UP' Magazine L'innovation pour défi

agriculture familiale

De temps à autre, des parties du monde très éloignées se rejoignent pour le meilleur...

Il y a quelques années, qui aurait parié que les Adivasis, des tribus marginalisées vivant aux fins fonds de l’Inde, produiraient et commercialiseraient un café de grande qualité pour des occidentaux aisés. La semaine dernière, dans le quartier chic du Marais à Paris, l’ouverture de la très belle boutique « Araku Coffee » a attiré l’attention des médias. Cette réalisation est le résultat d’années de travail de terrain de Naandi, une organisation indienne à but non lucratif. Avec le soutien du fonds Livelihoods, Naandi a progressivement permis à des milliers de fermiers de produire du café tout en préservant leurs ressources naturelles. L’incroyable aventure des fermiers Adivasis est une vraie source d’inspiration.
 
En février 2015 le Fonds Livelihoods pour l’Agriculture Familiale (Livelihoods 3F) a été créé pour permettre de développer des projets visant à la fois à restaurer l'environnement et les écosystèmes dégradés et à améliorer la productivité, les revenus et les conditions de vie des petits agriculteurs vivant dans les pays en développement. 
La FAO publiait en octobre 2014 un rapport appelant à "ouvrir l’agriculture familiale à l’innovation" : "Les exploitations agricoles familiales sont l’une des clés de la sécurité alimentaire et du développement rural durable". Sur les 570 millions d'exploitations agricoles dans le monde, neuf sur dix sont gérées par des familles, ce qui montre la prédominance de l'agriculture familiale et lui confère le rôle d'agent de changement potentiel essentiel pour assurer la sécurité alimentaire et éradiquer la faim. Livelihoods 3F est né de ce constat qu’il y a un fort besoin d'investir davantage dans l’agriculture et la sécurité alimentaire mondiales, en particulier par le secteur privé. 

LIRE AUSSI DANS UP' : Livelihoods : la réponse attendue aux problèmes d'alimentation dans le monde ? 

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De la marginalisation à la commercialisation de café haut de gamme : l’incroyable histoire des fermiers d’Araku en Inde ...
 
 
Araku est une vallée située au milieu d’une région montagneuse qui s’étend sur 7500 km2 dans l’Andra Pradesh, dans l’est de l’Inde. C’est une zone protégée, peuplée seulement par des tribus. Il y a dix ans, quand Naandi a commencé à travailler dans la région, la situation était très contrastée. Dans certains villages, les gens vivaient seulement de la cueillette et de la chasse, sans électricité. Ils ne pratiquaient pas du tout d’agriculture. Cependant, dans d’autres villages plus proches de l’unique route traversant la vallée, les jeunes portaient des jeans et des casquettes. Ce décor invraisemblable se trouvait seulement à deux heures et demie de voiture d’un aéroport international. Les habitants des forêts, qui vivaient en harmonie avec la nature, ont été les laissés-pour-compte du développement du pays. La région faisait face au plus fort taux de mortalité liée à la grossesse et à l’accouchement, à l’illettrisme et à l’absence d’écoles. Pour la plupart des villageois, les perspectives d’avenir se résumaient aux aides du gouvernement.
 
Plus de 30 tribus, avec des cultures, des croyances et des attitudes différentes peuplent cette vallée. Mais le lien qui les unissait était le sens du partage et de l’attention qu’ils portaient à autrui. La vision de Naandi était claire : mettre sur pied un modèle de développement enraciné dans la culture et les valeurs des Adivasis. En effet, Naandi a très vite compris que la clé pour transformer la vallée d’Araku en une sorte de Shangri-La, sans éroder les valeurs de ces communautés, résidait dans le lien ancestral que les Adivasis entretenaient avec la nature, la terre, les plantes et l’eau. Naandi a donc mis en œuvre un projet englobant des pratiques biodynamiques, le renforcement des coopératives de fermiers ainsi qu’un volet social. L’approche de Naandi est d’investir dans les gens « comme ils sont » pour s’appuyer sur la dynamique sociale de la communauté.
 
 
Au début, la culture du café était très marginale dans la vallée, avec une qualité médiocre. Mais les fermiers ont émis le souhait de pouvoir la développer avec le soutien de Naandi. Au fil des années, 14 000 fermiers ont été formés au compostage, à la taille des arbres et à la plantation d’arbres d’ombrage. Ainsi, 3 millions de caféiers et 3 millions d’arbres fruitiers, dont des milliers de manguiers, ont été plantés dans la vallée avec l’appui du fonds Livelihoods. Petit à petit, les Adivasis ont vu l’intérêt de ces pratiques et ont commencé à se focaliser sur la qualité. Naandi a su faire preuve de créativité pour promouvoir une démarche d’amélioration continue. De plus, elle a regroupé les fermiers en « Coopératives de petites tribus marginalisées », qui comptent aujourd’hui plus de 10 000 membres.

