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Marches pour le climat partout en France et dans le monde : une mobilisation citoyenne pleine de promesses !

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Demain samedi 8 septembre, plus de 150 événements liés à la lutte contre le réchauffement climatique se tiendront partout en France - plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues, pour ce qui s'annonce d'ores et déjà comme une des plus vastes mobilisations climat en France.
 
Partout en France, des milliers de citoyens descendront demain samedi 8 septembre dans les rues, pour le climat. Ils prendront part à plus de cent actions, interventions artistiques, interpellations publiques, etc. - à Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille, Dunkerque, Aubenas, ou encore Pointe-à-Pitre, etc.
 
Ces mobilisations s'inscrivent dans le cadre d'une journée mondiale d'actions locales pour le climat - près de 1000 événements se tiendront ainsi dans plus de 90 pays ce samedi. Cette journée "Dans nos rues pour le climat" (#RiseForClimate) entend remettre l'action citoyenne au cœur de l'action pour le climat, là où la plupart des gouvernements et institutions publiques ont échoué où ne cessent de tergiverser.
 
Ces citoyens seront dans la rue pour demander des mesures urgentes avant 2020 afin d'accélérer l'abandon des combustibles fossiles et une transition socialement juste vers une énergie propre pour tous. Il n’y a plus de temps à perdre. Cette année a déjà été marquée par des épisodes de chaleur extrême en Afrique du Nord, en Europe, au Japon, au Pakistan, en Australie et en Argentine ; des incendies aux conséquences meurtrières en Grèce, en Suède, aux États-Unis et en Russie ; des sécheresses au Kenya et en Somalie ; de graves pénuries d'eau en Afghanistan et en Afrique du Sud ; des ouragans et des inondations extrêmes à Hawaï, en Inde, à Oman et au Yémen ; une fonte record de la glace de la mer de Béring et le quatre centième mois successif de températures mondiales supérieures aux moyennes enregistrées.
 
Comme l'explique May Boeve, directrice exécutive de 350.org, "l'action citoyenne donne un coup d'accélérateur au changement que nous voulons voir apparaître et ouvre la voie à un nouveau modèle de société qui nous permettra de respirer un air pur et d'être en meilleure santé. Des citoyens du monde entier vont exprimer de manière claire et visible leurs attentes à l'égard des décideurs pour qu'ils et elles mettent en place un véritable leadership climatique et soutiennent une économie zéro fossile".
 
La principale source d'espoir en matière climatique réside en effet dans le dynamisme de leurs campagnes et mobilisations.
 
En France, cette journée mondiale d'action prend une signification particulière après la démission de Nicolas Hulot : le nombre d’événements prévus a doublé et les "marches pour le climat" se sont spontanément organisées sur les réseaux sociaux, à l'initiative notamment de Maxime Lelong pour l’événement à Paris.
“La démission de Nicolas Hulot ne représente pas seulement l’échec d’un homme politique, c’est l’échec d’un système qui ne considère pas la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de l’environnement comme des priorités. C’est désormais à nous, citoyen.ne.s, de faire comprendre à nos dirigeants de faire comprendre à nos dirigeants qu’il est trop tard pour tergiverser. Nous le ferons en nous mobilisant en masse, et ce à commencer par samedi.” explique-t-il.
 
À Paris, plusieurs actions auront lieu : sur le parvis de l’Hôtel de Ville, les citoyens participeront à une chorégraphie géante, participative et créative en faisant apparaître une croix, symbole de la résistance, et un soleil, pour les alternatives. La marche partira dès 15h30 en direction de République. A 18h, plus de cent personnes sont également attendues pour participer à une performance du collectif d’artivisme Libérons Le Louvre pour contrer l’influence des lobbies et exiger la rupture du partenariat entre l’entreprise Total et le musée du Louvre.
 
Clémence Dubois, porte-parole pour 350.org en France indique "la démission de Nicolas Hulot doit en effet provoquer un sursaut - le gouvernement pourrait commencer par une mesure simple, qui aurait l'énorme avantage de ne rien coûter, mais permettrait au contraire de dégager des fonds pour soutenir les investissements au service de la transition : désinvestir des combustibles fossiles. Après tout, le parlement irlandais l'a fait - rien n'empêche donc la France de suivre cet exemple. Mais pour l'heure, nous marchons sur la tête : l'argent que les français épargnent sur le Livret du développement durable sert ainsi à financer RWE par exemple, qui exploite du charbon en Allemagne et qui menace de détruire à l’heure actuelle la dernière forêt primaire d’Europe Centrale, celle d’Hambach. L’argent public, à travers la Caisse des dépôts et Consignations, continue d'être investi à coups de millions d'euros dans le charbon, le gaz et le pétrole".
 
Parmi les actions significatives prévues autour du monde :
 
Nous descendons dans nos rues pour les anciennes générations, pour la génération actuelle et pour les futures générations afin de réclamer une transition juste et rapide vers un monde zéro fossile. » Isso Nihmei, coordinateur des îles Vanuatu des guerriers climatiques du Pacifique
 
- Des dizaines de milliers de personnes sont attendues dans les rues de San Francisco. Elles dévoileront l'une des plus grosses installations artistiques jamais créées. La tête du cortège sera occupée par des représentants des populations les plus exposées au changement climatique, qui exhorteront le gouverneur de Californie, Jerry Brown, et les autres dirigeants qui participeront au Sommet mondial d'action pour le climat (le 12 septembre prochain, en Californie) à s'engager à mettre un terme à l'extraction des combustibles fossiles.
- Au Royaume-Uni et en Allemagne, les actions mettront l’accent sur la nécessité de poursuivre le processus de désinvestissement du secteur des combustibles fossiles.
- Outre la France, des marches et des rassemblements de grande ampleur seront organisés dans les principales villes européennes, telles que Lisbonne, Copenhague et Kiev.
- En Asie, des femmes prendront la tête de mobilisations contre l'industrie du charbon. Au Philippines, un happening virtuel organisé pour la première fois au monde, fera défiler des hologrammes, représentants les peuples les plus affectés par le changement climatique dans le monde.
- En Amérique latine, dans les îles du Pacifique et en Afrique, se tiendront de nombreux événements originaux et inédits tels des sommets locaux sur le développement des énergies renouvelables.
- Des manifestations se tiendront en marge des négociations sur le climat de l'ONU à Bangkok en Thaïlande.
- Partout dans le monde, des militants cibleront les banques et les collectivités locales qui continuent de soutenir et de financer l'industrie fossile.
 
