UP' Magazine L'innovation pour défi

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Energy Observer met le cap sur les énergies du futur

Naviguer à travers le monde en totale autonomie énergétique et sans émission de gaz à effet de serre ni de particules fines, c’est le défi que va relever toute l’équipe d’Energy Observer dès 2017. Propulsé aux énergies renouvelables et à l’hydrogène, grâce à la mixité énergétique, Energy Observer s’élancera de Paris pour un tour du monde inédit au service de la transition énergétique.
 
« Energy Observer est plus qu’un bateau, c’est un démonstrateur et un capteur de solutions. Il dessine un futur déjà présent. Un projet évolutif au long cours qui veut créer une vague d’énergies positives. Je me reconnais dans l’état d’esprit de l’équipe qui est résolument tournée non plus vers un constat mais vers l’innovation. »
Nicolas Hulot, Président de la Fondation pour la Nature et l’Homme.

6 ans, 50 pays, 101 escales et des challenges

Six ans de navigation sans une goutte de carburant fossile, 101 escales à travers le monde prévues entre 2017 et 2022 dans les capitales maritimes, les ports historiques, les réserves naturelles ou lors de grands événements internationaux... Cette odyssée à bord d’un laboratoire flottant en milieu extrême est incarnée par Victorien Erussard, coureur au large et officier de marine marchande, et Jérôme Delafosse, explorateur et réalisateur de documentaires.
"L'idée, c'est d'éduquer, de sensibiliser, d'aller à la rencontre des gens qui oeuvrent à la préservation de l'environnement", a précisé Victorien Erussard. L'expédition participera à de grands événements internationaux sur le thème du développement durable, visitera des endroits exemplaires ou au contraire problématiques (écosystèmes ou sites de l'Unesco menacés).
 
Au printemps 2017, Energy Observer quittera Saint-Malo, son port d’attache, et les cinquante personnes qui travaillent jour et nuit sur le bateau écologique, pour Paris. Le catamaran initiera alors son tour de France qui se terminera à Monaco, avant de traverser les océans du monde entier. Dès lors, le navire et son équipage accompliront une double mission : éprouver puis optimiser les innovations technologiques embarquées pour les rendre applicables, mais aussi partir à la rencontre de ceux qui s’engagent aujourd’hui, pour dessiner le monde de demain. Décideurs, start-ups, collectivités, citoyens... Aux quatre coins de la planète, des hommes et des femmes se mobilisent pour un futur plus propre.
 
 
Selon Victorien Erussard, coureur au large, officier de marine marchande et capitaine, président d’Energy Observer, « Il n’y a pas une solution miracle pour lutter contre le réchauffement climatique : il y a des solutions, que nous devons apprendre à faire fonctionner entre elles. Et c’est ce que nous faisons avec Energy Observer : faire collaborer les énergies de la nature, mais aussi de notre société, en réunissant autour de ce bateau, les savoir-faire des entreprises, des laboratoires, des start-ups et des institutions ».

Les leaders de l'expédition

Victorien Erussard
Victorien est né à Saint-Malo, l’année qui a suivi la première Route du Rhum. 26 ans plus tard, il était sur la ligne de départ de cette course mythique, à bord du trimaran Laiterie de Saint-Malo. C’est sa toute première course au large en solitaire, à bord d’un ancien trimaran 60 pieds qu’il aura lui-même remis au goût du jour, à force de volonté et de quelques coups de meuleuse... Alors qu’il n’avait jamais passé une seule nuit en mer avant cette traversée, il finira sur le podium. Tout en se dotant d’un palmarès remarquable, Victorien achève ses études d’officier polyvalent de marine marchande pour approfondir sa connaissance de la mer. En 2007, il court sa première Transat Jacques Vabre, aux côtés de Frédéric Dahirel avec qui il arrivera deuxième. À partir de 2011, Victorien décide de mettre son goût pour la compétition et son appétit du défi au service de la lutte contre la sclérose en plaques. Pour cela, il monte de toutes pièces le Défi Voile Solidaires en Peloton au profit de la Fondation ARSEP, avec son ami Thibaut Vauchel-Camus. Cela les mènera au titre de vainqueur du championnat de Class 40, ainsi qu’à une quatrième place pour sa quatrième Transat Jacques Vabre en 2015. L’envie de servir une cause prend finalement le pas sur le frisson de la compétition. C’est pourquoi il accepte dès 2013 de rejoindre Frédéric Dahirel dans la construction d’un catamaran électro-éolien, qui deviendra le premier navire autonome propulsé grâce aux énergies du futur.
Victorien, c’est :
· 10 années de course au large · 1 Route du Rhum · 4 Transat Jacques Vabre · 3 podiums sur 6 transatlantiques · 3 titres de champion de France en F18 · 2 Transat Québec - Saint-Malo... dont une sans safran · 1 année d’expédition dans le pôle Sud · 80 partenaires réunis autour du Défi Voile Solidaires En Peloton.
Jérôme Delafosse
 
Tout commence à Saint-Malo pour Jérôme. Des heures passées à naviguer, à plonger et surtout à s’inspirer des grands aventuriers, des explorateurs et des corsaires. À douze ans, il découvre les films de l’équipe Cousteau... C’est la révélation. Quand il sera grand, il explorera les océans. Scaphandrier professionnel, photographe de presse et d’expéditions, réalisateur de documentaires et auteur de romans vendus à travers le monde, Jérôme participe aux fouilles archéologiques du palais englouti de Cléopâtre en Alexandrie et plonge sans cage avec les grands requins blancs d’Afrique du Sud, ou encore à 1 000 mètres en sous-marin pour filmer les abysses. En 2006, il devient l’un des visages emblématiques des Nouveaux Explorateurs, sur Canal+ et Travel Channel, émission pour laquelle il parcourt les océans et les fleuves mythiques, et part à la rencontre des peuples de l’eau afin de faire découvrir des cultures et sensibiliser le public aux questions environnementales. Après avoir accompli son rêve d’enfant, Jérôme veut devenir acteur à part entière de la prise de conscience de la nécessité de protéger les océans. Il s’y consacre exclusivement aujourd’hui, d’abord avec Les Requins de la Colère, documentaire évènement sur la sauvegarde des requins, diffusée en prime time sur Canal+. En 2015, il rejoint l’équipe d’Energy Observer, bateau révolutionnaire qui permet d’explorer le monde tout en le préservant. Parcourir la planète, participer à sa protection, et proposer des solutions optimistes et concrètes, voici son nouveau défi.
Jérôme, c’est :
· 23 ans d’exploration des océans · 20 000 heures sous les mers · 10 ans d’antenne sur Canal+ · 1 palais englouti de Cléopâtre découvert · 2 042 jours de tournage · 800 plongées avec les requins · 1 000 mètres à bord d’un sous-marin · 62 pays visités · 2 romans et 500 000 exemplaires vendus

Des parrains trés engagés

Un homme et une femme,… L’un habitué au feu des projecteurs, l’autre à l’ombre des laboratoires... Ils s’engagent pour Energy Observer. Florence Lambert, directrice du CEA-LITEN, et Nicolas Hulot, président de la Fondation pour la Nature et l’Homme, sont les parrains du bateau. Une double légitimité médiatique et scientifique chère à l’équipe d’Energy Observer.
 