LIRE AUSSI DANS UP' : l'interview de Manoj Kumar, le PDG de Naandi

Naandi a déployé des efforts considérables pour relier les fermiers à des marchés haut de gamme pour valoriser la qualité et la culture biodynamique du café d’Araku. Des experts-café reconnus internationalement ont été invités tous les ans pour évaluer le café d’Araku et récompenser les meilleurs fermiers. Il ne restait ensuite plus qu’à proposer ce café unique sur le marché international avec la création de la marque « Araku Coffee » et un positionnement qui s’appuie aussi bien sur la qualité du café que sur l’histoire exceptionnelle des fermiers qui le produisent.
 
L’ouverture du premier magasin international « Araku Coffee » marque le début d’une nouvelle aventure pour les fermiers Adivasis.
 
Bernard Giraud, Président & Co-fondateur de Livelihoods Ventur
 
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agriculture familiale

Manoj Kumar, PDG de Naandi, raconte comment les fermiers Adivasis en Inde sont sortis de la pauvreté

Le café d’Araku est maintenant disponible à l’international, avec un premier magasin qui a ouvert ses portes à Paris récemment. C’est un café haut de gamme produit par des tribus indiennes qui vivaient en marge de la société il y a quelques années de cela. Cette réalisation incroyable a été possible grâce à l’immense travail accompli par Naaadi, l’une des plus grandes organisations caritatives en Inde. Manoj Kumar, le PDG de Naandi, dévoile quelques-unes des actions mises en place par son organisation pour aider des tribus marginalisées à produire un café de grande qualité tout en renforçant leur sécurité alimentaire. Des actions riches d’enseignements pour des initiatives similaires autour du monde. Interview.
Photo : Fermiers  Adivasis
 
Naandi a été créée en 1998 avec l’objectif d’en confier la gestion à des hommes d’affaires influents. L’organisation développe des solutions pour répondre à l’éducation des filles, la qualité de l’eau potable et l’hygiène, l’agriculture durable, la formation et l’emploi des jeunes, la mortalité liée à la grossesse et à l’accouchement ainsi que le développement des jeunes enfants. Naandi compte aujourd’hui plus 300 salariés et 3000 intervenants sur le terrain. L’organisation mise toujours sur une écoute attentive des communautés qu’elle épaule pour en faire des acteurs de ses solutions.
 
Manoj Kumar, PDG de Naandi

Une demande inattendue

En 2004, les Adivasis ont commencé à faire confiance à notre équipe une fois que nous avions mis en place des solutions pour réduire la mortalité liée à la grossesse et à l’accouchement et construit des crèches ainsi que des écoles. Leurs forêts étaient en train de disparaître et ils voulaient développer des activités agricoles. C’était fascinant car aucun d’entre eux n’était agriculteur. Ils n’avaient jusque-là cultivé que du riz en petites quantités. Nous avons demandé aux fermiers quelle était la culture la plus exotique qu’ils aimeraient apprendre et ils nous répondu le café. C’était inattendu. Ils nous ont raconté que depuis les années 1900, les Anglais cultivaient le café et les tribus n’avaient pas le droit d’aller sur les plantations. Par la suite, quand le gouvernement indien a repris les propriétés des Britanniques, elles ont une fois de plus étaient mises à l’écart. Les Adivasis avaient donc le sentiment qu’ils pouvaient faire quelque chose d’unique avec cette culture dont on les a toujours tenus éloignés.
 
Très vite, nous avons identifié trois défis à relever pour arriver à cultiver du café. Tout d’abord, nous devions familiariser les tribus avec la « culture » de l’agriculture, la vie d’un petit fermier étant rempli de dur labeur, qui est à l’opposé de la cueillette et de la chasse. Ensuite, il fallait leur montrer l’importance du sol et de la discipline quotidienne pour prendre soin de chaque plante. Et nous devions mettre l’accent sur la patience car un caféier ne produit pas du café en trois mois mais au bout de quatre ans. Enfin, il nous fallait faire passer l’idée que le succès de cette entreprise dépendrait de l’attention qu’ils porteraient aux conseils des experts-café et de la précision avec laquelle ils appliqueraient les pratiques biodynamiques.

La magie opère

Nous avons commencé à travailler avec 1 000 familles venant de différents villages. Nous avons planté des caféiers et un million de chênes argentés. Nous avons organisé les fermiers comme un club, en nous appuyant sur leurs valeurs de partage. Et la magie opéra !
Très rapidement, nous sommes passés de 1 000 à 2 000 familles, puis 3 000 et ça a continué. Nous nous sommes rendus compte que nous avions besoin d’une unité de transformation car le café doit être cueilli et transformé en moins de 12 heures. De plus, comme la vallée est très difficile d’accès, certains fermiers devaient marcher quatre heures pour transporter leur récolte jusqu’à la route principale. Ces nouveaux défis nous ont montré que nous devions faire croître le projet pour générer des économies d’échelle.
C’est à ce moment que nous avons noué un partenariat avec le fonds Livelihoods. Ensemble, nous avons planté 3 millions d’arbres fruitiers et 3 millions de caféiers pour permettre aux Adivasis de reconstituer leur forêt. Nous avons commencé à les former à des pratiques biodynamiques pour qu’ils puissent produire du café de qualité tout en prenant grand soin de leur terre.
 
