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Pollution : nos enfants nous accuseront !

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Ce mardi 20 septembre, les membres du Rassemblement pour la planète et leurs partenaires ont présenté les résultats d’un sondage exclusif réalisé par l’IFOP pour Générations futures, qui montre que 90 % des personnes interrogées pensent que la mise en place de réglementations visant à réduire significativement l'exposition des enfants à des polluants chimiques toxiques doit faire partie des priorités en matière d'action sanitaire publique.
 
Aujourd'hui les enfants, dès leur vie fœtale et durant toute leur croissance, sont exposés à des centaines de substances dangereuses polluantes (pesticides, produits chimiques perturbateurs endocriniens, champs électromagnétiques, nanoparticules...). Or ces temps d’expositions et cette contamination chronique font partie des causes de maladies qui frappent ces enfants dès leur plus jeune âge et tout au long de leur vie.
En effet aujourd'hui de nombreux scientifiques des institutions les plus prestigieuses en France et dans le monde l'affirment : l'exposition à ces substances toxiques compromet l'état de santé de nos enfants et menace même leur capacité de reproduction future (2).
Pour eux, pas de doute, il est urgent de réduire l’exposition des femmes enceintes et des jeunes à ces pollutions. Les Françaises et les Français connaissent l'importance de cette protection des enfants par rapport aux produits chimiques toxiques. Un sondage exclusif réalisé par l'IFOP en septembre pour Générations Futures, association membre du Rassemblement pour la Planète, montre que 90 % des personnes interrogées pensent que la mise en place de réglementations visant à réduire significativement l'exposition des enfants à des polluants chimiques toxiques doit faire partie des priorités en matière d'action de santé publique.
Chaque année, en Europe, 100 000 enfants meurent de maladies causées par l’environnement. 70% des cancers sont liés à l’environnement dont 30% à la pollution et 40% à l’alimentation. Chaque année en France, on constate une augmentation de 1,1% des cancers chez les enfants.
Il s’agit aussi bien de priorités :
- Sanitaire : sur 385 000 nouveaux cas de cancers estimés en 2015 en France métropolitaine (3) un nombre toujours plus grand est lié à une exposition à des polluants environnementaux ;
- Environnementale : en 2015 plus de 92% des eaux de surfaces analysées étaient contaminées par les pesticides ; en 2012, près de 98 % de la population était exposée à des niveaux d'ozone dépassant les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et pour les particules fines, c'était le cas de 92 % de la population ; la majorité des espèces animales et végétales (60 %), ainsi que de leurs habitats (77 %), se trouvaient « dans un état de conservation défavorable » (4) ;
- Économique : Entre 150 et 260 milliards d’euros par an tel est le coût annuel estimé des perturbateurs endocriniens pour la société européenne (5) ; 100 milliards d’euros par an est le coût annuel estimé de la pollution de l’air (6)  ;
- Sociale : Il existe malheureusement des disparités entre les catégories sociales. Les personnes les plus défavorisées et les moins informées sont davantage exposées aux différents facteurs de risque (6).
Il est donc temps que les futurs responsables que sont les divers candidates et candidats aux élections à venir s'engagent clairement à mettre en places de telles politiques de préservation la santé des citoyens.
Une pétition a été mise en ligne pour appuyer cette demande.
 
Yannick Jadot, député européen, a réagi :
« Ce sondage démontre le travail extraordinaire réalisé depuis des années par les associations environnementales, les militants et les élus écologistes pour informer les Français sur la réalité des pollutions et leurs conséquences potentiellement dramatiques pour la santé. Ce travail de longue haleine n'a cessé de se confronter aux campagnes de désinformation des lobbys de la chimie, des pesticides, de l'agriculture ou de l'automobile, aux conflits d'intérêt de trop nombreux élus et experts dits indépendants, à la frilosité ou à la lâcheté des gouvernants. Amiante, tabac, diesel, OGM, pesticides, perturbateurs endocriniens, glyphosate... les exemples sont légions qui démontrent combien les processus de décision publique sont souvent gangrénés par les intérêts industriels.
Quelques chiffres rappellent l'urgence absolue d'agir : plus de 2 femmes sur 5 et d'un homme sur 2 auront un cancer dans leur vie; la pollution de l'air entraîne 5,5 millions de morts prématurées dans le monde; en France les particules fines en entraînent 48 000 chaque année ; en plus des drames sanitaires et des vies abîmées, les coûts économiques induits des maladies liées aux seuls perturbateurs endocriniens sont estimés à 153 milliards par an en Europe d'après l'Endocrine Society, l'association internationale des endocrinologues !
Face à l'urgence de protéger notre santé, celle de nos enfants comme celle de toutes les espèces vivantes, la santé  doit devenir une priorité transversale des politiques publiques qui l'impactent : transport, industrie, agriculture notamment. Les processus de décision réglementaire doivent devenir totalement transparents, les experts des agences françaises et européennes sur la santé et l'environnement exempts de tout conflit d'intérêt et les lanceurs d'alerte protégées. De toute urgence, les normes d'émission des véhicules doivent être strictement et vérifiées en conditions réelles, la directive REACH sur les produits chimiques renforcée, le glyphosate interdit, les négociations de libre-change transatlantiques avec les États-Unis et le Canada arrêtées tant elles ont démontré leur impact négatif sur l'avancée de nos normes en matière de protection de la santé. À l'heure du rapprochement terriblement dangereux entre Bayer et Monsanto, je demande que la France saississe les institutions européennes pour vérifier la légalité d'un tel rachat.
Ce sont les citoyens, au nom de leur santé et de celles de leurs enfants, qui doivent décider des conditions de production et des produits de la ferme à l'assiette, pas les firmes ! »

LIRE AUSSI DANS UP' : Bayer rachète Monsanto : le « mariage des affreux » 

Rappelons que, selon la Constitution de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) du 7 avril 1948, la santé est un « état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».
 

Appel de Paris - Déclaration internationale sur les dangers sanitaires de la pollution chimique

 
Membres du Rassemblement pour la planète : Ecologie Sans Frontières, Générations Futures, Robins des toits, Respire, WECF
 
 
(1)    Nos enfants nous accuseront est le titre d'un film de Jean-Paul Jaud qui a annoncé samedi apporter son soutien à Yannick Jadot dans le cadre de la primaire de l'écologie se déroulant en France en ce moment
(2)    2 Appel de la FIGO (Fédération Internationale des Gynécologues-Obstétriciens) contre les pollutions chimiques, lancé en
(3)    octobre 2015 et notamment soutenu par WECF France : http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/06/11/bebes-etfemmes-enceintes-premieres-victimes-des-produits-chimiques-toxiques_4948503_3244.html
(5)    5 Estimating Burden and Disease Costs of Exposure to Endocrine-Disrupting Chemicals in the European Union J Clin
(6)    Endocrinol Metab, April 2015, 100(4):1245–1255
(7)    6 Commission d'enquête sur le coût économique et financier de la pollution de l'air, Rapport du Sénat, 15, juillet 2015