UP' Magazine L'innovation pour défi

mobilité

Véhicules autonomes et connectés : nouvelle formation à l'ESTACA

Le secteur de l’automobile est en pleine révolution et il faut s’adapter ! Notamment avec les multiples implications de l'innovation en termes d’impacts sociétaux inhérents à tout progrès technologique. Un sujet de préoccupation qui n’appartient plus au seul monde de la technique et des ingénieurs, mais est aujourd'hui un enjeu de société où la formation est esssentielle.
 
Présente sur le 12ème Salon ITS de Strasbourg, le rendez-vous européen qui a rassemblé tous les acteurs des nouvelles mobilités du 19 au 22 juin, l'ESTACA (1), école d'ingénieurs spécialisée dans les transports et les nouvelles mobilités, a officialisé la création d'un nouveau dispositif de formation continue sur les technologies et les enjeux sociétaux du véhicule autonome et connecté.
 
Créé en partenariat avec l'Institut VEDECOM (dont l'ESTACA est membre fondateur) et Telecom Evolution, ce nouveau programme s'inscrit pleinement dans les problématiques actuelles du secteur automobile. Pendant un siècle, la voiture a évolué sur sa lancée, toujours plus performante, plus fiable, plus confortable. La ville s’est adaptée, les modes de vie aussi au point qu’on dit du 20ème siècle, qu’il est celui de l’automobile.
Ce sont les mutations technologiques qui faisaient alors avancer le secteur. Il y a quelques années, une rupture est apparue : le monde est devenu « connecté », et la mobilité s’en trouve profondément changée. Un savoir nouveau émerge et il faut en définir les contours, les pratiques et les règles. 
 
Pour Guillaume Devauchelle, Président de VEDECOM,  «Les acteurs de la mobilité, le tissu industriel, le tissu académique et les territoires ont tous compris qu’il fallait réinventer le modèle de la mobilité. Le statut de l’automobile « reine » était dépassé. Précédemment « voiture objet », elle devait s’inscrire dans un contexte plus large. Et la mobilité, au niveau mondial, embrassait une nouvelle configuration : plus de rapidité, une échelle beaucoup plus vaste, un mode opératoire plus participatif aussi, en tout cas beaucoup plus diversifié.
La mobilité, ce n’est pas seulement une voiture que l’on ne conduit plus. L’enjeu sociétal est fondamental, nous allons vivre une véritable révolution, qui va bien au-delà de l’automobile. » (Source : Rapport activité Vedecom 2014-2015).
 
De nouveaux types de véhicules équipés de technologies ultrasophistiquées sont en cours de développement et pourraient donc révolutionner nos déplacements. En offrant une assistance à la conduite, voire en déléguant la conduite à la machine, ces véhicules permettraient, à terme, lorsqu’ils circuleront en autonomie, d’améliorer la sécurité routière. Mais la coexistence de l’homme et de la machine pose de nombreuses questions, technologiques, juridiques et de sécurité. C’est pourquoi, en proposant, via la formation continue, des cursus en prise directe avec les défis d'avenir du secteur automobile, l'École veut contribuer à former une nouvelle génération d'ingénieurs, en prise directe avec les défis d’avenir du secteur automobile, qui maîtrise les aspects techniques et mesure les impacts sociétaux inhérent à tout progrès technologique.
 
Une formation qui mêle enjeux techniques et vision prospective du véhicule autonome et connecté
 
À l’heure où tous les acteurs du secteur automobile font part de leurs avancées dans ce domaine d’avenir et où certaines collectivités expérimentent ces véhicules du futur, cette formation de trois jours permettra aux apprenants d’appréhender les problématiques techniques ainsi que les enjeux socio-économiques liés au véhicule à conduite déléguée. Ce dispositif de formation continue s’adresse aux agents et cadres des collectivités publiques, aux cadres du secteur automobile, chefs de projet, chercheurs, urbanistes mais aussi aux étudiants qui suivent un cursus d’ingénieurs.
Chacune des trois journées de formation permettra d’aborder des enjeux à la fois techniques et prospectifs liés à l’utilisation des véhicules autonomes en environnement urbain : localisation, pilotage, télécommunications, big data et valorisation des données, cyber-sécurité, facteurs humains, aspects juridiques, etc.
 
Les trois jours de formation seront découpés en deux grandes parties :
JOUR 1
• Partie 1 : Approche systémique du véhicule autonome
• Partie 2 : Les sous-systèmes du véhicule autonome : la perception
JOUR 2
• Partie 1 : Les sous-systèmes du véhicule autonome : la localisation, la planification, télécommunications
• Partie 2 : Les enjeux des données : big data et cyber-sécurité
JOUR 3
• Partie 1 : Les enjeux humains socio-économiques du véhicule autonome connecté
• Partie 2 : Le véhicule autonome : la révolution de la nouvelle mobilité est en marche
 
 
 
