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PxSxExC : La formule de Bill Gates pour vaincre le réchauffement climatique

Formule de Bill Gates
Dans sa lettre annuelle de la Bill and Melinda Gates Foundation, le fondateur de Microsoft nous livre la formule qu’il faut avoir en tête pour arriver à bout du réchauffement climatique. P pour population multiplié par S pour les services utilisés par les gens, multiplié par E pour l’énergie nécessaire pour faire fonctionner ces services, multiplié par C pour le carbone utilisé par cette énergie. Le résultat est la catastrophe que nous connaissons, celle de l’augmentation de la température de la planète et la mise en danger de l’espèce humaine.
 
Pour Bill Gates, la formule est donc claire, simple et mathématique : pour réduire les émissions de CO2, il faut faire baisser, mieux, faire tendre vers zéro, l’un des éléments de la formule.
Or comme la population, les services et besoin d’énergie qu’ils nécessitent augmentent drastiquement et que changer cette tendance semble une mission impossible à court et moyen terme, pour Gates, la solution passe nécessairement par la suppression de l’utilisation des produits dérivés du carbone, des énergies fossiles. Le « C » de la formule. « Sans cela, nous n’y arriverons tout simplement pas ».
 
Bill Gates pense cela possible. En effet, il prédit dans une interview au magazine Quartz qu’une énergie propre, capable de sauver la planète, sera découverte dans les quinze ans qui viennent. « Le monde a besoin d’un miracle énergétique » dit-il et ce miracle, selon plusieurs estimations scientifiques, pourrait avoir lieu plus vite que nous ne le pensions.

Bill Gates met la main à la poche

Afin d’accélérer l’irruption de ce miracle, Bill Gates met la main à la poche. Il a déjà annoncé à l’occasion de la COP 21 de Paris qu’il consacrerait personnellement 1 milliard de dollars pour investir dans les technologies propres. Pour lui, il faut regarder toutes les solutions possibles, sans exclusive. À cette fin, il mobilise autour de lui et parie que le monde saura découvrir cette énergie propre très prochainement.

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Dans son blog personnel, Bill Gates avait publié un livre blanc très détaillé. On y lit dès les premières lignes que l’innovation énergétique est non seulement possible, mais qu’elle s’impose. Il lance cet appel : « Difficile d’exagérer l’impact qu’aura l’énergie propre, fiable et abordable. Elle assurera l’autosuffisance énergétique de la plupart des pays, stabilisera les prix et fournira aux pays à faibles et moyens revenus les ressources dont ils ont besoin pour développer leurs économies et aidera davantage de gens à s’extraire de la misère, tout en évitant à la température à l’échelle mondiale d’augmenter de plus de deux degrés. J’ai bon espoir que les quinze années à venir verront les grandes percées dont nous avons besoin pour atteindre tous ces objectifs. Nous avons là une opportunité extraordinaire. Mais il s’agit également d’un indubitable défi. L’homme a déjà changé son régime énergétique par le passé, mais jamais aussi rapidement qu’il le faut aujourd’hui. Jamais nous n’avons évolué aussi rapidement. Raison de plus pour commencer dès aujourd’hui. »

Un contexte américain confus

Cet appel vibrant à une prise de conscience se situe dans un contexte américain particulièrement confus. Quand Barack Obama est venu à Paris pour la COP 21 il s’était engagé à mettre en œuvre un plan ambitieux de réduction des gaz à effet de serre et d’investissements dans les énergies propres. Cette déclaration fut saluée avec un immense soulagement.
Or, quelques mois plus tard, douche froide : la Cour Suprême américaine, à majorité républicaine, oppose son veto à ce Clean Power Plan, prétextant la défense des intérêts de l’industrie (entendre industrie pétrolière) américaine. Le plan Obama est ainsi purement et simplement sabordé.

LIRE DANS UP’ : Les Républicains, boulets d’Obama dans sa lutte pour le climat et Obama : son ambitieux plan pour le climat stoppé net par les Républicains

Mais, l’espoir renaît avec une déclaration signée le 16 février par 17 gouverneurs des États-Unis s’engageant pour construire un avenir durable. Cet Accord des gouverneurs pour un nouvel avenir énergétique sert d’argument économique pour accroître la coopération entre États sur l’énergie renouvelable, en soutenant la croissance d’entreprises novatrices aux États-Unis.
Le document mentionne les catastrophes, l'élévation du niveau de la mer, sécheresses, inondations et feux de forêt inclus, comme raisons pour accroître la résilience des réseaux électriques existants et de l’économie des États-Unis dans son ensemble, à l’aide d’une plus grande efficacité énergétique et d’une énergie renouvelable provenant de sources comme l’éolien, le solaire, l’hydroélectricité et la géothermie.

Le rôle moteur et exemplaire du local

On observe que les initiatives locales prennent le pas sur les décisions politiques nationales dans la lutte pour le changement climatique. L’an dernier, le gouverneur de la Californie, Jerry Brown, avait réuni des dirigeants internationaux de onze autres États et provinces, représentant en tout plus de 4,5 milliards de dollars de PIB et plus de 100 millions de personnes pour signer un accord qui doit maintenir l’élévation de la température mondiale en dessous de 2 degrés Celsius.
Dans le même esprit d’initiative des responsables locaux, le Mémorandum d'accord sur le leadership climatique infranational mondial, aussi appelé Under 2 MOU, propose un modèle pour les autres États et provinces qui ont joué un rôle important dans la création d’un élan visant à obtenir un résultat efficace avec l’Accord de Paris en décembre dernier.
 
En matière de changement climatique, compter sur le « miracle » technologique n’est pas suffisant. Il faut des investissements dans les énergies propres mais aussi des volontés politiques clairement affirmées ; on voit qu’elles viennent du local. Exemple à suivre.