 
 
 
 
 
 
 
Nicolas Hulot et Victorien Erussard se connaissent depuis 2005. Alors qu’il prépare la Route du Rhum, le jeune navigateur croise Nicolas au volant de sa voiture à Saint-Malo. Il tape à la vitre : «Je peux vous déranger deux minutes ? » se souvient Nicolas. C’est le début d’une longue amitié, au cours de laquelle Nicolas parraine tous les bateaux de Victorien, et court plusieurs Raids en catamaran avec le jeune navigateur. Inévitablement, cette relation et les messages portés par Nicolas ont beaucoup inspiré Victorien, jusqu’à son nouveau défi : Energy Observer. Très impliqué, Nicolas Hulot suit le projet de près, et y apporte toute son expérience et son soutien ainsi que le concours de son équipe. En effet, la Fondation Nicolas Hulot a attribué à Energy Observer un coup de coeur 2016 et apporte régulièrement un soutien bienveillant au projet et à son équipe.
 
La rencontre avec Florence Lambert se fait à Grenoble lors d’une visite du CEA en 2015. Immédiatement, l’innovation et l’excellence portées par les ingénieurs du CEA-LITEN convainquent l’équipe d’Energy Observer, qui leur confie l’architecture énergétique du bateau. Décidé à mettre à l’honneur le savoir-faire des ingénieurs français, Victorien propose aussi à Florence de devenir la marraine du bateau, pour associer la puissance médiatique de Nicolas, à la connaissance scientifique de Florence, et ainsi donner une double légitimité au projet, qui en fera sa force.

Sortir les technologies des laboratoires

L’hydrogène est au cœur du projet Energy Observer. Le bateau couple différentes sources d’énergies renouvelables pour produire son propre hydrogène à partir de l’eau de mer et le stocker à bord : une première mondiale !
Pour réussir cette prouesse technologique, ce laboratoire flottant est équipé de deux éoliennes à axe vertical, d’une aile de traction intelligente, de plusieurs types de panneaux photovoltaïques répartis sur 130 m2 et de deux moteurs électriques réversibles en hydrogénérateurs. Cette architecture énergétique d’avenir, développée en collaboration avec le CEA-Liten, vise une navigation 100 % autonome en énergie, sans aucune émission de gaz à effet de serre ni particules fines. Puiser son énergie dans la nature, sans l’abîmer et sans la gaspiller, telle est la vision du futur d’Energy Observer.
 
« L’énergie vit aujourd’hui une véritable révolution en intégrant de plus en plus d’énergie renouvelable avec des vecteurs différents : électricité, hydrogène, chaleur. Il
 y a de vrais challenges techniques pour connecter ces flux et c’est encore plus ambitieux à l’échelle d’un bateau. Ainsi, Energy Observer est une préfiguration de ce que seront les réseaux énergétiques sur Terre demain. » selon Florence Lambert, Directrice du CEA-Liten.
 
La révolution hydrogène, pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? Face à l’impérieuse nécessité de réduire les rejets de gaz à effet de serre pour lutter contre le réchauffement climatique, le développement des énergies renouvelables s’impose comme la voie à suivre. Cependant, celles-ci étant par essence variables et intermittentes, elles exigent de développer et d’optimiser les moyens de stockage de l’énergie. Parmi eux, l’hydrogène (H), démontre chaque jour un peu plus son immense potentiel comme voie de stockage et de valorisation des énergies renouvelables. Encore peu utilisé, c’est pourtant un vecteur énergétique d’avenir, une ressource inépuisable,substitut possible aux hydrocarbures. Son potentiel a notamment fait écrire à Jeremy Rifkin que l’hydrogène est l’une des composantes de la troisième révolution industrielle.
Sur Terre, l’hydrogène n’existe que très peu à l’état pur, et est généralement couplé à d’autres éléments. Pour l’obtenir, il nécessite un procédé d’extraction impliquant donc une consommation énergétique. Actuellement, 95% de l’hydrogène produit industriellement, l’est à partir d’énergies fossiles, raison pour laquelle son déploiement à grande échelle tant dans les usages industriels qu’individuels nécessite encore des efforts de recherche et développement. De plus, l’hydrogène est un gaz qui occupe un volume important dans les conditions de pression standard ; pour le stocker et le transporter efficacement, il faut parvenir à réduire ce volume. Il est donc indispensable de développer les technologies qui permettent sa compression et sa production de manière décarbonée, le tout à moindre coût pour en faire un vecteur énergétique d’avenir.
 
C’est dans cette démarche de recherche et développement que s’inscrit le projet Energy Observer, avec pour ambition de devenir le premier navire au monde capable de produire son propre hydrogène à bord par électrolyse, à partir de l’eau de mer, grâce au couplage des énergies renouvelables. Prouver les performances de l’hydrogène, mettre en avant ce modèle comme alternative aux énergies fossiles, démontrer que l’autonomie énergé- tique est possible et permettre aux données collectées d’être exploitées pour de multiples usages mobiles ou stationnaires, telle est la mission de ce laboratoire des énergies du futur.
« Energy Observer est la parfaite démonstration que l’hydrogène permet d’intégrer les énergies renouvelables dans notre quotidien. En faisant le tour de la terre avec 100% d’énergies renouvelables stockées à bord sous forme d’hydrogène, ce navire réalise une première mondiale et ouvre les portes d’une nouvelle ère sans énergies fossiles. L’hydrogène, c’est du vent et du soleil stockés pour alimenter, en continu, nos moyens de transport, nos maisons, nos bureaux. » selon Pascal Mauberger, Président de l’Afhypac qui soutient le projet.
 
« Au XVIème siècle, les Christophe Colomb, Vasco de Gama et autres grands navigateurs exploraient de nouvelles voies et découvraient de nouvelles terres. Aujourd’hui, Energy Observer est un superbe vaisseau pour montrer la voie vers un monde plus propre, où les énergies renouvelables seront pleinement valorisées et où l’hydrogène aura toute sa place aux côtés d’autres vecteurs énergétiques. » déclare Philippe Boucly, 1er Vice-Président de l’Afhypac.

Une fenêtre sur le futur

Tout au long des 6 ans et de ses 101 escales, Energy Observer aura pour vocation de devenir une plateforme de production de contenus audiovisuels immersifs et innovants, au service des solutions pour un futur plus propre et plus responsable. Sa mission : aller au-devant de notre avenir et de ceux qui œuvrent pour le rendre meilleur, pour valoriser à la fois l’homme et la technologie. Un tour du monde pour constituer une collection de documentaires dans la lignée de ceux de Jacques-Yves Cousteau ou Nicolas Hulot, mais cette fois-ci en utilisant la réalité virtuelle et augmentée, l’immersion à 360°, le son 3D, et le live interactif…
Réalisés en collaboration avec des chaînes médiatiques françaises et internationales, pour faire d’Energy Observer un véritable media du futur et pour le futur : une plateforme digitale collaborative, interactive et transmedia, destinée à tester les nouveaux matériels de production audiovisuels, pour parler du quotidien à bord, du voyage, des rencontres, et des innovations de demain. S’engager dans la transition écologique par le rêve, le challenge et l’espoir, voilà l’ambition de ces explorateurs du futur.
 