 
(1)ESTACA, école d’ingénieurs post-bac spécialisée, est un acteur européen majeur dans le domaine des transports et de la mobilité. Son campus Paris-Saclay est localisé à Saint-Quentin-en-Yvelines, son campus Ouest à Laval en Mayenne. Grâce à une pédagogie innovante au coeur des problématiques actuelles des transports (éco mobilité, systèmes embarqués, système propulsif et énergie à bord, …) et à son centre de recherche ESTACA’LAB, l’Ecole diplôme des ingénieurs dotés d’un savoir-faire technique reconnu dans le monde industriel et économique. Ouverte sur le monde, l’Ecole compte une trentaine de partenaires universitaires étrangers et travaille avec de nombreuses organisations (NASA….). Passionnés et professionnels, les ingénieurs ESTACA sont reconnus dans le monde industriel pour leur capacité à s’adapter rapidement. Très demandés par les entreprises, près de 80% des élèves-ingénieurs  et l’Ecole signent un contrat avant l’obtention de leur diplôme.
Pour plus d’informations : www.estaca.fr 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
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data scientists

Data Scientists ! le guide des métiers vient de sortir

Télécom ParisTech et Télécom Evolution présentent « Data Scientists ! » le guide des métiers de la science des données : une photographie des différents métiers de la donnée (spécialistes des algorithmes et des modèles mathématiques), depuis leurs fondements historiques jusqu'à leurs perspectives d'un avenir que l'on touche déjà du doigt. A se procurer d’urgence !
 
Réalisé par Télécom ParisTech, en partenariat avec AirbusAirbus Defence and Space, un leader mondial de l'industrie aérospatiale et le cabinet de conseil Upward Data, ce guide de 80 pages s'adresse aux étudiants et futurs étudiants en science des données, aux spécialistes du domaine, aux entreprises qui souhaitent les recruter, aux professionnels de la formation et de l'orientation, aux curieux, en bref à tous ceux qui veulent découvrir et mieux comprendre cet univers foisonnant qui a conquis notre quotidien.
 
« Data Scientists ! » Mais qu'est-ce donc ? Et pourquoi tant d'enthousiasme ? Aujourd'hui les « data », les informations de toutes natures qui circulent notamment sur Internet, ont pris une place tellement centrale dans notre vie que chacun et chacune d'entre nous est concerné. Le point d'exclamation vient souligner l'incroyable effervescence du domaine, l'engouement passionné des femmes et des hommes qui se lancent dans l'exploration de ce nouveau monde.
En tant que pionniers en France dans le domaine des formations en science des données, Télécom ParisTech et Télécom Evolution souhaitaient proposer une photographie des différents métiers auxquels ces cursus conduisent, en se faisant accompagner notamment par leurs enseignants-chercheurs et anciens étudiants.
 
Rappelons-le, Télécom ParisTech forme à innover et entreprendre dans un monde devenu numérique. Ses enseignements et sa recherche intègrent toutes les disciplines des sciences et technologies de l'information et de la communication avec un ancrage sociétal fort, leur permettant de relever les défis majeurs du 21e siècle. Ses cursus diplôment ingénieurs, docteurs et professionnels et attirent 55 % d'étudiants étrangers. Sa recherche présente une expertise internationale, originale et pluridisciplinaire, sur six axes stratégiques : Big Data, Très Grands Réseaux & Systèmes, Confiance Numérique, Design-Interaction-Perception, Modélisation pour le Numérique, Innovation Numérique. École de l'IMT (Institut Mines-Télécom), Télécom ParisTech est membre fondateur du réseau ParisTech et se positionne comme le collège de l'innovation par le numérique de Paris-Saclay, dont l'ambition est de devenir l'un des premiers pôles d'innovation mondiaux.
 
Quant à Telecom Evolution, spécialisé dans le numérique, est la marque de formation continue des grandes écoles d'ingénieurs Télécom de l'IMT (Institut Mines-Télécom) : IMT Atlantique, Télécom ParisTech et Télécom SudParis. Télécom Evolution accompagne les entreprises et les organisations dans la montée en compétences de leurs collaborateurs autour de la transformation numérique : Internet des Objets, Big Data, Cybersécurité, Transports intelligents, Systèmes d'Information, Plateformes de service... L’école propose une gamme complète de formations depuis l'initiation jusqu'à l'expertise, dans une grande variété de modalités pédagogiques, du MOOC accessible à tous à la formation certifiante, et dispensée par les meilleurs experts et professionnels reconnus.
 
Pour mener à bien ce projet, l'école d'ingénieurs et le centre de formation continue se sont adjoints les compétences d'Airbus Defence and Space et l'expertise du cabinet de conseil en recrutement Upward Data.
 
