Sécurité alimentaire et agrostratégies

Un nouveau pacte alimentaire entre producteurs et consommateurs : pour rétablir la confiance ?

agroalimentation
En mai dernier, lors des Assises Nationales de l'Alimentation, Jean-Philippe GIRARD, président de l’ANIA, a présenté un Nouveau Pacte Alimentaire. Sur la base des attentes recueillies directement auprès des consommateurs entre novembre 2015 et mars 2016 lors de sa Grande Consultation Citoyenne, l’ANIA a élaboré un Nouveau Pacte entre ceux qui produisent l’alimentation et ceux qui la consomment. Objectif : présenter les modalités d’une nouvelle relation entre les entreprises et les consommateurs qui amènent les premiers à repenser leurs activités en fonction de l’évolution des attentes des seconds et des mutations d’un monde nouveau.
 
L’histoire de l’alimentation est avant tout l’histoire d’une adaptation permanente de notre nourriture à l’évolution des modes de vie, aux mouvements de populations, aux nouveaux besoins, à l’utilisation des découvertes et des nouvelles technologies. C’est aussi une histoire forte de tradition et de savoir-faire, la recherche de toujours plus de goût, de qualité et d’une conservation toujours plus efficace.
C’est également l’histoire d’une préoccupation individuelle qui a progressivement été déléguée aux professionnels de l’alimentation.
 
Dans cette très longue histoire plurimillénaire, le XXème siècle aura été celui d’un bouleversement phénoménal. On ne nourrit pas de la même façon la France de 1950 qui comptait 40 millions d’habitants, dont 50 % en milieu rural, qu’on ne nourrit la France de 2016 et ses 68 millions de français dont 80 % vivent en milieu urbain avec une espérance de vie qui a doublé en un siècle. Et que dire d’un monde qui est passé de 1,5 milliard d’habitants à plusde 7,5 milliards en un siècle !
 
La filière alimentaire, grâce aux agriculteurs, aux entreprises alimentaires et au commerce, a relevé le fantastique défi de la deuxième moitié du XXème siècle pour accompagner cette très forte évolution démographique avec le babyboom, une nouvelle société, un besoin de sécurité alimentaire et sanitaire, sans jamais oublier le plaisir, la gourmandise et la découverte de nouvelles saveurs.
Le monde change et nous sommes confrontés à un triple défi : s’adapter aux besoins de chaque individu, préserver une planète de plus en plus fragile et, dans le même temps, réussir à nourrir bientôt 9 milliards d’êtres humains alors qu’encore 10 % de la population mondiale souffre de la faim.
 
En France, tout le monde aspire au bien manger et l’alimentation a beaucoup de valeur. Mais elle nous interroge tous : comment concilier modernité et tradition, plaisir et santé, accessibilité et qualité, praticité et convivialité ? Comment satisfaire le plus grand nombre, les exigences de chacun et les ressources de notre planète ?
Mais si les Français aiment l’alimentation, leur relation avec les acteurs alimentaires est aujourd’hui contrastée. Sur fond de scandales alimentaires, de cacophonie nutritionnelle, de foodbashing , rétablir la confiance entre ceux qui produisent l’alimentation et ceux qui la consomment est un défi essentiel.
L’ANIA, l'association nationale des industries alimentaires, a donc organisé une grande consultation citoyenne : s’ouvrir, écouter, prendre le temps d’échanger avec des consommateurs citoyens.
 
En France, 70 % de la production agricole est transformée par l’industrie alimentaire, + 80% des produits de grandes et moyennes surfaces sont des produits agroalimentaires, soit 16 218 entreprises et 440 926 emplois ( à fin 2015) avec 2,4 millions d’emplois.

Le consommateur-citoyen comme grand invité des Assises Nationales de l’alimentation

L’ANIA avait déjà innové en proposant aux consommateurs de répondre à une Grande Consultation Citoyenne sur l’Alimentation. L’objectif pour l' organisation professionnelle était d’échanger avec les citoyens. Entre le 3 novembre 2015 et le 3 mars 2016, 8 832 consommateurs ont répondu à l’appel au dialogue lancé par l’ANIA.
 
Cette initiative a montré que les consommateurs étaient fiers du modèle français et restaient confiants dans leur alimentation du quotidien. Dans le même temps, ils montrent une vigilance et une exigence sur la qualité des produits, la composition et l’origine des aliments, l’impact de leur consommation sur l’environnement. Ils s’interrogent sur la transparence des acteurs de la filière alimentaire, sur la manière de concilier plaisir et santé, accessibilité et qualité, praticité et convivialité. Ils ont le sentiment que les entreprises agroalimentaires ne sont pas suffisamment mobilisées pour les accompagner, pas suffisamment engagées à répondre à leurs attentes (cf. bilan de la Consultation Citoyenne).
 