Energy Observer, de bateau légende à Calypso du XXIème siècle

Energy Observer a d’abord été un compétiteur de renom. Construit en 1983 au Canada, recordman du Trophée Jules Verne, l’ancien Formule TAG a été le premier voilier à franchir la barre symbolique des 500 milles en 24 heures. Depuis 2015, c’est une équipe de près de 50 personnes, composée de navigateurs, d’architectes et d’ingénieurs partout en France, qui travaille sur le reconditionnement de ce catamaran de plus de 30 mètres de long et de 12,80 mètres de large.
Parrainé par Nicolas Hulot et Florence Lambert, directrice du CEA-Liten, ce vaisseau du futur aura également pour vocation de devenir un véritable média hyper connecté et innovant, délivrant une information positive et inspirante : une Calypso du XXIème siècle, au service d’un futur plus respectueux de l’Homme et de son environnement.
Réduire l’impact de l’activité humaine sur la planète, trouver des solutions innovantes, performantes et adaptées au monde moderne, pour nous engager dans la transition énergétique, par le rêve, le défi et l’espoir : voilà toute l’ambition d’Energy Observer.
 
« L’Homme a toujours eu pour habitude de partir en expédition pour conquérir les territoires et s’en approprier les richesses. Avec Energy Observer, nous voulons lancer une grande expédition du XXIème siècle, mais cette fois-ci pour découvrir les hommes qui s’engagent pour la planète et partager les connaissances » a déclaré Jérôme Delafosse,Chef d’expédition.
 
Une quinzaine d’entreprises et institutions, dont AccorHotels et Thélem assurances, partenaires principaux du projet, ainsi que l’Unesco ont permis de démarrer la construction de ce navire du futur made in France.
 
« L’entreprise tout entière va soutenir cette expédition, qui nous passionne parce qu’elle combine innovation, performance et responsabilité sociale et environnementale. Ce projet entre en totale résonnance avec des préoccupations de Thélem, comme le changement climatique, risque majeur pour l’assureur mutualiste que nous sommes, et la recherche de solutions nouvelles pour transformer l’entreprise au service de nos sociétaires. » Daniel Antoni,Directeur général de Thélem assurances.
 
« Energy Observer est une épopée pleine de promesse qui va contribuer à mettre AccorHotels en mouvement. Chaque année, le Groupe consomme plus de 400 millions d’euros d’eau et d’énergie. Si nous avons réussi à réduire cette consommation de 7 % en cinq ans, nous devons aller plus loin et notre partenariat avec Energy Observer et le CEA Tech va nous y aider. En s’engageant aux côtés d’Energy Observer, AccorHotels réaffirme son ambition d’être pionnier de la transition énergétique dès aujourd’hui. Avancer plus vite dans la recherche des énergies nouvelles, propres et durables, tel est l’objectif de ce partenariat de compétences. »
déclarait Sébastien Bazin,Président directeur général d’AccorHotels.
 
Pour atteindre ses objectifs et être accompagné dans cette incroyable odyssée, Energy Observer continue de rechercher activement des partenaires financiers dans un esprit partagé d’innovation, d’exploration et de responsabilité sociale et environnementale.
 
 

 

transition énergétique

La blockchain : une opportunité pour le secteur de l’énergie en France

Si la Blockchain fait beaucoup parler dans le monde de la finance, c’est peut-être dans l’énergie que naîtront les premières applications concrètes. C’est une opportunité pour les gestionnaires du réseau de rester des leaders grâce à des solutions d’architecture Blockchain. De par la structuration de ses principaux acteurs, la France a une carte à jouer sur l’organisation de ces nouveaux marchés.
 
En France, dans le cadre des lois sur la transition énergétique, la réglementation évolue pour accompagner le développement des énergies renouvelables. L’ordonnance de juillet 2016 marque une avancée importante pour l’autoconsommation électrique : « le fait pour un producteur, dit autoproducteur, de consommer lui-même tout ou partie de l'électricité produite par son installation ». L’ordonnance va même plus loin en définissant l’autoconsommation collective « lorsque la fourniture d'électricité est effectuée entre un ou plusieurs producteurs et un ou plusieurs consommateurs finaux liés entre eux au sein d'une personne morale ». Ce nouveau texte ouvre la voie au développement des réseaux locaux d’électricité et au développement de micro-transactions.
 
Cependant, malgré le déploiement des compteurs intelligents comme Linky, les nouveaux modes de consommation de l’électricité tardent à s’imposer dans les usages du grand public. La blockchain, de par sa capacité à certifier les termes d’un contrat, peut accélérer les choses dans ces nouveaux écosystèmes.
Pour rappel, la Blockchain est un dispositif informatique qui permet de sécuriser des transactions (financières ou autres) en mode « pair à pair » (Peer-to-peer en anglais), le tout pour un coût marginal.
La mise en place d’une Blockchain est particulièrement intéressante dans un environnement décentralisé avec un volume important de petites transactions.
 
C’est exactement vers ce modèle que sont en train de basculer les réseaux d’électricité. La multiplication des sources de production d’énergie renouvelables à toutes les échelles de la société (de la toiture solaire du particulier aux grands parcs d’éoliennes) génère également une multiplication du nombre de noeuds du réseau, qui en plus devient bi-directionnel (le consommateur est aussi producteur).
 
La notion d’autoconsommation collective est fondamentale car elle promeut le développement des microgrids, ces réseaux locaux intelligents dont le nombre va quadrupler d’ici 2020. Les dispositifs d’autoconsommation sont ainsi une formidable opportunité pour le développement d’une économie du partage d’électricité ! Dans ce nouveau monde, la Blockchain vendra, échangera automatiquement le surplus aux voisins intéressés et calculera le meilleur prix. Nous pouvons imaginer toute sortes de mécaniques d’enchères en fonction de l’offre et de la demande, le service gestionnaire pouvant dans tous les cas garantir une baisse de la facture électrique à ses abonnés.

Une prise électrique derrière chaque voiture ?

Le développement des voitures électriques est intimement lié au déploiement des bornes de recharge. Le rechargement de son véhicule devrait pouvoir être facturé à l’utilisateur par son fournisseur d’électricité habituel, permettant ainsi le développement de nouvelles offres. Une fois les bornes connectées au profil de l’usager, il sera possible d’imaginer un marché de partage, sorte de AirBnB des bornes de recharges. Demain, la prise électrique doit pouvoir suivre l’usager dans tous ses déplacements ! La blockchain permet de gérer un compteur virtuel (sorte de portefeuille qui contient non pas des bitcoins mais des kwh) qui permet d’identifier l’utilisateur et les données de son abonnement d’électricité en mobilité.

L’électricité de la campagne à la ville ?

La loi restreint actuellement l’autoconsommation collective à une même zone géographique et contraint les producteurs et consommateurs à se réunir au sein d’une entité juridique. La technologie Blockchain, en se passant du « tiers de confiance », permettrait l’établissement de places de marché entre particuliers. Ceux-ci pourront alors former des groupes « virtuels » d’auto-consommateurs, le GRD jouant le gestionnaire d’équilibrage entre l’électricité injectée et soutirée. Dans ce modèle, nous pourrons profiter de l’énergie photovoltaïque de notre maison de campagne depuis notre appartement parisien !

Vers une AOC de l’électricité !

