c'est la première fois que des nations acceptent de protéger une gigantesque portion d'océan au-delà des juridictions nationales", a déclaré dans le communiqué Andrea Kavanagh, chargée de l'Antarctique au sein de Pew Charitable Trusts. La CCAMLR, établie en 1982 par une convention internationale, achoppait depuis 2011 sur plusieurs projets de gigantesques aires marines protégées. Mais elle avait entamé le 17 octobre sa réunion annuelle avec de grands espoirs pour la mer de Ross. D'une part parce que Pékin s'était finalement rallié en 2015 à ce projet de sanctuaire. D'autre part parce qu'un élan avait été donné par le président américain Barack Obama quand il avait annoncé fin août le quadruplement de la superficie de la réserve marine connue sous le nom de Papahanaumokuakea à Hawaï, en faisant - alors - la plus grande au monde. Restait à convaincre la Russie, réticente notamment face aux restrictions de pêche.

175 ans après sa découverte

"Nous avons beaucoup discuté avec eux", a déclaré à l'AFP le chef de la délégation américaine à Hobart, Evan Bloom, soulignant la mobilisation du secrétaire d'Etat américain John Kerry auprès du président russe Vladimir Poutine et du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. "Cette décision n'est pas importante que pour l'Antarctique, mais aussi pour les efforts en vue de la protection des océans dans le monde entier", a-t-il dit. Moscou a récemment montré un intérêt renforcé pour l'environnement, en proclamant 2017 "année de l'écologie en Russie", et en agrandissant son AMP de l'archipel François-Joseph, dans l'Arctique. La CCAMLR n'est cependant pas parvenue à trouver un consensus sur le deuxième projet majeur d'AMP qui était au menu des discussions. Porté par la France et l'Australie, il couvre un million de kilomètres carrés dans l'est de l'Antarctique. Un troisième projet d'inspiration allemande concernant la mer de Weddell est également dans les tuyaux. La mer de Ross doit son nom au Britannique James Clark Ross (1800-1862) qui la découvrit en 1841. "La famille Ross est euphorique à l'idée que l'héritage familial soit ainsi honoré l'année qui marque le 175e anniversaire de la découverte de la mer de Ross par James 1er, grâce aux individus et organisations qui ont donné leur cœur et leur âme à la campagne pour sa protection", a déclaré Phillipa Ross, descendante directe de l'explorateur. "Il y a un élan phénoménal pour la protection des océans et la mer de Ross n'est que le début", veut croire de son côté Luis Morago, un responsable de l'organisation américaine Avaaz qui faisait campagne pour les AMP en Antarctique avec le soutien de l'acteur Leonardo DiCaprio.

La sixième extinction a commencé

Cette information vient avec comme arrière-plan l’alerte faite par WWF dans son dernier rapport Planète vivante 2016. 58 % des espèces auraient disparu en quarante-deux ans (entre 1970 et 2012) et ce déclin va se poursuivre si nous ne faisons rien, alerte l’ONG.
"Que la biodiversité poursuive sa chute, et le monde naturel que nous connaissons aujourd'hui s'effondrera d'un seul tenant", avertit le directeur général du WWF International, Marco Lambertini, dans cet état des lieux de la planète.
 
"Le déclin subi par les populations d'espèces sauvages est de plus en plus préoccupant", souligne-t-il: "Il devrait atteindre en moyenne 67%" d'ici à 2020, si rien n'est fait pour enrayer la tendance.
"On est en train d'assister à une régression de la vie sur la planète dont nous sommes en partie responsables (...) c'est un facteur de risque majeur pour nous", relève Pascal Canfin, directeur général du WWF France. Car "quand le vivant disparaît, c'est le capital naturel qui disparaît. Et si on détruit ce capital naturel, on détruit notre capacité à vivre sur la planète dans la durée".
 
De manière générale, la menace la plus fréquemment subie par les populations en déclin est la perte ou la dégradation de leur habitat par les activités agricoles, l'exploitation forestière, l'extraction minière, les transports, la production d'énergie...
Autres causes : la surexploitation (chasse, pêche, braconnage...), la pollution (industries, urbanisation..), les espèces invasives, les maladies.
 
Le changement climatique n'a pour l'instant qu'un impact "relativement marginal (...) parce qu'on n'en est qu'à un degré de réchauffement" planétaire par rapport à l'ère préindustrielle, précise Pascal Canfin.
Mais si les températures s'emballent du fait des émissions de gaz à effet de serre, liées aux activités humaines, les scientifiques promettent des impacts dévastateurs pour l'homme et les écosystèmes, en raison d'inondations, sécheresses, tempêtes...
 
 

 

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