Selon le baromètre LinkedIn pour « Le Monde Campus », les jeunes diplômés en data science sont les profils les plus recherchés par les recruteurs français présents sur le réseau social et les entreprises courtisent ces « scientifiques des données » pour leurs compétences en termes de transformation numérique.
Dans une interview au Monde du 16 mai, Serge Abiteboul, chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), et coauteur de Terra Data (Editions Le Pommier, 348 p, 13 euros), plaidait en 2013 pour l’émergence d’une nouvelle filière de formation des « data scientist » : « La data science ce n’est pas juste de la statistique. Ce sont des techniques souvent très empiriques. Raison pour laquelle, pour atteindre un minimum de compréhension du métier, il faut aussi avoir été confronté à des vraies données dès les années de formation. Le risque de certaines formations actuelles, c’est qu’elles sont trop théoriques. Et puis, en informatique il y a vingt ans, il fallait savoir apprendre à concevoir de gros programmes, très pointus. Aujourd’hui, les data scientists écrivent finalement assez peu de code : ils utilisent de boîtes à outils souvent open source. Ils sont peut-être moins bons « codeurs », mais on leur demande de savoir choisir et composer les bons logiciels, de comprendre les mathématiques et l’environnement métier. C’est un métier qui demande énormément de neurones. »
 
Ce Guide réunit les témoignages de 28 professionnels de l'écosystème Télécom. Il propose 80 pages dont 17 fiches métiers, des focus sur des domaines sectoriels, des informations pratiques ou insolites… Il peut être lu d'une traite ou consulté directement sur un point précis. « Data Scientists ! » est une véritable plongée dans les métiers de la donnée, depuis leurs fondements historiques jusqu'à leurs perspectives d'un avenir que l'on touche déjà du doigt.
 
Le Guide est disponible gratuitement à Télécom ParisTech, 46 rue Barrault, 75013 Paris et à Télécom Evolution, 37-39, rue Dareau, 75014 Paris. Il sera distribué lors du salon DataJob (22 novembre 2017) et du Congrès Big Data Paris (12 et 13 mars 2018). Il peut être téléchargé sur :
 
 
 
A PROPS D'AIRBUS - www.airbusgroup.com
Airbus est un leader mondial de l'aéronautique, de l'espace et des services associés. En 2016, le Groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 67 milliards d'euros avec un effectif d'environ 134 000 personnes. Airbus propose la famille d'avions de ligne la plus complète qui soit entre 100 et plus de 600 places. Airbus est également un leader européen dans le domaine des avions de ravitaillement en vol, de combat, de transport et de mission. L'entreprise est le numéro un européen de l'industrie spatiale, et le numéro deux mondial. Dans le domaine des hélicoptères, Airbus propose les solutions civiles et militaires les plus performantes du marché mondial.
A PROPOS D'UPWARD DATA  - upwarddata.fr
Upward Data est un cabinet de recrutement par approche directe, spécialisé dans les métiers du Big Data. Il fait partie du groupe Upward qui fonde son positionnement sur trois valeurs fortes dans son approche du recrutement : l'Empathie, l'Expertise et l'Ambition. Upward Data se place dans une posture de service vis à vis des recruteurs comme des candidats. Par conséquent, nous sommes très proches de tous nos interlocuteurs, que nous satisfaisons au mieux grâce à notre connaissance pointue du secteur de la data.
 
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numérique école

Les tablettes à l'école : où en est-on ?

« Mieux préparer les élèves à être acteurs du monde de demain » : c'est l'ambition annoncée du Plan Numérique pour l'éducation, lancé en 2015. Le Ministère vient d'annoncer les départements et collèges retenus dans le cadre du dispositif « Collège numérique et ruralité ». Quelques mois après l'appel à projet « Collèges numériques et innovation pédagogique », c'est une nouvelle phase dans la mise en œuvre du grand Plan Numérique pour l'éducation, lancé pour accélérer l'équipement et l'accès aux ressources numériques des collégiens.

Un équipement massif

Le Plan Numérique a mis sur le devant de la scène un objet qui, après avoir conquis de nombreux foyers, a fait une entrée remarquée dans les salles de classe : la tablette. Quel est l'impact des tablettes sur les apprentissages des élèves ? Quels usages en font principalement les élèves et les enseignants ? Quelles sont les premières recommandations issues de la recherche pour que les enseignants s'approprient mieux cet outil ?
 
Au regard des effets annoncés du numérique sur les apprentissages, l'Etat et les collectivités ont, en France comme dans de nombreux pays (Etats-Unis, Canada, Brésil, Turquie, Danemark, etc.) investi massivement dans des équipements mobiles. Au total, en France, en 2017, ce sont près de 3000 collèges – soit 51 % des collèges publics – et 3525 écoles qui seront progressivement équipés, soit près de 600 000 élèves équipés. 6 départements ont choisi d'équiper la totalité de leurs collèges, et 30 % des collectivités équipent entre 66 % et 100 % leurs collèges. Au total, cela représente plus d'1 milliard d'euros dépensés sur 3 ans dans le cadre du Plan Numérique, avec l'objectif affiché d'une généralisation des enseignements par le numérique au collège pour 2018/2019.

Quels effets des tablettes sur les apprentissages ?

Quels sont les effets de ces politiques massives d'équipement ? Si le recul nécessaire manque encore pour avoir des résultats fiables d'enquêtes menées à grande échelle, les premières études sur les tablettes à l'école (Karsenti et Fievez, 2013) ont permis d'apporter un éclairage scientifique sur cet outil et ses usages pédagogiques.
 