Ces Assises sont le prolongement de la grande consultation citoyenne lancée en novembre. Nous avons fait le pari avec vous de demander aux consommateurs-citoyens ce qu'ils pensent de notre travail. Ils seront notre grand invité et le fil rouge de notre matinée d’échanges.
Jean-Philippe Girard, président de l'ANIA
Ainsi, les débats entre les intervenants ont été directement nourris par les témoignages de consommateurs issus de la Grande Consultation sur l’Alimentation et d’interviews vidéo. 

Pour un nouveau pacte entre ceux qui produisent l’alimentation et ceux qui la consomment

Lors des Assises, il a été rappelé que le secteur agroalimentaire est confronté à une véritable transition de son modèle. Le défi de l’alimentation a rapidement évolué en 60 ans : la France de 1950 qui comptait 40 millions d’habitants, dont 50 % en milieu rural, ne ressemble pas à la France de 2016 et ses 68 millions de français dont 80 % vivent en milieu urbain ; la population mondiale est passée d’1,5 à plus de 7,5 milliards d’habitants ; les habitudes et les modes de consommation ont évolué ; les besoins et les attentes des consommateurs ont significativement changé.
 
La filière alimentaire, grâce à ses agriculteurs, ses entreprises agroalimentaires et ses commerces, a relevé l’incroyable défi de la deuxième moitié du XXème siècle, celui d’accompagner l’explosion démographique française, l’urbanisation, l’évolution de la société pour proposer une offre variée et accessible au plus grand nombre. Il est temps d’établir un nouveau pacte alimentaire entre nous.
Jean-Philippe Girard
 
Le Nouveau Pacte Alimentaire contient cinq grands chapitres :
- Pour une alimentation toujours meilleure
- Pour plus de transparence et plus de confiance
- Pour une alimentation plus responsable et plus durable
- Pour une filière plus forte, créatrice d’emplois locaux
- Pour le rayonnement de la France dans le Monde
 
Ce sont là de grandes valeurs qui doivent être repensées : se faire plaisir, garantir la sécurité sanitaire des aliments, améliorer la qualité nutritionnelle des produits, offrir une alimentation adaptée aux besoins spécifiques de tous. C'est aussi proposer de travailler pour une meilleure compréhension des processus de fabrication et de la composition des produits en améliorant l'information sur les produits, en travaillant sur les approvisionnements de qualité et sur leur provenance. C'est aussi un pacte pour une alimentation plus responsable et plus durable : diminuer l'impact de la production sur l'environnement, favoriser les filières durables, optimiser la gestion des déchets, lutter contre le gaspillage alimentaire, encourager le don alimentaire.
 
Ce Nouveau Pacte Alimentaire amène le secteur agroalimentaire et ses partenaires à repenser leurs activités en fonction des nouvelles attentes des consommateurs. Il s’adapte à la fois aux évolutions françaises et aux mutations du monde. Il confirme l’excellence française en matière de savoir-faire et de sécurité des aliments tout en s’attachant encore davantage à la santé, à l’environnement, à la vie des territoires.

Un nouveau pacte alimentaire qui engage les entreprises, leurs partenaires et les pouvoirs publics

 
La responsabilité partagée et la confiance mutuelle constituent le socle de ce nouveau Pacte Alimentaire. L’ANIA propose une nouvelle ambition aux consommateurs bien sûr mais également une démarche collective d’engagements à tous ses partenaires de la filière alimentaire à commencer par les entreprises agroalimentaires elles-mêmes évidemment, les éleveurs et les cultivateurs, ses fournisseurs et ses prestataires, ses clients, les financeurs, la société civile, les pouvoirs publics.
 
Pour animer cette démarche d’engagements, l’ANIA lance à l’occasion de ces Assises Nationales de l’Alimentation un TUMBLR collaboratif autour de son Nouveau Pacte Alimentaire : www.pactealimentaire.tumblr.com.
De bonnes pratiques concrètes des entreprises agroalimentaires et de leurs partenaires y seront présentées chaque semaine jusqu’à la fin de l’année.
Soyons à la hauteur des attentes de nos consommateurs, soyons ambitieux pour notre alimentation et surtout soyons audacieux et vrais dans nos propositions, dans nos actions. Nos consommateurs changent. Nous changeons aussi, avec eux, pour eux, grâce à eux. C’est ensemble que nous redonnons de la valeur à l’alimentation.
Jean-Philippe Girard
(Source : ania.net)
 
 

 

 

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