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Extinction de masse : et après ?

Depuis la mort des dinosaures, la vie sur Terre n’avait jamais connu pareille pression mortelle. Nous sommes en effet rentrés dans ce que les scientifiques appellent la sixième grande extinction. Et les humains pourraient bien être parmi les victimes, selon une récente étude. Une telle extinction signifie la perte d’un très grand nombre d’espèces, ce qui creuserait un trou énorme dans les écosystèmes de la planète, mais laisserait la place à toutes sortes de formes de vie étranges et merveilleuses, susceptibles d’évoluer dans les niches écologiques laissées vacantes.

Pour savoir comment la vie rebondit après une extinction de masse, regardons vers le passé. Il y a eu cinq grandes extinctions de masse dans l’histoire de la Terre, la sixième étant celle que j’ai proposé avec des collègues. Notre hypothèse s’appuie notamment sur la comparaison des taux de variation dans l’histoire géologique des cinq extinctions. Et elle semble suggérer que, cette fois, les signes avant-coureurs sont réels.

Alors, faisons preuve de pessimisme et supposons que l’apocalypse va nous emporter. A quoi ressemblera la Terre après cet Armageddon ?

La plus grande crise de l’histoire

Il y a 251 millions d’années, lors du passage entre la période géologique du Permien et celle du Trias, le vivant connut la plus grande crise de son histoire : 90 % des espèces disparurent alors. Même les insectes subirent des pertes énormes, cas unique dans leur longue histoire.

La cause de cette méga-extinction est attribuée en grande partie aux effets de ce que les spécialistes appellent les « traps de Sibérie », éruptions volcaniques en série accompagnées d’énormes épanchements de lave et d’émissions de gaz à effet de serre dans ce qui est aujourd’hui le nord de la Russie. Cela a conduit à un réchauffement climatique, à l’acidification des océans, à la tombée de pluies acides sans oublier l’appauvrissement en oxygène des océans et la contamination par des métaux toxiques tels que le mercure. Imaginez les plus sombres prévisions climatiques qui sont produites aujourd’hui, et saupoudrez de quelques catastrophes supplémentaires.

La poignée d’espèces qui a survécu à la crise Permien-Trias a donné la vie à toutes les autres créatures ultérieures. Depuis, il n’y a pas eu de telle restructuration profonde des écosystèmes. Peut-être parce que la règle darwinienne de la « survie du plus adapté » a rendu les descendants plus robustes aux changements.

 

Les trilobites ont prospéré pendant 270 millions d’années, mais n’ont pas survécu au Trias. Heinrich Harder

A quoi notre planète ressemblait-elle à l’époque du Trias inférieur ? Sur une Terre qui ne comportait qu’un super continent, la Pangée, il faisait chaud – chaud comme l’enfer ! – et apparemment sans aucune vie sur de vastes étendues. Aux tropiques, la température de l’eau atteignait 45 degrés Celsius. Dans le vaste désert de la Pangée, il faisait probablement encore plus chaud.

À cause de cette chaleur, il n’y a pas de traces d’animaux terrestres, de reptiles marins et de poissons dans les registres fossiles, sauf pour les hautes latitudes, sans doute un peu plus fraîches. De ce fait, il existe plusieurs « lacunes » de plusieurs millions d’années chacune pour cette période géologique, sortes de trous dans la chronologie.

La majeure partie du charbon que renferme aujourd’hui la Terre provient de la transformation de grandes quantités de fougères de l’espèce Glossopteris, victime de la grande extinction. Une disparition qui a créé un trou de 12 millions d’années dans les archives des fossiles. Une série de « traces fongiques » sur des roches où l’on distingue un grand nombre de spores, serait également un signe de la catastrophe : d’énormes quantités de végétaux morts et de matières animales auraient été source de nourriture abondante pour les champignons. Globalement, la chaleur et la destruction des sols causées par les pluies acides (ces terrains ravinés auraient dégagé une odeur de vanille) auront rendu la planète inhabitable durant cette période.

Sans plantes, il n’y a pas d’herbivores. Sans herbivores, pas de carnivores. L’un des rares survivants « de taille » sur cette Terre désolée était un lézard, Lystrosaurus, reptile végétarien bizarroïde qui, en l’absence de prédateurs et de compétiteurs, s’est diversifié avec un certain succès pendant le Trias.

 

Ce reptile herbivore a dominé le sud de la Pangée avant l’avènement des dinosaures. Nobu Tamura

Le carnage a été pire encore dans les océans, où jusqu’à 96 % des espèces se sont éteintes. La perte de toutes les espèces de coraux constructeurs de récifs a conduit à un trou de 10 millions d’années dans les registres des fossiles du Trias inférieur. Imaginez : un monde sans récifs coralliens, sans toute la diversité des êtres vivants qu’ils abritent.

Mais la Terre n’était pas tout à fait morte. De même que Lystrosaurus sur Terre, il y a eu des réussites dans le milieu marin au milieu de toute cette désolation. Claraia par exemple, une espèce de bivalve similaire à la coquille Saint-Jacques a survécu à la fin du Permien, puis s’est rapidement diversifiée pour occuper les niches laissées vacantes par l’annihilation presque totale des brachiopodes, habitants du plancher océanique au Permien. Claraia était robuste et pouvait résister à des niveaux d’oxygène très bas – un trait bien pratique quand la plupart de la vie présente dans les fonds marins était privée d’oxygène.