L’installation d’un dispositif de production d’électricité (solaire, éolien, …) doit faire l’objet d’une déclaration au distributeur ou au transporteur. Celui-ci pourrait à terme en profiter pour générer des certificats de production d’énergie verte, librement échangeables sur une blockchain. Ces certificats permettent une traçabilité « virtuelle » de l’électricité. Actuellement, en France, c’est l’observatoire des énergies renouvelables (Observ'er) qui délivre et enregistre les certificats. L’enregistrement dans une blockchain est une solution pour rendre ce marché plus fluide. Un promoteur immobilier pourrait ainsi commercialiser des bâtiments garantis 100% énergie hydroélectrique.
 
Les exemples ne manquent pas d’initiatives ou de startups qui s’engouffrent sur ce secteur : TransActive Grid à New-York a beaucoup fait parler au printemps suite à la mise en autoconsommation collective de tout un quartier de Brooklyn, où les transactions sont gérées automatiquement dans une Blockchain. L’électricien allemand RWE travaille au développement de prises de charge intelligentes pour voiture, où là encore les transactions financières sont gérées par la Blockchain…
 
En France, les gestionnaires de réseau (RTE, Enedis principalement) ont un rôle essentiel à jouer dans les nouveaux usages de l’électricité et dans la mise en place d’une infrastructure de type blockchain pour aider à leur développement. La CRE (commission de régulation de l’énergie), la structure de tutelle de ces entreprises du secteur régulé, peut également dynamiser ces nouveaux usages.
 
Cette organisation, très centralisée, pourrait être perçue comme un handicap dans la transition énergétique. En fait, elle pourrait au contraire devenir un atout grâce au développement de nouveaux usages et services que permet la Blockchain. Cette technologie présente l’énorme avantage de fédérer les acteurs d’un secteur d’activité. Ainsi, dans le secteur financier, les banques se sont regroupées autour du consortium R3. Les assureurs européens, de leur côté, viennent de lancer leur propre consortium blockchain B3i. Les acteurs de l’énergie français sauront-ils saisir l’opportunité et user de leur légitimité pour prendre l’initiative de la création d’un groupement au fonctionnement similaire à l’échelle européenne ?
 
Michel Cordier, VP Smart Energy  - Agence de transformation digitale SQLI
 
 

 

comportements durables

Comment faire évoluer les comportements pour le développement durable ?

« Prenez des douches et non des bains », « Mangez moins de viande », « Isolez votre logement », « Remplacez votre appareil de chauffage au bois »… Les injonctions comportementales au nom de l’environnement ne manquent pas. Mais faut-il modifier les actions de tout à chacun pour sauver la planète ? Comment les pouvoirs publics peuvent-ils s’y prendre ? Quelles réponses les différentes sciences humaines et sociales peuvent-elles apporter à toutes ces questions ? L’approche en termes de « comportement » est-elle adaptée aux buts poursuivis ?

Un rapide détour par l’histoire des politiques publiques énergétiques et environnementales nous apprend que l’insistance sur les comportements individuels est récente. On peut dater ce tournant d’une directive européenne de 2006 qui pose que la rénovation des bâtiments ainsi que les gains de performance des équipements sont insuffisants pour atteindre les objectifs européens en matière d’économies d’énergie. Puisqu’on atteint les limites de l’efficacité énergétique, c’est bien que les comportements doivent, eux aussi, évoluer.

Que les pouvoirs publics s’en préoccupent se justifie – comme pour d’autres sujets antérieurs (hygiénisme, sécurité routière, lutte contre les addictions) – parce que les actions des individus ont des conséquences négatives sur d’autres qu’eux-mêmes, en l’occurrence, les autres d’aujourd’hui, mais aussi les générations futures et même l’ensemble de la biosphère.

Clarifier les concepts

Si la légitimité d’une intervention des pouvoirs publics sur les comportements individuels est attestée en matière de développement durable, reste à savoir comment faire. C’est à ce moment que nos collègues ingénieurs ainsi que les acteurs de terrain (collectivités territoriales notamment) viennent voir les deux sociologues que nous sommes à l’Ademe et qui se trouvent bien en peine pour leur répondre !

Pourquoi ? Parce que la sociologie parle d’« usages » ou de « pratiques sociales ». « Comportement » est une notion d’économie ou de psychologie. Ici réside le premier mythe qui voudrait que le terme de « comportement » soit la seule façon de rendre compte des actions que font les individus. La réalité est que toutes les sciences humaines et sociales étudient l’humain et donc ont quelque chose à dire sur ce que certaines nomment « comportement ». Or, le vocabulaire cadre le problème et les solutions à y apporter.

Afin de clarifier les concepts et les différentes approches possibles, nous avons rédigé un panorama des sciences humaines et sociales (économie, psychologie, psychosociologie, sociologie, anthropologie). Nous souhaitions montrer la façon dont elles se traduisent en leviers d’action différents, les illustrer par projets concrets dans le domaine de l’énergie et de l’environnement et fournir des recommandations pratiques de mise en œuvre. Ce travail fait apparaître trois autres mythes liés au changement de comportement.

Comprendre les limites des comportements individuels

La réalité, c’est, comme le soulignait une campagne de communication sur le changement climatique du ministère de l’Écologie et du Développement durable en 2006, qu’« il n’y a pas de petits gestes quand nous sommes 60 millions à les faire ». Le mythe, en revanche, c’est que cela suffirait.

Des opérations de coaching et d’émulation collective telles que le défi « Familles à énergie positive » auprès d’une population particulièrement désireuse de bien faire et bien conseillée permettent d’atteindre en moyenne 12 % d’économie d’énergie grâce à de nouveaux gestes du quotidien. On est loin des objectifs du facteur 4 correspondant à une baisse de 75 % des émissions à l’horizon 2050.

Seule l’articulation d’évolutions à l’échelle individuelle (la fréquence des voyages en avion, le régime alimentaire, les taux d’équipement en biens électriques et électroniques, etc.) et à l’échelle collective (la répartition des activités sur un territoire, l’écoconception des produits, l’offre en transports collectifs, etc.) permet de se hisser à la hauteur des objectifs du facteur 4 (voir le film ci-dessous).

«Changer les comportements pour un mode de vie plus durable» (Ademe, 2016).

Prendre en compte le collectif

La réalité reste que les comportements individuels doivent évoluer. Le mythe c’est que le changement de comportement est une affaire strictement individuelle. Ce résultat, constitutif de la sociologie et de la psychosociologie, est aussi largement démontré par l’économie.

Prendre des décisions économiquement rationnelles en fonction de ses propres préférences dépend d’une multitude de conditions, par exemple, de la disponibilité pour tous les acteurs d’informations fiables et utilisables sur la qualité des biens et des services. C’est ce que font des dispositifs collectifs tels que l’affichage environnemental ou les signaux de qualité (labels, etc.). Ils permettent aux individus d’exprimer leurs éventuelles préférences environnementales. Les offres intégrées pour la rénovation et les mécanismes de tiers financement pallient, quant à eux, l’aversion au risque, la contrainte de liquidité et allègent la charge mentale de calculs complexes sur la rentabilité future des investissements dans des travaux ou les équipements.

Ne pas chercher d’outils miracles

La réalité, c’est bien que les comportements individuels sont aussi collectifs et institutionnalisés. Le mythe, c’est qu’on pourrait agir sur le « tout » à partir d’une seule de ses parties grâce à un outil miracle, pertinent en toute circonstance. Dans un monde complexe fait de régularités, de systèmes imbriqués et de dépendances au sentier, il est plus efficace d’agir à plusieurs échelles à la fois.