Quand nous avons démarré le projet, nous pensions que cette aventure du café allait tourner court car les Adivasis ne sont pas réputés pour leur patience. Mais au bout de la deuxième année puis de la troisième, je me suis dit : « Oh mon Dieu ! Ils prennent tout cela très au sérieux. Il nous faut de l’expertise et une unité de transformation ».
Je dois avouer que c’est seulement la volonté un peu folle et naïve de vouloir changer les choses qui a conduit Naandi dans cette aventure. Il n’y avait pas de plan. Seulement de l’espoir et de la passion.
 

Les camions rouges et les joyaux d’Araku

Au fur et à mesure que le projet prenait de l’ampleur, nous avons réalisé que pour rendre cette activité viable, il nous fallait produire un café de très grande qualité car nos coûts de production étaient plus élevés que le prix moyen du marché. A partir de 2011, nous avons invité des experts-café au concours « Les joyaux d’Araku » pour évaluer la qualité de notre café. Des personnalités du monde entier sont venus partager leurs connaissances et conseils avec les fermiers. Les experts-café ont très vite vu que le café d’Araku avait un caractère exceptionnel. Le profil du café, la qualité du sol, l’implication totale des fermiers qui prennent soin des arbres et des cerises lui donnent un goût unique. Ils nous ont dit que ce café avait un vrai potentiel mais qu’il fallait encore en améliorer la qualité. Et c’est ce que nous avons fait.
 
Nous avons mis en place un code-couleurs pour augmenter la qualité. Ainsi, pour les fermiers qui produisaient le café de meilleure qualité, un camion rouge venait récupérer leur production. Autrement, c’était un camion jaune ou vert. Si le camion rouge venait à votre ferme, vous touchiez quatre fois le prix du marché pour votre café.
Les gens ont commencé à se ruer vers les fermes où allait le camion rouge. C’est comme cela que nous avons créé une incitation comportementale pour encourager les fermiers à améliorer la qualité de leur café. Nous avons aussi créé un module de formation construit sur les valeurs de partage des Adivasis. Les 3 000 meilleurs fermiers ont été choisis pour transformer leur ferme en école.
 
Tout cela a demandé une implication incroyable, beaucoup de persévérance et de patience. Chaque ferme et chaque arbre sont suivis. Toutes les cerises cueillies doivent être de la même couleur et de la même taille. Une simple nuance dans la rougeur peut altérer la qualité. Les fermiers sont dans un tel niveau de précision que nous pourrions écrire un livre sur les « cinquante nuances de rouge » dans la vallée d’Araku.
 
Une fois les pratiques biodynamiques correctement appliquées, les experts-café ont classé notre café parmi les meilleurs du marché. Nous étions alors bien dans la science et plus dans l’improvisation. Les acheteurs ont commencé à nous payer des prix relativement élevés. Mais avec 14 000 fermiers dans le projet, les acheteurs régionaux pouvaient à peine acheter 5% de notre production. La seule solution était de trouver un marché global où les acheteurs seraient prêts à payer un prix plus élevé pour un café de grande qualité avec une belle histoire humaine.
 
Café Araku, 14 rue de Bretagne Paris 4ème

Paris, des arbres et de la fierté

Avec le soutien d’entreprises indiennes et de nos partenaires en France, nous avons entamé une nouvelle page de l’aventure du café d’Araku avec un magasin dans le centre de Paris. Nous nous sommes dit qu’il n’avait pas de meilleur endroit pour commencer à partager cette histoire que dans cette ville d’amoureux du café. Quand il a fallu choisir une marque, nous avons opté pour « Araku » tout simplement afin de retranscrire toute les réalités de ce café.  Et nous voulions que le décor du magasin, avec une grande sculpture de la vallée d’Araku et de ses différents terroirs, illustre comment ce café est en train d’aider les Adivasis à bâtir un héritage pour leurs tribus quand des villages disparaissent peu à peu. Le magasin crée ainsi un lien direct entre les consommateurs et les fermiers dans la vallée.
 
Sur le terrain, les villageois sont de plus en plus motivés pour avoir plus de forêts. Suite à la dynamique initiée par le fonds Livelihoods, nous avons planté au total 13 millions d’arbres avec le soutien d’entreprises locales. Désormais, les fermiers veulent planter encore plus d’arbres, 2 à 3 millions par an. C’était quelque chose d’inimaginable il y a encore quelques années.
 
Nous allons aussi produire environ 12 000 tonnes de mangues tous les ans. En plus d’être le plus gros producteur de café biodynamique au monde, nous sommes très probablement aussi le plus gros producteur mondial de mangues produites en agriculture biodynamique. Nous ne demandons pas aux fermiers d’arrêter leurs cultures vivrières pour se consacrer uniquement au café. Nous nous assurons que l’agriculture subvienne d’abord aux besoins alimentaires des communautés.
Vous devriez voir la joie des tribus. Elles disent toutes qu’elles ne vendront les mangues qu’après en avoir mangées toute l’année. Il ne s’agit pas simplement de sécurité alimentaire. C’est aussi une question de fierté. Le café, les mangues et les arbres offrent aux Adivasis un statut qu’aucun autre emploi conventionnel n’aurait pu leur offrir.
 