Claraia, espèce survivante des fonds marins. Musée Gröden/Wolfgang Moroder

Le destin funeste des dinosaures

Peut-être l’extinction la plus célèbre et spectaculaire est celle qui vu la mort des dinosaures (non-aviaires) il y a environ 66 millions d’années à la limite des périodes Crétacé et Tertiaire. De même importance que la fin du très populaire T. rex, le remplacement, à l’autre bout de la chaîne alimentaire, du micro plancton a mis un terme à la formation des célèbres falaises de craie du Crétacé qui sont si répandues à travers l’Europe (le nom de cette période géologique vient du mot allemand « Kreide », ce qui signifie la craie).

Que ce soit à cause d’une météorite, ou de massives éruptions volcaniques, ou un peu des deux, l’extinction qui a tué les dinosaures a été plus modeste que celle du Permien-Trias : seulement 75 % de perte globale pour le vivant et une récupération plus rapide. Soit la Terre elle-même s’est remise plus rapidement, ou bien, après le « grand massacre » 185 millions d’années plus tôt, la vie était devenue plus apte à s’adapter à, et à évoluer en situation de stress.

Bien entendu, nous savons que les dinosaures n’ont pas exactement disparu. Les oiseaux sont leurs représentants super-évolués, descendants des quelques dinosauriens survivants des événements du Crétacé-Tertiaire. Personne ne peut nier leur succès évolutif depuis 66 millions d’années, date de la disparition du T-Rex aux allures de poulet.

Après que les dinosaures ont disparu, la vie est repartie de l’avant. Jay Matternes

Les crocodiles et les alligators, plus proches parents vivants des oiseaux, sont également d’éminents survivants. Alors qu’il est évident que la capacité des oiseaux à s’envoler vers des oasis de calme et d’abondance leur a permis de se développer au milieu des bouleversements d’alors, on comprend moins pourquoi les crocodiles ont survécu. Certaines théories suggèrent qu’ils ont pu se maintenir et prospérer grâce à leurs organismes à sang froid (contre le supposé sang chaud des dinosaures), leurs habitats d’eau douce ou saumâtre, et même leur QI élevé !

Au-delà des morts et destructions des extinctions, voici de bonnes nouvelles : la vie sur Terre a toujours pris le dessus même quand elle a été très sévèrement atteinte. Sans extinction, il n’y a pas d’évolution, les deux sont intrinsèquement liés.

Les premiers dinosaures ont évolué 20 millions d’années après les pertes du Permien-Trias. Leur évolution a été presque certainement entraînée par un rafraîchissement du climat au cours de ce que l’on a appelé l’épisode pluvial du Carnien (une période où il pleuvait beaucoup), une végétation luxuriante et des pans entiers d’écosystèmes à coloniser.

Les dinosaures ont vécu pendant 165 millions d’années avant de mourir, mais sans leur disparition, les humains ne seraient probablement pas ici aujourd’hui pour faire des dégâts.

Si les êtres humains sont condamnés, alors nous ne serons plus là pour voir ce qui évoluera pour nous remplacer. Soyez assurés que nous, géologues, n’attachons pas trop d’importance à notre disparition. Car nous savons que la Terre est plus grande que nous, et qu’elle va rebondir.

David Bond, NERC Advanced Research Fellow and Lecturer in Geology, University of Hull

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation UK

 

The Conversation
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biodiversité

Pour nettoyer mers et océans, nagez !

250 nageurs se sont donnés rendez-vous à l'occasion du Relai de natation de l'Elbe, l'« Elbschwimmstaffel », le plus grand relai de natation en Allemagne à ce jour organisé pour des eaux propres et l'environnement. Le message : « L'océan commence ici ! La protection des mers et des océans commence dans les terres. »
 
Le relai de natation de l'Elbe est un événement qui fait partie de l'Année de la science 2016-17 - Mers et océans, initiative du ministère fédéral allemand de l'Éducation et de la Recherche qui vise à partager avec un vaste public des innovations, des découvertes et des approches dans différents domaines liés à la science et à la recherche.
 
Divisé en 19 étapes avec le coup d'envoi donné à Bad Schandau, ce relai de natation réunira des nageurs amateurs et des médaillés olympiques jusqu'à Geesthacht le 12 juillet.
 
Ce relai est également un projet scientifique à grande échelle, puisqu'il sera accompagné par le navire de recherche océanographique ultra-moderne « MS Elbegrund ». Des scientifiques de l'université technique de Berlin et de l'Institut de technologie de Karlsruhe (KIT) réalisent des expériences et informent les citoyens de leurs projets dans les domaines des microplastiques, des cyanobactéries, de la contamination des sédiments et du contrôle des crues. « C'est la première fois que nous examinons 575 kilomètres d'une seule traite. Cela va nous permettre de générer une nouvelle description holistique de l'état écologique de l'eau », a déclaré le professeur Dr Stefan Norra (KIT).
 
 
Avant 1990, l'Elbe était considérée comme l'un des fleuves les plus pollués d'Europe : La concentration de plomb et d’azote, par exemple, était beaucoup plus élevée que celle d’autres fleuves. Les poissons mouraient, l’écosystème était perturbé – l’Elbe était pour ainsi morte.
Depuis, des efforts massifs ont totalement transformé ce fleuve et les zones environnantes, puisque l'Elbe est aujourd'hui apte à la baignade.
 