Rien ne dispense également d’une analyse contextualisée de sa cible et des pratiques visées. Cela relativise les modes : hier la « communication engageante », aujourd’hui les nudges. La seule règle générale consiste donc à articuler les échelles d’action, les outils et les acteurs qui les mettent en œuvre afin de ne pas s’en tenir qu’à l’arbitrage individuel, mais d’agir également sur le contexte matériel, normatif et social qui oriente, cadre voire détermine les actions individuelles.

Les sciences humaines ne lèvent les mythes qu’en ajoutant de la complexité par rapport à des visions mécanistes et partielles des phénomènes humains, mais les comprendre permet de décoder cette complexité. Elles contribuent, comme toute démarche scientifique, à accroître le réalisme et donc l’efficacité des professionnels qui se lancent dans l’aventure du changement de comportement.


L’ouvrage « Changer les comportements, faire évoluer les pratiques sociales vers plus de durabilité » se télécharge gratuitement sur le site de l’Ademe.

Albane Gaspard, Sociologue, service « Économie et prospective », Ademe (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie) et Solange Martin, Sociologue, service « Économie et prospective », Ademe (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie)

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

 

 

The Conversation

 

précarité énergétique

Lutter contre la précarité énergétique ? Des étudiants s’engagent…

Chaque hiver, de très nombreuses familles ont du mal à se chauffer et à payer leurs factures d’énergie. Chacun d’entre nous peut un jour être concerné par cette difficulté, reflet de problèmes structurels comme la mauvaise isolation des logements, la hausse inéluctable du prix de I'énergie, ou la précarité économique. 1 ménage sur 5 en Nord-Pas de Calais se trouve en situation de précarité énergétique ou en très grande vulnérabilité. Pour aider ces familles, l’école des Mines de Douai a lancé une initiative, l’EPED. Explications.
 
La loi du 12 juillet 2010 (Loi Grenelle II) reconnaît la précarité énergétique comme une difficulté à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat.
La hausse croissante du coût des énergies, conjuguée à la crise économique, contribue à fragiliser une partie de la population, qui n’est pas toujours identifiée par l’action sociale. Les conséquences sont fortes, tant pour les ménages que pour la collectivité, qui voit croître les demandes d’aides et multiplie les dispositifs. En France, la prise de conscience d’une précarité liée à l’énergie, désormais traduite dans la loi, date de la fin des années 2000.
 
En 2013, le réseau régional Précarité énergétique de la Dynamique Climat Nord-Pas de Calais évalue qu’un ménage sur 5 se trouve en situation de précarité énergétique. En 2015, selon les études du Conseil Economique Social et Environnemental Régional, 20 à 30% de la population du Nord-Pas de Calais serait en situation de précarité ou de très grande vulnérabilité énergétique.
 
Les analyses mettent en évidence que 70% des logements du territoire Nord-Pas de Calais sont énergétivores (étiquetés DPE évaluées à E, F ou G) ; et que l’énergie pèse pour 10 à 15% du budget des foyers précaires, contre une moyenne nationale de 6% pour l’ensemble des foyers. Les zones de concentration de foyers souffrant de précarité énergétique correspondent à des zones urbaines où l’on trouve des logements sociaux souvent mal isolés, trop anciens par rapport aux normes énergétiques, voire insalubres.
Les conséquences du manque de chauffage, des difficultés de déplacement, de honte et de repli sur soi dans des espaces malsains induisent des situations difficiles dans l’ensemble des domaines :  finance, sanitaire, social, sécurité, santé, environnement… 
 
De nombreuses initiatives publiques et privées sont déployées sur le terrain afin d’améliorer la situation. De façon locale, M. DEFRANCE, ancien directeur de l'école des Mines de Douai, alors directeur du Centre d'Etude et d'Action Sociale (CEAS) à Douai, a lancé dès 2011 une initiative nommée EPED (Etude pour la précarité énergétique dans le grand Douaisis). Une initiative qui évolue année après année où des étudiants sortent ainsi de leur contexte exclusivement d’ingénieurs pour investir le territoire de l’action sociale de terrain.

Comprendre le monde réel

Les étudiants de l'école des Mines de Douai, formés sur les sujets énergétiques dans le cadre de leur enseignement de futurs ingénieurs de première année en écologie industrielle (Master La maison à énergie positive), visitent des populations précaires pour les informer, diagnostiquer des états de situation, et lorsque c’est possible, proposer et installer des solutions simples et peu couteuses pour améliorer au cas par cas, leur situation énergétique. Cette équipe transmet les éco-gestes à ceux qui en ont le plus besoin. La formation est réalisée via un système de tutorat ; le tuteur étant dans ce cas un enseignant-chercheur spécialisé dans le domaine de l'énergie. 
 
Cette action de terrain a pour objet (et effet) de créer du lien, et par effet de réseau, de créer une potentielle micro évolution favorable au niveau local. La Direction régionale d’EDF soutient cette initiative et fournit une aide financière au projet ainsi qu'une formation aux éco-gestes aux jeunes ingénieurs ; le CEAS, SoliHa et le Secours Catholique sont partie prenante, permettant le lien entre les élèves et les personnes défavorisées. De plus, le magasin Castorama local fournit à prix réduit le matériel nécessaire à la réduction des dépenses énergétiques de ces dernières. Enfin, l’école des Mines de Douai reconnait le travail fourni par les étudiants dans le cadre d’une évaluation de projet d’étude.
 
Ainsi, le projet a déjà permis la pose de kits énergétiques dans une douzaine de familles défavorisées de la région, et plusieurs stands éducatifs tenus par les étudiants et ayant pour vocation d'enseigner les éco-gestes ont été organisés avec La Croix Rouge ou les Restos du Cœur, permettant aux populations concernées de se représenter la perte énergétique et financière engendrée par une méconnaissance des pratiques écologiques.
En 2016, près de 8 millions de personnes se trouvent en situation de précarité énergétique en France, c’est-à-dire qu’elles consacrent à leurs dépenses d’énergie plus de 10% de leurs revenus.
Pour répondre à ce problème, il est important de sensibiliser ces ménages aux éco-gestes qui peuvent les aider à réduire leur facture énergétique. Aussi, la prochaine étape est la création d’un site web pour le suivi des factures des familles rencontrées et la sensibilisation aux éco-gestes.

Le groupe projet

Un groupe de 6 élèves s’est rapidement formé suite à la présentation des anciens projets des étudiants de 2ème année. Leur motivation s’est traduite par la volonté de mettre leurs compétences techniques au service d’un sujet à fort aspect social, et de se sentir utiles.
Le projet est encadré par Daniel Bougeard, enseignant-chercheur à l’Ecole des Mines de Douai au département Énergétique Industrielle.
 
L’équipe : Charles Forot, Carole Lemonnier, Ivann Le François, Léo Cailliez, Esther Adjele et Théo Bainee
 
Les étudiants travaillent avec les CEAS - Centres d’Etude et d’Action Sociale - lieux de rencontre et d’écoute pour favoriser et promouvoir la collaboration et la confrontation entre des acteurs locaux. En particulier, les acteurs du CEAS de Douai qui engagent leur temps pour accompagner les plus démunis dans la recherche d’un logement viable et/ou d’un emploi.
Mais aussi avec l’organisation nationale SOLIHA qui mène une action contre la précarité du logement sur l’ensemble du territoire. Premier réseau associatif français, la “Propagande et Action Contre les Taudis” regroupe plus de 145 associations et organismes. Neuf de ses centres locaux sont situés dans le Nord-Pas-de-Calais.
 