Le premier constat est que, si les freins techniques sont encore nombreux dans une partie des établissements (débit insuffisant, absence d'un dispositif efficace de déploiement et de maintenance, etc.), les avantages des tablettes à l'école l'emportent sur ces freins. A côté des aspects pratiques - sa légèreté (tous ses manuels dans une tablette !), sa maniabilité et de l'accès facilité aux ressources multiples que la tablette offre -, les effets sur la motivation des élèves arrivent en bonne place, ainsi que les compétences liées à la collaboration entre les élèves : interactions entre pairs, apprentissages plus actifs, capacité à réutiliser des connaissances ou des compétences dans des contextes différents, etc. Quelle que soit la matière concernée, la tablette permet de créer, de modifier, de travailler ensemble autour d'un même document avec les élèves ou de faire travailler les élèves en pair à pair. La tablette favorise le partage, l'interaction, de nouvelles modalités de travail plus collaboratives. L'élève n'est plus passif face à l'information ; il devient acteur, producteur, créateur de contenus (recherche d'informations, création de supports, etc.).
 
Support individuel, la tablette facilite enfin la mise en œuvre de la différenciation pédagogique. L'apprentissage adaptatif, encore balbutiant,  permet de nourrir de grands espoirs quant à un meilleur accompagnement des élèves, en répondant au mieux aux besoins de chacun. Or, si la tablette – et plus largement le numérique – ne sont pas des outils nécessaires à la mise en place de l'individualisation des enseignements, ils la facilitent grandement.

Les tablettes, vecteurs de l'innovation pédagogique ?

Le second point saillant des premières études est que la formation et l'accompagnement des enseignants est une condition nécessaire à une bonne appropriation des supports mobiles. Dans toutes les expérimentations menées, la formation des enseignants est un élément-clé de l'appropriation des outils numériques. Certes, les formations progressent, et de nombreux enseignants se forment actuellement d'eux-mêmes via les réseaux sociaux, les MOOC ou en échangeant sur leurs pratiques pédagogiques avec leurs collègues qui expérimentent eux aussi (Enquête PROFETIC, 2016). Mais il ces pratiques ne concernent encore qu'une minorité d'enseignants.
Pour que les tablettes s'installent durablement dans le paysage scolaire, et pour que le potentiel pédagogique des tablettes soit pleinement exploité, il faut du temps. Du temps pour se former aux usages pédagogiques des tablettes, grâce à des formations liant le numérique, la pédagogie et l'enseignement disciplinaire, comme le montre l'étude menée par la DEPP sur les Collèges connectés (2015). Du temps pour tester, explorer, observer, échanger avec des collègues, intégrer à leur pratique ce qu'ils ont appris.

Un outil dont les potentialités pédagogiques sont encore peu explorées

Un dernier constat s'impose : si l'équipement en tablettes est massif, les usages pédagogiques des tablettes sont pour l'instant limités. Si l'on suit le modèle SAMR développé par Ruben Puentedura pour estimer l'impact des technologies numériques dans l'enseignement, on observe que dans la majorité des cas, les enseignants sont dans une utilisation personnelle ou professionnelle de l'outil, mais sans changement dans leur pédagogie (phases dites de substitution ou d'augmentation). La phase d'appropriation des tablettes comme des outils pour permettre la modification ou la réalisation de nouvelles tâches, impossibles avant, ne concerne pour l'instant qu'une minorité d'enseignants. Globalement, les enseignants qui utilisent les tablettes privilégient les fonctionnalités traditionnelles de consultation et non de création ou de collaboration.
 
La vraie question n'est pas celle de l'outil, mais celle de la pédagogie. Comme pour toutes les autres nouvelles technologies, l'introduction des tablettes à l'école réaffirment la place centrale de l'enseignant dans la classe. Sans changement dans les pratiques pédagogiques, la technologie n'a pas d'impact sur les apprentissages. La tablette en soi ne favorise pas la réussite des élèves ; ce sont les usages pédagogiques qui en sont faits qui font la différence.
 
Emilie Blanchard, professeur d'Histoire-Géographie et cofondatrice de Lelivrescolaire.fr
 
 
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éducation et savoirs

Litteratie et numératie : des clefs pour relever les défis du XXIe siècle

Dans un environnement international de plus en plus concurrentiel, les travailleurs doivent être dotés d’un éventail de compétences adapté pour faire en sorte que la mondialisation soit porteuse de créations d’emplois et de gains de productivité plutôt que de retombées négatives sur le plan économique et social, selon un nouveau rapport publié par l'OCDE. Litteratie et numeratie sont au programme : décryptage.
 
L’édition 2017 des Perspectives de l’OCDE sur les compétences qui vient de sortir met en évidence de fortes disparités entre les pays selon qu’ils permettent plus ou moins à leurs travailleurs d’acquérir les compétences requises pour tirer avantage de la mondialisation des chaînes de production. Il ressort du rapport qu’un pays, où l’éventail des qualifications de la main-d’œuvre correspond aux besoins des secteurs d’activité avancés sur le plan technologique, peut avoir un avantage en termes de spécialisation dans ces secteurs égal à 8 % en moyenne. Cet avantage peut même atteindre 60 % par rapport aux pays où les compétences de la population active ne sont pas en adéquation avec les besoins de ces secteurs.
 