L'écosystème marin est fortement affecté par les déchets plastiques, qui sont à l'origine de plus de 95 % de la pollution des littoraux et des fonds océaniques. Chaque année, on en trouve au moins 8 millions de tonnes dans la mer, mais également dans les fleuves et les rivières. En 2050, il y aura plus de plastique que de poissons en mer, s'est alarmé le forum économique mondial de Davos en janvier dernier.
 
Selon Greenpeace, le monde a produit plus de plastiques que durant les 100 années précédentes, ces dix dernières années. Nous produisons en moyenne 300 millions de tonnes de plastiques par an et on estime qu’entre 8 et 12 millions de tonnes finissent dans nos océans – l’équivalent d’un camion poubelle chaque minute.
 
L’ampleur de la contamination du milieu marin par les déchets plastiques est énorme. Une fois dans l’océan, il est très difficile, voire impossible de nettoyer ces déchets. Ils flottent dans tous les océans du monde, des régions polaires à l’équateur.
 
Entre 60 et 80 % des débris marins sont d’origine terrestre (le reste provient notamment de l’industrie de la pêche). Les débris marins les plus courants sont constitués de matières plastiques et synthétiques qui ont des effets désastreux sur la faune marine et les oiseaux de mer.
L’ingestion de débris marins touche particulièrement les tortues marines et les oiseaux de mer, mais elle n’épargne pas les autres mammifères marins et poissons. Ceux-ci avalent en général des débris marins car ils les confondent avec des proies.
Le lit marin, spécialement à proximité des régions côtières, est lui aussi contaminé – principalement par les sachets en plastique.
 
On le sait donc, les rivières charrient des tonnes de plastique dans les océans et le poids de ces déchets dans les océans a été évalué pour la première fois par une étude du projet The Ocean Cleanup, créé par Boyan Slat, révélant que 2 millions de mètres cubes de plastique sont déversé par les rivières.
 
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Projet The ocean Cleanup
 
Le chercheur Laurent Lebreton, qui a mené l’étude pour The Ocean Cleanup, a conçu son calcul sur la base des données relatives à la gestion des déchets, la densité de population, la localisation des barrages, la topographie et l’hydrographie. Il a ainsi créé un plan interactif qui montre en temps réel combien de plastique est déversé dans les océans.
 
Aussi, éliminer le plastique à la source est la meilleure solution pour lutter contre cette pollution des océans. Utiliser des matières qui peuvent subsister pendant plusieurs centaines d’années est tout simplement aberrant, qui plus est pour un usage unique comme les emballages !
Nous sommes tous responsables de cette situation, et chacun doit s’impliquer pour qu’elle n’empire pas. Il est grand temps de remettre fondamentalement en cause la manière dont nous usons (ou abusons) des matières plastiques. Vous pouvez agir dès à présent :
- Chaque fois que vous voyez des déchets, ramassez-les et jetez-les de manière appropriée.
- Réduisez votre consommation, réutilisez, recyclez vos produits.
- Soyez un consommateur responsable, et faites votre possible pour éviter les produits dont l’emballage est excessif, en particulier lorsqu’il s’agit de produits jetables.
- Faites pression pour des équipements de recyclage de meilleure qualité et plus nombreux dans votre quartier.
- Participez aux initiatives locales de nettoyage de cours d’eau, rivières et plages, ou organisez-en une vous-même. Ces opérations ne sont pas une solution miracle, mais elles sont très efficaces pour attirer l’attention sur le problème plus grave de nos océans.
- Si vous habitez en région côtière ou au bord d’un cours d’eau se jetant dans l’océan, vos égouts amènent probablement les déchets directement en mer. Soyez conscient de ceci, ainsi que de toute autre source potentielle de pollution marine dans votre région. Battez-vous pour leur disparition. (Source : Greenpeace – Mars 2017)
 
 
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biodiversité

« Potagers et jardins pédagogiques » : 1354 écoles lauréates

L’appel à projets « Potagers et jardins pédagogiques », lancé par le ministère en novembre 2016 et clos le 1er mai 2017, a fait l’objet de plus de 10 000 manifestations d’intérêt. 1 354 établissements scolaires ont été désignés comme lauréats de l’opération. Découvrez, aux quatre coins de la France, les initiatives mises en place par les écoles et les collèges.
Photo : Crédits : A. Bouissou/Ministère
 
L’éducation à l’environnement et au développement durable est un levier majeur pour faire évoluer les comportements et relever les défis de la lutte contre le changement climatique et de la transition énergétique. La conception, la mise en place et la gestion d’un « coin nature » offrent de multiples supports pédagogiques pour apprendre le respect de la biodiversité et du vivant sous ses différentes formes.
De nombreux territoires à énergie positive se sont déjà saisis de cette question et ont installé des jardins, des potagers, des mares ou des ruchers pédagogiques dans leurs écoles.
 
Afin d’amplifier cette dynamique, l'ex ministre de la transition écologique, Ségolène Royal, a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour 10 000 coins nature dans les écoles et collèges de France. Les 1354 écoles et ces collèges lauréats de l’appel à projets « Potagers et jardins pédagogiques », situés sur des Territoires à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV), recevront chacun un appui financier de 500 euros pour la mise en place de chaque coin de nature installé : potagers, poulaillers, compost, espaces verts, gîtes à insectes, nichoirs à oiseaux, jardins, mares ou ruchers pédagogiques, … autant de projets qui vont être mis en place afin que chaque élève puisse renouer un lien direct avec la nature.
Des thématiques très diverses ont été abordées pour faciliter l’acquisition de savoirs et de compétences par les plus jeunes : conception, mise en place et gestion d’un potager ou d’un jardin pédagogique, soin prodigué aux animaux pour apprendre le respect de la biodiversité et du vivant sous ses différentes formes, déploiement de composteurs pour la sensibilisation à la lutte contre le gaspillage alimentaire et à l’économie circulaire.
 