Cette participation bénévole active de terrain à l’amélioration de la situation, complète et enrichit deux axes forts de l’Ecole : la formation d’ingénieurs de haut niveau à la pointe de l’innovation et des technologies, en particulier dans le monde de l’énergie ; l’auto application d’une politique extrêmement volontariste de consommation énergétique maîtrisée, pour ses propres besoins, et dans la durée. L’ancrage des Mines de Douai sur le sujet de la transition énergétique est connu et reconnu au niveau académique et professionnel, en France et à l’international.
 
 
Avec nos remerciements pour les élements de contenus à Charles Forot
 

 

transition énergétique

Il faut tourner la page

Dans « le Crépuscule fossile », son dernier livre, Geneviève Férone-Creuzet revient sur le pétrole, cette énergie qui façonne notre civilisation depuis cent ans en maître absolu des arbitrages géopolitiques, économiques et financiers. De quoi éclairer nos difficultés à changer d’ère à l’aube du XXIe siècle.
 
Delphine Masson : Pourquoi changer notre façon de produire et de consommer de l’énergie ?
 
Geneviève Férone-Creuzet : La raison la plus structurante, c’est le climat. Les énergies fossiles que ce soit le gaz, le pétrole ou le charbon, émettent des gaz à effet de serre qui contribuent au changement climatique. Or elles sont omniprésentes. Tous les parcs du monde entier – automobile, aérien, routier, maritime – en émettent. Il faut des énergies fossiles pour la production agricole, pour l’alimentation, les vêtements, les médicaments, pour faire tourner les usines… Tout cela est extrêmement émissif et dommageable pour l’environnement.
 
DM : Peut-on parler d’urgence climatique ?
 
G.F-C. : L’urgence existe mais elle s’inscrit dans un temps long. Or à l’horizon du siècle, les experts de l’évolution du climat sont incapables de situer l’amplitude du changement climatique sur une échelle de 2 à 6°C. Cette incertitude résulte en partie de l’inconnue des politiques de réduction de gaz à effet de serre qui seront appliquées. Et ces politiques dépendent des représentations que l’on se fait du sérieux ou pas de la menace.  Nous nous sommes enfermés et nous avons jeté la clé.
 
DM : Nous sommes pourtant la dernière génération à pouvoir agir…
 
G.F-C. : L’humanité n’a jamais été confrontée à un changement d’une telle ampleur attribuable à l’activité humaine. Il relève en réalité d’une responsabilité intergénérationnelle. C’est-à-dire que ce que nous, notre génération, mettons en place aujourd’hui, peut permettre de limiter le changement climatique pour les générations futures. Plus on tarde, moins on s’empare du problème, plus on aggrave la situation. Nous sommes bien la dernière génération à pouvoir agir comme l’a expliqué Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, mais nous ne serons malheureusement pas la dernière de la civilisation fossile.
 
DM : La pénurie de pétrole est pourtant annoncée. N’est-ce pas une autre raison pour changer ?
 
G.F-C. : Les études évoquent un pic de production vers 2030 puis une baisse à partir de 2060, mais il s’agit essentiellement du pétrole conventionnel, celui que l’on trouve facilement en creusant la terre. C’est typiquement le pétrole du Moyen-Orient, de l’Irak, de l’Algérie, des États-Unis et de la mer Caspienne qui a largement été siphonné. Mais il existe des réserves de pétrole non conventionnel qu’il faut aller chercher plus en profondeur dans les nappes souterraines, sous les océans, ou encore dans les sables bitumineux. Jusque-là, l’annonce de la pénurie de pétrole a surtout poussé l’homme à creuser plus profond. Ou à se tourner vers le charbon plus accessible et mieux réparti sur la surface du globe. Nous arrivons donc à une équation d’ordre sociétal, voire moral. Certes, il est possible de siphonner toutes les poches de gaz et de pétrole restantes. Mais pour quels résultats ? Une rallonge de 100, 150 ans ? Ces réserves sont en réalité une véritable bombe climatique qui peut nous balayer. Mieux vaut ne pas attendre la dernière goutte de pétrole pour bouger. Il faut tourner la page.
 
 
DM : Pas facile, dites-vous, de s’en passer. Vous nous comparez à des drogués en manque…
 
G.F-C. : Cela est surtout vrai pour des sociétés comme la nôtre qui n’ont pas de pétrole. Notre dépendance est impressionnante. Il suffit que l’on bloque les raffineries pour que le pays soit complètement paralysé. Et l’on va parfois très loin pour trouver sa drogue. Le sevrage est difficile à imaginer. Il va pourtant falloir l’organiser.
 
DM : Vous parlez également du pétrole comme d’une malédiction…
 
G.F-C. : Le pétrole a été sur bien des aspects une bénédiction pour le siècle dernier. Il a permis d’éradiquer certaines maladies. Il a profondément amélioré notre bien-être et notre niveau de vie sur tous les plans. Mais il a également favorisé la croissance démographique, une société de la voiture, de l’abondance et de la surconsommation qui pèse aujourd’hui sur notre environnement et qui a fait disparaître des modes de vie alternatifs et durables intéressants. La malédiction, c’est aussi celle qui frappe les pays producteurs de pétrole pris dans une dépendance totale et un jeu géopolitique extrêmement violent.
 
 
DM : Quel pays par exemple ?
 
G.F-C. : Prenez le Venezuela. Ce pays a tout pour lui, mais son peuple vit dans une grande misère. Malgré un gouvernement de gauche, l’argent du pétrole n’est absolument pas redistribué. On voit des nourrissons, dans les hôpitaux, qui dorment dans des boîtes de carton ! À part la Norvège, il n’y a pas, à ma connaissance, un seul pays producteur de pétrole qui a su mettre en place des politiques de redistribution tout en investissant en parallèle dans d’autres industries. C’est-à-dire en prévoyant le coup d’après. En revanche, le trait commun de ces pays, c’est d’avoir une classe dirigeante corrompue. De tels intérêts économiques sont en jeu. Et il existe de telles pressions extérieures en provenance des banques, des compagnies pétrolières, des gouvernements.
 
 
DM : Le pétrole a par ailleurs donné naissance à ce que vous appelez l’aristocratie fossile…
 
G.F-C. : Ou les seigneurs du pétrole. Le plus impressionnant d’entre eux c’est Rockefeller qui a bâti sa fortune sur les premières exploitations pétrolières et créé un véritable empire tirant profit de tous les usages de l’or noir dans de multiples secteurs : l’automobile, l’armement, la pétrochimie, la santé… Cette aristocratie a bénéficié d’une forme de rente, tellement facile et tellement juteuse. Elle a été faiseuse de rois. Des gouvernements ont été faits et défaits en raison des intérêts pétroliers. Elle a complètement configuré la géopolitique mondiale.
 