« La concurrence entre les pays passe de plus en plus par les qualifications de leur population active. Si l’éventail des compétences de la main-d’œuvre d’un pays est aligné sur les besoins des secteurs d’activité technologiquement avancés, la spécialisation dans ces secteurs d’activité lui offre un avantage comparatif », explique M. Andreas Schleicher, Directeur de la Direction de l’éducation et des compétences de l'OCDE, à l’occasion du lancement du rapport à Londres. « Par ailleurs, les travailleurs qui acquièrent de nouvelles compétences dans certains domaines, comme la prise de décision, sont moins vulnérables face au risque de délocalisation de leur emploi ».
 
En règle générale, les chaînes de valeur mondiales (CVM) – au sein desquelles des travailleurs disséminés dans différents pays prennent part à la conception, la fabrication et la vente d’un même produit – sont synonymes de gains de productivité et de créations d’emplois puisqu’elles permettent à de petites entreprises et à de petits pays de se connecter aux marchés mondiaux. Mais elles peuvent aussi provoquer des pertes d’emploi ou une stagnation des salaires si les travailleurs ne sont pas en mesure de s’adapter à l’évolution de la demande.
 
« Dans les CVM, où de multiples facteurs de production peuvent traverser les frontières à de nombreuses reprises avant que le produit final ne parvienne jusqu’aux consommateurs, et où un tiers des emplois du secteur privé en moyenne dépend de la demande étrangère, l’innovation est décisive pour l’emploi. Lorsque des secteurs d’activité innovent, l’emploi augmente, même dans les professions caractérisées par des tâches répétitives », affirme Andrew Wyckoff, Directeur de la Direction de la science, de la technologie et de l'innovation de l'OCDE, lors de la présentation du rapport. « Or il est impossible d’innover si l’on ne peut s’appuyer sur les compétences adéquates ».
 
L’édition 2017 des Perspectives de l'OCDE sur les compétences montre que les pays qui ont pleinement adhéré aux CVM entre 1995 et 2011 ont bénéficié d’une forte accélération de la croissance de la productivité du travail dans l’industrie, dans une fourchette comprise entre 0.8 point de pourcentage supplémentaire pour les secteurs présentant le potentiel de fragmentation de la production le moins important et 2.2 points de pourcentage pour ceux qui offrent le potentiel le plus élevé, comme l’industrie manufacturière de haute technologie.
 
Pour tirer le meilleur parti des CVM, les entreprises ont besoin de travailleurs dotés de compétences en littératie (1) et en numératie (capacité de comprendre les chiffres et de s'en servir pour raisonner) (2), en résolution de problèmes, et en gestion et en communication, qui soient prêts à se former tout au long de leur carrière. En effet, la capacité de comprendre et de traiter l’information sous forme imprimée ou électronique est aujourd’hui essentielle pour pouvoir participer pleinement à la vie en société et s’adapter aux changements. La littératie va bien au-delà de la capacité à lire et écrire. C'est pour répondre à ces exigences que le Secrétariat de la littératie et de la numératie a été créé en novembre 2004 au Canada afin d'accroître le rendement des élèves. Des éducatrices et éducateurs hautement qualifiés et chevronnés (que l'on appelle des agentes et agents du rendement des élèves) travaillent directement avec les écoles et les conseils scolaires de toute la province pour renforcer la capacité et mettre en œuvre des stratégies visant à améliorer les compétences des élèves en lecture, en écriture et en mathématiques.
 
Déjà en 2000, l’OCDE lançait le programme d’évaluations internationales PISA, qui a pour but de mesurer les compétences des élèves de 15 ans dans trois domaines : la littératie, la numératie et la culture scientifique. Chaque publication des résultats de ces enquêtes interpelait quant aux écarts de résultats entre la France et les autres pays participants (3).
L’approche de l’enquête PISA, reposant sur les notions de littératie et numératie, évalue non pas l’assimilation des programmes d’enseignement mais la capacité des élèves à les exploiter pour interpréter et résoudre des problèmes inscrits dans divers contextes.
 
Les évolutions sociétales de ces dernières décennies ont révélé la nécessité, pour les systèmes éducatifs, de définir des compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie. Partant de ce constat, l’OCDE initiait, dès la fin des années 90, le projet DeSeCo8 qui définit des compétences clés, réparties en trois catégories : se servir d'outils de manière interactive, interagir dans des groupes hétérogènes et agir de façon autonome.
Dans un second temps, en 2000, la stratégie de Lisbonne permet à l’Union Européenne de fixer ses politiques d’éducation et de formation tout au long de la vie. Le Cadre Européen de Référence reprend les distinctions du projet DeSeCo et définit huit compétences clés : 1. Communication dans la langue maternelle ; 2. Communication en langues étrangères ; 3. Compétence mathématique et compétences de base en sciences et technologies ; 4. Compétence numérique ; 5. Apprendre à apprendre ; 6. Compétences sociales et civiques ; 7. Esprit d’initiative et d’entreprise ; 8. Sensibilité et expression culturelles.
En France, sur la base des compétences clés de l’OCDE et de la stratégie de Lisbonne, le socle commun est mis en place en 2006. Notons qu’en 2009, les États membres et la Commission européenne ont renforcé leur coopération avec le cadre stratégique « Éducation et formation 2020 ». Il est clairement demandé aux systèmes éducatifs de permettre aux élèves de s’adapter aux évolutions et à la complexité croissante de la société de la connaissance.
 