C’est donc une liste de plus de 1354 projets qui vient d’être dévoilée par le ministère de l’Environnement. En voici quelques uns.
 
A Rezé (Loire-Atlantique), le collège Pont Rousseau mise sur la culture de produits comestibles
 
Dans la lignée du mouvement « Incroyables comestibles » (Incredible Edible), les professeurs d’anglais et de Sciences et Vie de la Terre du collège Pont Rousseau a choisi de mettre en place la culture de produits comestibles pour sensibiliser ses élèves à l’économie circulaire et au développement durable.
Après avoir créé des bacs de culture à partir de palettes avec l’aide de l’association « la Ressourcerie de l’Ile », les élèves de cinquième mettront en place un jardin collectif en partenariat avec l’association « Maison », qui accueille des personnes sans domicile fixe. Des expositions et des événements de dégustation des récoltes sont prévus.
 
Le retour de la biodiversité locale à Schiltigheim (Bas-Rhin)
 
A côté de l’espace jardin, c’est un hôtel à insectes et des mangeoires à oiseaux que l’école élémentaire Leclerc est en train d’installer pour favoriser la biodiversité locale.
Pour permettre l’arrosage des cultures, une cuve de récupération d’eau de pluie sera installée, et l’école mettra également en place un compost afin de recycler les déchets verts produits par les activités. Autour de cet espace jardin, des ateliers d’éducation au développement durable sont proposés à tous les élèves de l’école sur des thématiques variées : l’eau, le compost, les fruits et légumes de saison, les économies d’énergie, la solidarité…
 
A Villemoisson-sur-Orge (Essonne), les collégiens éduqués à l’éco-citoyenneté
 
L’action engagée au collège Blaise Pascal a pour ambition de développer l’éco-citoyenneté au sein de l’établissement. En lien avec les programmes scolaires, elle consistera en la création, à partir de juin 2017, d’un coin potager, d’un espace dédié aux herbes aromatiques destinées à éloigner les nuisibles en évitant l’utilisation de pesticides, d’un hôtel à insectes et d’une mare pédagogique. L’installation d’une ruche dans l’enceinte de l’établissement est également envisagée.
Ce projet vise à développer le respect de la nature, en lien avec des projets scientifiques d’observation de la faune et de la flore. Il contribuera aussi à favoriser la continuité des apprentissages et à valoriser les initiatives des élus du Conseil de la Vie Collégienne. Il s’accompagnera également de visites de jardins situés dans des territoires à énergie positive et d’un travail de communication destiné à valoriser l’action des élèves impliqués.
 
 
Quand les lauréats de l’opération peuvent-ils commencer les travaux ?
 
Les travaux peuvent commencer à partir de la date de signature de la convention.
 
La convention est valable pour les actions ayant connu un démarrage effectif au plus tard le 31 décembre 2017 et prendra fin avec le versement de l’aide et au plus tard le 31 décembre 2020. Si au 1er janvier 2018, les actions programmées n’ont pas commencé, la subvention ne pourra donc pas être versée.
 
Quelles sont les pièces justificatives nécessaires au versement de la subvention ?
 
Les pièces justificatives nécessaires au versement de la subvention sont :
 
les factures acquittées et certifiées, dont une au moins datée de l’année 2017 ;
le compte-rendu et bilan de l’action ou des actions mises en œuvre, accompagné de photos ;
le cas échéant, tout document additionnel nécessaire aux engagements et versements, tels qu’une copie de délibération de la commune ou de la collectivité.
 
A qui ces pièces doivent-elles être transmises ?
 
Une fois leurs actions réalisées, les lauréats de l’opération sont invités à transmettre les pièces justificatives nécessaires au versement de la subvention à la DREAL/DEAL de leur région.
Pour une convention, toutes les pièces justificatives doivent être transmises en même temps.
 
Contact :
Pour toute question concernant le suivi de leur dossier et la transmission des pièces justificatives nécessaires au versement de la subvention, les lauréats sont invités à prendre contact avec la DREAL/DEAL de leur région.
 
Pour toute autre question concernant l’appel à projets « Potagers et Jardins pédagogiques », merci de vous adresser à : mission.tepcv[at]developpement-durable.gouv.fr
 
 
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néonicotinoides

Malgré un dernier assaut des lobbies, la question des néonicotinoïdes est tranchée

La matinée de ce lundi 26 juin avait mal commencé pour les défenseurs des abeilles et de l’environnement. Le nouveau ministre de l’agriculture Stéphane Travert, avait laissé entendre qu’il reviendrait sur l’interdiction des pesticides tueurs d’abeilles, dont l’interdiction était pourtant soutenue par le président de la République et son ministre emblématique de l’écologie, Nicolas Hulot. "Couac gouvernemental" avaient aussitôt titré les gazettes, tout empressées à relever failles, discordances et scandales d’État. Certaines voix comme celles de Delphine Batho ou de Ségolène Royal s’élevèrent aussitôt pour souligner le coup de force in extremis des lobbies pour faire passer leurs intérêts avant ceux de la vie. Finalement, beaucoup d’agitation jusqu’au coup de sifflet final de cette récréation confuse : le premier ministre annonce le maintien de l’interdiction des néonicotinoides. Les abeilles ont eu chaud.
 