DM : Quel que soit le régime politique du pays, le pétrole semble avoir le même effet dévastateur…
 
G.F-C. : C’est très net avec le Venezuela. Le pétrole rend les gens fous. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le premier secrétaire général de l’OPEP qui était vénézuélien. Il disait aussi : « le pétrole c’est la merde du diable ». Il a voulu créer l’OPEP pour s’affranchir de l’aristocratie fossile occidentale. Mais même l’OPEP qui a d’abord été créée sous surveillance étroite des Américains pour finalement échapper à leur contrôle, a complètement échoué à créer une forme de gouvernance démocratique et transparente. C’est même le contraire. Ses règles sont extrêmement opaques. Nous ne savons absolument rien de la façon dont les prix sont fixés ni de l’état réel des réserves de pétrole. Nous sommes totalement dépendants d’une ressource dont nous ne savons absolument rien.
 
DM : Vous donnez une explication psychologique à ce côté obscur du pétrole…
 
G.F-C. : Le pétrole donne un super pouvoir à des super héros qui ont pu, grâce à lui, transformer le monde. Il permet d’affirmer la suprématie de l’homme sur la nature, de l’inscrire dans l’idée de progrès avec ses éternelles envies de dépassement, de domination et de démesure. Le tout à une vitesse telle que l’homme et la nature ne cheminent plus ensemble en bonne intelligence. La nature est dépassée, écrasée. Nous avons fabriqué un monstre qui nous échappe.
 
 
DM : Vous revenez également sur les freins qui nous empêchent de sortir de cette civilisation fossile. Quels sont-ils ?
 
G.F-C. : Ceux qui ont transformé la société grâce au pétrole étaient des pionniers, des conquérants qui ont pris des risques absolument incroyables. Or il n’y a pas aujourd’hui plus grands conservateurs. Les voilà complètement fossilisés, avec une armée de lobbyistes, incapables de penser le changement ! Et un nouvel ennemi : le changement climatique. Il y a certainement une forme de déni. Difficile pour ces seigneurs du fossile de s’imaginer comme mauvais alors qu’ils ont façonné le progrès. Il y a surtout la volonté de ne pas lâcher cette rente qui les a faits si riches et si puissants. On a pourtant envie de leur dire « vivez avec votre temps » ! Je cite dans mon livre les propos de l’arrière petit-neveu de Rockefeller expliquant que si son arrière grand-oncle revenait aujourd’hui, il s’investirait dans le nouvel eldorado du XXIe siècle : les énergies renouvelables.
 
DM : Percevez-vous des évolutions ?
 
G.F-C .: Depuis l’écriture de mon livre il y a eu l’Accord de Paris. Il ne donne aucune direction ni aucune méthode, mais sa valeur est inestimable sur le plan psychologique et politique. C’est un vrai tournant, une inflexion dans le consensus international des gouvernements. L’enjeu maintenant, c’est d’aller suffisamment vite pour trouver des modèles économiques qui démontrent la rentabilité des énergies renouvelables. Pour cela il faut que la période de transition soit la plus courte possible.
 
DM : Comment aller plus vite ?
 
G.F-C .: Je crois au rôle absolument crucial de la finance dans l’accélération du basculement, non pas pour des raisons altruistes, mais pour des raisons qui sont liées au déplacement de la rente et des intérêts économiques. Si les plus grands financiers de la planète, les banques, les grandes compagnies d’assurances, les fonds de pension commencent à se dire qu’investir dans des énergies fossiles est pénalisant pour les rendements futurs, cela va donner un signal fort et favoriser le développement des énergies renouvelables. Or soutenir l’ancien modèle comporte des risques. Le marché des ressources fossiles est très volatil ; les perturbations liées au changement climatique peuvent occasionner des perturbations ou des poursuites en justice nuisibles aux acteurs de la finance.
 
DM : Tout est donc une question de volonté et de choix…
 
G.F-C. : C’est sûr que si l’on mettait autant de subventions et autant d’argent pour fabriquer le parc nucléaire aujourd’hui que pour fabriquer le parc du renouvelable, on y arriverait ! Dans la mobilité aussi, nous pourrions facilement parvenir à un parc de voitures électriques ou roulant au biogaz et à l’hydrogène. À condition cependant que l’électricité soit d’origine non-fossile. En Chine, les voitures électriques roulent grâce au charbon. Ce qui ne fait que déplacer le problème. Une cohérence absolument totale est nécessaire, du début jusqu’à la fin, de l’extraction jusqu’à la transformation. Il pourrait également y avoir des financements en Afrique dans l’hydroélectrique. Ce continent a un potentiel incroyable mais très peu exploité.
 
DM : La solution est-elle politique ?
 
G.F-C. : Le cadre est politique, mais pas la solution. Les industriels ont en effet besoin d’énormément de visibilité et de stabilité notamment parce que leurs investissements sont de long terme et qu’ils doivent garantir des taux de rentabilité élevés. C’est pour cela que l’Accord de Paris est important. Aux gouvernements par ailleurs d’introduire des éléments de contrainte, comme une taxe carbone ainsi que des subventions positives favorisant l’accès et l’installation des énergies renouvelables.
 
DM : Le nucléaire peut-il jouer le même rôle que le pétrole ?
 
G.F-C. : Ce n’est pas, à proprement parler, une énergie fossile même s'il dépend de l’uranium et ce n’est pas, non plus, une énergie renouvelable même s’il n’émet pas de CO2. Son champ d’utilisation se cantonne à l’électricité. Rien à voir avec le pétrole donc si ce n’est que le nucléaire est aussi un signe de superpuissance et qu’il peut difficilement être considéré comme une ressource d’avenir. C’est une énergie centralisée du présent qui fait et fera partie du bouquet énergétique de la transition. Voilà ! Le nucléaire ne pose pas les mêmes perturbations que les énergies fossiles, mais le ticket d’entrée pour construire une centrale nucléaire est absolument monstrueux, celui pour les démanteler aussi. Quant aux déchets radioactifs, leur durée de vie se compte en centaines de milliers d’années. De Tchernobyl à Fukushima, le nucléaire ne rassure pas. Ce qui l’a plombé c’est le péché originel de la bombe atomique, même si le nucléaire civil, construit sur une culture de la responsabilité et de la sûreté, n’a rien à voir avec le militaire.
 
DM : Avec les énergies renouvelables, on s’achemine vers une gestion décentralisée de l’énergie. Qui aura le pouvoir dans la société post-fossile ?
 
G.F-C. : C’est toute la question ! Nous allons vers un monde plus horizontal et plus libre que l’on peut imaginer pacifique, bienveillant, égalitaire et équitable. On peut se dire également que la nouvelle économie de demain va fabriquer de nouveaux monopoles, notamment ceux de la société numérique qui vont ouvrir la voie à ce que j’appelle la dictature algorithmique. On voit bien que Google et Uber n’ont pas vocation à enrichir la planète entière, mais à enrichir leurs actionnaires. Nous restons finalement dans le même bon vieux système de monopole et de rente. Seuls les acteurs changent.
 
DM : Optimiste ?
 
G.F-C. : Si nous ne parvenons pas à répartir équitablement les ressources et à basculer dans un monde plus pacifique et plus égalitaire, nous allons nous diriger vers l’homme augmenté vivant hors sol, dans plus de puissance et de démesure. Le transhumanisme coupe le cordon ombilical qui nous rattache à la terre, une terre qui n’existe plus d’ailleurs tellement nous l’avons transformée. Il recrée des modes de vie artificiel et modifie l’homme pour lui permettre de vivre à n’importe quelle condition de température et de pression. C’est clairement ce nouveau monde qui se dessine. La question à se poser est de savoir si l’on souhaite vraiment transformer à ce point notre environnement pour en faire un monde complètement virtuel. Cette question, nous sommes, là-encore, la dernière génération à pouvoir nous la poser.
 