Plus les entreprises emploieront des salariés correspondant à ce profil, plus les gains de productivité générés par les CVM se diffuseront à l’échelle de l’économie tout entière. Toutefois, les analyses de l'OCDE montrent que, dans les pays de l'OCDE, un adulte sur quatre environ a de faibles compétences en littératie et en numératie. 
Selon le rapport, certains pays ont tiré profit des CVM en se spécialisant davantage dans les secteurs d’activité avancés sur le plan technologique, en améliorant l’éventail de compétences de leur main-d’œuvre et en obtenant de bons résultats sur le plan social et économique, parmi lesquels l’Allemagne, la Corée et la Pologne.
 
À l’inverse, la Finlande et le Japon ont une main-d’œuvre hautement qualifiée mais pourraient tirer davantage profit des CVM s’ils se spécialisaient encore plus dans les secteurs des hautes technologies. C’est notamment en Corée, en Estonie, au Japon, en Nouvelle-Zélande et en République tchèque que les compétences de la main-d’œuvre correspondent le mieux aux besoins des secteurs des hautes technologies.
 
Pour les économies en développement, qui se situent généralement dans la portion inférieure des chaînes de valeur et où les conditions de travail sont souvent difficiles, il est particulièrement important d’investir dans les compétences et d’accroître la participation aux CVM.
 
En moyenne dans les pays de l'OCDE, un tiers des emplois du secteur privé dépend de la demande étrangère, et 30 % de la valeur des exportations provient de l’étranger.
 
Ce rapport de l'OCDE vient confirmer le rapport québécois du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), paru fin 2015, sur les compétences des individus en matière de littératie, de numératie et de résolution de problèmes comme éléments fondamentaux de la capacité des sociétés à se développer et à innover dans le contexte actuel de transformation de la modernité.
En cette époque caractérisée par l’abondance et la circulation rapide de l’information grâce aux nouvelles technologies, il est essentiel d’être en mesure de décoder, d’analyser et d’utiliser adéquatement les informations textuelles et numériques auxquelles nous sommes exposés dans la vie de tous les jours, tant pour répondre à des besoins personnels, ou à de nouveaux défis au travail, que pour contribuer à l’enrichissement économique, social et culturel de la société. L’acquisition et le maintien de compétences élevées en littératie, numératie et résolution de problèmes permettent aux individus de participer pleinement à la vie en société.
Les actions favorisant le rehaussement, le maintien et le développement de ces compétences méritent donc d’être réalisées en continu et au profit du plus grand nombre. L’enjeu est donc de parvenir à diversifier les approches et impliquer les élèves dans des situations contextualisées, afin que chacun puisse « accomplir avec succès sa scolarité, poursuivre sa formation, construire son avenir personnel et professionnel et se préparer à l’exercice de la citoyenneté » (Décret n°2006-830 du 11 juillet 2006) (4).

 
 
Le rapport appartient à la série des Perspectives sur les compétences que l’OCDE publie tous les deux ans pour approfondir les résultats de son Évaluation des compétences des adultes (PIAAC), évaluation qu’elle a réalisée en 2013 auprès de plus de 150 000 personnes dans 24 pays différents. Ce nouvel ouvrage s’appuie également sur la base de données OCDE-OMC sur les échanges en valeur ajoutée (TiVA) qui permet d’apprécier les échanges à partir de la valeur qui est ajoutée chaque fois qu’un produit ou un service est exporté ou importé tout au long d’une chaîne de production mondiale.
 
 
(1) Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la littératie est « l'aptitude à comprendre et à utiliser l'information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d'atteindre des buts personnels et d'étendre ses connaissances et ses capacités » 
(2) Numeratie : «la capacité de localiser, d’utiliser, d’interpréter et de communiquer l’information et des concepts mathématiques afin de [...] gérer les demandes mathématiques de tout un éventail de situations de la vie adulte» (OCDE, 2014: 20).
(3) Une récente publication de Bruno SUCHAUT relativise néanmoins ces écarts.
 
 
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éducation et savoirs

Brevet d'invention : lancement d'un tutoriel multimédia interactif en libre accès

Pour tous ceux qui veulent comprendre l'univers des brevets d'invention, l'École nationale des chartes a élaboré avec l'Urfist de Paris (Unité régionale de Formation à l’Information scientifique et technique / École nationale des Chartes), pour la ComUE PSL, un "tutoriel multimédia interactif sur le brevet d'invention" en accès libre en ligne. Objectif : Développer la culture «  brevet  » des chercheurs et des étudiants.
 