Propos recueillis par Nishal Ramdoo / Livelihoods Venture
 
Photos : Clément Sautet/ Agence Puppets/ Stella Salmon
 
 
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agriculture numérique

#DigitAg : booster l’agriculture par la formation et l’innovation numériques

Accélérer le développement économique de l’agriculture grâce au numérique en s’appuyant sur un tandem enseignement/recherche innovant voici le projet du nouvel institut Convergences #DigitAg. Sélectionné en juillet par l’ANR, le projet a officiellement démarré le 1er janvier 2017. Focus sur les premier pas d’une nouvelle forme d’innovation scientifique dont l’ambition est de devenir la référence mondiale pour l’Agriculture numérique, par l'Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour lenvironnement et l'agriculture).
 
Favoriser le développement de l’agriculture numérique et des entreprises, en France et dans les pays du Sud, via la recherche, l’enseignement et le transfert et devenir d’ici 2023 la référence mondiale de l’agriculture numérique, voici l’objectif que se donne le nouvel Institut Convergences #DigitAg. Lauréat avec cinq candidatures du premier appel à projet « Instituts Convergences » de l’ANR, #DigitAg rassemble quatre organismes de recherche, quatre structures d’enseignement supérieur, huit infrastructures d’investissement d’avenir et huit entreprises, à Montpellier, avec deux sites satellites à Toulouse et Rennes. Il a officiellement démarré le 1er janvier 2017 avec une aide de l’ANR de 9.9 M€ sur sept ans.
 
Mais #DigitAg, c’est surtout « une formidable occasion de faire de la recherche différemment, en se confrontant à d’autres angles, d’autres disciplines, et donc de faire ressortir de l’innovation scientifique, pédagogique et technologique » explique Véronique Bellon Maurel, directrice du département Ecotechnologies à Irstea et directrice de #DigitAg, qui traduit ainsi le cœur de ce nouveau dispositif du programme Investissement d’avenir et demande aux équipes de « rompre avec le « business as usual ». Comment ? En plaçant l’interdisciplinarité et la formation au cœur du projet.

L’agriculture numérique en huit challenges

Interdisciplinarité c’est bien le mot d’ordre de ce projet. Rassemblant plus de 300 chercheurs, économistes, agronomes, informaticiens, sociologues répartis sur 25 unités de recherches, #DigitAg se décline autour de deux enjeux sociétaux et économiques majeurs pour l’agriculture numérique, eux-mêmes découpés en huit challenges dans lesquels se répartissent les chercheurs toutes disciplines confondues :
 
L’optimisation de la production agricole en limitation des impacts environnementaux traduit en quatre challenges : 1- Appui à l’agroécologie, 2- adaptation des variétés à l’environnement et aux marchés, 3- protection des cultures, 4- production animale durable.
L’insertion de l’agriculture numérique dans l’ensemble de la société, traduit en quatre challenges qui interrogent la manière dont les TIC vont : 1-révolutionner le conseil et les services aux agriculteurs, 2- faciliter l’intégration de l’agriculture dans le territoire, 3- permettre à l’agriculture de mieux bénéficier de la chaine de valeurs 4- aider au développement agricole dans les pays du Sud.
Ces challenges sont abordés au sein de groupes de travail pluridisciplinaires, qui identifient les grandes questions de recherche, les verrous afin de définir les sujets de thèses inédits car confrontant une discipline. En faisant est émerger autour d’un même objet, des clusters de thèses de différentes disciplines sur des sujets similaires afin de permettre ainsi un éclairage plus complet d’un sujet de société.
 
Concrètement, l’émergence autour d’un même objet de clusters de thèses, chacune centrée sur une discipline différente, et la mise en place d’un dialogue entre ces thèses, permet la construction des questions de recherches originales et un éclairage plus complet d’un sujet de société. Le challenge « protection des cultures » suscite, par exemple, des questions aussi diverses que celle de la détection précoce des maladies (qui nécessite des recherches sur les capteurs) et que celle de l’assurance des cultures et de la modification des systèmes assurantiels rendue possible par las TICs. Et ce n’est qu’une petite partie des questions…

L’enseignement et les étudiants au cœur du dispositif

Car pour porter l’innovation et fédérer la structure, #DigitAg mise sur les étudiants et les jeunes chercheurs français et internationaux : « Au cœur du dispositif, on les espère curieux, investis, et à même de faire le lien entre les différents labos et structures qui composent #DigitAg pour être les moteurs de l’interdisciplinarité, et devenir ensuite les hérauts d’un tel type de recherche, plus ouverte » explique Véronique Bellon Maurel. Et le programme, avec 150 bourses de stages de master, 56 bourses de thèses et 18 années de post-doctorat offertes à minima dans #DigitAg,  a tout pour attirer des étudiants et doctorants internationaux.
D’autant plus que pour aider à la concrétisation des projets de thèses et transformer les résultats en démonstrateurs, une équipe de développeurs informatiques (120 mois/homme) sera recrutée et associée à la Graduate School.
 
