Biodiversité

Balades à la découverte des zones humides

zones humides
 
Et si nous partions en balade à travers marais, tourbières, lagunes, salines et autres terres humides qui sont reconnus pour receler une grande diversité et richesse biologiques ? Leur rôle essentiel dans le bon fonctionnement des écosystèmes, et la fourniture de services qu’ils rendent comme la lutte contre le réchauffement climatique doivent devenir prise de conscience. Ils sont encore aujourd’hui sacrifiés par un développement qui n’a toujours pas intégré les services écosystémiques et aménités en amont des décisions publiques et privées. Détentrices et responsables de terres humides, les villes ont un rôle majeur à jouer.
 
Chaque année, le 2 février, l’association Ramsar France (1), Evian et la LPO se mobilisent dans le cadre de la Journée Mondiale des Zones Humides (JMZH) pour sensibiliser le public à la préservation des ressources en eau et faire connaître leur importance dans l’écologie mondiale. Son édition 2018 est consacrée à la nécessité vitale d’intégrer et de développer les milieux humides dans les villes. Et pour cause : 50% des zones humides métropolitaines ont disparu entre 1960 et 1990 ; 47% se sont dégradées entre 2000 et 2010. Ces espaces humides ont en effet été fortement touchés par la déprise agricole. En même temps ils sont menacés par les aménagements territoriaux, industriels ou agricoles qui compromettent leur existence. Pour les protéger, des règlements nationaux et européens ont été édictés, des parcs ont été créés. De fait, en quelques années, les normes environnementales ont changé.
Les zones humides doivent être des espaces de transition entre la terre et l'eau, étapes essentielles au cycle de la vie, constituant des lieux de rencontre privilégiés entre l'homme et la nature.
Les scientifiques se sont intéressés à ces zones humides dès la fin du XIXe siècle. Certains chercheurs ont montré que les marais avaient une fonction essentielle dans la régulation des crues. Mais ce n'est que dans les années soixante que les naturalistes se sont fortement mobilisés. Mobilisation qui a débouché, en 1971, sur la signature de la convention de Ramsar ratifiée par 18 pays. 

Entre terre et eau, des espaces indispensables à notre planète

Marais, salines, deltas, estuaires, lagunes, vasières, tourbières, baies, rives de lacs et de rivière, mangroves… les terres humides abritent une multitude d’espèces animales et végétales, dont l’harmonie joue un rôle primordial dans la régulation des ressources en eau et dans la maîtrise des crues. Cette biodiversité exceptionnelle, précieuse pour le futur de notre planète, constitue une source de vie indispensable pour l’homme : réservoir alimentaire, captation du carbone, stocks d’eau douce, terres agricoles et d’élevage fertiles, écotourisme…

Des secteurs humides vitaux pour notre milieu urbain

Le passé de ces espaces est riche, et de nombreuses pratiques y trouvent leurs racines. Avant que ces lieux ne soient dépréciés, marais et étangs étaient très recherchés. Ils fournissaient des produits que l'on classait en produits comestibles ou non, sauvages ou domestiques, utiles ou nuisibles. Cette classification n'est plus de mise aujourd'hui mais ces produits sont tout autant appréciés. Cette production du « naturel » a une valeur marchande liée à l'activité cynégétique et touristique. Le sauvage est devenu désirable après avoir été longtemps honni. On le « cultive », on le gère. En devenant l'objet de décisions socioéconomiques, le sauvage ne se donne plus comme produit spontané de la nature mais comme production de l'homme. Le suprêmement naturel se confond désormais avec le comble de l'artificiel.
Depuis quelques décennies, les points de référence ne sont plus les mêmes. Hier, la perception de l'environnement passait par les bras et la sueur. Aujourd'hui, l'art de jouir de la nature emprunte à des techniques des sciences de la nature : on herborise comme les botanistes, on observe les espèces comme les zoologues, on admire les paysages en esthètes. Le regard se pose sur un espace, sur un territoire. Ce changement de perspective a des conséquences sur le plan juridique avec la définition de nouvelles normes environnementales qui ne tiennent pas compte des héritages, ou, pour employer un autre terme, des usages.
Pourtant, ces terres humides sont des espaces recouverts d’eau, soit temporairement, soit en permanence. Situées en ville ou en périphéries périurbaines, elles rendent des services très utiles comme la réduction des effets des inondations : telles des éponges géantes qui se gonflent au fil des eaux de crues, elles absorbent et stockent les fortes précipitations. C'est le rôle des rivières, étangs, lacs et marais. Ces zones humides permettent aussi la reconstitution des réserves d’eau potable : les nappes souterraines, les eaux pluviales et les cours d’eau constituent l'essentiel de notre eau potable. En filtrant l'eau qui alimente les aquifères, les zones humides urbaines reconstituent cette importante source d'eau. Elles facilitent le filtrage des résidus : dans les zones humides, les sols et les plantes abondantes fonctionnent comme des filtres qui absorbent de bonnes quantités de toxines dangereuses, de pesticides agricoles et de résidus industriels. Les zones humides urbaines aident aussi à traiter les eaux usées domestiques. Mais elles permettent aussi une amélioration de la qualité de l'air : grâce à la grande quantité d’eau qu’elles contiennent et à leur végétation luxuriante, les zones humides exhalent de l’air humide, ce qui refroidit naturellement et allège l’atmosphère environnante dans les villes tropicales mais aussi tous les climats où l’air est extrêmement sec. Sans oublier l'épanouissement et le bien-être humain : bien conçues et préservées comme des espaces verts dans les villes, les zones humides urbaines offrent aux citadins des lieux de loisirs où ils ont accès à une diversité de plantes et d’animaux. Nombre d'études confirment aujourd'hui que le contact avec la nature réduit le stress et améliore la santé. Elles créent ainsi des sources riches de moyens d’existence car beaucoup de poissons grandissent dans les zones humides, d’où l’attrait que celles-ci exercent sur les pêcheurs. A la faveur des roseaux, herbes, plantes médicinales et fruits qu'elles accueillent, ces biens naturels indispensables attirent aussi le tourisme, favorisant une autre source d'emplois non négligeable.
 
