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Hollande: « Nous sommes devant un risque de conflit avec nous-mêmes ».

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L’hémicycle du CESE était singulièrement bigarré. Venus de toutes les régions du monde, d’Afrique, d’Inde, du Népal, du Japon, emplumés ou enturbannés, ils représentaient d’un bloc les religions, les cultures, les consciences de l’humanité. Rien de moins. Un sommet des consciences mobilisées pour le climat avec un mot d’ordre : « Why Do I Care ».
Photo ©AFP

En introduction à cette manifestation impulsée par Nicolas Hulot et Jean-Pierre Delevoye, Président du CESE, le Président de la République a plaidé pour un qu’un accord soit trouvé pour la prochaine COP 21 qui se tiendra à Paris en Décembre. Pour parvenir à ce vœu d’une mobilisation de l’humanité pour sa survie, le Chef de l’Etat en appelle aux consciences, à toutes les consciences : "l y a des philosophies, des convictions, des diversités dans le monde qui doivent à un moment s'unir, s'unir pour prendre des décisions". Il rappelle que le climat n’est pas qu’une question de chefs d’Etats mais une de celles qui concerne tous les habitants de la planète.
Reprenant à son compte la formule de Nicolas Hulot, son envoyé spécial pour la planète, François Hollande clame "Nous sommes dans une époque de profusion de sciences mais de déficit de conscience ». Il ajoute qu’il s’agit "d’une crise de civilisation qui ne dit pas son nom".

"Nous sommes devant un risque de conflit avec nous-mêmes, nous devons faire émerger des règles pour la planète", a également déclaré avec emphase un François Hollande convaincu et assez convaincant. "C’est un enjeu aussi pour la sécurité et la paix du monde, vivre dignement là où on est né, ne pas avoir à quitter son pays pour chercher une subsistance, c’est un droit fondamental", a-t-il ajouté, en soulignant les dangers des migrations de peuples et le sort des réfugiés climatiques. Et enfin, de citer Victor Hugo : "Je ne suis pas de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance, mais de ceux qui affirment qu’on peut détruire la misère." Puis d’alerter : "Celle d’hier était insupportable, celle d’aujourd’hui est intenable ; celle de demain sera ingouvernable."

 

Cette journée de réflexions et de témoignages donne la parole à des personnalités de toutes obédiences, toutes mobilisées pour stimuler un accord qui se veut historique, en décembre à Paris. Accord qui est encore loin d’être gagné. Le chef de l’Etat avoue que, d’après ce qui se dessine dans les négociations actuelles, nous sommes encore au-dessus de l’objectif de contenir le réchauffement climatique à deux degrés. "Nous sommes sans doute à trois degrés" a-t-il précisé.

 

"Quel plus puissant symbole pouvez-vous délivrer par votre simple présence ?" s’est exclamé Nicolas Hulot face à un parterre d’autorités morales, spirituelles et religieuses venues spécialement à Paris comme Bartholomée 1er (1er Patriarche œcuménique de Constantinople), le Cardinal Turkson (Vatican), principal inspirateur de l’encyclique du pape François publiée en juin, le Rabbin David Rosen, le Révérend Takayuki Ashizu (responsable du plus haut sanctuaire shintoïste au Japon), le Cheikh Abduldjabbar Abdullah al-Timeemi (fondateur du centre pour la diversité raciale, religieuse et culturelle, Irak), le prix Nobel de la paix 2006, Muhammad Yunus…
"A Paris, vous n’avez pas le droit d’échouer, vous n’avez pas le droit d’être petit, vous devez être grand." "Paris, c’est la paix ou le conflit. Nous allons choisir la paix et enfin donner à l’humanité ses lettres de noblesse", conclut Nicolas Hulot, avec une mise en garde : "Attention que le fatalisme des uns ne développe pas le fanatisme des autres."

 

 

 

 

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