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Rapport de l'OCDE : l'accès à l'éducation pour sortir de la pauvreté

enseignement et formation

L’OCDE constate un ralentissement de la mobilité intergénérationnelle en matière de formation dans les pays industrialisés

Si l’accès à l’école continue de s’étendre à travers le monde, les divisions socio-économiques se creusent entre les adultes diplômés de l’enseignement supérieur et le reste de la société. Les gouvernements doivent redoubler d’efforts pour veiller à ce que tous les citoyens aient les mêmes chances de suivre dès le plus jeune âge une instruction de qualité, selon un nouveau rapport de l'OCDE. Ce rapport changera-t-il la donne pour les années à venir ?

L’édition 2014 de Regards sur l’éducation montre que la mobilité intergénérationnelle en matière de formation a commencé à ralentir dans les pays industrialisés. Le pourcentage de personnes moins diplômées que leurs parents est en effet de 9 % chez les 55-64 ans, de 12 % chez les 35-44 ans et de 16 % chez les 25-34 ans.

En outre, chez les 25-34, qui sont 43 % à être diplômés de l’enseignement supérieur, l’impact du niveau de formation des parents est aussi important : ils sont 65 % à être diplômés de l’enseignement supérieur si l’un de leurs deux parents au moins est diplômé de ce niveau d’enseignement, mais 23 % seulement à l’être si leurs parents sont peu instruits Ces données laissent supposer que l’essor de l’instruction ne débouche pas sur une société plus inclusive.

Le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, estime que « L’éducation peut permettre de sortir de la pauvreté et de l’exclusion sociale, mais pour cela, nous devons briser le lien entre les origines sociales et la possibilité d’étudier. Le plus grand danger pour la croissance inclusive est que la mobilité sociale soit stoppée. Il est essentiel d’élargir l’accès à l’éducation pour tous et de continuer à améliorer les compétences afin d’obtenir une prospérité durable et une plus grande cohésion sociale. »

Le rapport montre que des niveaux de formation et de compétences supérieurs sont plus utiles que jamais, que ce soit sur le plan de l’emploi et des revenus comme sur de nombreux aspects d’ordre social tels que la santé. En moyenne dans les pays de l'OCDE, 5 % des 25-64 ans diplômés du supérieur sont au chômage, contre 14 % de ceux qui n’ont pas atteint le deuxième cycle du secondaire. En 2000, l’écart entre ces deux groupes était inférieur de quatre points de pourcentage.

Les données nouvelles sur les revenus mettent également en évidence un écart de plus en plus grand entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas de diplômes : entre 2000 et 2012, l’écart de revenu relatif entre les adultes moyennement et hautement qualifiés s’est creusé deux fois plus vite que celui qui sépare les adultes moyennement et faiblement qualifiés. Cela signifie qu’en termes relatifs, les revenus des adultes moyennement qualifiés se sont rapprochés de ceux des adultes peu qualifiés, ce qui conduit à penser que les classes moyennes cèdent du terrain.

Le rapport analyse les systèmes éducatifs des 34 pays membres de l'OCDE ainsi que ceux de l’Afrique du Sud, de l’Arabie saoudite, de l’Argentine, du Brésil, de la Chine, de la Colombie, de l’Inde, de l’Indonésie, de la Lettonie et de la Russie.

Conclusions principales

Niveaux de formation
Environ 84 % des jeunes d’aujourd’hui termineront avec succès le deuxième cycle de l’enseignement secondaire au cours de leur vie. Dans la plupart des pays, les jeunes femmes sont désormais plus susceptibles que les hommes d’y parvenir : la tendance historique s’est inversée.

Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, près de 40 % des 25-34 ans sont diplômés de l’enseignement supérieur, soit 15 points de plus que les 55-64 ans. Dans de nombreux pays, cet écart dépasse 20 points.

Les diplômés de l'enseignement supérieur sont susceptibles de gagner deux fois plus que le travailleur moyen. Au Chili, au Brésil et en Hongrie, ils gagnent plus du double de ce que gagne un diplômé du deuxième cycle du secondaire.

Dépenses d’éducation
Les pays de l’OCDE dépensent en moyenne 9 487 USD par élève et par an, de l’école primaire à l’enseignement supérieur : 8 296 USD pour un élève du primaire, 9 280 USD pour un élève du secondaire et 13 958 USD pour un étudiant.

De hauts salaires pour les enseignants et des taux d’encadrement élevés figurent souvent parmi les principaux coûts dans les dix pays qui dépensent le plus par élève dans l’enseignement secondaire.

En 2011, les pays de l’OCDE ont consacré en moyenne 6,1 % du PIB à l’éducation. Les fonds publics représentent 84 % de l’ensemble des dépenses réalisées au titre des établissements d’enseignement. Seuls six pays ont réduit leurs dépenses publiques d’éducation en valeur réelle entre 2008 et 2011 : l’Estonie (-10 %), les États-Unis (‑3 %), la Fédération de Russie (-5 %), la Hongrie (-12 %), l’Islande (-11 %) et l’Italie (-11 %).

Passage de l’école à la vie active
La crise économique a incité plus de jeunes à poursuivre leurs études : la part des 15-29 ans qui ne sont plus scolarisés est passée de 54 % en 2008 à 51 % en 2012 en moyenne dans les pays membres.

Dans les pays de l’OCDE, un jeune de 15 ans en 2011 pouvait espérer étudier pendant encore sept ans environ au cours des quinze années suivantes. Avant l’âge de 30 ans, il pouvait s’attendre à travailler pendant cinq ans, être au chômage pendant près d’un an et être inactif (ni scolarisé ni en recherche d’emploi) pendant plus d’un an.

Plus de la moitié des adultes suivent une formation pendant une année donnée. Ils sont deux sur trois au Danemark, en Finlande et en Suède, un sur trois en Slovaquie et un sur quatre en Italie.

En classe
Les élèves suivent en moyenne 7 475 heures de cours obligatoires en primaire et dans le premier cycle du secondaire. C’est en Australie que le temps d’instruction est le plus long (plus de 10 000 heures) et en Hongrie qu’il est le plus court (moins de 6 000 heures).

Le salaire statutaire des enseignants ayant 15 ans d’expérience s’élève en moyenne à 39 024 USD dans le primaire, 40 570 USD dans le premier cycle du secondaire et 42 861 USD dans le deuxième cycle, mais les enseignants de près de deux tiers des pays ont vu leur salaire diminuer en valeur réelle depuis 2009.

La plupart des enseignants sont des femmes, mais leur part diminue à mesure que le niveau d’enseignement augmente : elles sont 97 % en pré-primaire, 82 % en primaire, 67 % dans le premier cycle du secondaire, 57 % dans le deuxième cycle et 42 % dans l’enseignement supérieur.

Plus d’informations sur le rapport Regards sur l’éducation.