Les étudiants avancés des filières d’ingénieur et les chercheurs sont souvent confrontés au problème du brevet d’invention, document à caractère technologique et juridique. Afin d’aider à comprendre et utiliser toutes les ressources scientifiques du brevet d’invention, l’École nationale des chartes a élaboré avec l’Urfist de Paris, pour la ComUE PSL, un tutoriel multimédia interactif. C’est un document à caractère technologique et juridique, en libre accès lorsqu’il est publié, permettant de protéger une invention authentiquement nouvelle, issue d’une réelle activité inventive et susceptible d’application industrielle.
La finalité de cet outil est d’assurer un enseignement de la Propriété industrielle (P.I.) à destination des élèves ingénieurs et des jeunes chercheurs (doctorants, docteurs et assimilés) en sciences expérimentales de Psl. Il porte sur les principes juridiques fondamentaux de la P.I. et l’initiation à la recherche d’antériorité sur les bases de données Brevets internationales.
 
L’innovation est au cœur de la dynamique du laboratoire. Qui dit innovation, dit brevet d’invention. Beaucoup de questions se posent autour de ce document technico-juridique, sur sa définition, sa destination et son usage. Autant d’interrogations auxquelles Manuel Durand-Barthez, formateur en sciences de l’information à l’Urfist (1) répond - avec le concours d’experts en Propriété industrielle et de chercheurs sur le terrain - dans ce tutoriel en ligne.
Chaque module s’articule autour d’une vidéo de présentation du cours, de son cours interactif et d’une interview d’expert pour compléter le sujet. Pour assurer la validation des connaissances, des exercices pratiques avec des questions à choix multiple (qcm) sont proposés à la fin de chaque module. Le tutoriel est en accès libre sur : http://urfist.enc-sorbonne.fr/les-brevets-d-invention/
 
Chaque tutoriel est composé de dix modules de cours :
• Introduction générale
• Présentation et objectifs du cours
• La propriété intellectuelle
• L’invention brevetable
• Analyse du document brevet
• Le dépôt de brevet en France
• Le dépôt de brevet à l’international
• Le brevet européen
• Après la délivrance
• Recherche de brevets
 
 
(1)    Manuel Durand-Barhez est Formateur depuis 2009 à l’Urfist de Paris. Dipl. de l’École nationale supérieure des Sciences de l’information et des bibliothèques (Enssib 1976), doct. ès-Lettres (1995), évolue dans le champ de la documentation scientifique et technique depuis 1982 et de la formation dans ce domaine depuis 1995.
 
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éducation

Ecole : Former ou formater ?

Si l’école a longtemps été le lieu du premier éveil intellectuel, elle semble aujourd’hui davantage encourager, au nom de principes tels que l’universalisme ou la laïcité, une pensée collective, une, presque formatée. Quelle place pour la pensée dans les systèmes scolaires actuels ?
 
« Le négatif est l’alibi d’une résignation à n’être jamais soi, à ne saisir jamais sa propre richesse de vie » affirme Raoul Vaneigem dans son Traité de savoir vivre à l’usage des jeunes générations. Si l’école a longtemps été le lieu du premier éveil intellectuel et de l’individualisation de la pensée, plus particulièrement pour les élèves venant de milieux peu cultivés ou a contrario pour ceux dont l’éducation a été trop axée sur les traditions liées à une culture spécifique, elle semble aujourd’hui davantage encourager, au nom de principes tels que l’universalisme ou la laïcité, une pensée collective, une, presque formatée. De ce fait, de l’école positive - au sens enrichissant et incarnant du terme - nous sommes passés à une école négative, dont la définition se trouve au début de ce paragraphe.
 
Si bien sûr l’école n’est pas la cause initiale du désintérêt et de la démobilisation de la jeunesse pour la politique et pour les politiciens, elle n’en a pas moins joué un rôle crucial. En effet, peut-on encore imaginer de nos jours la genèse de mouvements intellectuels, révolutionnaires, situationnistes ou encore anarchistes tels que Le Mouvement du 22 Mars qui naquit dans la salle du conseil au dernier étage du bâtiment B de la tour administrative de la faculté de Nanterre ? Hormis les groupes très étiquetés politiquement qui voient souvent le jour dans les facultés de droit ou bien les institutions telles que Sciences Po ou l’ENA, l’école et l’université n’incitent plus à la création, l’affirmation, et l’épanouissement de la pensée intellectuelle, aussi plurielle qu’elle puisse être.
 
Je ne viens pas du monde de l’université, mais de celui de l’école – plus particulièrement de l’école de commerce. Davantage un espace propice à la beuverie qu’un lieu de débat, l’école de commerce est le miroir de la formation telle que je la vois aujourd’hui : « formatante », aliénante, presque fainéante.
 
