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Bill Gates et les milliardaires du web apportent leurs milliards pour le climat

Bill Gates
Ce lundi d’ouverture de la COP21 a été l’occasion d’une galerie des bonnes intentions et de promesses plus ou moins sincères proclamées par tous les chefs d’Etat de la planète. L’esprit du monde est réellement en train de basculer pour ne plus considérer l’écologie comme un dérivatif. La survie de la vie sur cette planète est menacée. Tout le monde en semble conscient. Toutefois, certains pourront aller plus vite que d’autres. C’est le cas d’une poignée de personnes sur cette planète, qui ont toutes la chance de ne plus savoir compter leurs milliards. Bill Gates en fait partie. Ce lundi après-midi avec François Hollande et Barak Obama ils rendent public le projet : la création d’un fonds de plusieurs milliards de dollars pour développer l’innovation énergétique. Il s’agira de l’engagement financier le plus massif de l’histoire pour développer des technologies bas-carbone. Voilà un premier succès à mettre au crédit de la COP21.
 
Bill Gates,  l'homme le plus riche du monde (avec une fortune de 79,2 milliards de dollars en 2015 selon le classement du magazine Forbes) annonce vouloir apporter personnellement de 1 à 2 milliards de dollars au fond de financement d'entreprises écologiques, la Breakthrough Energy Coalition. Il sera vite rejoint par d’autres financeurs comme Mark Zuckerberg, patron de Facebook,  Jeff Bezos, fondateur d'Amazon, Jack Ma, CEO du groupe chinois Alibaba, Richard Branson, fondateur notamment de Virgin, Marc Benioff, CEO se Salesforce, Reid Hoffman, fondateur de LInkedin, Ratan Tata, patron du conglomérat indien Tata, ou Xavier Niel, le cofondateur de Free, etc.
 
Le montant total du fonds de la Breakthrough Energy Coalition n'est pas encore révélé ; il sera certainement très élevé. En revanche, ses objectifs sont déjà affichés. «Plus que jamais, le monde actuel a besoin d'énergie largement disponible et fiable, à un prix abordable et qui ne produit pas de carbone (…) La seule façon d'atteindre cet objectif est de développer de nouveaux outils qui permettent d'assouvir la soif du monde pour l'énergie. Ces nouveaux outils innovateurs seront le résultat d'un accroissement dramatique des efforts de recherche du secteur public, parallèlement à des investissements à long terme et flexibles.»
 
Dans son blog personnel, Bill Gates détaille cette initiative et y publie un livre blanc très détaillé. On y lit dès les premières lignes que l’innovation énergétique est non seulement possible, mais qu’elle s’impose. Il lance cet appel : « Difficile d’exagérer l’impact qu’aura l’énergie propre, fiable et abordable. Elle assurera l’autosuffisance énergétique de la plupart des pays, stabilisera les prix et fournira aux pays à faibles et moyens revenus les ressources dont ils ont besoin pour développer leurs économies et aidera davantage de gens à s’extraire de la misère, tout en évitant à la température à l’échelle mondiale d’augmenter de plus de deux degrés. J’ai bon espoir que les quinze années à venir verront les grandes percées dont nous avons besoin pour atteindre tous ces objectifs.
Nous avons là une opportunité extraordinaire. Mais il s’agit également d’un indubitable défi. L’homme a déjà changé son régime énergétique par le passé, mais jamais aussi rapidement qu’il le faut aujourd’hui. Jamais nous n’avons évolué aussi rapidement. Raison de plus pour commencer dès aujourd’hui. »
 
Pour parvenir à ses fins, la Breakthrough Energy Coalition ne souhaite pas travailler seule. Elle s’est donc associée à Mission Innovation, un collectif de 20 pays s'engageant à investir 20 milliards de dollars (18,9 milliards d'euros) dans la recherche pour des énergies propres d'ici à 2020. Y figurent la France, les États-Unis, le Japon, l'Arabie Saoudite et l'Inde.
En plus de cet investissement public dans la recherche, l'initiative de Bill Gates doit faciliter le financement d'entreprises innovantes, mais qui auraient des difficultés à lever des fonds car l'écologie n'est pas considérée comme un domaine rentable. Cinq secteurs seront privilégiés : l'électricité, les transports, l'industrie, l'agriculture et l'efficacité des systèmes énergétiques.
 
Bill Gates, qui doit se souvenir ce que startup veut dire, a conscience de l’étape fatidique à de nombreuses entreprises innovantes, la fameuse « Vallée de la mort », celle qui sépare l’étape de formation du concept de celle de la commercialisation. Selon lui, cité par Le Figaro,  ni les gouvernements ni les capitaux privés classiques ne peuvent aider à franchir ce désert mortel. Il plaide donc  pour «un autre type d'investisseur privé, engagé à long terme vis-à-vis des nouvelles technologies et disposé à consacrer à cette entreprise un capital-risque d'une souplesse et d'une patience considérables». Bill Gates termine en espérant : «Le succès de cette entreprise constituera la preuve économique nécessaire à l'économie des énergies propres conventionnelles dictées par le marché, dont l'avenir de notre planète a besoin