A l’horizon 2019, la création d’une Graduate school en agriculture numérique. Inspirée du modèle anglo-saxon, cette nouvelle forme d’école doctorale, englobera l’ensemble des formations niveaux masters et doctorats, qu’il s’agisse de programmes de formation initiale, doctorale ou à vocation professionnelle. Une vraie rupture, quand on prend en compte la nette séparation qui existe aujourd’hui en France entre le niveau master et doctorat rappelle Marie Laure Navas (Directrice déléguée aux formations et à la politique scientifique, Montpellier SupAgro). Pas moins de 20 masters dont quatre nouveaux parcours sont prévus.
 
Le lien avec les entreprises est également au cœur du dispositif d’enseignement. Les huit entreprises partenaires assureront des cours et apporteront une cinquantaine de bourses de stages de masters, qui seront accueillis dans leurs locaux. Sans oublier également, la Chaire d’entreprises AgroTIC, intégrée au dispositif et rassemblant 23 entreprises, elle est elle aussi un trait d’union entre le monde industriel et les étudiants.
 
Autre nouveauté, le Mas numérique, une plateforme de démonstration en agriculture numérique. Le projet est soutenu par quatre entreprises mécènes (SMAG, Vivelys, Pera-Pellenc, ITK) et huit entreprises partenaires (TerraNIS, Agriscope, SIKA, Force A, ICV, Bayer, GéoCarta, Cap 2020, Axe Environnement), tous mettront à disposition leur matériel. Ouverte dès novembre 2017 par la fondation Montpellier SupAgro sur le domaine du Chapitre à Villeneuve-les-Maguelone près de Montpellier, cette plateforme sera non seulement une vitrine pour les entreprises, mais aussi un outil pédagogique inédit, car ouvert à l’enseignement. En effet, étudiants et enseignants pourront bénéficier d’un matériel renouvelé et à jour pour leurs expérimentations, les entreprises bénéficieront, elles, d’un showroom et donc d’une vitrine commerciale.
 
Enfin, autre trait d’union entre le monde de la recherche et des entreprises, l’Observatoire des usages de l’agriculture numérique est une des premières actions portées par #DigitAg et chaire AgroTIC. Cet observatoire produira des états des lieux (tableaux de bord, évaluation des freins à l’adoption des technologies numériques et leviers possibles). Actuellement, l’observatoire étudie les usages de la télédétection en agriculture.
 
Prochains rendez-vous :
30 juin 2017 : l’inauguration de l’institut #DigitAg
1-2 juillet : Hackathon Agriculture numérique
2-6 juillet 2017 : Colloque européen EFITA à Montpellier
28- 30 novembre 2017 : inauguration du Mas numérique
2019 : inauguration de la Graduate school
Pour suivre le projet rendez-vous sur : -  www.hdigitag.fr ou sur Twitter :  @DigitAgLab
 
Source : Irstea – 27/02/2017

 
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robot agriculteur

Les robots agriculteurs ont-ils de l'avenir ?

Le secteur agricole est aujourd’hui confronté à un épineux paradoxe : maintenir, voire accroître, ses niveaux de production tout en réduisant l’impact de ses activités sur l’environnement. La robotique serait une solution.

À ce paradoxe s’ajoutent les contraintes économiques qui pèsent sur les exploitants et la pénibilité d’un métier exigeant, exposant l’agriculteur à plusieurs types de risque : accidents du travail, pathologies professionnelles et exposition à des produits potentiellement dangereux, à l’image des pesticides. On recense, par exemple, pour les seuls accidents liés au renversement de machines agricoles, entre 20 et 30 décès par an.

Depuis les années 1950, la modernisation de l’agriculture a permis de doubler les niveaux de production en réduisant la pénibilité. Ceci s’est accompagné d’utilisation de machines de grandes tailles et de produits potentiellement nuisibles. La contrainte environnementale de plus en plus prégnante a également favorisé le développement de nouvelles modalités de production, comme l’agriculture biologique ou l’agriculture de précision. Ces dernières nécessitent une main-d’œuvre accrue, pour réaliser par exemple un désherbage mécanique (sans herbicides) ou effectuer des traitements très localisés.

Surtout des dispositifs d’assistance

Dans ce contexte, la robotique peut apporter des solutions, en permettant d’effectuer avec précision des tâches répétitives et d’intervenir dans des zones difficiles (dans les vignobles en forte pente, par exemple) sans exposer les individus.

Les économistes perçoivent d’ailleurs cet intérêt et placent l’agriculture comme le second marché pour la robotique de service à l’horizon 2025.

Sans aller jusqu’à la commercialisation de solutions robotiques complètes, les constructeurs historiques proposent, depuis une dizaine d’années, des dispositifs d’assistance à la conduite comprenant notamment des systèmes de guidage automatique, lors des phases de travail en plein champ. À l’instar des véhicules autonomes, ces dispositifs requièrent la présence d’un conducteur ; ils ne constituent donc pas des robots à proprement parlé.