Justification. Scolairement d’abord, les travaux accomplis sont généralement ultra théoriques, peu poussés, ce qui amène d’une part à un désintérêt massif de la part des étudiants pour la formation qu’ils suivent, d’autant plus quand l’examen final est un simple QCM. Exemple criant : jamais on ne m’a demandé de lire un livre (je distingue bien livre et manuel) durant mes années d’études en école de commerce. Extra-scolairement ensuite, les étudiants sont très encouragés à s’investir dans une association de leur école. Bien naturellement, les associations les plus en vogue sont les moins culturelles et intellectuelles. Amoureux de la dissertation, de l’expression de votre pensée et de la singularité, fuyez les écoles de commerce. Partisans du moindre effort, adulateurs de la simplicité et du mimétisme comportemental et intellectuel, foncez-y.
 
Evidemment, je grossis les traits : tous les étudiants en école de commerce ou d’ingénieur ne sont pas idiots. Loin de là. Néanmoins, ils sont formatés à être intellectuellement paresseux, à chercher l’efficacité avant tout. Une formation calquée sur les schémas économiques libéraux qui prônent avant toute chose l’efficience et la productivité. Étonnant, pas vrai ? Aussi étonnant quand on se plaint que les grands chefs d’entreprises et les hommes politiques sont de moins en moins cultivés sans chercher à en comprendre les origines.
 
Dès 1995, Raoul Vaneigem encore avertissait les écoliers et les lycéens en portant un jugement extrêmement sévère sur l’éducation qu’il considère comme une machine qui vise à fabriquer une main d’œuvre rentable mais peu cultivée. Au-delà de ses revendications et de ses points de vue anarchistes, le livre de Vaneigem demeure extrêmement intéressant car il évoque déjà une école trop punitive qui ennuie et qui castre les désirs intellectuels des étudiants et prend le contre-pied de cette école qu’il dénonce en proposant une scolarité alternative qui serait le lieu d’un apprentissage d’une « vie fondée sur la créativité, non sur le travail ; sur l’authenticité, non sur le paraître ; sur la luxuriance des désirs, non sur les mécanisme du refoulement et du défoulement ».
 
Burn-out, bore-out et maintenant brown-out, comment peut-on encore s’étonner de la multiplication des troubles psychologiques, physiques, mentaux et comportementaux liés au travail lorsque, dès les premiers bancs de l’école, nous ne sommes formés qu’au travail, que pour vivre pour notre travail et par notre travail. Pourquoi est-ce que peu d’entre nous, étudiants ou adultes, s’engagent pour une association ou pour un projet en dehors du travail ? Parce qu’il faut être en forme pour le travail, parce qu’il ne faut pas flancher, parce que mon métier, c’est ma vie, vous diront la plupart des interrogés.
 
Ce n’est pas comme ça que je vois ma vie future. Je crois à la dissociation du travail et de l’individu. Je crois à l’engagement en dehors du travail. Mais je m’inquiète pour une jeunesse qui ne lit presque plus et qui n’est pas plus encouragée à lire que cela. Je m’inquiète pour une jeunesse certes plus connectée mais paradoxalement moins curieuse, davantage intéressée par l’immédiateté, le superficiel et le paraître que par la recherche en profondeur et la multiplicité des opinions.
 
Les enfants sont naturellement curieux, ils prennent naturellement plaisir à comprendre et à apprendre de nouvelles choses. Mais à mesure que l’école les forme et les formate à ne se centrer que sur la notion du travail, cette curiosité s’émousse car l’enfant a de plus en plus le sentiment d’être jugé. Alors que l’école devrait être le lieu d’un apprentissage diversifié pour encourager notre construction intellectuelle singulière, l’erreur à l’école ou le fait de ne pas savoir répondre génèrent automatiquement un sentiment de honte et de culpabilité chez l’apprenant. Dès lors, pourquoi s’étonner que la France manque de poètes et de philosophes, quand on ne réclame que des entrepreneurs et des politiciens. Pourquoi s’étonner que nous devenons des praticiens efficaces mais uni-tâche quand l’école n’encourage pas dès le plus jeune âge la créativité et la construction de la pensée intellectuelle par des ateliers philosophiques ou artistiques ? Comment s’étonner que l’on soit constamment jugé au travail et dans notre travail lorsque, dès l’école primaire, l’erreur est synonyme de jugement et d’échec ? Comment s’étonner que, subitement, surgisse la notion de bonheur en entreprise qui devrait normalement être inhérente au travail ? Toutes ces interrogations sont bien sûr liées. Et c’est pour cela qu’elles peuvent être résolues par une même initiative : celle de stimuler la curiosité et le désir d’apprendre, celle de repenser les rapports entre maîtres et élèves pour encourager l’exercice de la créativité individuelle et collective.
 
Comme j’ai commencé ce billet d’humeur avec une citation de Raoul Vaneigem, je le conclurai également par un de ses aphorismes, qui selon moi résume tout l’enjeu d’une réforme de l’éducation : « il faut libérer de la contrainte notre désir de savoir […] pour que les écoles soient les vergers d’un gai savoir ».
Source : ©TEDx Champs Elysées
 
Continuer cette réflexion le 11 décembre prochain, lors da la seconde édition du TEDx Champs Elysées à la Maison de la Radio dès 15h sur le thème « L’Éducation n'attend plus que vous ! » - 116 Avenue du Président Kennedy- 75016 Paris

 
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