Alors rendez-vous le 2 février prochain pour constater que le respect des zones humides et de la biodiversité pour notre avenir, c’est possible !
 
Depuis plus de 40 ans, la Convention de Ramsar œuvre à la protection des zones humides dans le monde. Ce traité intergouvernemental, signé par 169 pays, a pour mission la protection, la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides grâce à une forte coopération internationale mais aussi grâce à des actions nationales, régionales et locales permettant de contribuer au développement durable et à la gestion intégrée des ressources naturelles de notre planète. A ce jour, la Liste Ramsar compte à travers le monde un peu plus de 2290 zones humides classées, dont 48 en France, qui sont des sites remarquables par les services écologiques fondamentaux qu’ils fournissent et par leur fabuleuse biodiversité.

Quelques animations phares 

Dans le cadre de la JMZH, la LPO se mobilise chaque année pour vous faire découvrir ces espaces exceptionnels indispensables à notre planète. Elle propose un programme d’animations riche et varié (plus de 100 animations) partout en France attirant des milliers de participants.
 
Découverte des oiseaux du Rhin
Sortie nature, à la découverte des oiseaux du Rhin.
Rendez-vous le dimanche 28 janvier 2018 à 09h00. Lieu : Kembs, Haut-Rhin (68).
LPO Franche-Comté, informations auprès de Quentin Le Tallec, 06 31 91 09 76, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 
Traitement des eaux de ruissellement par la technique du lagunage
Découverte du traitement écologique des eaux de ruissellements urbaines de Rochefort par la technique du lagunage et observations des oiseaux migrateurs présents sur le site (canards,échassiers, vanneaux...).
Rendez-vous le mercredi 31 janvier 2018 à 15h00. Lieu : Rochefort, Charente-Maritime (14).
LPO Station de lagunage, informations auprès de Christophe Boucher, 05 46 82 12 44, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 
Les reptiles méditerranéens
La Provence est une des régions françaises les plus riches en termes de diversité d'espèces de reptiles. Venez découvrir ces animaux mais aussi les menaces qui pèsent sur nombre de ces espèces et l'état de conservation des populations. Découvrez aussi les reptiles présents dans nos zones humides.
Rendez-vous le samedi 03 février 2018 à 10h30. Lieu : Vitrolles, Bouches-du-Rhône (13).
LPO PACA, informations auprès de Clara Poveda Navarro, 04 42 55 68 83, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 
A la découverte des oiseaux hivernants du Platier d'Oye
Les oiseaux hivernants du Platier d´Oye sont facilement observables si l´on sait rester silencieux et bien cachés dans le grand observatoire. Dominique vous fera partager sa passion et mettra à votre disposition jumelles et longues-vues.
Rendez-vous le jeudi 04 février 2018 à 10. Lieu : Oye-plage , Pas-de-Calais (62).
LPO Pas-de-Calais, informations auprès de Christine Dupuis, 06 72 72 28 87, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 
Installation de filets de protection des amphibiens
Depuis de nombreuses années, la LPO Rhône mène des actions de protection sur plusieurs sites d'écrasement. Le site de Tarare est suivi depuis 1999. Ce chantier sera consacré à la pose de barrières-pièges permettant d'éviter l´écrasement de centaines d´amphibiens durant leur migration.
Rendez-vous le samedi 17 février 2018 à 08h30. Lieu : Tarare, Rhône (69).
LPO Rhône, Réservation obligatoire avant le vendredi 16 février 2018 à cette adresse : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 
 
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La coordination nationale de l’édition 2018 de la JMZH est assurée par l’association Ramsar France, l'Agence Française pour la Biodiversité, les Pôles-relais zones humides, la LPO et la SNPN.
Danone et evian
Depuis 1998, le groupe Danone et la marque evian soutiennent également des actions conduites à plus grande échelle en partenariat avec la Convention de Ramsar. Ils accompagnent ainsi la tenue annuelle du forum Ramsar rassemblant les principaux acteurs des zones humides de France. Ils se sont également associés à la LPO pour sensibiliser le grand public aux enjeux de la préservation des zones humides à l’occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides en France.
 
(1) Depuis plus de 40 ans, la Convention de Ramsar œuvre à la protection des zones humides dans le monde. Ce traité intergouvernemental, signé par 169 pays, a pour mission la protection, la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides grâce à une forte coopération internationale mais aussi grâce à des actions nationales, régionales et locales permettant de contribuer au développement durable et à la gestion intégrée des ressources naturelles de notre planète. A ce jour, la Liste Ramsar des zones humides d'importance internationale compte, à travers le monde, un peu plus de 2290 zones humides classées, dont 48 en France, qui sont des sites remarquables par les services écologiques fondamentaux qu’ils fournissent et par leur fabuleuse biodiversité.
 

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