De fait, la présence de robots commerciaux dans un cadre agricole concerne pour l’essentiel des systèmes intervenant dans le périmètre de l’exploitation, comme les robots d’affouragement ou de traite, démocratisés depuis plusieurs années. On estime aujourd’hui que la moitié des exploitations laitières qui voient le jour sont équipées de telles machines. En 2015, 3 316 exploitations, sur les 514 800 que compte la France, en disposaient.

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Reportage sur les robots de traite (France 3 Normandie, 2016).
 

Si les robots sont performants dans les bâtiments – où ils évoluent dans un environnement connu et des conditions répétables –, à l’extérieur, la diversité des sols et des travaux à réaliser (semis, désherbage, récolte, etc.) rend la robotisation plus compliquée. Par conséquent, les solutions commerciales complètement autonomes restent cantonnées à des actions limitées, comme le désherbage en maraîchage ou l’assistance à l’opérateur, notamment dans les vignes.

L’avènement du tracteur autonome demeure pour le moment à l’état de prototype, à l’image du tracteur sans chauffeur Magnum mis au point par l’entreprise américaine Case IH et présenté ces jours-ci au Salon international du machinisme agricole.

À la recherche de la modularité

L’avènement de la robotique en agriculture nécessite, on le voit, encore des développements scientifiques et technologiques pour pouvoir s’adapter à différentes situations et accomplir divers types de travaux agricoles. Face à cette diversité, les robots doivent pouvoir adapter leurs comportements, voire leur configuration (hauteur, voie, etc..), en temps réel ; c’est ce qu’étudie notamment le projet Adap2E.

Ils permettront alors de remplir différentes missions, avec un niveau d’autonomie réellement utile pour l’agriculteur. Les projets PumAgri et Ted, en cours de développement, visent ainsi à accroître la modularité – c’est-à-dire les capacités d’adaptation – des robots agricoles pour différentes cultures et opérations.

Deux robots coopérant dans un champs pour effectuer des traitements. Irstea

Cette modularité ne se conçoit pas que pour une seule machine, mais également pour une flotte de robots, capables de coopérer entre eux afin d’étendre les capacités de production en tentant de limiter l’impact environnemental. Les projets européens Mars et Flourish développent de tels concepts à l’aide de machines de petite taille. Le projet Safeplatoon a également montré la capacité de contrôler plusieurs robots en coordination à l’aide d’une machine conduite manuellement.

La place des robots dans le système agricole

De telles avancées permettent d’entrevoir de nouvelles possibilités pour l’agriculture : conjuguer production et respect de l’environnement, tout en réduisant la pénibilité des travaux agricoles. Car elles ont surtout vocation à améliorer les conditions de travail en secondant les agriculteurs. Pour être pleinement efficaces et utiles, ces innovations doivent donc se faire en lien l’ensemble des acteurs de la filière.

Elles s’accompagnent également d’une réflexion plus globale sur l’organisation des exploitations et du travail agricole. Des initiatives, comme la plateforme RobAgri, témoignent de ce souci de faire en sorte que les robots contribuent socialement, économiquement et écologiquement à l’amélioration de cette activité exigeante qu’est l’agriculture.

Roland Lenain, Directeur de recherche, équipe « Robotique et mobilité pour l’environnement et l’agriculture », Irstea

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

The Conversation
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alimentation terroir

Où manger bio, bon, local près de chez vous ?

Ventes à la ferme, brasseries artisanales, viticulteurs, fromageries, magasin bio, drive fermier, ferme auberge, magasins de producteurs, amap … vous voulez consommer bon et local près de chez vous ? Vous trouverez tout dans l'annuaire participatif et grand public "Pages du Terroir" : il recense un peu plus de 36.000 adresses en France, région par région ; une première !
 
L’idée était toute simple, explique Mylène Selb, la fondatrice : « Lassée par les circuits de consommation courants, je voulais reprendre en main la qualité et la provenance de mon alimentation. A l’ère du numérique, je me suis donc tourné tout naturellement vers Internet pour trouver les structures existantes près de chez moi.
Étonnée, après de nombreuses recherches, je n’arrivai toujours pas à trouver d’informations fiables et/ou complètes. Mince ! Que faire ?… Attendre que quelqu’un réponde à ce besoin ou… le faire nous-même ?
Aidée par une petite équipe motivée, on a redressé nos manches et sommes partit voir les producteurs et les consommateurs.
Les Pages du Terroir a été monté à la main (et porté à bout de bras ! ) et se trouve être la résultante de beaucoup d’heures de travail (et accessoirement d’autant de cheveux blancs). Nous avons à cœur que cet annuaire d’un nouveau genre, autrement dit proche de nous et de nos belles régions, puisse se révéler utile pour tout à chacun. Pour nous, cela a été une aventure passionnante. J’espère que vous prendrez autant de plaisir à découvrir le site que nous en avons eu à le faire ! »
 