Le Premier ministre Edouard Philippe a donné raison lundi au ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot aux dépens de son collègue de l'Agriculture, Stéphane Travert, et confirmé l'interdiction des insecticides "tueurs d'abeilles", tranchant le premier désaccord public au sein du nouveau gouvernement. "Le gouvernement a décidé de ne pas revenir sur les dispositions de la loi de 2016. Cet arbitrage a été pris à l'occasion d'une réunion tenue à Matignon le 21 juin dernier", a indiqué Matignon dans un communiqué, tout en précisant qu'un "travail est en cours avec les autorités européennes".
 
La législation française "n'est pas conforme avec le droit européen", avait déclaré tôt lundi M. Travert sur RMC/BFM TV, interrogé à propos d'un "document de travail" datant du 21 juin obtenu par RMC, et qui déplorait que "la réglementation française (aille) plus loin que ce qui est prévu par la réglementation de l'UE".
 
Votée dans le cadre de la loi sur la biodiversité de 2016, l'interdiction des néonicotinoïdes, appelés pesticides "tueurs d'abeilles" par leurs détracteurs, a été vivement combattue par le monde agricole, en particulier les producteurs de betteraves, et fait l'objet d'âpres débats au Parlement. La mesure prévoit d'interdire dès le 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles jusqu'au 1er juillet 2020, les principales molécules de cette catégorie de produits accusés de contribuer au déclin des abeilles.

LIRE DANS UP : Bataille des néonicotinoïdes : les abeilles devront encore attendre

"Nous avons un certain nombre de produits aujourd'hui qui ont été estimés dangereux et qui sont au fur et à mesure retirés du marché, mais (pour) d'autres produits (...) qui n'ont pas de substitutions, nous devons pouvoir autoriser des dérogations pour en permettre l'utilisation afin que nos producteurs continuent à travailler dans de bonnes conditions", a déclaré M. Travert sur le plateau de BFM TV.
Il a pris l'exemple de la carotte des sables, cultivée notamment dans la Manche, département où il est élu député et pour laquelle il n'existe pas de produit de substitution au pesticide utilisé.
"C'est ma proposition", a spécifié le ministre, en affirmant alors que l'arbitrage du Premier ministre, Edouard Philippe, n'était "pas rendu".
 
Une interprétation immédiatement contestée par Nicolas Hulot, qui, dans un tweet en réponse à ces propos, a assuré que les interdictions de néonicotinoïdes "ne seront pas levées, les arbitrages ont été rendus en ce sens".
 
"Dès lors que la santé est mise en cause, je ne veux faire aucune concession", a insisté M. Hulot un peu plus tard, devant la presse en marge d'un déplacement à Lyon. Les arbitrages ont déjà été faits, on ne va pas revenir sur la loi", a-t-il insisté, ajoutant qu'"on ne reviendra pas sur des acquis".

Macron pour l'interdiction

En février, lors d'un entretien avec le Fonds de défense de la nature WWF, le candidat Macron avait d'ailleurs affirmé lui-même son intention de maintenir l'interdiction des néonicotinoïdes en 2020.
 
Revenir sur la loi actuelle constituerait "un retour en arrière inacceptable pour les citoyens, contre-productif pour les agriculteurs et politiquement rétrograde", a estimé la Fondation pour la Nature et l'Homme (FNH), ex-Fondation Nicolas Hulot. "Il faut que le ministre de la Transition écologique et solidaire bloque ces mesures à tout prix. Si la France a parfois une avance sur la législation environnementale européenne, c'est une très bonne chose", a renchéri François Veillerette, directeur de l'association de défense de l'Environnement Générations Futures, dénonçant "des cadeaux incroyables à l'industrie des produits chimiques", dans un communiqué.
 
"C'est un projet d'ordonnance contre les abeilles, contre la santé", a critiqué l'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho sur RMC. "C'est un coup de force des lobbies comme si Syngenta et Bayer tenaient la plume. C'est inacceptable".

« Il ne faut pas lâcher »

"Il ne faut permettre aucune régression sur les questions environnementales », a estimé lundi l'ancienne ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, qui avait présenté en 2016 la loi interdisant les pesticides néonicotinoïdes. "C'est logique : les lobbies cherchent à remonter au créneau", a-t-elle dit à l'AFP, interrogée sur la passe d'armes lundi, entre les ministres de l'Agriculture et de la Transition écologique, autour du sort de cette interdiction. "Il ne faut pas lâcher ! Il faut donner le signal qu'aucune régression n'est possible sur quoi que ce soit. Sinon c'est une brèche ouverte" sur d'autres reculs, a-t-elle ajouté.
 
Les détracteurs de l'environnement avancent en général deux arguments, souligne-t-elle : le besoin de simplification et l'Europe. "Mais sous couvert de simplifications, on pourrait aussi supprimer le code de l'environnement ! Il y a un vrai risque de rabaissement des normes", ajoute-t-elle. Quant à l'idée qu'il faudrait attendre les règlements communautaires pour se mettre au diapason - argument des contestataires des mesures anti-néonicotinoïdes - "il faut bien des pays à l'offensive, les plus courageux et les plus consciencieux !"
 