DM : C’est donc notre rapport à la nature qui se joue également dans la transition énergétique ?
 
G.F-C. : Avec les énergies renouvelables, nous nous dirigeons vers une société plus pacifique. Imaginez par exemple que l’on crée en Afrique des « mini grids », c’est à dire des petites stations de production d’énergie solaire. Avec elles, un village peut faire fonctionner une pompe à eau, une école, un petit hôpital mais aussi cultiver sa terre. Ce sont autant de personnes qui n’iront pas s’agglutiner dans les bidonvilles ou migrer vers l’Europe. Il faut donner une chance à ce type de transition.
 
Propos recueillis par Delphine Masson, Journaliste UP' Magazine
 
A propos de Geneviève Férone-Creuzet
 
Pionnière de la notation sociale et environnementale, spécialiste du développement durable, Geneviève Férone-Creuzet a fondé en 2013 Casabee, un cabinet de conseil en stratégie et prospective spécialisé dans les modèles collaboratifs et circulaires. Associée de Prophil, un cabinet de conseil en stratégie dédié à la convergence des modèles philanthropiques et économiques, elle est l’auteur de plusieurs ouvrages dont« 2030 : le Krach écologique » (Grasset 2008), « Bienvenue en transhumanie » avec Jean-Didier Vincent (Grasset 2011) et le « Crépuscule fossile » (Stock, 2015).
 
Photos extraites du livre « Kuwait: A Desert on Fire », by Sebastião Salgado ( Edition Taschen )
 
 

 

transition énergétique

Zusanne Solar : la transition énergétique récompensée

Ce vendredi 18 novembre, à l’occasion de la cérémonie des European Solar Prize 2016 qui se sont tenus à Barcelone, Énergie Partagée et ses partenaires ont été distingués pour leur participation au projet transfrontalier et citoyen de production d’énergie solaire «Zusamme Solar» à Colmar. Présentation.
 
Organisés par l’association européenne des énergies renouvelables (EUROSOLAR), les European Solar Prize récompensent les villes, les entreprises, les organisations, les coopératives et les particuliers qui prennent en main la question de la transition énergétique. C'est le cas du projet "Zusamme Solar" initié par la coopérative alsacienne Energie Partagée.
« Alors que certains gouvernements européens tentent de concentrer le développement des énergies renouvelables entre les mains d’oligopoles énergétiques, les citoyens du monde entier mènent la transition énergétique vers le 100% d’énergie renouvelable et poussent vers une démocratie énergétique » se réjouit Josep Puig, d’EUROSOLAR Espagne.
 
Porté par l’enthousiasme pour le photovoltaïque des années 2007 - 2008, un premier noyau de 25 habitants du Haut-Rhin a soutenu la création d’une société coopérative d’énergie : Energies Partagées en Alsace.
Aujourd’hui constituée de 37 individus de la région, elle a n’a cessé de diffuser le message d’une énergie locale, financée et maîtrisée par les citoyens. Très vite, elle a mené des actions de sensibilisation destinées à réduire la consommation énergétique (achat groupés de lampe LED, animations et sensibilisation lors de festivals, etc) et à mettre en avant les initiatives novatrices (visite de Freiburg pour les coopérateurs).
Et la coopérative ne s’est pas arrêtée là. Pour démontrer la pertinence d’une transition énergétique locale, rien de tel que la mettre en pratique !
Les coopérateurs ont alors initié le développement de quatre projets photovoltaïques dans la région pour une puissance totale de 77 kWc.
 
Outre Rhin, l’énergie citoyenne est ancrée dans la culture depuis bien longtemps. Installée juste de l’autre côté de la frontière allemande, à Freiburg in Brisgau, Fesa Energie fait partie des quelques 800 coopératives énergétiques allemandes qui se sont créées grâce à une politique favorable à la constitution de sociétés de projets locales.
Depuis 2011, grâce à ses 68 coopérateurs, Fesa a en effet développé des projets photovoltaïques, jusqu'à plus de 700 kWc à ce jour.
Elle gère un parc de centrales photovoltaïques et éoliennes pour un total de 1,9 million d’euros, au travers de différentes sociétés de production.
Une de ses réalisations phare est une centrale de 365 kWc au-dessus des voies d’autoroute à Freiburg.
 
 
Les démarches de ces deux coopératives sont si proches qu’elles devaient s’unir. C’est chose faite avec ce projet « Zusamme ! » (littéralement « Ensemble » en allemanisch, la langue hybride parlée dans cette région frontalière) qui a permis d'installer quatre nouvelles installations photovoltaïques de 100 kWc, soit 2 600 m2 de panneaux sur les toits de bâtiments industriels de Colmar (précisément trois sur Colmar, un à Wintzenhein). Ces toitures en sheds crées par l’industrie textile sont bien orientées mais demandent plus de travail de mise en œuvre que des toitures simples. On en trouve encore de nombreux exemple dans le Haut-Rhin.
"Ce partenariat entre citoyens français et allemands pour construire des toitures solaires est une grande première dans la région.  Nous sommes fiers d'avoir pu prendre part à cette aventure, et espérons pouvoir initier d'autres projets transfrontaliers citoyens.  Il y a de grandes choses à faire en Alsace !"  déclare Georges Audras, porteur du projet.
 
Pour Erwan Boumard, Directeur d’Énergie Partagée « La spécificité de Zusamme est d’avoir été financée et réalisée grâce à la rencontre d’une coopérative énergétique alsacienne (Énergies Partagées en Alsace), une coopérative énergétique allemande (Fesa) et l’outil financier Énergie Partagée. Le financement du projet est donc issu à 100% de citoyens français et allemands, rassemblés pour faire voir le jour à cette installation transfrontalière, symbole de la transition énergétique européenne ».
L’installation a été réalisée par un professionnel de la région qui utilise des modules photovoltaïques d’origine européenne, afin d’éviter les émissions de CO2 liés à l’importation des panneaux du bout du monde et soutenir la filière européenne.
Les centrales ont commencé à produire de l'électricité au mois de mars 2015.

Financement 100% citoyen

Ce projet, premier exemple de coopération citoyenne, coûte environ 800 000 €. Pour le financer, les coopérateurs ont mis en commun leur investissement afin de rassembler le capital initial qui garantit la maîtrise citoyenne du projet. Fesa à contribué à hauteur de 50%, la coopérative alsacienne a pu rassembler 10% et le reste (40%) a été apporté par Énergie Partagée Investissement.
La Région Alsace a également largement contribué au projet en allouant 120 000 euros de subventions.
Grâce à ses milliers d’actionnaires, Énergie Partagée a vocation à investir dans ces projets pour qu’ils soient maitrisés à 100% par des citoyens. L’outil a « avancé » une part de l’investissement au projet pour le rendre possible. Le reste du projet a été financé par la banque éthique La Nef, pour en faire un projet pleinement citoyen et solidaire.
Énergie Partagée Investissement investit donc dans ces projets pour qu’ils restent maîtrisés à 100% par des citoyens. Chacun peut maintenant, partout en France, soutenir ce projet Zusamme ! et devenir co-producteur de l’énergie solaire produite !
 

 

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