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Faut-il en appeler à Dieu pour sauver la planète ?

Religion et COP21
Les cloches sonneront dimanche pour appeler les ouailles à l'urgence climatique. En juillet, la France accueillait au Palais d'Iéna des "consciences", représentant les croyances et religions du monde entier, pour mobiliser les humains. A la COP 21, dans une ambiance de tension, de difficultés et de nuits blanches, on note la présence de groupes religieux de toutes obédiences qui s'activent eux-aussi.
 
Lorsque l’on parle de la société civile qui se fait entendre dans ces négociations, on ne parle pas seulement des associations de défense des baleines ou des petits oiseaux. Si toutes les composantes de la société civile ont le droit de s’exprimer dans cette conférence et font valoir leurs arguments, il y a notamment les représentants de secteurs économiques et aussi de groupes de foi religieuse. Ils font partie des dix-mille observateurs accrédités au Bourget. On trouve des bouddhistes, des juifs, des musulmans, des chrétiens, des luthériens, des protestants et bien sûr des catholiques. Le pape François a d’ailleurs produit une fameuse encyclique sur le climat, il y a quelques mois, qui a fait beaucoup de bruit. Mais il n’est pas le seul dignitaire religieux à avoir appelé à un accord ambitieux sur le climat.
 
 

Quels sont les arguments de ces groupes religieux ?

 
Vivre en harmonie avec la nature, respecter la vie, toutes les vies… Ils sont sur des positions similaires à celles des ONG d’aide au développement, et pour cause, Caritas ou le CCFD, le comité catholique d’action contre la faim, par exemple, sont très proches de l’Église. Ils défendent l’égal accès aux ressources naturelles entre les pays du Nord et du Sud. Ils prônent la justice climatique avec les notions de charité, de partage. Ils appellent souvent à une modération de la consommation dans les pays développés, à une consommation qui a entrainé de la pollution, des émissions de gaz à effet de serre. Ils appellent à la sobriété d’un côté, et à l’amélioration des conditions de vie de l’autre pour les pays du sud. Ils surveillent donc cet aspect des choses et surtout, que l’on ne demande pas aux hommes de limiter le droit à la vie - comprenez le contrôle des naissances - qui fait pourtant aussi partie de programmes de développement.
 

Est-ce que leurs voix comptent plus qu’avant ?

 
Ils ont toujours été présents dans ces conférences climat mais pour la COP21, ils ont eu du renfort, notamment de la part de la présidence française qui compte sur cette mobilisation religieuse. Une quarantaine de personnalités aux multiples croyances, des indiens d’Amazonie ou pope orthodoxe, avaient d’ailleurs lancé un appel des consciences au mois de juillet avant la conférence climat.

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Des références à la protection du climat sont d’ailleurs distillées dans plusieurs offices religieux depuis cet automne. Est-ce que cela changera quelque chose ? Faut-il en appeler à Dieu pour sauver la planète ? Ce sont en tout cas des hommes et des femmes qui, au Bourget, essaient d’écrire un accord pour cela.
 
(Source : France-Info - Anne-Laure Barral)