"La France avance, face à l'inertie européenne. Si tout le monde s'attend, on a des catastrophes", ajoute Mme Royal. Quant à l'idée de protéger les industries en levant le pied sur les questions environnementales, "c'est faux", dit-elle encore.  Renoncer à interdire les néonicotinoïdes serait "non seulement scandaleux pour la santé publique mais casserait aussi les industries qui veulent aller de l'avant" en investissant dans des alternatives à ces pesticides.

Poison violent

Les néonicotinoïdes représentent un tiers des insecticides vendus sur le globe et sont utilisés pour l’agriculture comme par les particuliers. Les néonicotinoïdes, principalement commercialisés par Bayer et Syngenta, sont utilisés pour tous types de cultures pour combattre les insectes ravageurs (tomates, salades, vignes, maïs, tournesols…). Ils agissent sur le système nerveux des insectes. Au contact avec ces substances, les insectes sont paralysés, puis meurent.
 
Si les néonicotinoïdes sont très critiqués, c’est qu’ils présentent plusieurs risques pour la faune. « On n'a jamais inventé d’insecticides qui ne visaient qu’une seule espèce d’insectes, explique au Parisien Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS et spécialiste du sujet. Tous les insectes, ravageurs ou non, sont touchés.» Les abeilles, qui contribuent à la pollinisation des plantes, en sont les premières victimes. « Chaque année, on perd 30 % des abeilles existantes. Sans apiculteur pour les "renouveler" continuellement, elles disparaîtraient », ajoute Jean-Marc Bonmatin.
 
Soluble dans l’eau, le néonicotinoïde se répand rapidement et partout en temps de pluie. L’insecticide est entraîné dans les cours d’eau où l’on constate une pollution de l’eau en surface. Il s’infiltre aussi dans la terre, contaminant les espèces qui y vivent. Parmi elles : le ver de terre, qui participe à la fertilisation de la terre.
 
"Le consommateur trouve à petite dose, dans sa consommation, des néonicotinoïdes", explique Jean-Marc Bonmatin. L’insecticide se trouve en effet dans la sève de la plante et se retrouve donc rapidement dans toute la plante. "Quand vous ne le mangez pas, vous le respirez ou vous le touchez", ajoute le chercheur. Perturbateur endocrinien, le néonicotinoïde est cancérigène, affecte les cellules de l’homme et agit notamment sur le système nerveux.
 
Source : AFP
 
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Le monde végétal sait aussi apprendre

Pendant très longtemps, la communauté scientifique a considéré que les plantes, si elles étaient certes capables de s’adapter à des modifications de leur environnement par les mécanismes de la sélection naturelle, étaient dépourvues, faute de système nerveux, de la faculté d'apprentissage - telle que celle-ci est mise en œuvre chez les animaux et les êtres humains. Mais de récentes et passionnantes découvertes sont venues remettre en cause ce dogme, ouvrant un immense champ de recherche.
 
Pour se développer et survivre, des plantes savent utiliser de manière remarquable leurs racines, dont le réseau parfois extrêmement étendu leur permet d’aller chercher très loin l’eau et les nutriments dont elles ont besoin. En travaillant sur la plante Arabidopsis thaliana, des chercheurs du Laboratoire de biochimie et physiologie moléculaire des plantes de Montpellier et de l’Institut Jean-Pierre Bourgin (Inra/AgroParisTech/CNRS) ont identifié, fin 2016, un gène, baptisé HCR1, qui contrôle la perméabilité à l’eau des racines, en tenant compte de la teneur en potassium et en oxygène du sol.
Arabidopsis-Thaliana
 
Ce gène, au fonctionnement remarquable, permet aux plantes de réduire l’entrée d’eau dans les racines quand la concentration d’oxygène devient trop faible, mais seulement quand le sol est riche en potassium, un sel minéral indispensable à la croissance des plantes. La découverte de ce mécanisme d'équilibration entre le niveau d’oxygène, la teneur en minéraux et la perméabilité des racines est considérée comme majeure et devrait avoir de larges conséquences agronomiques en permettant la sélection d’espèces mieux adaptées à leur environnement.
 
Cette découverte vient également conforter, sur le plan génétique, l’hypothèse de Barbara Hohn, de l'Institut pour la recherche biomédicale Friedrich-Miescher (Basel, Suisse), qui avait montré en 2006 que cette même plante (Arabidopsis thaliana) garde en "mémoire" la trace des menaces auxquelles elle doit soudainement faire face dans la nature. Encore plus étonnant, ces mêmes chercheurs ont montré que cette plante transmet à ses descendants ces capacités d’adaptation aux conditions nouvelles de son environnement. 
 
Pour mettre en évidence cette propriété remarquable des plantes « d’inscription génétique » d’un brusque changement de leurs conditions de vie, ces scientifiques ont exposé des cultures d’Arabidopsis thaliana à différents types de stress (brusque augmentation du rayonnement ultraviolet et attaque bactérienne notamment). Ils ont alors eu la grande surprise de constater que les plantes déclenchaient très rapidement un processus particulièrement efficace de recombinaison de leurs gènes, leur permettant d’accroître leur diversité génétique et d’améliorer sensiblement leurs chances de survie dans ce nouvel environnement agressif. Ce réarrangement de leurs gènes a perduré au cours des quatre générations suivantes, même en l’absence d’exposition des descendants à ces facteurs de stress… 
 