L’idée est apparue comme une évidence : fournir une plateforme régionale accessible, complète, vivante et participative, référençant toutes les structures de vente directe et en circuit-court, accessible à tous et tout le temps. Gratuité pour les internautes mais également gratuité du côté du référencement des structures de vente. Si les professionnels souhaitent néanmoins détailler leurs informations, ils ont la possibilité d’accéder à une offre d’abonnement annuel à petit prix.
Un référencement complet était une priorité pour les fondateurs. Les internautes sont encouragés à participer à la vie de leur région en proposant des adresses manquantes ou en complétant des informations. De nouvelles données sont reçues tous les jours, et elles sont régulièrement actualisées. Chaque fiche est soigneusement détaillée : description de l’exploitation ou du magasin, adresses, coordonnées de contact, mails, sites web, produits proposés, labels, activités annexes, carte, etc. afin de toujours suivre l’actualité des régions.
A l'ère du numérique, le site veut mettre à portée de tous les informations des producteurs sur la vente directe et les circuits courts en France, et c'est une réussite. Ouvert en mai 2016, le nombre de visites a dépassé en décembre 2017 le million de visites des internautes et professionnels confondus.

Une motivation unique : la Transparence

Bio ou non ? Tel mode de culture pratiquée ou tel autre ? Les créateurs du site espèrent relayer les informations les plus fiables possibles afin que le consommateur puisse être éclairé dans son choix.  Pour ce faire, ils comptent sur la coopération de tous, internautes et professionnels, afin de mettre à jour les informations existantes, en créer de nouvelles et même partager des avis sur les points de vente ! La qualité des informations tendra à s’affiner au fur et à mesure de la participation du public, sans oublier le travail de l’équipe, toujours à l’affut des bonnes adresses.
C’est une réelle motivation à contrôler la provenance et la qualité de l'alimentation qui a guidé le projet. Nous assistons aujourd’hui aux prémices de nouvelles habitudes alimentaires durables. Il fallait donc répondre à ce besoin, et même, l’encourager. Rendre accessible l’information en toute simplicité, afin de rendre service au plus grand nombre.

Une équipe soudée

MYLENE, la fondatrice
Dès son plus jeune âge, elle a voulu « changer les choses ». Touche à tout, son parcours l’a conduite à lancer une maison d’édition associative pour aider les jeunes auteurs, à écrire un livre pour enfant et à être une des premières à ouvrir une entreprise de distribution de vélos électriques en France. Petite fille d’agriculteurs, elle monte parallèlement un projet de ferme pédagogique expérimentale vers une agriculture naturelle. Passionnée, parfois révoltée, Mylène est l’âme des Pages du Terroir. Sa gentillesse, sa « niak » et son grand sourire a convaincu l’équipe à l’unanimité. Son petit plus ? Prendre soin de ses collègues comme de sa famille.
 
PHILIPPE, l’ange-gardien
C’est en louant un terrain agricole pour créer une ferme pédagogique que Mylène rencontre Philippe. Parti de rien, Philippe est aujourd’hui un investisseur aussi inspiré qu’altruiste. Coiffeur de profession, il monte à bout de bras sa première entreprise de coiffure à domicile et réunira près de 4500 employés. Aficionados du terroir, il revendra en bourse son entreprise pour investir et rénover auberges, hôtels et restaurants dans des cadres environnementaux privilégiés (Hôtel Les Violettes ****, Ferme des Moines…). Séduit par le projet des Pages du Terroir, il se propose de prendre part à l’aventure. L’équipe le surnomme « Philippe les Bons Tuyaux » pour ses conseils et ses idées qui guident les Pages du Terroir dans la cour des grands.
 
CHRISTOPHE, le touche-à-tout
Boulanger, pâtissier et propriétaire de son propre restaurant, Christophe est un épicurien passionné. Son expérience professionnelle l’a amené à être exigeant dans le choix de ses produits. Son côté gourmand et gourmet l’a naturellement conduit chez les Pages du Terroir. Il s’occupe de gérer les milliers de points de vente référencés sur le site. Derrière chaque fiche professionnelle se cache une personne, une entreprise et une histoire humaine qui passionne Christophe. Son petit plus ? Il apporte chaque matin des viennoiseries à ses collègues qui ont vainement tenté de l’arrêter.
 
JULIE, la miss Bons Plans
Le sourire et le dynamisme de Julie donnent un sacré coup de fouet à l’équipe lors des matinées difficiles. Après avoir passé des années à travailler dans le domaine des ressources humaines, Julie a tout quitté pour ouvrir son salon de massages bien-être bio. Méticuleuse, elle choisit avec soin ses huiles bio pour fabriquer elle-même ses mélanges. Les compétences de Julie ont été précieuses pour sélectionner les fermes bio de France. Elle répond désormais aux questions des utilisateurs et anime les pages Facebook des 21 Régions du Terroir. Petit plus, elle a toujours un évènement ou un bon plan sous la main.
 