Le changement climatique est le grand enjeu de notre époque, dont les répercussions sont liées à des questions de démocratie, de justice et de droits de l'homme. Ces mobilisations démontrent la diversité de ce mouvement mondial pour le climat qui réunit des citoyens déterminés à renforcer leurs droits et les droits des peuples autochtones, à favoriser l'emploi et la justice, à protéger l'environnement et à défendre la démocratie. Ce week-end, la mobilisation Dans nos rues pour le climat mettra en évidence la diversité de ce mouvement pour le climat qui continue de prendre de l'ampleur. L'action citoyenne donne un coup d'accélérateur au changement que nous voulons voir apparaître et ouvre la voie à un nouveau modèle de société qui nous permettra de respirer un air pur et d'être en meilleure santé. Des citoyens du monde entier vont exprimer de manière claire et visible leurs attentes à l'égard des décideurs pour qu'ils et elles mettent en place un véritable leadership climatique et soutiennent une économie zéro fossile. »
May Boeve, directrice exécutive, 350.org
 
Les effets des dérèglements climatiques touchent déjà l'Australie. Nous luttons contre des incendies dans le bush en hiver et des sécheresses dévastatrices. De plus, les experts scientifiques craignent que la Grande Barrière soit touchée l'été prochain par un épisode consécutif inédit de blanchissement des coraux. Alors qu'il pourrait développer fortement les énergies renouvelables, notre pays contribue aux dérèglements climatiques en exportant du charbon et du gaz vers le reste du monde. Les citoyen.ne.s australien.ne.s veulent agir pour le climat et nous allons dans la rue pour exiger un véritable leadership climatique. »
Blair Palese, directeur exécutif, 350.org AustraliLe réchauffement climatique a déjà des effets sur nos moyens de subsistance dans les provinces du sud de la Thaïlande.  Plus une seule centrale à charbon de plus ne doit être construite. Nous serons dans la rue pour demander l'abandon du charbon et le soutien des énergies renouvelables et durables. »
 
Cette mobilisation donnera aux citoyens d'Iquitos les moyens de dénoncer ce qui se passe ici depuis de nombreuses années et qui n'est en majorité pas de notre fait. Les habitants de l'Amazonie péruvienne veulent vivre dans un environnement non pollué, sans violence et sans injustice. Nous voulons des politiques de soutien aux technologies respectueuses de l'environnement. Nous voulons tourner définitivement la page après plus de quarante années d'exploitation pétrolière dans notre région et mettre un terme à ses répercussions. »
Victoria Espinoza, ingénieure en gestion de l'environnement, militante et coordinatrice de l'événement de Parque Zonal à Iquitos.
 
Yasunidos est une organisation qui a été créée pour lutter contre l'exploitation pétrolière dans le parc national de Yasuni, plus particulièrement dans le secteur 43 (ou ITT pour Ishpingo, Tambococha et Tiputini). L'un de nos objectifs est la transition vers une société post-extractiviste, au sein de laquelle des solutions économiques, politiques, sociales et énergétiques sont proposées pour éviter l'exploitation des hydrocarbures. Nous participons à cette mobilisation pour souligner qu'il s'agit d'un objectif de nombreuses organisations et populations du monde entier. Nous voulons que le gouvernement équatorien comprenne qu'il est nécessaire de protéger les droits de l'homme et de l'environnement et de prendre des décisions pas seulement en tant que gouvernement mais aussi en tant que société. »  David Fajardo Torres, défenseur des droits de l'homme et de l'environnement, membre du collectif Yasunidos Guapondelig
 
En Indonésie, nous sommes plus de 100 millions de femmes. Je serai dans la rue aux côtés de ces femmes qui s'engagent pour défendre notre terre sacrée. »
Hening Parlan, coordinatrice nationale pour l'environnement d'Aisyiyah, Indonésie
 
Le collectif Ríos Vivos Antioquia a pour ambition de faire évoluer la politique colombienne dans le secteur de l'énergie et de l'exploitation minière. C'est pour cette raison que nous jugeons important de participer à la lutte mondiale pour le climat et de manifester notre opposition à un mode de vie polluant qui n'est pas durable et menace notre survie sur terre. Le 8 septembre, nous participerons à l'action mondiale en faveur de la transition énergétique plantaire. Nous exigeons de laisser le pétrole sous terre et de trouver une issue à la crise de civilisation que traverse aujourd'hui l'humanité. »
Isabel Cristina Zuleta, coordinatrice du collectif Ríos Vivos de défense des citoyen.ne.s du canyon de Cauca à Antioquia (Colombie)
 
Pas une seule centrale à charbon de plus ne doit être construite. Je serai dans la rue pour demander l'abandon du charbon et le soutien des énergies renouvelables et durables. »
Lamai Manakarn, réseau des provinces du sud de la Thaïlande.
 
 
 
 
 

 

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