Fin 2016, des chercheurs australiens ont confirmé cette étonnante capacité d’apprentissage des plantes (Voir étude dans la revue Nature), en se livrant à une série d’expériences très ingénieuses. Ils ont placé de jeunes plants de pois dans un labyrinthe divisé en deux compartiments. Dans le premier, les chercheurs ont disposé une lampe  et un ventilateur du même côté. L’idée des scientifiques était d’associer le vent à la lumière et de faire en sorte que le vent soit considéré par ces plantes comme un événement prédictif annonçant la lumière. 
Dans l’autre compartiment, la lumière a été placée à l’opposé du ventilateur. Dans cette situation, le vent a donc été utilisé de manière neutre car il n'est pas utile à la plante, même si celle-ci est tout à fait capable de le détecter. Une fois ce dispositif installé, les chercheurs ont voulu savoir si les plantes présentes dans ces deux compartiments pouvaient voir leur comportement conditionné par ces associations de stimuli. Ces scientifiques ont alors constaté qu’en supprimant la source lumineuse, 62 % des pois du premier compartiment ont poussé du côté du ventilateur, même quand la lumière avait été retirée. Dans le deuxième compartiment, les chercheurs ont observé que 69 % des plantes ont poussé du côté où se trouvait la lumière auparavant. 
 
Les scientifiques ayant réalisé cette expérience très rigoureuse sont persuadés que ces observations montrent que les plantes sont bien capables d’échapper à une simple réaction par conditionnement et ont appris à associer les deux éléments, lumière et vent, pour choisir l’endroit qui leur semble le plus propice à leur développement…
 
Ce protocole expérimental montre également que les plantes savent anticiper l'arrivée de la lumière en poussant du côté où elles avaient bénéficié d’une exposition lumineuse au cours des jours précédents. Comme le soulignent les conclusions de cette passionnante étude, « Bien que la possibilité que les plantes puissent apprendre par association ait été envisagée dans des études antérieures, notre travail en fournit la première preuve sans équivoque ». 
 
Autre observation également très intéressante : pour que ce mécanisme d’apprentissage puisse fonctionner, les expérimentations devaient respecter les rythmes circadiens de ces plantes. Cette faculté d’apprentissage serait donc soumise, comme chez les animaux et les êtres humains, à des contraintes métaboliques précises. 
 
 
A l’issue de cette étude qui a fait grand bruit dans la communauté scientifique, il faut bien admettre que les plantes étudiées ne semblent pas seulement répondre aux stimuli lumineux pour survivre. Leur comportement suggère en effet que ces plantes sont capables de faire de véritables choix et de prédire à quel moment et à quel endroit la lumière va apparaître. Cette capacité tout à fait étonnante d’apprentissage et d’anticipation confère bien entendu aux plantes qui les possèdent un avantage compétitif décisif qui pourrait expliquer l’extraordinaire « explosion » évolutive qui a caractérisé les végétaux au début du Cambrien. 
 
Il semble donc, à la lumière de ces expérimentations et découvertes, que les plantes, bien qu’elles ne possèdent pas de système nerveux, soient bel et bien capables de stocker certaines informations et expériences importantes sous forme biochimique. Elle se « souviennent » des événements importants de leur existence.
 
Récemment, des chercheurs du Centre de recherches sur la cognition animale de Toulouse ont monté  que le « Physarum polycephalum », un champignon jaune des sous-bois qui a la particularité de se déplacer, peut apprendre à ignorer un obstacle de caféine sur son chemin, alors qu'il est unicellulaire et dépourvu de système nerveux. (Voir PRS).
Apparu sur terre il y a plus de 500 millions d’années, ce champignon, large de plusieurs centimètres et pourtant composé d’une unique cellule avec des milliers de noyaux, n’en finit pas d’étonner les chercheurs par son cycle de développement et ses capacités d’adaptation véritablement hors normes à son environnement. Cette équipe toulousaine a voulu observer comment ce champignon qui se déplace très lentement (5 cm/h en moyenne) allait réagir s’il était confronté à certains obstacles pour accéder à sa nourriture.
 
Les chercheurs ont divisé les champignons en deux groupes : le premier pouvait accéder directement à sa nourriture de base. En revanche, le second devait obligatoirement passer sur une piste imprégnée de substances chimiques que le champignon ne connaissait pas dans la nature et qui pouvaient être potentiellement nocives, comme la caféine de quinine. Résultat : les champignons du second groupe se sont d’abord montrés beaucoup plus lents et prudents dans leur progression que ceux du premier groupe. Mais au bout de six jours, ayant constaté que les substances auxquelles ils étaient exposés étaient inoffensives, ils allaient aussi vite que leurs congénères du premier groupe pour trouver leur nourriture…
 
Comme dans les précédentes expériences que nous avons évoquées, ces chercheurs sont convaincus qu’il y a bien eu apprentissage et qu’il ne s’agit pas d’une simple réaction conditionnée, car la réponse des champignons restait spécifiquement liée à la substance utilisée : les champignons qui s’étaient habitués à la caféine restaient réticents à la quinine, et vice et versa. Des études antérieures avaient déjà montré que ce champignon Physarum polycephalum, si on l’obligeait à emprunter un labyrinthe pour trouver sa nourriture, finissait au bout d’un certain temps par trouver le chemin le plus court !
 
Face aux résultats tout à fait étonnants de ces dernières expérimentations, les chercheurs soulignent que l’apprentissage, tel que nous le concevons  - c’est-à-dire défini comme un changement de comportement provoqué par l’expérience - a été presque exclusivement étudié jusqu’à présent chez les organismes multicellulaires dotés d’un système nerveux. Il était en effet communément admis que les végétaux n’étaient pas capables d’apprendre, au sens noble du terme et qu’ils ne pouvaient que s’adapter, en exprimant leur variabilité génétique, à certaines modifications de leur environnement.
 