DAVID, le maestro de l’informatique
Lors des réunions « blabla » autour de la construction du site, David ne se laissait pas décontenancer par toutes les idées lancées dans le brouhaha général. Tranquillement, en sirotant son diabolo menthe, il observait, guettait l’information qui fait mouche, la synthétisait et amenait, avec calme, la solution qui allait faire la différence. Un peu magicien, il est capable de sortir de son chapeau des images, des cartes, des tours de magie pour fabriquer un site haut-en-couleur. Son petit plus ? Comprendre ce que l’on souhaite avant que les intéressés ne le comprennent eux-mêmes !
 
 
www.pagesduterroir.fr
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agrostratégies

Ynsect inaugure son unité de démonstration de production d’insectes, une première mondiale

Ynsect, leader mondial dans la production d’insectes pour les besoins de l’alimentation animale, inaugure ce jeudi 23 février 2017 son unité de démonstration Ynsite, située sur le pôle Innovia à Dole, dans le Jura.
 
A l’origine, il y a un constat simple : alors que les insectes sont à la base de la chaine alimentaire et font partie intégrante des régimes alimentaires des poissons, volailles et autres mammifères, ces mêmes insectes sont complètement absents de la ration alimentaire des animaux d’élevages (terrestres ou aquatiques) et de nos animaux domestiques. Nous serons neuf milliards d’habitants d’ici 2050 et les besoins alimentaires vont considérablement augmenter, notamment les besoins en protéines. Se posera alors le problème de produire suffisamment de protéines pour nourrir les animaux, en particulier poissons et volailles, animaux les plus consommés au monde.
 
Forte d’une R&D d’avant-garde, de technologies brevetées et d’une équipe pluridisciplinaire d’envergure mondiale, Ynsect, fondée en 2011, a été créée sur un principe visionnaire : positionner les protéines d’insectes au cœur du système agroalimentaire afin de répondre durablement à la demande croissante de la planète en viande et en poisson.
 
Installé depuis 2013 au Génopole d’Evry, Ynstitute, le siège et centre de R&D d’Ynsect, constitue le plus important centre de recherche privé du secteur au niveau mondial. La société a conçu une technologie propriétaire pour élever et transformer des larves de Tenebrion meunier, et possède le plus important portefeuille de brevets du secteur à l’échelle internationale.
 
 
Cette technologie, d’abord développée en laboratoire, puis à l’échelle de pilotes (une tonne puis dix tonnes d’insectes par an), a ensuite été développée à taille réelle avec la construction d’une unité de démonstration technologique et commerciale – Ynsite – de 3000m2, permettant la production de plusieurs centaines de tonnes de protéines d’insectes par an. Ce changement d’échelle réussi est une première au niveau mondial. Ynsect a répondu avec succès au défi technologique que représente l’automatisation d’un élevage d’insectes, adaptant la technologie à chaque étape de leur développement, pour assurer leur bien-être, mais aussi une qualité constante des produits finis, de bonnes conditions de travail pour les opérateurs et une traçabilité sur toute la chaine de valeur.
 
« Aucune entreprise n’était arrivée jusqu’alors à allier entomologie (science des insectes), robotique et digital pour aboutir à un projet d’entreprise réellement créateur de valeurs économiques, environnementales et sociétales. » Explique Antoine Hubert, président d’Ynsect. « C’est une véritable prouesse réalisée par l’ensemble des Ynsecters (collaborateurs d’Ynsect) et leurs partenaires technologiques, industriels et académiques, et qui a pu voir le jour grâce à leur multidisciplinarité. »
 
Le site d’Ynsite est situé à Damparis, sur la communauté de communes de Dole, sur le pole Innovia, un parc d’activités dédié aux éco-activités et technologies de l’environnement. La construction du bâtiment a débuté en septembre 2015 pour se terminer en avril 2016, puis l’ensemble des machines ont été livrées et montées jusqu’à la fin de l’année. Le site a livré ses premiers clients dans le secteur du pet-food fin 2016, il emploie aujourd’hui près de quinze personnes.
Inauguration du site - De gauche à droite : 
 
 « Il y a deux ans seulement nous avions nos premières discussions avec les élus locaux de la communauté de commune de Dole, du Jura et de la Région, ainsi que les représentants d’Innovia et de la Chambre de Commerce et d’Industrie », commente Antoine Hubert. « Il est vraiment remarquable de voir à quelle vitesse le projet s’est déroulé grâce à ce partenariat fort avec l’ensemble des acteurs du territoire : les élus locaux et les services de l’Etat, leurs administrations respectives et nos différents partenaires et sous-traitants locaux. C’est une grande fierté, commune je pense, de constater l’aboutissement de ces échanges et de voir Dole devenir un hub mondial incontournable pour la production de protéines d’insectes. Ce projet souligne également le dynamisme industriel qui ne demande qu’à se développer en France grâce au volontarisme de l’Etat, des élus locaux et des entrepreneurs. »
 
Ynsite représente la dernière étape de validation technologique avant la construction d’une unité bien plus conséquente en 2018, qui permettra d’atteindre le marché de l’aquaculture, qui requière d’importants volumes de protéines.
Ynsite, démontrant la viabilité du concept industriel et commercial, a permis à la société de clôturer sa seconde levée de fonds en décembre dernier, d’un montant de 14.2M€, permettant de déclencher le travail d’ingénierie nécessaire à la construction de cette prochaine unité. Cette dernière sera capable de produire plus de 20 000 tonnes de protéines d’insectes par an.
(Source : CP Ynsect - 23 février 2017)
 
 
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