Mais il faut pourtant se rendre à l’évidence : les plantes et les arbres ont non seulement des capacités d’adaptation bien plus élaborées et subtiles qu’on ne l’imaginait jusqu’à présent mais semblent bel et bien capables de tirer les leçons de certaines de leurs expériences, de les mémoriser dans des réseaux dont la nature reste à élucider et enfin de transmettre à leurs congénères ces nouvelles informations, dans la mesure où celles-ci  peuvent s’avérer utiles à la survie de l’espèce.
 
L’apprentissage serait donc un mécanisme fondamental présent au cœur de l’ensemble du vivant, des bactéries à l’homme, en passant par les animaux les plus rudimentaires et l’ensemble des végétaux. Cette extraordinaire découverte devrait avoir des conséquences scientifiques mais également éthiques et philosophiques considérables. Nous savons en effet à présent, même si la singularité de l’espèce humaine au sein de l’évolution reste indéniable, que des mécanismes et phénomènes aussi complexes que l’apprentissage, la mémoire et peut-être la conscience ne sont pas le propre de l’homme et sont partagés par de très nombreux êtres vivants, toute chose égale par ailleurs, tant dans le règne animal que végétal (1).
 
Comment ne pas être émerveillé par cette nature dont la complexité semble inépuisable et qui révèle, derrière une extraordinaire diversité, une profonde et troublante unité. Espérons que demain nous serons capables, pendant qu’il en est encore temps, de tout mettre en œuvre pour préserver cette beauté foisonnante de la vie afin que nos descendants puissent eux aussi continuer à admirer et à étudier ce grand mystère de la vie.
 
René TRÉGOUËT, Sénateur honoraire - Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
©RTFLASH, Lettre n°901. Edition du 26 Mai 2017
Lettre gratuite hebdomadaire d'informations scientifiques et technologiques Créée, en 1998
Avec l'aimable autorisation de l'auteur

(1)  Voir livre "L'intelligence émotionnelle des plantes" de Cleve Backster
 
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biodiversité

Des milliers de nouvelles plantes médicinales découvertes dans le monde

Voici une bonne nouvelle pour la biodiversité. Plus de 28.000 espèces de plantes sont actuellement répertoriées comme ayant un usage médical, révèle un rapport publié ce jeudi 18 mai par le centre de recherche botanique des Kew Gardens de Londres.
 
Au total, le rapport, qui a pour ambition de dresser un état des lieux des plantes dans le monde et dont c'est la deuxième édition, recense 28.187 plantes aux propriétés médicinales, un chiffre en progression de 59% par rapport à 2016 et "probablement très prudent". Parmi les nouvelles variétés découvertes figurent neuf espèces d'une plante grimpante appelé Mucuna, utilisée dans le traitement de la maladie de Parkinson.
 
"Ce rapport souligne l'énorme potentiel des plantes dans des domaines comme le diabète et le paludisme", a expliqué à l'AFP Monique Simmonds, directrice scientifique adjointe des Kew Gardens.
L'artémisinine et la quinine, deux substances issues des plantes, "sont parmi les armes les plus importantes dans notre arsenal pour lutter contre la malaria dont 214 millions de cas et 400.000 décès ont été recensés en 2015", rappelle le rapport. Mais malgré leur potentiel, moins de 16% des espèces utilisées dans des remèdes sont citées dans des publications médicales, notent les chercheurs.
 
Au total, 128 scientifiques de 12 pays différents ont travaillé à l'élaboration de cette publication qui souligne la découverte de 1.730 nouvelles espèces par rapport à l'année dernière.
Parmi elles, figurent cinq nouvelles espèces de manihot, une variante du manioc, découvertes au Brésil et qui "ont le potentiel d'augmenter les récoltes de manioc en les diversifiant", constituant ainsi "une nourriture du futur".

Risques liés à la mondialisation

Le rapport a aussi suivi la destruction de plantes en analysant des images satellites.
Les chercheurs ont ainsi découvert qu’au cours des seize dernières années, "une moyenne de 340 millions d'hectares de la planète brûlent chaque année" soit grosso modo "la taille de l'Inde", a précisé à l'AFP le docteur Sarah Wyse qui a contribué au rapport. Mais si ce chiffre semble alarmant, Mme Wyse a souligné que certaines plantes ont besoin de ces incendies "pour se régénérer". "Ces feux ne sont pas en soi une mauvaise chose pour de nombreux écosystèmes parce que la plupart des plantes s'adaptent au feu", a-t-elle dit.
 
Les auteurs ont également calculé que "le coût potentiel pour l'agriculture mondiale si la propagation de parasites invasifs et pathogènes n'est pas stoppée" est de "540 milliards de dollars (492 milliards d'euros) par an". Ils soulignent la nécessité de "mesures de biosécurité plus strictes" notamment pour le commerce des plantes vivantes. La mondialisation du commerce et les voyages internationaux facilitent, par exemple, la dissémination des criquets et autres chenilles légionnaires particulièrement destructrices pour le maïs.
 
Le domaine des Kew Gardens, installé à l'ouest de Londres, abrite l'une des plus importantes collections de plantes de la planète dans ses serres et ses magnifiques jardins. C'est également un centre de recherche botanique mondialement connu qui veut faire de son "State of the World's Plants" un outil de référence.
 
Source AFP
Image d'entête : Mucuna Pruriens
 
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